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Wall Street en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale

Wall Street en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale
Wall Street en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche en ordre dispersé ce mercredi, le DJIA progressant encore de 0,70% à 26.431 pts, et le Nasdaq corrigeant de 0,31% à 7.931 pts. Le S&P500 grappille pour sa part 0,07% à 2.906 pts. Les opérateurs affichent une certaine prudence après la progression de la veille (+0,71% sur le DJIA et +0,76% sur le Nasdaq), et alors que la guerre commerciale se poursuit entre la Chine et les USA. Sur le marché des changes, l'euro grappille 0,1% à 1,167$. Sur le Nymex, le baril de brut WTI (contrat de novembre) gagne 0,9% à 70,2$.

Les Corées se rapprochent

Un progrès est cependant noté sur le front coréen, puisque le sommet de Pyongyang entre les deux Corées s'est révélé porteur. La Corée du Nord va autoriser des experts extérieurs à surveiller le démantèlement de son site d'essais de missiles de Tongch'ang-dong Pongdong-ri (Sohae). Le pays a déclaré par ailleurs qu'il était ouvert au démantèlement de son installation d'enrichissement nucléaire. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un rencontrait le président sud-coréen Moon Jae-in à Pyongyang. Les dirigeants sont ressortis d'une réunion privée pour signer un accord et tenir une conférence commune, durant laquelle ils ont affirmé leur volonté de débarrasser la péninsule des armes nucléaires.

Dans le cadre de l'accord, des inspecteurs et experts extérieurs pourront assister au démantèlement de l'installation de lancement de Sohae, située dans le nord-ouest du pays. Ces derniers mois, l'imagerie satellitaire avait indiqué que la Corée du Nord prenait des mesures pour détruire le site. Les deux pays ont aussi affirmé que la Corée du Nord pourrait mettre définitivement hors service son installation d'enrichissement nucléaire de Yongbyon, à la condition que les USA prennent les mesures parallèles nécessaires afin de respecter l'accord signé en juin par les États-Unis et la Corée du Nord.

Trump salue la nouvelle

Donald Trump a comme il se doit sauté sur l'occasion, relevant que Kim avait accepté ces inspections et le démantèlement permanent d'installations en présence d'experts internationaux. "Kim Jong-un a accepté d'autoriser les inspections nucléaires, sous réserve de négociations finales, et de démanteler de manière permanente un site d'essai et une aire de lancement en présence d'experts internationaux", s'est enthousiasmé Trump. "Les restes des héros (de guerre américains) vont continuer à être renvoyés aux Etats-Unis. En outre, la Corée du Nord et la Corée du Sud vont déposer une offre commune pour accueillir les Jeux olympiques de 2032. Génial!"

Durant des discussions antérieures, la Corée du Nord avait affirmé qu'elle pourrait abandonner son programme nucléaire si les États-Unis apportaient des garanties en retirant leurs troupes de Corée du Sud et en retirant leur 'parapluie' de dissuasion nucléaire de Séoul et du Japon, rappelle l'agence Reuters. Kim avait affirmé son désir de travailler à la dénucléarisation complète de la péninsule, comme il l'avait d'ailleurs également fait lors de sa rencontre avec Trump en juin. La Corée du Nord n'avait toutefois alors pas accepté d'inspections internationales pour le démantèlement du site nucléaire.

Ce mercredi, Kim Jong-un a indiqué son intention de se rendre prochainement à Séoul. Il s'agirait de la première visite d'un leader nord-coréen dans la capitale de la Corée du Sud.

Trump taxe lourdement la Chine

Donald Trump a mis ses menaces à exécution. Le président américain a annoncé lundi soir la création de taxes de 10% sur 200 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises. Ces taxes prendront effet dès lundi prochain, le 24 septembre, et il est prévu qu'elles montent à 25% au 1er janvier 2019, selon un communiqué de Donald Trump... "Si la Chine venait à prendre des mesures de représailles contre nos agriculteurs ou autres industries, nous mettrions en oeuvre immédiatement la phase 3, à savoir des tarifs douaniers sur quelque 267 milliards de dollars d'importations supplémentaires", a ajouté le locataire de la Maison Blanche. En comptant les 50 Mds$ de bien chinois déjà taxés cet été, cette phase 3 reviendrait à taxer la totalité des importations chinoises, qui ont atteint plus de 500 Mds$ en 2017.

"Pendant des mois, nous avons exhorté la Chine à modifier ces pratiques déloyales et à accorder un traitement juste et réciproque aux entreprises américaines. Nous avons été très clairs sur le type de changements à apporter et nous avons donné à la Chine toutes les chances de nous traiter plus équitablement. Mais jusqu'à présent, la Chine n'a pas voulu changer ses pratiques. Pour contrer les pratiques déloyales de la Chine, le 15 juin, j'ai annoncé que les États-Unis imposeraient des droits de douane de 25% sur les importations chinoises d'une valeur de 50 milliards de dollars. La Chine, cependant, refuse toujours de modifier ses pratiques - et a même imposé récemment de nouveaux tarifs dans le but de nuire à l'économie des États-Unis", a expliqué Trump lundi soir.

"En tant que président, il est de mon devoir de protéger les intérêts des travailleurs et travailleuses, des agriculteurs, des éleveurs, des entreprises et de notre pays. Mon administration ne restera pas inactive lorsque ces intérêts seront attaqués", a insisté Trump. "La Chine a eu de nombreuses occasions de répondre pleinement à nos préoccupations. Une fois encore, j'exhorte les dirigeants chinois à prendre rapidement des mesures pour mettre fin aux pratiques commerciales déloyales de leur pays. J'espère que cette situation commerciale sera finalement résolue par moi-même et le Président chinois Xi, pour qui j'ai beaucoup de respect et d'affection", a conclu le dirigeant américain.

Une liste d'environ 6.000 produits en provenance de Chine subiront les nouvelles taxes douanières décidées par l'administration Trump, dont les circuits imprimés, les routeurs internet, les appareils de connexion en wi-fi, les récepteurs de voix, données et images ainsi que les transmetteurs. D'autres produits de grande consommation comme des meubles, sacs à main, aspirateurs ou encore des matériaux de construction ou des fruits de mer sont aussi inscrits sur cette liste...

Pékin réplique rapidement

La Chine a annoncé hier son intention d'imposer à partir du 24 septembre de nouvelles taxes douanières portant sur 60 milliards de dollars d'importations américaines. Ces taxes iront de 5% à 10%, contre 5% à 25% initialement envisagés. Elles s'appliqueront à plus de 5.200 produits américains importés, selon le ministère chinois des Finances. Des produits qui devaient être taxés à 25%, comme le GNL, le seront à 10%. Tout comme les Etats-Unis, la Chine procède donc pour l'heure à des taxes minorées en comparaison des précédents taux évoqués. La Chine explique que sa décision est une réponse sous la contrainte, face au protectionnisme américain. Évidemment, le pays majorera ces prélèvements si les USA durcissent leurs propres taxes.

La Chine n'a pas précisé pour l'heure quelles mesures pourraient envisager Pékin en dehors des tarifs douaniers sur les importations américaines. Quoi qu'il en soit, Pékin peut encore refuser de se rendre aux prochaines négociations prévues en principe entre les deux pays la semaine prochaine, faisant craindre une véritable guerre commerciale...

Pas de dévaluation du yuan ?

La Chine s'abstiendra de mener une dévaluation compétitive (affaiblir le yuan pour doper les exportations) ou de recourir à des mesures massives de relance, selon les commentaires du Premier ministre Li Keqiang ce mercredi. Le chef du gouvernement chinois a promis le maintien d'une politique économique stable, à l'occasion du forum économique mondial de Tianjin. La Chine entend alléger la fiscalité et assouplir les conditions de financement des entreprises tout en maintenant une politique monétaire prudente, a précisé Li, selon lequel l'accès au marché allait être élargi pour les société étrangères. A propos de la guerre commerciale, le dirigeant a expliqué que le multilatéralisme devait être respecté, et que les mesures unilatérales n'apportaient pas de solution...

Chiffres contradictoires du marché américain du logement

Le marché américain du logement affiche des signaux relativement contradictoires. Ainsi, d'après le Département américain au commerce ce mercredi, les mises en chantier de logements aux Etats-Unis pour le mois d'août 2018 sont ressorties au nombre de 1,282 million d'unités, contre 1,24 million de consensus de place et 1,174 million pour la lecture révisée (en légère hausse) du mois de juillet. En revanche, les permis de construire ont déçu, en retrait à 1,229 million d'unités, contre 1,315 million de consensus et 1,303 million pour la lecture révisée (en baisse) du mois antérieur.

Dans l'actualité économique américaine ce jour, la balance américaine des comptes courants, également dévoilée il y a quelques instants, est ressortie dans le rouge à hauteur de 101,5 milliards de dollars au second trimestre, contre -104 Mds$ de consensus et -121,7 Mds$ sur la période antérieure.

D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 2,1 millions de barils sur la semaine close au 14 septembre, à 394,1 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 2,7 millions de barils. Les stocks d'essence ont eux diminué de 1,7 million de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 0,8 million de barils.

Herman Miller et Red Hat publient leurs comptes trimestriels après bourse ce soir à Wall Street. Darden Restaurants, Micron, Steelcase et United Natural Foods, annoncent demain jeudi.

Tesla (+1%) trébuchait de 3,4% en clôture hier soir à Wall Street, sous les 285$, du fait d'une enquête criminelle du Département américain de Justice sur les déclarations d'Elon Musk. Ce mercredi, les analystes de Morgan Stanley enfoncent le clou, jugeant que Tesla aura à lever 2,5 milliards de dollars cette année, le groupe renforçant sa production et se préparant au paiement de dettes arrivant à échéance.

Tesla a régulièrement démenti les rumeurs de levée de fonds. Musk a assuré à plusieurs reprises que le groupe n'aurait pas à faire appel au marché, tablant sur une accession rapide à la rentabilité et à la génération de cash flow. Le CEO du constructeur de véhicules électriques avait expliqué le mois dernier qu'il s'attendait à ce que Tesla génère du free cash flow au second semestre, et devienne enfin rentable. Ainsi, Musk espérait que l'hypothétique cash flow généré permette au groupe de rembourser 900 M$ de dette convertible arrivant à maturité en début d'année prochaine...

Les analystes de Morgan n'en démordent pourtant pas, et pensent que Tesla devra lever des fonds dès cette année auprès d'investisseurs ayant un intérêt pour son modèle d'activité. Adam Jonas et son équipe précisent d'ailleurs fort judicieusement qu'il est "bien meilleur pour une compagnie de lever des fonds quand elle n'en a pas besoin". Les spécialistes de Morgan Stanley assurent qu'ils n'ont pas d'information concernant une éventuelle transaction spécifique qui serait actuellement évaluée. Le broker confirme son conseil à 'pondération en ligne' et son objectif de cours de 291$ sur Tesla.

Rappelons que le département américain de la Justice (DoJ) a ouvert une enquête sur les conditions de l'annonce, cet été, d'un projet de sortie de la cote de Tesla par son PDG et fondateur Elon Musk. Selon l'agence 'Bloomberg', qui a révélé cette information mardi, le parquet fédéral américain enquête pour savoir s'il y a eu fraude lorsqu'Elon Musk a publié le 7 août dernier un 'tweet', dans lequel il faisait état de ce projet de retrait de la cote. Le patron de Tesla y assurait que le financement de cette opération, d'un montant évalué alors à 72 milliards de dollars (cours de 420$), était garanti. "J'envisage une sortie de la cote de Tesla à 420$. Financement sécurisé", avait tweeté le leader de Tesla. Toutefois, ce projet avait finalement été abandonné dès le 24 août.

McDonald's (stable). A l'issue d'une enquête de trois ans, la Commission européenne a conclu que l'absence d'imposition de certains bénéfices du roi du hamburger au Luxembourg ne relevait pas d'une aide d'État illégale, étant donné qu'elle était conforme à la législation fiscale nationale et à la convention sur les doubles impositions entre le Luxembourg et les États-Unis.

Margrethe Vestager, commissaire chargée de la politique de concurrence, déclare: "Notre enquête approfondie a toutefois démontré que la double non-imposition résultait en l'espèce d'une incompatibilité entre les législations fiscales luxembourgeoise et américaine, et non d'un traitement particulier accordé par le Luxembourg. Aussi, le Luxembourg n'a-t-il pas enfreint les règles en matière d'aides d'État. Il n'en reste bien sûr pas moins que McDonald's n'a payé aucun impôt sur les bénéfices en cause - ce qui n'est pas conforme au principe d'équité fiscale. C'est pourquoi nous accueillons avec une grande satisfaction le fait que le Luxembourg prenne des mesures législatives pour remédier au problème qui s'est posé dans cette affaire et éviter que de tels cas ne se reproduisent à l'avenir".

AutoNation (+3%). Le directeur général du groupe va quitter ses fonctions en 2019 pour devenir président exécutif. AutoNation entame par conséquent la recherche de son nouveau CEO (chief executive officer).

Netflix (-2%). Les équipes de la firme de recherche Guggenheim viennent de doper de 360$ à 420$ leur objectif de cours sur la valeur du géant de la vidéo en streaming. Le broker pense que la pénétration du groupe en matière d'abonnements dépassera significativement celle impliquée par la valorisation actuelle.

Tilray (+41%), producteur canadien de cannabis, s'envole à Wall Street. Le directeur général du groupe, Brendan Kennedy, a glissé sur CNBC - durant l'émission de Jim Cramer - que des partenariats pourraient bien se produire entre des compagnies du secteur du cannabis et des groupes de vins et spiritueux, ou bien encore des compagnies pharmaceutiques.

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