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Wall Street : en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale

Wall Street : en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale
Wall Street : en ordre dispersé, sur fond de guerre commerciale

(Boursier.com) — Wall Street s'affiche en ordre dispersé ce mercredi soir à trois heures de la clôture, toujours pénalisé par l'escalade des tensions sur le front du commerce mondial, notamment entre les Etats-Unis et la Chine ces derniers jours. Du côté des valeurs, l'offre renforcée de Disney sur les actifs de Fox soutient néanmoins quelque peu les indices aujourd'hui... Le DJIA perd 0,20% actuellement à 24.652 pts, le Nasdaq prend 0,76% à 7.784 pts, et le S&P500 gagne 0,25% à 2.769 pts.

Suite du conflit commercial qui oppose les Etats-Unis et l'Europe : la Commission européenne a adopté le règlement mettant en place les mesures de rééquilibrage de l'Union européenne en réponse aux droits imposés par les États-Unis sur l'acier et l'aluminium. Les mesures en question viseront immédiatement une liste de produits d'une valeur de 2,8 milliards d'euros et entreront en vigueur le vendredi 22 juin. La liste des importations américaines qui seront désormais soumises à un droit supplémentaire à la frontière de l'UE inclut les produits en acier et en aluminium, les produits agricoles et une combinaison de divers autres produits. En instituant ces droits, l'UE dit "exercer ses droits dans le cadre des règles de l'Organisation mondiale du commerce". Les mesures de rééquilibrage de l'UE demeureront applicables "aussi longtemps que les mesures américaines seront en place, conformément à l'accord de l'OMC sur les sauvegardes et à la législation de l'UE", ajoute la Commission européenne dans son communiqué.

Sur le Nymex américain, le baril de brut (contrat d'août) remonte de plus de 1% à 65,8$. Les opérateurs restent prudents avant la réunion de l'OPEP prévue à Vienne jeudi et vendredi. Arabie saoudite et Russie désirent une augmentation conséquente des objectifs de production, alors que le cartel veut globalement éviter un déclin trop prononcé des prix en optant pour une hausse plus modérée de la production (moins de 600.000 barils par jour).

D'après le dernier rapport hebdomadaire dévoilé par le Département à l'Energie américain, les stocks commerciaux de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 5,9 millions de barils sur la semaine close au 15 juin, à 426,5 millions de barils. Le consensus tablait sur une baisse de 2,1 millions de barils. Les stocks d'essence ont eux progressé de 3,3 millions de barils, alors que les stocks de produits distillés (gazole et fioul de chauffage) ont augmenté de 2,7 millions de barils.

Selon le rapport de la National Association of Realtors américaine ce mercredi, les reventes de logements existants pour le mois de mai 2018 sont ressorties sur un rythme de 5,43 millions d'unités aux Etats-Unis, contre un consensus de place de 5,52 millions et un niveau de 5,45 millions un mois plus tôt.

LES VALEURS

Walt Disney (stable) vient de relever son offre à 38$ par titre sur les actifs de la 21st Century Fox (+7%), face à la rude concurrence de Comcast. Ainsi, la Fox et Disney viennent juste d'annoncer un nouvel accord de fusion, qui comporte comme attendu une portion de cash renforcée offerte par Disney. La nouvelle offre de Disney se compose à parts égales de cash et d'actions. Le montant global de la nouvelle proposition de la firme californienne de Burbank s'élève à... plus de 71 milliards de dollars en cash et titres. L'offre initiale de Disney, formulée en décembre, se chiffrait à 'seulement' 52,4 milliards de dollars en actions, tandis que l'offre rivale de Comcast totalisait 65 milliards de dollars.

Comcast (stable)... Disney a donc frappé fort cette fois afin de l'emporter définitivement sur Comcast. Fox semble convaincu, jugeant le pacte Disney "supérieur" à l'offre de Comcast. Les marchés anticipaient une surenchère, mais peut-être pas à un tel point, puisque la valorisation des actifs de Fox visés passe de 28$ à 38$ par titre. La valeur 21st Century Fox de catégorie A bondit d'ailleurs de 6% en pré-séance à Wall Street, alors que Disney gagne plus de 2% et que Comcast abandonne un peu de terrain. Les actionnaires de la Fox pourront recevront la 'considération' de transaction sous forme de cash ou titres, sous réserve d'une répartition globale à 50/50. Les actifs concernés par le 'deal' comprennent les studios cinématographiques et TV Twentieth Century Fox, les réseaux câble US (comprenant FX et les chaînes régionales de sport), des actifs internationaux tels que Sky Plc et Star India, ainsi que la participation d'un tiers de Fox au capital du service de streaming Hulu. Aucun des accords proposés ne comprenait Fox News ou Fox Sports 1, pas plus d'ailleurs que le réseau Fox 'broadcast' ou ses stations TV. Ces derniers actifs seraient donc scindés en une nouvelle entité, pour l'heure surnommée 'New Fox'.

Oracle (-7%) a publié mardi soir, après la clôture de Wall Street, les résultats de son quatrième trimestre fiscal 2017-2018, achevé le 31 mai. Les chiffres sont ressortis supérieurs aux attentes, grâce à la bonne tenue de ses activités "cloud" (informatique dématérialisée), division qui a compensé le déclin des licences de logiciels, activité historique du groupe. Le bénéfice net de l'éditeur américain de logiciels a augmenté de 5,5%, à 3,41 milliards de dollars, soit 0,82 dollar par action, contre 3,23 Mds$ (0,76$/action) pour la même période de l'exercice précédent. Hors éléments exceptionnels, le résultat net par action est ressorti à 0,99$ alors que les analystes financiers avaient anticipé 0,94$, selon le consensus Thomson Reuters. Le chiffre d'affaires trimestriel a augmenté de 3,3%, à 11,25 Mds$, là aussi supérieur aux attentes du consensus, qui était logé à 11,19 Mds$... Le titre Oracle chute, après des précisions apportées par la direction... Les analystes ont ainsi été un peu déçus par les prévisions pour le premier trimestre de 2018-2019. La CEO, Safra Catz, a dit s'attendre à un bénéfice par action de 67 à 69 cents par action, alors que le consensus tablait sur 72 cents par action.

FedEx (-2%) a publié ses résultats du quatrième trimestre fiscal. Le résultat net ressort à 1,13 Md$ (4,15$ par action), contre 1,02 Md$ (3,75$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 5,91$, contre 4,19$ il y a un an. Les revenus s'élèvent à 17,3 Mds$, contre 15,7 Mds$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 5,70$, pour des revenus de 17,2 Mds$. Sur l'exercice 2018, les revenus sont de 65,5 Mds$ et les profits s'élèvent à 4,57 Md$. Pour l'année fiscale 2019, FedEx vise des revenus en hausse de 9%, pour un bpa logé entre 17 et 17,6$.

General Electric (-1%). Dans moins d'une semaine, GE n'entrera plus dans la composition de l'indice historique Dow Jones, auquel il appartenait depuis sa création en 1896 (mis à part une brève sortie au début des années 1900). S&P Dow Jones Indices a officialisé la nouvelle hier soir. Le conglomérat sera remplacé par la chaîne de pharmacies, Walgreens Boots Alliance (+4%). En baisse de 26% depuis le premier janvier, GE est l'action la moins performante du DJIA en 2018. Elle avait déjà perdu 45% l'an dernier quand le Dow avait pour sa part gagné 25%. Cette décision n'est pas une surprise pour les investisseurs, tant le groupe traverse une passe difficile. Il y a moins d'un mois, GE avait par exemple dit ne pas être en mesure de garantir le maintien du dividende en 2019, tout en soulignant qu'il n'avait pas fini de régler les problèmes de ses différentes divisions, notamment dans l'énergie et la finance. "Ce n'était pas une question de si, mais quand", explique à Bloomberg, Quincy Krosby, qui dirige la stratégie marchés chez Prudential Financial...

Starbucks (-9%) a annoncé que son conseil d'administration avait validé une augmentation de 20% de son dividende trimestriel, qui passe ainsi à 0,36$ par action. Il sera versé le 24 août aux actionnaires enregistrés le 9 août. La société prévoit maintenant de reverser environ 25 Mds$ en numéraire aux actionnaires sous la forme de rachats d'actions et de dividendes jusqu'à l'exercice fiscal 2020, soit 10 Mds$ de plus que ce qui avait été annoncé au début du mois de novembre dernier. Starbucks précise viser désormais une croissance de 1% en base comparable sur le troisième trimestre fiscal 2018 (contre 3% de consensus) et annonce sa volonté d'accélérer la fermeture de points de vente sous-performants, avec un objectif de 150 sur l'exercice fiscal 2019 (contre 50 par an jusqu'ici).

AT&T (-1%) a une faim de loup. A peine l'acquisition de Time Warner bouclée pour 85 Mds$, l'opérateur télécoms aurait entamé des discussions avec AppNexus en vue d'un rachat de ce spécialiste des technologies de publicité digitale. Selon le 'Wall Street Journal', qui cite des sources proches des négociations, AT&T pourrait mettre 1,6 milliard de dollars sur la table pour racheter cette entreprise fondée en 2007. L'acquisition d'AppNexus permettrait au géant américain de se renforcer dans la publicité en ligne et de mieux concurrencer les Facebook, Google et autres Verizon Communications. AppNexus exploite l'un des plus grands 'ad exchanges', des places de marché automatisées qui permettent aux annonceurs d'acheter de l'espace sur des milliers de sites Web, en ciblant leur public cible.

Tesla (+1%). Elon Musk, le patron de Tesla, a affirmé que l'Allemagne constituait l'hypothèse principale en vue de l'établissement d'une gigafactory en Europe. Musk a ainsi assuré hier, sur le réseau social média Twitter, que l'Allemagne était "le premier choix" en Europe. "Peut-être sur la frontière franco-allemande, cela ferait sens, près des pays du Benelux", a ajouté Musk, en réponse à un utilisateur de Twitter... Rappelons que le titre avait corrigé hier à Wall Street suite au sabotage d'un employé du groupe, dont les conséquences exactes restent à préciser.

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