Cotation du 20/01/2022 à 22h55 Dow Jones Industrial -0,89% 34 715,39
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Wall Street en ordre dispersé, au lendemain de sa purge

Wall Street en ordre dispersé, au lendemain de sa purge
Wall Street en ordre dispersé, au lendemain de sa purge

(Boursier.com) — Après un début de séance indécis, la Bourse de New York tente une reprise jeudi soir, au lendemain d'un coup de tabac provoqué par la publication des Minutes de la Fed montrant que la banque centrale américaine prévoit de mener une politique monétaire bien moins accommodante en 2022. Les cours du pétrole poursuivent leur ascension, tandis que les taux d'intérêts restent tendus, le taux de l'emprunt d'Etat US à 10 ans montant à 1,72%. Le bitcoin s'accroche au seuil des 43.000$, victime de l'aversion au risque, et l'or perd son lustre (-2%).

A deux heures de la clôture, le Dow Jones cède encore 0,37% à 36.274 points, après -1,07% mercredi, tandis que l'indice large S&P 500 regagne 0,14% à 4.707 pts (après -1,9% la veille), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, reprend 0,24% à 15.135 pts (après un plongeon de 3,3% la veille). Le Nasdaq a désormais corrigé de près de 6% par rapport à son dernier record du 19 novembre dernier.

Les grandes valeurs "technos", qui avaient plongé mercredi, évoluent en ordre dispersé, freinant la reprise de la cote : Salesforce reprend 1,3% (après -8,3%), mais Microsoft cède 0,3% (après -3,8%) et Apple lâche encore 0,96% (après -2,6%), pesant sur le Dow Jones. Tesla perd 2% (après -5,3%), Meta Platforms regagne 3,3% (après -3,7%), Advanced Micro Devices perd 1% (après -5,7%) et Nvidia remonte de 1,15% (après -5,7%).

L'indice sectoriel S&P 500 des technologiques cède 0,2%. Les valeurs technologiques, très fortement valorisées, sont les plus vulnérables à une hausse des taux, celle-ci ayant un effet direct sur l'actualisation des flux de trésorerie futurs des sociétés en forte de croissance.

Hausses de taux, réduction du bilan, la Fed fourbit ses armes contre l'inflation

Les marchés ont chuté mercredi en réaction aux Minutes de la Fed, qui ont révélé que la banque centrale américaine était prête à relever ses taux directeurs plus tôt ou à un rythme plus rapide que prévu, et qu'en outre, elle pourrait commencer à réduire son bilan peu après le début des hausses de taux, ce qui constituerait un degré supplémentaire de resserrement monétaire. Les membres de la Fed ont ainsi signalé qu'ils étaient prêts à agir avec détermination face à une économie en forte reprise et surtout face à une inflation qui a atteint 6,8% sur un an en novembre, au plus haut depuis 1982.

Plusieurs membres du Comité de politique monétaire (FOMC) ont en outre estimé que l'objectif de plein emploi avait déjà été atteint aux Etats-Unis. Le plein emploi est l'une des conditions fixées par la Fed avant de relever ses taux directeurs, ramenés autour de zéro depuis 2020 pour lutter contre les effets de la crise du Covid-19.

Selon les données compilées par CME Group reflétant les contrats à terme, la probabilité de voir la Fed augmenter dès mars prochain ses taux directeurs d'un quart de point à 0,25-0,50%, a encore augmenté pour atteindre à 69,8% jeudi, contre 64,1% mercredi et seulement 26% le 3 décembre dernier. La probabilité d'un maintien à 0-0,25% en mars est tombée à 24,2%, et il y a une faible probabilité (5,9%) d'une hausse d'un demi-point à 0,5%-0,75%. Il y a probabilité de 78,9% pour que le taux des "fed funds" soit relevé au moins trois fois d'ici à la fin 2022.

Le dollar solide, l'or en difficulté face à la hausse des taux

Sur le marché des changes, l'indice du dollar reste ferme jeudi face à un panier de devises de référence, à 96,30 points (+0,13%), proche de son plus haut niveau depuis juin 2020, tandis que l'euro cède 0,17% à 1,1293$. Le rendement du T-Bond à 10 ans s'est encore tendu pour atteindre 1,72% (+2 points de base) contre 1,5% le 31 décembre dernier.

L'or a chuté de 2% à 1.789,20$ l'once sur le Comex (contrat de février) et le bitcoin cotait jeudi soir autour de 43.170$, en recul de 1,1% sur 24h, selon le site Coindesk.

En Europe, les marchés ont fini en nette baisse, rattrapés par la perspective d'un environnement de taux moins accommodant en 2022. L'indice EuroStoxx 50 a cédé 1,5%, et à Paris,le CAC 40 a reculé de 1,72% après 3 séances de records.

Aux Etats-Unis, les indicateurs macro-économiques du jour n'ont pas modifié le tableau général d'une reprise économique solide, malgré une activité ralentie dans les services en raison de la propagation du variant Omicron du coronavirus, qui perturbe le fonctionnement des acteurs économiques. L'indice ISM des services américains a ainsi reculé à 62 en décembre, contre 67 de consensus de place et 69,1 en novembre. L'indicateur reste cependant très nettement en territoire d'expansion, au dessus de la barre des 50.

Côté emploi, les inscriptions au chômage ont légèrement augmenté la semaine passée, mais restent proches de leur plancher de 52 ans. Elles sont ressorties à 207.000 (+7.000 par rapport à la semaine antérieure). Le consensus était positionné à 195.000. En décembre, les suppressions d'emplois ont bondi de 31% à 19.502 aux Etats-Unis, selon la dernière étude Challenger, Gray & Christmas sur le sujet. Mais sur l'ensemble de 2021, les employeurs américains ont supprimé 321.970 emplois, un chiffre en baisse de 86% par rapport à 2020, en pleine crise du Covid-19.

Le pétrole grimpe, la production du Kazakhstan en question

Par ailleurs, le déficit américain du commerce international de biens et services s'est creusé à 80,2 milliards de dollars en novembre, contre 72 Mds$ de consensus et après 67,2 Mds$ en octobre. Enfin, les commandes industrielles sont restées dynamiques en novembre, en hausse de 1,6% sur un mois, en ligne avec le consensus FactSet, après une hausse révisée à 1,2% en octobre.

Les cours du pétrole ont continué leur progression jeudi, soutenus notamment par les troubles sociaux au Kazakhstan, qui pourraient perturber la production pétrolière de ce pays. Le baril de brut léger américain WTI progressait en soirée de 1,86% à 79,30$ (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de Mer du nord avançait de 1,3% à 81,86$ (contrat de mars).

Face à Omicron, un plan de soutien sectoriel en préparation au Congrès US

Dans l'actualité de la crise sanitaire, les opérateurs perçoivent des signes d'un pic d'Omicron, après un record de cas quotidiens de contamination au Covid-19 à près d'un million cette semaine aux USA. Les exemples de l'Afrique du Sud et du Royaume-Uni renforcent cette hypothèse. Les données nouvelles confirment qu'Omicron est bien plus léger que le variant Delta, mais le système de santé américain est débordé, victime par ailleurs d'un manque de personnel. La pénurie de personnel hospitalier aux Etats-Unis serait ainsi la pire depuis décembre 2020, relate Bloomberg.

Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont élargi aux adolescents âgés de 12 à 15 ans l'administration de la dose de rappel avec le vaccin Pfizer / BioNTech. Les CDC ont fait savoir qu'ils recommandaient aux adolescents âgés de 12 à 17 ans de recevoir un rappel vaccinal cinq mois après la fin du schéma initial de deux doses.

Face à la vague Omicron, la presse américaine a évoqué un projet de soutien budgétaire ciblé pour les secteurs les plus affectés. Selon le 'Washington Post', les élus démocrates et républicains ont mené des discussions préliminaires concernant un plan d'environ 68 Mds$ pour aider notamment les restaurants, salles de spectacle et salles de sport. La mesure pourrait inclure un mélange de nouvelles dépenses et une réaffectation de certains fonds inutilisés dans le cadre des packages précédents. Cependant, rien n'a été finalisé, alors que le plan devrait faire face à une bataille difficile au Sénat compte tenu des inquiétudes des républicains quant à l'augmentation du déficit.

VALEURS A SUIVRE

Qualcomm (-0,8%). Le DG de SK Hynix, Park Jung-ho, a déclaré au Korea Herald dans une interview lors du CES de Las Vegas que la société et sa filiale SK Telecom prévoyaient de co-investir dans des puces d'intelligence artificielle avec Qualcomm.

WarnerMedia et ViacomCBS (+1,15%) chercheraient à céder tout ou partie de CW Network, société codétenue, d'après des personnes proches de la question citées par le Wall Street Journal. Nexstar Media Group (+1,3%) serait un acquéreur potentiel.

Walgreens Boots Alliance (-1,3%) a dépassé les attentes de marché pour son premier trimestre fiscal 2022 et rehausse par ailleurs ses anticipations annuelles. Sur le trimestre clos, le bpa des opérations poursuivies a été de 4,13$, contre une perte de 45 cents un an avant. Le bpa ajusté a grimpé de 53% à 1,68$. Les ventes ont progressé de 7,8% à 33,9 milliards de dollars. Une croissance de 1 à 4% du bpa ajusté annuel est désormais anticipée.

Constellation Brands (-1,2%) a publié pour son troisième trimestre fiscal 2022 un bénéfice ajusté par action de 3,42$, supérieur de plus de 20% au consensus. Les revenus ont pourtant décliné de 4,9% en glissement annuel à 2,32 milliards de dollars, légèrement au-dessus du consensus. Le groupe rehausse sa guidance de bénéfice ajusté par action pour l'exercice 2022 entre 10,50 et 10,65$. En outre, le spécialiste américain de la production et de la distribution de boissons alcoolisées a scellé un accord avec Coca-Cola pour introduire la marque Fresca dans les boissons alcoolisées.

ConAgra (-1,8%) trébuche, alors que le groupe alimentaire américain a raté le consensus de profit sur le trimestre clos, plombé par les coûts de matières et logistique. Tout n'est toutefois pas si sombre pour le groupe, qui relève ses prévisions de chiffre d'affaires sur l'année. Pour le deuxième trimestre fiscal, le bénéfice net est ressorti à 275 M$ et 57 cents par titre, contre 379 M$ un an avant. Le bpa ajusté a été de 64 cents, contre 68 cents de consensus FactSet. Les ventes ont été de 3,06 milliards, contre 3 milliards un an avant et 3,01 milliards de consensus.

Royal Caribbean (-0,9%) et Norwegian Cruise (-0,2%), deux opérateurs de croisières, ont choisi d'annuler des dessertes face à la poussée des contaminations au coronavirus à l'échelle mondiale.

Walmart (-0,27%), le colosse américain de la grande distribution, réduit aux USA à une semaine au lieu de deux la période d'indemnisation des salariés contraints de se placer à l'isolement après un test positif au covid, selon une note interne consultée par l'agence Reuters. Walmart est le premier employeur privé aux Etats-Unis avec 1,6 million de salariés.

Hasbro (-0,13%), le géant du jouet, s'offre un nouveau CEO. Chris Cocks, dirigeant de sa division jeux numériques, est ainsi promu au poste de directeur général en remplacement de Brian Goldner, décédé en octobre.

Netflix (-2,1%). JP Morgan s'attend à ce que les chiffres d'abonnements du géant du streaming déçoivent au quatrième trimestre. Le broker ajuste de 750 à 725$ son objectif de cours.

Coinbase (stable) reste sans grande réaction, malgré une recommandation de Bank of America, qui pense que le groupe est plus qu'un courtier en cryptomonnaies, et a relevé son opinion de 'neutre' à 'achat'. Il reste que la récente correction du bitcoin a entraîné une chute de Coinbase de près de 9% sur les 5 dernières séances.

Pfizer (-0,5%) / BioNTech (+1,3%). Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont élargi aux adolescents âgés de 12 à 15 ans l'administration de la dose de rappel Pfizer/ BioNTech.

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