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Wall Street en ordre dispersé, Powell surveillé

Wall Street en ordre dispersé, Powell surveillé
Wall Street en ordre dispersé, Powell surveillé
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après son joli sursaut d'orgueil de la veille (+0,52% sur le DJIA et +1,71% pour le Nasdaq), la cote américaine hésite avant bourse ce mercredi. Le Dow Jones gagne 0,6% et le S&P500 0,2%, alors que le Nasdaq consolide de 0,2%. Le baril de brut WTI prend 0,4% à 40$ et l'once d'or perd 1,5% à 1.883$. L'indice dollar avance de 0,1% face à un panier de devises de référence.

Le président de la Fed Jerome Powell et le secrétaire au Trésor Steven Mnuchin sont sous le feu des projecteurs cette semaine, avec trois auditions prévues devant des Commissions de la Chambre et du Sénat - l'objectif étant de faire le point sur les mesures monétaires et politiques prises afin de soutenir à l'économie américaine face à la crise du coronavirus.

Ces auditions interviennent à un moment crucial, à six semaines de l'élection présidentielle du 3 novembre, et alors que les discussions sur un nouveau plan de relance sont au point mort au Congrès, et que les tensions partisanes s'accroissent à l'approche de la présidentielle.

Hier mardi, Jerome Powell a ouvert le bal, suivi de Steven Mnuchin, devant la Commission des services financiers de la Chambre des représentants. Le président de la Réserve fédérale s'est montré prudent sur le rythme de la reprise, dans un contexte sanitaire encore incertain. Il a affirmé qu'en cas de dégradation de la conjoncture, la Réserve fédérale se tient prête à en faire davantage si nécessaire.

"Le chemin devant nous reste très incertain", a souligné le patron de la banque centrale américaine, ajoutant que "nous demeurons engagés à utiliser tous nos instruments pour faire ce que nous pouvons, pour aussi longtemps que nécessaire, pour s'assurer que la reprise sera aussi forte que possible et pour limiter les dégâts durables pour l'économie", a-t-il dit. "Il est probable que davantage de soutien budgétaire sera nécessaire", a-t-il poursuivi.

Jerome Powell a aussi rappelé que la reprise dépendra de l'évolution de la crise sanitaire. "Une reprise complète ne sera susceptible de se produire que lorsque les gens auront confiance dans le fait qu'il est sûr de s'engager à nouveau dans une large gamme d'activités".

Steven Mnuchin s'est accordé avec le patron de la Fed pour juger que de nouvelles mesures de soutien budgétaires sont nécessaires. Il a assuré que la Maison Blanche était prête à approuver un accord bipartisan, ajoutant être favorable à un "plan ciblé" sur les secteurs les plus affectés par la crise sanitaire.

Le précédent plan massif de 2.200 milliards de dollars, mis en place en mars, est désormais arrivé à son terme, et de nombreuses mesures d'aide aux entreprises et aux salariés ont pris fin. Les économistes craignent que sans un rapide nouveau coup de pouce budgétaire, l'emploi et la consommation en pâtissent, enrayant la fragile reprise de l'économie américaine.

Il reste que Wall Street n'est pas vraiment convaincu de la capacité du Congrès à s'accorder avant l'élection présidentielle. Ces incertitudes politiques ont contribué au recul de la bourse depuis 3 semaines, alors que les négociations sont au point mort entre Mnuchin, le secrétaire général de la Maison blanche Mark Meadows et la présidente de la chambre, la démocrate Nancy Pelosi.

Les tensions partisanes se sont encore exacerbées ce week-end après le décès de Ruth Bader Ginsburg, l'une des neuf membres de la Cour suprême, qui a encore davantage compliqué la recherche d'un compromis sur le nouveau plan de relance...

Sur le front économique aux USA ce mercredi, l'indice de la Federal Housing Finance Agency (FHFA) concernant les ventes de logements pour le mois de juillet est ressorti en hausse de 1% (consensus +0,6% en comparaison du mois antérieur).

L'indice PMI composite américain du mois de septembre sera révélé à 15h45 (consensus 54,5 - 53,2 dans le secteur manufacturier et 54,7 pour les services).

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Energie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close le 18 septembre sera annoncé à 16h30.

Jerome Powell intervient encore ce jour, tout comme Loretta Mester, Randal Quarles, Charles Evans, Eric Rosengren, Raphael Bostic, Mary Daly ou Neel Kashkari de la Fed.

Les craintes sanitaires pèsent sur l'activité des services en France et en Allemagne, comme le montrent les résultats préliminaires des enquêtes réalisées par IHS Markit auprès des directeurs d'achat... En septembre, l'activité globale de la zone euro a stagné, l'écart se creusant entre les performances des deux secteurs étudiés et celles des différentes économies couvertes par l'enquête. L'Indice PMI Flash Composite se replie à 50,1 (51,9 en août), sur un plancher de 3 mois, contre 51,7 attendu, et ne signale qu'une très faible hausse de l'activité globale.

L'Indice PMI Flash de l'activité de services tombe pour sa part à 47,6 (50,5 en août), sur un plus bas de 4 mois (50,5 de consensus) alors que l'Indice PMI Flash de l'Industrie manufacturière remonte à 53,7 (51,7 en août), au plus haut depuis 25 mois (51,9 de consensus).

Le bilan mondial de l'épidémie du nouveau coronavirus s'alourdit encore. 31,6 millions de cas confirmés ont été recensés au niveau mondial, dont près de 6,9 millions aux Etats-Unis, 5,65 millions en Inde et 4,59 millions au Brésil. La Russie compte 1,11 million de cas depuis l'apparition du virus, la Colombie 777.537 et le Pérou 768.895, selon l'Université Johns Hopkins.

Le virus a fait 971.679 morts dans le monde depuis son émergence, dont 200.818 aux USA, 138.105 au Brésil, 90.020 en Inde et 74.348 au Mexique.

Le gouverneur démocrate du Wisconsin, Tony Evers, a même déclaré une nouvelle fois hier l'état d'urgence sanitaire et prolongé jusqu'en novembre l'obligation du port du masque dans les lieux public. Selon le gouverneur, les rassemblements ont provoqué une flambée des nouveaux cas chez les jeunes de 18 à 24 ans. Les USA ont déploré en moyenne au cours de la semaine écoulée 800 décès supplémentaires quotidiens du fait du covid, selon un décompte de Reuters. Un pic de 2.806 morts avait été enregistré le 15 avril.

La gestion de la crise sanitaire par Donald Trump est donc plus que jamais critiquée, à six semaines de l'élection présidentielle du 3 novembre. Lors d'un meeting à Swanton dans l'Ohio, le président américain s'est pourtant distingué encore par son étonnante décontraction : "Cela ne touche presque personne. C'est une chose incroyable", a lancé le locataire de la Maison blanche. "Cela affecte les personnes âgées avec des problèmes cardiaques et d'autres problèmes. Si elles ont d'autres problèmes, c'est cela qui est vraiment affecté, rien d'autre", a relativisé Trump.

Le bilan indien s'alourdit également avec 83.347 nouveaux cas recensés en 24 heures et 1.085 morts. Il s'agit du second pays le plus frappé en nombre de cas depuis l'apparition du virus.

Le Brésil a enregistré 33.536 nouveaux cas et 836 décès supplémentaires au cours des vingt-quatre dernières heures, selon le ministère de la Santé.

La Chine a recensé 10 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, tous des cas importés selon la Commission nationale de la santé. Les données officielles sont de 85.307 cas de contamination au total en Chine continentale. L'épidémie aurait causé seulement 4.634 décès dans le pays. Aucun nouveau décès n'a été recensé ce mercredi...

En Europe, plusieurs pays montrent des signaux alarmants. L'agence Santé publique France a fait part hier de 10.008 nouvelles contaminations en 24 heures, près de 5.000 de plus que la veille. Le nombre de patients hospitalisés sur les sept derniers jours s'élève à 4.244, 141 de plus que lundi. 651 ont été admis en réanimation, 13 de plus que la veille. Le taux de positivité des tests est passé en 24 heures de 5,9% à 6,1%. 61 nouveaux foyers ont été dénombrés, pour un total de 1.031 clusters. Soixante-huit décès supplémentaires ont été recensés, pour un total de 31.416 morts depuis le début de l'épidémie.

Le ministère espagnol de la Santé a quant à lui annoncé hier soir 10.800 nouvelles contaminations en 24 heures, portant le total à 682.267 cas. Le ministère a fait état de 21 décès supplémentaires, pour un total de 30.904 morts depuis l'apparition du virus.

Hier, la bourse de New York a fini en hausse, soutenue notamment par un rebond des "technos". Les investisseurs restent cependant préoccupés par un possible ralentissement de la reprise économique, alors que la pandémie de coronavirus entame une deuxième vague, notamment en Europe.

A la clôture, l'indice Dow Jones a progressé de 0,52% à 27.288 points, tandis que l'indice large S&P 500 a gagné 1,05% à 3.315 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et "biotechs", a repris 1,71% à 10.963 pts. Le Nasdaq est ressorti de la zone de correction (-10% sur les plus hauts) et recule désormais de 9% par rapport à son record du 2 septembre à 12.056 pts.

Les valeurs

Tesla est retombé de 5,6% en clôture hier à Wall Street, et cède encore 3% avant bourse suite à la présentation de la soirée d'hier sur les batteries. Le CEO du groupe californien, Elon Musk, avait déjà tempéré les ardeurs des opérateurs avant le fameux 'Battery Day' qui devait exposer la stratégie de Tesla en matière de batteries. Musk, qui avait initialement promis que le Battery Day allait être "dingue", avait admis ensuite sur Twitter que la technologie présentée ne parviendrait pas à la production de masse avant 2022.

La chute boursière s'est poursuivie après bourse, malgré la promesse de Musk de réduire fortement les coûts de production des véhicules électriques. Il faut dire que l'effet de ces actions n'est pas attendu avant au moins trois années, horizon de temps lointain pour certains investisseurs. Le CEO du groupe et le management de Tesla ont donc dévoilé hier soir une nouvelle batterie, ainsi que leur stratégie de production. Les marchés espéraient l'annonce du développement d'une batterie d'une durée de vie de 10 ans ou plus, ainsi qu'un objectif concret de réduction des coûts permettant de réduire le prix des véhicules électriques à un niveau inférieur à celui des voitures à essence.

Musk n'a pas fourni de telles informations, s'engageant en revanche à réduire de moitié les coûts des batteries d'ici plusieurs années grâce à une nouvelle technologie et à fournir ainsi une voiture électrique à un prix abordable. "D'ici trois ans, nous pourrons produire une voiture à 25.000 dollars qui sera fondamentalement comparable, ou peut-être même un peu meilleure, qu'une voiture à essence similaire", a tout de même indiqué le leader de Tesla. Le groupe n'a pas encore finalisé la conception de la nouvelle batterie.

Nike a publié mardi soir après la clôture de Wall Street des résultats trimestriels qui ont surpris par leur vigueur, malgré la crise sanitaire. Les ventes en Chine, où la pandémie de coronavirus est désormais sous contrôle, ont rebondi de 6% au premier trimestre fiscal (achevé fin août), tandis que le chiffre d'affaires en Amérique du Nord a reculé de 2%. Les ventes en ligne ont explosé de 82% sur un an !

Au premier trimestre fiscal, le bénéfice net du géant américain des chaussures et accessoires de sport a ainsi atteint 1,52 milliard de dollars, soit 95 cents par action, en hausse de 11% par rapport au 1,37 Md$ (86 cents par action) affiché lors du même trimestre 2019. Malgré les perturbations liées au virus, les ventes mondiales de Nike ont été presque stables (-0,6% sur un an), pour s'inscrire à 10,59 Mds$, contre 10,66 Mds$ un an plus tôt, notamment grâce au rebond de la demande chinoise. Les ventes comme les bénéfices du groupe sont très supérieurs aux attentes.

JPMorgan Chase va transférer environ 200 milliards d'euros (230 milliards de dollars) d'actifs du Royaume-Uni vers Francfort à la suite de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Selon les sources de 'Bloomberg', la migration des actifs devrait être finalisée d'ici la fin de l'année. À moins de quatre mois de l'expiration de la période de transition, les banques internationales continuent de renforcer leurs opérations dans l'Union européenne afin de s'assurer qu'elles pourront continuer à servir leurs clients une fois le Brexit effectif.

Oracle / Walmart. La Chine n'aurait aucune raison d'approuver l'accord "sale et injuste" qu'Oracle et Walmart disent avoir conclu avec ByteDance concernant TikTok, selon le China Daily ce mercredi, qui évoque de la part des USA des pratiques dignes d'un gangster. Les Américains Oracle et Walmart et le Chinois ByteDance avaient précédemment effectué des annonces contradictoires concernant les termes de l'accord relatif à l'application de partage de vidéos TikTok, destiné à lui permettre de poursuivre ses opérations aux Etats-Unis.

ByteDance a indiqué qu'il allait établir une filiale US, TikTok Global, détenue à 80%. Oracle et Walmart ont précisé quant à eux que le contrôle de TikTok Global reviendrait à des investisseurs américains. Le China Daily, qui reflète généralement la position de Pékin, estime que ByteDance risque de perdre non seulement le contrôle de TikTok, mais aussi sa technologie clé. "La Chine n'a aucune raison de donner son feu vert à un tel deal", ajoute le journal. Le Global Times avait précédemment indiqué lui aussi que la Chine ne devrait pas approuver l'accord. Le Global Times qualifie le deal d'"extorsion" et affirme que la Chine ne cèdera pas au "chantage".

Trump a haussé le ton, menaçant d'interdire les services de TikTok aux Etats-Unis à partir de dimanche prochain si la société n'était pas contrôlée par des groupes américains. Si Oracle et Walmart "ne prennent pas le contrôle total, alors nous n'approuverons pas l'accord", a ainsi déclaré dimanche soir le président américain sur 'Fox News'.

General Mills, le groupe alimentaire américain connu pour sa marque Cheerios, a dépassé le consensus sur le trimestre clos et rehaussé son dividende. Pour le premier trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 639 millions de dollars, 1,03$ par titre, contre 521 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 1$ (+28%), contre 87 cents de consensus. Les revenus trimestriels sont ressortis à 4,36 milliards de dollars, contre 4 milliards un an plus tôt et 4,22 milliards de consensus FactSet. Le groupe a déclaré par ailleurs un dividende trimestriel de 51 cents, en hausse de 4% et payable le 2 novembre. Le groupe ne fournit pas d'estimations 2021 du fait de la pandémie.

Johnson & Johnson, le géant pharmaceutique et médical américain, a lancé les tests sur 60.000 personnes de son vaccin expérimental à injection unique contre le Covid-19. Il s'agit d'une phase III à grande échelle baptisée ENSEMBLE de sa filiale Janssen Pharmaceutical Companies sur le traitement JNJ-78436735.

Costco Wholesale, distributeur d'Issaquah, publie également demain ses résultats financiers du trimestre clos. Le groupe a bénéficié des achats de précaution des consommateurs.

Shopify, enseigne de commerce en ligne, a dénoncé auprès du FBI un détournement de données de clients par deux de ses salariés.

GoodRx Holdings, plateforme de traitement online d'ordonnances médicales, effectue ses premiers pas ce jour sur le Nasdaq. Le groupe a fixé le prix de son IPO (introduction en bourse) à 33 dollars par titre, au-dessus de la fourchette indicative de transaction. L'opération permet à GoodRx de lever 1,14 milliard de dollars et valorise la firme 12,7 milliards.

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