Cotation du 03/12/2021 à 22h20 Dow Jones Industrial -0,17% 34 580,08
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Wall Street en ordre dispersé, le S&P 500 au sommet

Wall Street en ordre dispersé, le S&P 500 au sommet
Wall Street en ordre dispersé, le S&P 500 au sommet
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York réduisait un peu ses gains mercredi soir, le Nasdaq repassant légèrement dans le rouge, et le S&P 500 revenant sous ses niveaux record atteints en matinée. Les investisseurs continuent de se préoccuper de l'inflation, qui pèse sur les coûts des entreprises, et pourrait pousser la Fed a remonter ses taux directeurs plus vite que prévu. Un gouverneur de la Fed, Randal Quarles, s'est montré plutôt inquiet mercredi, en estimant que les prix risquaient encore de surprendre à la hausse l'an prochain.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 0,43% à 35.609 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,33% à 4.534 pts, à 2 petits points de son record du 2 septembre à 4.536 pts. Mercredi matin, le S&P 500 était monté jusqu'à 4.540 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, subit quelques prises de bénéfices, reculant de 0,11% à 15.113 pts. Le bitcoin en revanche s'est envolé mercredi à plus de 66.000$, un nouveau record, saluant la cotation du premier ETF sur la "crypto" à Wall Street.

Huit des 11 indices sectoriels du S&P 500 pointent dans le vert mercredi, à commencer par les "utilities" (+1,7%), l'immobilier (+1,4%) et la santé (+1,4%). Les technologiques (-0,4%) et les services de communication (-0,2%) reculent légèrement.

L'inflation au sommet des préoccupations

Randal Quarles a donc jeté un froid en se déclarant "assez inquiet" concernant l'inflation, évoquant des "risques haussiers significatifs" par rapport aux attentes actuelles qui tablent sur une nette accalmie sur les prix l'année prochaine. Le gouverneur de la Fed (en charge jusque récemment de la supervision des services financiers à la Fed), a ajouté qu'il se prononcerait en faveur d'un début rapide de "tapering" lors de la réunion de la Fed des 2 et 3 novembre prochain.

Alors que la saison des résultats d'entreprises bat son plein, elles sont nombreuses à faire état de la hausse de leurs coûts en raison de l'inflation qui touche les matières premières énergétique et agricoles. Nestlé, Danone ou encore Procter & Gamble ont notamment souligné le phénomène.

Sur les marchés obligataires, le rendement du T-Bond à 10 ans s'est encore apprécié d'un point de base à 1,64%, au plus haut depuis mai dernier. Ce taux était autour de 1,3% le 22 septembre juste avant que la Fed n'annonce son intention de commencer son "tapering" avant la fin de l'année. Côté devises, l'indice du dollar reculait mercredi soir de 0,2% à 93,56 points face à un panier de devises. L'euro gagnait 0,17% à 1,1652$. L'or a gagné 0,8% à 1.784,30$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex, soutenu par les perspectives inflationnistes.

Malgré les interrogations des marchés concernant l'inflation, les économistes sont encore nombreux à penser que la Fed ne relèvera pas ses taux directeurs avant 2023, et non en 2022 comme la banque centrale l'a elle-même suggéré dans ses dernières projections faites en septembre.

Selon un sondage Reuters publié mercredi, 40 des 67 économistes interrogés s'attendent à ce que la Fed patiente jusqu'en 2023 ou plus tard pour commencer à augmenter les taux d'intérêt. Cependant, les 27 autres estiment que la Fed pourrait relever les taux dès 2022, et bon nombre signalent un risque d'augmentation des taux de la Fed plus tôt que prévu. Les économistes ont indiqué que l'inflation resterait élevée jusqu'en 2022 sans résolution rapide des problèmes de chaîne d'approvisionnement et de pénurie de main-d'oeuvre. La demande refoulée devrait soutenir la croissance économique mais aussi accroître les pressions. Le consensus de l'indice PCE traduit une inflation supérieure à l'objectif jusqu'à la fin de 2022, reflétant les déséquilibres entre l'offre et la demande. Les économistes prévoient une croissance du PIB américain de 4% en 2022 (vs 4,2% avant) ralentissant à 2,5% en 2023 (vs 2,3%). Le taux de chômage devrait osciller entre 3,6% et 4,7% jusqu'au S2 2023 au moins.

La fête continue pour le pétrole et le bitcoin

Sur les marchés pétroliers, la hausse se poursuit mercredi. Le baril de brut léger américain WTI gagne encore 0,8% à 83,62$ pour le contrat à terme de novembre sur le Nymex, tandis que le Brent de la Mer du Nord avance de 0,4% à 85,44$ (contrat de décembre). Le WTI est à son plus haut niveau depuis octobre 2014, tandis que le Brent est sur des sommets de trois ans.

Les cours ont profité mercredi de l'annonce d'une baisse surprise des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis après 3 semaines de hausse. Les stocks ont ainsi baissé de 0,4 million de barils durant la semaine achevée le 15 octobre, alors que les analystes s'attendaient à une nouvelle hausse de 2 millions de barils. Les experts sont de plus en plus nombreux a prévoir que le pétrole franchira ces prochains mois les 100$ le baril pour la première fois depuis 2014, compte-tenu du déficit d'offre d'énergie à l'approche de l'hiver.

Quant au bitcoin, il a salué le lancement, mardi, du tout premier ETF sur la cryptomonnaie, en battant un nouveau record, autour de 66.400$ mercredi en fin de soirée (+3,5% sur 24h). Le précédent record datait de avril dernier à 64.899$. Le nouvel ETF, le "ProShares Bitcoin Strategy ETF", basé sur des contrats à terme cotés sur le CME, gagne mercredi 3,4% après un bond de 4,7% mardi sur le Nyse. Les valeurs liées au bitcoin sont aussi de la fête : Coinbase prend encore 2,5% après +3,8% mardi, et Riot Blockchain gagne 1,5% après +3,4% mardi, mais Marathon Digital Holdings rend 1,5% après +4,8% mardi.

Un accord possible sur les dépenses sociales US avant la fin de la semaine ?

Des progrès sont par ailleurs constatés dans les négociations budgétaires en cours aux USA. The Hill cite des sources selon lesquelles le sénateur démocrate Joe Manchin aurait déclaré à ses collègues lors d'un déjeuner mardi qu'il travaillerait avec Chuck Schumer - chef de la majorité démocrate au Sénat - et Bernie Sanders pour parvenir à un accord sur un programme de dépenses sociales d'ici la fin de la semaine. Kyrsten Sinema, autre centriste clé du Sénat, devrait également être impliquée dans les pourparlers. The Hill ajoute que Joe Manchin a déclaré qu'il pensait qu'un accord général pourrait être obtenu d'ici vendredi et semblait plus optimiste que dans ses récentes remarques à la presse, lorsqu'il avait exprimé son scepticisme sur la possibilité de faire quelque chose avant la date limite du 31 octobre imposée par les dirigeants démocrates.

Alors que Joe Biden a proposé un compromis dans une fourchette de 1 900 à 2 200 milliards de dollars, ni Manchin ni Sinema n'ont explicitement approuvé ce montant indicatif. Les marchés semblent toujours anticiper un compromis autour des 2 000 milliards de dollars. Un accord sur les dépenses sociales axé sur les priorités démocrates ouvrirait également la voie à l'approbation par la Chambre d'un plan d'infrastructure physique bipartite d'environ 1 000 milliards de dollars déjà adopté par le Sénat.

VALEURS A SUIVRE

United Airlines, Netflix et Omnicom, publiaient hier soir leurs trimestriels, après la clôture de Wall Street. La journée est encore plus active ce mercredi, avec notamment les trimestriels des firmes Tesla, Anthem, Abbott, IBM, Baker Hughes, Biogen, M&T Bank, Las Vegas Sands, Tenet Healthcare, Verizon, Comerica, CSX, PPG, Nasdaq Inc, Travelzoo (...).

Netflix (-2,4%) a indiqué mardi soir avoir attiré 4,38 millions d'abonnés supplémentaires sur la période juillet-septembre, pour atteindre un total mondial de 213,6 millions d'abonnés. Ces chiffres, supérieurs aux attentes de Wall Street (+3,8 millions), ne réjouissent toutefois pas, alors que les marchés avaient déjà largement acheté la rumeur.

Pour le trimestre clos fin septembre, le bénéfice par action (bpa) ajusté de Netflix s'est établi à 3,19$ (+83% sur un an !) contre 2,57$ attendu par le consensus FactSet. Son chiffre d'affaires a progressé de 16% sur un an, pour s'établir à 7,5 milliards de dollars, conforme aux attentes de Wall Street. Le géant de la vidéo en streaming a capitalisé sur le succès mondial de la série sud-coréenne "Squid Game", qui fait par ailleurs polémique en raison de son caractère très violent. Disponible sur Netflix depuis le 17 septembre, "Squid Game" a surpris les dirigeants en devenant la série exclusive la plus visionnée sur la plateforme au cours de son premier mois de programmation, selon la société.

Pour le 4e trimestre en cours, la société a déclaré qu'elle s'attendait à ajouter 8,5 millions d'abonnés payants au cours du 4e trimestre, contre une estimation des analystes de 8,33 millions, selon les données IBES de Refinitiv, à mesure que la plateforme accélère la mise en ligne de nouveaux contenus. Netflix attend un bpa ajusté de 0,8$ au 4e trimestre pour des ventes de 7,71 Mds$, alors que le consensus FactSet s'attendait à mieux, avec un bpa de 1,12$. En 2020, Netflix avait profité de la pandémie de coronavirus, qui avait attiré de nombreux nouveaux abonnés, sur fond de confinements imposés à travers le monde. Cette croissance s'était ensuite nettement essoufflée au premier semestre 2021, alors que les plateformes rivales comme Disney+ (Walt Disney), Apple TV+ et HBO Max d'AT&T ont renforcé leurs offres.

Pinterest bondit de plus de 10% mercredi à Wall Street, autour de 61,90$, en réaction à un article de Bloomberg, affirmant que PayPal aurait approché le réseau social de partage de photos en vue de lui faire une offre d'achat. Le titre Paypal recule en revanche de 6% après ces rumeurs. Selon des sources citées par Bloomberg, PayPal aurait récemment approché Pinterest en lui proposant un rapprochement valorisant Pinterest environ 70$ par action, soit une prime de l'ordre de 25% par rapport au cours de mardi soir. Pinterest serait alors valorisé à environ 39 milliards de dollars.

Facebook (+0,2%). A la manière d'un Alphabet (Google, -0,9%), Facebook, le réseau social de Menlo Park, Californie, entend changer de nom afin de refléter la diversité de ses activités comprenant Facebook, mais aussi Instagram, Whatsapp, Oculus (...). Le site internet The Verge rapporte ainsi que le groupe de Mark Zuckerberg prévoit de changer de nom la semaine prochaine afin de souligner sa volonté de se concentrer sur la création de son fameux 'métavers'. The Verge cite une source au fait de la situation. Zuckerberg, leader du groupe, devrait ainsi lever le voile sur ce changement attendu de nom lors de la conférence Connect le 28 octobre, mais le nom pourrait être dévoilé plus tôt encore. Le métavers (metaverse) consiste en des environnements de mondes virtuels partagés et connectés.

Anthem (+7%), le groupe américain d'assurance maladie, a battu le consensus en termes de revenus et de profits sur le trimestre clos. Il relève par ailleurs sa guidance annuelle de bénéfices. Le groupe, qui profite de la croissance Medicare et Medicaid, a multiplié par sept son bénéfice à 1,51 milliard de dollars soit 6,13$ par titre sur le trimestre clos, contre 222 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté trimestriel par action a été de 6,79$, contre un consensus de 6,37$. Les revenus opérationnels ont grimpé de 16% à 35,5 milliards de dollars, contre 35,3 milliards de consensus. Le groupe anticipe désormais un bénéfice ajusté annuel de plus de 25,85$ par titre.

Nasdaq Inc. (-4,6%), l'opérateur transatlantique qui gère en particulier le marché Nasdaq, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, un bénéfice ajusté par action de 1,78$ à comparer à un consensus de 1,72$. Les revenus du groupe se sont appréciés de 17% en glissement annuel pour atteindre 838 millions de dollars, alors que les seuls revenus de services de marché ont augmenté de 15% à 295 millions. Le consensus était de 833 millions de dollars de recettes totales. Le groupe a profité, sur le trimestre, de la forte demande pour ses produits liés aux investissements et de la forte hausse du nombre d'introductions en bourse, 147 sur la période représentant 29 milliards de dollars de fonds levés. Les SPACs ont représenté 67 opérations, contre 80 pour les compagnies opérationnelles.

Abbott (+3%), le groupe pharmaceutique de l'Illinois, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 2,52 milliards de dollars et 1,17$ par titre, contre 1,76 milliard et 69 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,40$, contre 98 cents de consensus FactSet. Les ventes trimestrielles des activités de diagnostic ont flambé de 48% à 3,91 milliards de dollars avec la pandémie. Les revenus totaux se sont établis à 10,93 milliards de dollars, contre environ 9,6 milliards de consensus. Abbott se permet ainsi de rehausser sa guidance annuelle de bénéfice ajusté par action des opérations poursuivies entre 5 et 5,10$.

Biogen (-0,4%) a rehaussé ses anticipations financières, malgré des ventes décevantes de son traitement d'Alzheimer. Pour le troisième trimestre, le laboratoire américain a affiché un bénéfice ajusté par action de 4,77$, contre un consensus de 4,1$. Le groupe rehausse ses estimations de revenus annuels entre 10,8 et 10,9 milliards de dollars, aidé notamment par la forte demande pour ses traitements de la sclérose multiple. Le bénéfice ajusté annuel par action est anticipé entre 18,85 et 19,35$.

Verizon (+2,5%), l'opérateur télécom new-yorkais, a battu le consensus de profits sur le trimestre clos, tandis que ses abonnements wireless ont également dépassé les attentes. En revanche, les revenus totaux ont quelque peu déçu, en croissance de 4,3% à 32,9 milliards de dollars, contre un consensus de 33,2 milliards. Le bénéfice par action a été de 1,55$, contre 1,05$ sur la période comparable de l'an dernier. Le bénéfice ajusté par action a atteint 1,41$, contre 1,25$ un an avant. Le bénéfice net s'est élevé à 6,6 milliards de dollars, en augmentation de 45% en glissement annuel, tandis que l'Ebitda ajusté a été de 12,3 milliards, en hausse de 3,3%. Les revenus de services wireless ont progressé de 3,9% à 17,1 milliards de dollars.

United Airlines (-0,8%), le transporteur aérien américain, a annoncé hier soir une perte 'hors éléments' pour le troisième trimestre fiscal, mais ses revenus ont dépassé les attentes. La perte trimestrielle ajustée par action a été de 1,02$, contre 1,65$ de consensus et 8,16$ de déficit par action un an avant. Les revenus ont totalisé 7,75 milliards de dollars, contre 2,49 milliards un an plus tôt, ce qui dépasse également les attentes de marché. La compagnie aérienne de Chicago semble donc se redresser, malgré la résurgence des cas de covid ralentissant les réservations et provoquant des annulations. Grâce à l'aide gouvernementale face à la pandémie, le bénéfice net consolidé par action est un profit de 1,44$. En outre, United estime que ses revenus du trimestre entamé devraient parvenir à 75% du niveau pré-pandémique de 2019, contre 68% sur le trimestre clos.

Omnicom (-4%), le géant publicitaire américain, a battu le consensus au troisième trimestre. Le groupe a dégagé sur la période un bénéfice ajusté par action de 1,65$, contre un consensus de marché de 1,37$ et un niveau de 1,21$ sur la période correspondante, l'an dernier. Les revenus du groupe sur la période close en septembre ont été de 3,44 milliards de dollars, 1% de mieux que le consensus, contre 3,21 milliards un an avant. La croissance organique a été de 11,5%. Le profit opérationnel a atteint 542 millions de dollars, en hausse de 8%, pour une marge de 15,8%. Le bénéfice net s'est apprécié de 13,5% à 356 millions. Le titre n'a toutefois pas fait d'étincelles hier soir, en retrait de 3% après bourse suite à cette publication à Wall Street.

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