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Wall Street : en ordre dispersé en attendant l'accord commercial

Wall Street : en ordre dispersé en attendant l'accord commercial
Wall Street : en ordre dispersé en attendant l'accord commercial
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Une certaine prudence règne jeudi à Wall Street, où les rumeurs vont bon train au sujet de la conclusion prochaine des négociations commerciales sino-américaines. Donald Trump doit rencontrer en soirée le négociateur en chef chinois Liu He, et une date pourrait bientôt être fixée pour la rencontre attendue entre le président américain et son homologue chinois Xi Jinping pour sceller enfin l'accord commercial. Les actions Boeing (+2,5%) et Dow (+5%) soutenaient le Dow Jones, tandis que Tesla (-8,6%) chutait après des livraisons décevantes en mars.

Deux heures avant la clôture, le Dow Jones gagnait 0,43% à 26.329 points, tandis que l'indice large S&P 500 était proche de l'équilibre à 2.873 pts et que le Nasdaq composite, riche en valeurs technologiques et biotechnologiques, cédait 0,35% à 7.868 pts.

Sur le marché des changes, le dollar est reparti à la hausse. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à un panier de devises de référence, gagnait 0,25% à 97,32 points, tandis que l'euro fléchissait de 0,16% à 1,1218$ après l'annonce d'une baisse des commandes à l'industrie en Allemagne en février. La livre sterling abandonnait 0,65% à 1,3073$, après une rencontre infructueuse de plus de 4 heures et demi entre les conservateurs et les travaillistes pour tenter de sortir de l'impasse sur le Brexit... Le risque de Brexit dur, le 12 avril, s'accroît ainsi de jour en jour.

Donald Trump continue de harceler la Fed et Jerome Powell

Sur les marchés obligataires américains, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, cédait jeudi 2 points de base à 2,50%, après être tombé jusqu'à 2,35% la semaine passée, au plus bas niveau depuis 2017.

Les marchés obligataires n'ont pas fortement réagi à une information du site 'Axios' affirmant que Donald Trump s'apprête à nommer au conseil de la Fed un autre de ses alliés, Herman Cain, lui aussi très critique de la politique menée par le président de la banque centrale Jerome Powell Il y a une dizaine de jours, Donald Trump a déjà nommé un de ses anciens conseillers, Stephen Moore, au conseil de la Fed. Avec ces deux nominations, qui doivent encore être approuvées par le Sénat américain, le conseil de la Fed serait au complet.

Jeudi, le leader de la Maison Blanche a encore taclé la Fed de Jerome Powell dans un message via Twitter. "Malgré les actions inutiles et destructrices de la Fed, l'Economie semble très solide, les accords avec la Chine et l'USMCA (ndlr : Canada-États-Unis-Mexique) avancent bien, l'inflation est faible ou nulle et l'optimisme des Etats-Unis est très élevé!", a ainsi déclaré Donald Trump.

La date du sommet Trump-Xi bientôt fixée ?

Sur le front des négociations commerciales, Donald Trump doit donc rencontrer jeudi le vice-premier ministre chinois, Liu He, négociateur en chef de la délégation chinoise. Les négociations en vue d'un accord seraient dans leur phase finale, selon des sources proches du dossier.

L'agence 'Bloomberg' rapporte que le texte accorderait à Pékin jusqu'en 2025 pour atteindre ses engagement en termes de volumes d'achat de matières premières aux Etats-Unis, tandis que les compagnies américaines seraient autorisées à prendre le contrôle d'entreprises chinoises, sans le soutien d'un partenaire chinois, obligatoire jusqu'ici.

Des informations contradictoires circulaient jeudi sur une possible annonce, dès ce jour, d'une date pour la très attendue rencontre entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping en vue de signer l'accord commercial final. Selon le 'Wall Street Journal' et 'Bloomberg', la date pourrait être fixée dès jeudi, mais selon des sources citées par 'Reuters', aucune annonce à ce sujet n'est encore prévue.

Le pétrole résiste sur ses sommets de 5 mois

Après un début de séance dans le rouge, les cours du pétrole ont repris un chemin haussier malgré l'annonce mercredi, d'une forte hausse surprise des réserves américaines de pétrole la semaine passée, alors que les investisseurs s'attendaient au contraire à une baisse de ces stocks.

Jeudi soir, le contrat à terme de mai sur le brut léger américain WTI progressait de 0,35%, à 62,68$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juin gagnait 0,67% à 69,91$ le baril. Les cours restent proches de leurs plus hauts niveaux depuis début novembre 2018.

En attendant les chiffres de l'emploi en mars

L'indicateur macro-économique le plus suivi jeudi, celui de l'emploi hebdomadaire, a surpris les marché par sa robustesse. Ainsi, les inscriptions au chômage pour la semaine close au 30 mars sont tombées à 202.000 (leur plus bas niveau depuis 1969!), contre un consensus 216.000 et un niveau de 212.000 pour la semaine antérieure.

Par ailleurs, l'étude mensuelle de la firme Challenger a fait état de 60.587 suppressions de postes en mars aux Etats-Unis, contre 76.835 un mois auparavant.

Le chiffres officiels de l'emploi pour l'ensemble du mois de mars seront publié officiellement vendredi : les économistes tablent sur la création de 180.000 emplois non-agricoles après 186.000 en février.

VALEURS A SUIVRE

Tesla (-8,6%) plonge à Wall Street. Le constructeur de voitures électrique a déçu par ses livraisons pour le premier trimestre 2019. Il a livré environ 63.000 véhicules, 110% de plus que sur le trimestre comparable de l'an dernier, mais 31% de moins que sur le trimestre antérieur. Ce total comprend 50.900 Model 3, ainsi que 12.100 Model S et X. Les analystes s'attendaient en moyenne à 59.000 Model 3 livrés sur le trimestre. Tesla a produit par ailleurs, durant le trimestre, environ 77.100 véhicules, dont 62.950 Model 3, et 14.150 Model S et X.

Tesla explique que du fait d'une forte augmentation des livraisons en Europe et en Chine, qui ont par moment dépassé 5 fois les niveaux des précédents pics, ainsi que des nombreux challenges rencontrés, il n'avait été en mesure de livrer que la moitié des chiffres de l'entier trimestre au 21 mars, dix jours avant la fin du trimestre. Cela a repoussé un grand nombre de livraisons de véhicules au deuxième trimestre. À la fin du premier trimestre, environ 10.600 véhicules étaient en transit vers les clients du monde entier.

"En raison des volumes de livraison moins importants que prévu et de plusieurs ajustements de prix, nous prévoyons une incidence négative sur le résultat net du premier trimestre. Malgré tout, nous avons terminé le trimestre avec suffisamment de trésorerie", a explique Tesla.

Ford Motor gagne 1,2% après avoir fait état d'une baisse modérée de 1,6% de ses ventes de véhicules au 1er trimestre aux Etats-Unis sur un an, à 590.249 unités. Ford a ainsi fait mieux que ses grands concurrents américains General Motors (-7% pour les ventes du 1er trimestre) et Fiat Chrysler Automobiles (-3%), qui ont publié leurs chiffres mardi.

Dans le détail, les ventes de berlines Ford ont chuté de 23,7% à 98.000 unités, tandis que les utilitaires et les SUV ont augmenté respectivement de 4,1% et de 5%. Le pick-up Ford "F-Series" a confirmé sa première place sur le marché américain de ces utilitaires légers. Les ventes de SUV ont atteint des records, et la marque Lincoln a connu une croissance significative de 11,2%, a expliqué Mark LaNeve, vice-président de Ford aux Etats-Unis en charge du marketing, des ventes et des services.

Boeing (+2,5%) se reprend après son recul de 1,5% la veille. Le gouvernement éthiopien a publié jeudi le rapport préliminaire sur le crash du Boeing 737 MAX d'Ethiopian Airlines le 10 mars dernier. L'enquête préliminaire montre que l'équipage a "effectué toutes les procédures répétées fournies par le constructeur mais ne pouvait pas contrôler l'avion". Les enquêteurs éthiopiens ont donc demandé au constructeur aéronautique de procéder à un examen complet des systèmes anti-décrochage du 737 MAX avant de lui permettre de voler à nouveau.

Le géant américain de l'aéronautique et de la défense a présenté le 27 mars dernier un correctif logiciel du système de prévention du décrochage, ainsi que nouvelles alertes dans le cockpit et un programme de formation des pilotes. Ces propositions doivent être testées, certifiées et approuvées par la FAA, l'autorité américaine de l'aviation, avant que le 737 puisse à nouveau être autorisé à voler. Un processus qui pourrait durer des semaines, selon les experts...

Constellation Brands (+5,9%). Le spécialiste américain de la production et de la distribution de boissons alcoolisées, connu notamment pour sa bière Corona ou pour les vins Robert Mondavi, a dépassé les attentes pour le quatrième trimestre fiscal. Le bénéfice net du groupe s'est établi à 1,24 milliard de dollars soit 6,37$ par titre, contre 911 millions de dollars un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice par action a représenté 1,84$, contre 1,72$ de consensus. Les revenus trimestriels se sont appréciés de 2% à 1,8 milliard de dollars, contre 1,73 Md$ de consensus. Les ventes de bière ont grimpé de 12%, avec Corona et Modelo.

Le groupe table désormais sur un bénéfice ajusté par action allant de 8,50 à 8,80$ pour l'exercice 2020, en tenant compte de la cession d'une partie des activités vins et spiritueux à E&J Gallo, mais hors contribution de Canopy Growth, producteur et distributeur canadien de cannabis à usage médical au capital duquel Constellation a tout récemment décidé d'investir 4 milliards de dollars américains supplémentaires.

Office Depot (-22%) plonge à Wall Street ce jour, après avoir alerté sur ses ventes trimestrielles. Le détaillant américain en produits de bureau dit anticiper un chiffre d'affaires inférieur aux attentes au titre du premier trimestre, du fait de performances décevantes de l'activité de services informatiques CompuCom. Les revenus sont désormais attendus à 2,76 milliards de dollars, contre 2,82 Mds$ de consensus de place. Le bénéfice ajusté opérationnel est estimé à 65 M$, en tenant compte d'une perte de 15 M$ sur CompuCom.

Apple (+0,1%) aurait baissé le prix de ses derniers modèles d'iPhone en Inde d'environ 25% afin d'y améliorer ses ventes, a appris 'Reuters' de plusieurs sources. Rappelons qu'Apple et plusieurs grandes marques de luxe avaient déjà baissé les prix de leurs produits en Chine, afin de répercuter une réduction de la TVA dans le pays.

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