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Wall Street : en ordre dispersé, le Nasdaq souffre de la tension sur les taux

Wall Street : en ordre dispersé, le Nasdaq souffre de la tension sur les taux
Wall Street : en ordre dispersé, le Nasdaq souffre de la tension sur les taux
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York vit une séance de rotation sectorielle mardi, les investisseurs privilégiant les valeurs cycliques sur fond de nouvelles plus rassurantes concernant le variant Omicron du coronavirus. Les valeurs technologiques en revanche sont délaissées, considérées comme trop chères et vulnérables à la hausse des taux d'intérêts. Les bancaires en revanche profitent des tensions actuelles sur les taux. Le pétrole grimpe après la décision de l'Opep + de continuer à ouvrir ses vannes avec prudence.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones reste en terrain record, gagnant encore 0,53% à 36.780 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 0,35% à 4.779 pts, après son sommet de lundi. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, rechute de 1,93% à 15.526 pts, après un bond de 1,2% lundi.

En Europe, les marchés ont fini en hausse, mardi, rassurés par de nouvelles études montrant qu'Omicron est moins dangereux que les autres variants du Covid-19. L'indice Stoxx 600 a grimpé de 1,09%, établissant un nouveau sommet, et à Paris, le CAC 40 (+1,39%) a lui aussi battu son record.

La saison des résultats du 4e trimestre en ligne de mire

Parmi les plus fortes baisses du jour à Wall Street figurent les réseaux sociaux et autres platefomes de jeux ou applications, dont Twitter (-5%), Roblox (-6%) et Snap (-8,6%). Meta (l'ex-Facebook) cède 0,8%, Microsoft lâche 2%, Amazon perd 1,9%, Netflix perd 1,8%, tandis qu'Apple lâche 1,3% après son bond de la veille qui avait brièvement porté la capitalisation du titre à 3.000 Mds$ en séance.

La saison des résultats du quatrième trimestre démarre dans moins de deux semaines à Wall Street, avec les comptes des grandes banques : JP Morgan, Citigroup et Wells Fargo (le 14 janvier), suivies de Goldman Sachs (18 janvier), puis de Morgan Stanley et Bank of America (le 19 janvier).

Selon le consensus du cabinet FactSet, les bénéfices du S&P 500 devraient augmenter d'un peu plus de 21% en glissement annuel au quatrième trimestre. Cela marquerait le quatrième trimestre consécutif de croissance des bénéfices supérieure à 20%, bien que cela représente un ralentissement par rapport à la croissance de près de 40% observée au troisième trimestre, 91% au deuxième trimestre et 52% au premier trimestre.

Les investisseurs estiment que l'évolution des indices boursiers en 2022 dépendra en grande partie de la capacité des entreprises à continuer de faire croître leurs bénéfices. Pour ce faire, les plus avantagées seront celles qui seront en mesure de répercuter dans leurs prix de vente la hausse de leurs coûts ("pricing power").

L'Opep+ maintient le cap

Le pétrole poursuit sa hausse après la décision de l'Opep+ d'augmenter sa production de 400.000 barils par jour de sa production en février, poursuivant sa politique de relèvement graduel de l'offre. Aux yeux du groupe de pays producteurs d'or noir, le variant Omicron n'aura qu'un impact "modéré et de courte durée" sur la demande mondiale.

Le baril de brut léger américain WTI progresse mardi de 1,3% à 77,09$ (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de Mer du nord avance de 1,4% à 80,06$ (contrat de mars).

Sur le front économique aux Etats-Unis ce mardi, l'indice ISM manufacturier américain du mois de décembre est ressorti à 58,7 contre 60,4 de consensus et après 61,1 en novembre, traduisant une décélération de la croissance dans le secteur manufacturier. Il s'agit du rythme le plus faible depuis janvier 2021, même si l'indice reste nettement en expansion (au-dessus de 50). L'indice des prix rattaché à cet ISM a été de 68,2 contre 79 de consensus de marché.

Par ailleurs, le rapport JOLTS du Département américain au Travail a fait état de 10,56 millions d'ouvertures de postes aux Etats-Unis en décembre, contre 11 millions de consensus FactSet.

Les cas d'Omicron flambent, mais sa gravité est moindre

Sur le front de la pandémie, la propagation d'Omicron se poursuit à grande vitesse aux Etats-Unis comme dans les autres pays. Les USA ont ainsi enregistré un record de plus d'un million de cas de contamination Covid-19 lundi, en tenant compte toutefois d'un rattrapage après le week-end. Cela représente pratiquement le double du précédent record quotidien établi il y a quatre jours à environ 590 000 cas.

Alors que le nombre de nouveaux cas de Covid-19 dans le monde atteint des sommets, les données les plus récentes confirment fort heureusement que le nouveau variant Omicron serait bien moins sévère que le Delta. Selon le Dr Abdi Mahamud, qui dirige une équipe de travail sur la gestion de la pandémie au sein de l'OMS, Omicron infecte plus souvent la partie haute des voies respiratoires, à la différence des autres souches, qui pouvaient provoquer de graves pneumonies.

Si Omicron n'a pas provoqué pour le moment de raz de marée dans les hôpitaux ni de pics de décès, son impact se fait sentir sur l'économie via l'isolement des personnes infectées. Aux Etats-Unis (comme en Europe ou en Chine), la flambée des cas a ainsi provoqué des milliers d'annulations de vols, des fermetures d'écoles, de commerces et de bureaux, ainsi qu'une surcharge des hôpitaux et des perturbations dans les chaînes d'approvisionnement.

De nombreuses entreprises ont interrompu leurs processus de retour au bureau. Les banques Goldman Sachs et JP Morgan, notamment, ont encouragé leurs personnels à reprendre le travail à domicile pour ce début d'année. Afin de diminuer les perturbations, les autorités sanitaires américaines (CDC) ont raccourci la durée d'isolement à cinq jours pour les personnes asymptomatiques testées positives pour Covid-19, à condition qu'elles présentent un test négatif à l'issue de ces 5 jours.

La tension sur les taux se poursuit, un tour de vis de la Fed attendu dès mars

Sur les marchés obligataires, l'année 2022 a commencé lundi par une tension sur les marchés des taux d'intérêts, les investisseurs anticipant un resserrement monétaire de la part de la banque centrale américaine, qui pourrait intervenir dès sa réunion des 15 et 16 mars prochain. Les études montrant que le variant Omicron provoque moins de formes graves du Covid que les précédents variants a renforcé l'idée que la pandémie ne pèsera pas durablement sur la reprise économique mondiale en 2022.

Mardi, le rendement du T-Bond à 10 ans a encore gagné 4 points de base (après +14 pb lundi) pour atteindre 1,67%, au plus haut depuis fin octobre. Le rendement du "30 ans" a lui aussi bondi de 7 pb à 2,08% au plus haut depuis le 26 octobre. En Europe, le rendement du Bund allemand à 10 ans est resté stable à -0,13% au plus haut depuis début novembre.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar se stabilise à 96,24 pts (+0,02%) face à un panier de devises, tandis que l'euro cède 0,03% à 1,1291$. L'or regagne 0,8% à 1.815,20$ l'once sur le Comex (contrat de février), après une chute de 1,6% lundi. Le bitcoin cotait mardi soir autour de 46.486$, en hausse de 0,9% sur 24h, selon le site Coindesk.

Selon les données compilées par CME Group reflétant les contrats à terme, la probabilité de voir la Réserve fédérale américaine augmenter ses taux directeurs dès le mois de mars prochain d'un quart de point à 0,25-0,50%, a encore augmenté à 61,3% contre 57,2% lundi, et seulement 26% le 3 décembre dernier. La probabilité d'un maintien à 0-0,25% en mars est tombée à 36,8%, et il y a une probabilité très faible (1,9%) d'une hausse d'un demi-point à 0,5%-0,75%.

La Fed publiera mercredi les Minutes de sa dernière réunion des 14 et 15 décembre dernier. Elle avait à cette occasion adopté un ton nettement plus "faucon", en réaction à la hausse de l'inflation qui a accompagné la reprise économique post-covid.

La Fed avait décidé d'accélérer l'arrêt de son programme d'achat d'actifs, désormais prévu dès la fin mars au lieu de la mi-2022. Dans ses nouvelles projections, la Fed avait aussi indiqué qu'elle envisageait de relever ses taux au moins trois fois cette année pour accompagner la reprise et juguler l'envolée de l'inflation, qui a atteint 6,8% sur un an en novembre aux Etats-Unis, au plus haut depuis 1982 !

VALEURS A SUIVRE

Apple (-1,4%) recule, après avoir franchi lundi en séance la barre des 3 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, du jamais vu dans toute l'histoire boursière.

Tesla (-3,6%) subit quelques prises de bénéfices après son envolée de 13,5% lundi. Le groupe a surpris lundi en annonçant des ventes record, bien plus élevées que prévu pour le dernier trimestre 2021. Par ailleurs, l'annonce du constructeur de véhicules électriques concernant l'ouverture d'un espace d'exposition au Xinjiang, région chinoise où Pékin est accusée de mener une politique de répression et de violer les droits de la minorité musulmane des Ouïghours, suscite l'émotion.

General Motors (+6,8%) bondit malgré des chiffres de ventes d'automobiles plutôt décevants pour le 4e trimestre 2021. Le groupe américain a vendu 440.745 véhicules, en baisse de 43% par rapport au 4e trimestre 2020.

Sur l'ensemble de 2021, General Motors a même été dépassé par Toyota aux Etats-Unis après quasiment un siècle de règne ininterrompu sur le marché automobile américain... Le constructeur de Detroit a ainsi vu ses ventes reculer de 13% en 2021 aux Etats-Unis, à 2,218 millions d'unités quand celles de son concurrent japonais ont grimpé de 10% à 2,332 millions.

Toutefois, GM a fait bondir ses stocks au courant du 4e trimestre, ce qui indique que les conditions d'approvisionnement en composants se sont améliorées. Une bonne nouvelle pour les futures ventes de 2022. GM se dit optimiste pour le marché automobile américain cette année, avec des ventes totales estimées à 16 millions de véhicules contre 15 millions en 2021.

Ford Motor (+11,3% !) flambe après que le constructeur auto a indiqué qu'il allait doubler la capacité de production pour la version électrique de son pick-up vedette, le F-150, pour atteindre 150.000 unités.

AT&T (+1,2%) et Verizon (+1,7%) ont finalement accepté un nouveau report de deux semaines, au 19 janvier, du déploiement aux Etats-Unis de leurs services dans la bande C de la 5G, alors que le secteur de l'aviation redoute des perturbations liées à l'usage de cette nouvelle bande de fréquences.

Walmart (-1,5%), le colosse américain de la grande distribution, a provisoirement fermé une soixantaine de magasins aux Etats-Unis en décembre dans le cadre d'une campagne de désinfection contre le Covid-19.

Pfizer perd 3,4%, BioNTech lâche 4% et Moderna 1,6%, alors que les investisseurs estiment que les derniers développements concernant Omicron pourraient remettre en question les futurs rappels vaccinaux.

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