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Wall Street en légère progression avant les trimestriels

Wall Street en légère progression avant les trimestriels
Wall Street en légère progression avant les trimestriels
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine s'affiche en timide hausse avant bourse ce mardi, au lendemain d'une sanction menée par le Nasdaq (-1,25%). Le DJIA prend 0,2% avant bourse ce jour, comme le S&P 500, alors que le Nasdaq grappille 0,1%. Le baril de brut WTI monte de 1,1% à 52,8$ sur le Nymex. L'once d'or perd 0,1% à 1.848$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence.

Le rapport JOLTS du Département américain au Travail concernant les ouvertures de postes pour le mois de novembre sera communiqué à 16 heures (consensus 6,42 millions). Raphael Bostic, Lael Brainard, Robert Kaplan, Loretta Mester et Esther George de la Fed, s'exprimeront durant la journée. Ailleurs dans le monde, l'actualité économique est assez réduite. Au Japon, l'indice du sentiment économique a quelque peu déçu, à 35,5 contre 37 de consensus.

Alors que les marchés ont déjà 'pricé' en partie le nouveau plan de relance budgétaire de Joe Biden, qui se chiffrerait en 'milliers de milliards', et que la politique monétaire demeure très accommodante à travers le monde, c'est la crise sanitaire qui concentre l'attention. Les chiffres des infections continuent de progresser dans le monde, l'Europe luttant pour contenir la propagation du variant britannique, et la Chine se trouvant confrontée à une nouvelle poussée des contaminations.

Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés de contaminations au nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de la pandémie ressort désormais à près de 91 millions, dont 22,6 millions aux USA, 10,5 millions en Inde et 8,1 millions au Brésil. Le virus a fait 1,95 million de morts dans le monde, dont 376.295 aux États-Unis, 203.580 au Brésil et plus de 151.000 en Inde...

Fort heureusement, le déploiement des vaccins s'accélère à travers le monde. L'Union européenne discute avec Moderna pour commander des doses supplémentaires de son vaccin, bien que le laboratoire américain cherche à le vendre à un prix plus élevé, selon deux responsables du bloc et un document interne consulté par Reuters. L'UE a réservé près de 2,3 milliards de doses de vaccins auprès de Pfizer-BioNTech, Moderna, Johnson & Johnson, AstraZeneca, Sanofi, GSK et CureVac, mais à ce jour seuls les vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna ont été autorisés. AstraZeneca a soumis à l'UE une demande d'autorisation en urgence de son vaccin contre le covid conçu avec l'Université d'Oxford. La demande va être examinée dans le cadre d'une procédure accélérée, a assuré l'EMA dans un communiqué. Un avis pourrait être rendu avant la fin du mois. Enfin, le Français Valneva a confirmé être en discussions avancées avec la Commission Européenne pour la fourniture d'un maximum de 60 millions de doses de son candidat vaccin anti-covid.

Aux États-Unis, après un retard initial, la campagne de vaccinations semble aussi s'accélérer. Symboliquement, Joe Biden a reçu en direct à la télévision la seconde dose du vaccin Pfizer / BioNTech contre le covid, dans un hôpital du Delaware à Newark. Biden prendra ses fonctions le 20 janvier. Il doit dévoiler le coût de son plan de lutte contre l'épidémie. Les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) ont indiqué hier qu'ils avaient déjà administré près de 9 millions de premières doses des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna. Le temps presse, alors que les USA ont déploré sur la seule semaine dernière plus de 20.000 morts liés au covid.

Dans le même temps, les démocrates s'activent pour obtenir un 'impeachment' de Donald Trump suite aux événements dramatiques du Capitole intervenus la semaine dernière. De nouveaux articles d'impeachment ont été introduits à la Chambre des représentants. Cette affaire n'a que peu d'intérêt - voire aucun - pour les marchés, qui se concentrent plutôt sur la perspective du début de mandat de Biden.

Du côté de la Fed, le débat concernant le 'tapering' (réduction des achats d'actifs) reste ouvert. Le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan, a estimé que la distribution et le déploiement des vaccins devraient permettre une forte croissance économique. Il anticipe une expansion de 5% de la première économie mondiale cette année assortie d'une chute du taux de chômage. Cela justifierait donc de considérer le tapering. Kaplan voit en effet au-delà des difficultés de court terme et se montre particulièrement confiant. Selon lui, le chômage pourrait retomber cette année entre 4,5% et 4,75%.

Mais tous les membres de la Fed n'anticipent pas des progrès aussi substantiels. Le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, s'est montré plus mesuré. Il souligne que la Fed devra observer des améliorations significatives en termes d'emploi et d'inflation avant de lancer une discussion sur le QE. Raphael Bostic de la Fed d'Atlanta ne voit quant à lui pas d'évolution de politique monétaire cette année, et il en faudrait encore beaucoup selon lui pour réétudier la politique de rachat d'actifs.

Le rendez-vous économique majeur de la semaine aux USA est attendu jeudi. Biden présentera alors son plan économique face à la pandémie. Il a indiqué que ce plan représenterait des milliers de milliards. De nouveaux 'chèques de relance' sont attendus, une extension des allocations chômage, des financements aux États et gouvernements locaux, ainsi qu'un soutien bien évidemment à la distribution de vaccins. Compte tenu du niveau très élevé du plan, certains espèrent par ailleurs des dépenses d'infrastructures. Biden a souligné la nécessité d'une action immédiate, tirant avantage des taux bas.

Robert Lighthizer, représentant au Commerce des États-Unis, a pour sa part demandé à Biden de laisser en place les tarifs douaniers établis avec la Chine. Le responsable USTR a précisé au Wall Street Journal que la future administration Biden devrait maintenir la pression sur Pékin, même si cela passe par une hausse des prix pour les consommateurs ou les entreprises américaines. Il juge que cette posture dure vis-à-vis de la Chine profitera aux travailleurs américains, mettant un terme à des années de laxisme supposé des précédentes administrations de ce point de vue.

Concernant ce conflit sino-américain, notons par ailleurs que le bannissement des investissements américains dans les firmes chinoises blacklistées prend effet ce jour. L'ordre exécutif de Trump concerne 35 compagnies chinoises ayant des liens supposés avec le pouvoir militaire chinois.

La fin de semaine sera marquée à Wall Street par le début des publications financières de résultats du quatrième trimestre pour les firmes cotées. Vendredi, les opérateurs se feront déjà une idée plus précise des résultats bancaires, avec les annonces de JPMorgan Chase ou de Citigroup, ainsi que celles de Wells Fargo et PNC Financial. Delta Air ou BlackRock publient jeudi. Sur le quatrième trimestre, les résultats des entreprises du S&P 500 devraient avoir décliné de près de 10% en glissement annuel. Un rebond est toutefois anticipé dès le premier trimestre 2021.

Les valeurs

Twitter, qui décrochait hier de 6,4% en bourse à Wall Street, suite au bannissement de Donald Trump du réseau social, a suspendu par ailleurs des dizaines de milliers de comptes liés au mouvement QAnon. Ainsi, le groupe a indiqué qu'il avait suspendu depuis vendredi plus de 70.000 comptes dédiés essentiellement à relayer des contenus du mouvement complotiste QAnon, face au risque de violences. Ce mouvement s'appuie sur des publications attribuées à un supposé haut responsable de l'administration Trump. Il est apparu suite à la campagne de 2016.

Alibaba / Tencent. Des sources familières de la situation citées par Reuters indiquent que la Chine demanderait à ses géants technologiques Tencent, Ant ou JD.com de partager les données de crédit de leurs clients afin d'éviter toute fraude ou crédit inapproprié. Le gouvernement chinois durcit encore ses efforts contre les leaders locaux de la 'tech'. Alibaba, dont le fondateur Jack Ma a disparu, avait même plongé de 3,7% hier à Wall Street sur des craintes de nationalisation.

Intel, le leader californien des microprocesseurs, entend faire appel à Taiwan Semiconductor Manufacturing (TSMC) dans le cadre de la fabrication d'une nouvelle génération de processeurs pour PC de sept nanomètres afin de faire face au rival Nvidia, ont précisé deux sources de Reuters 'proches du dossier'.

Walmart, le colosse de la grande distribution basé dans l'Arkansas, a levé le voile sur un partenariat avec la firme d'investissement Ribbit Capital en vue de la création d'une société dédiée aux nouvelles technologies financières.

Abercrombie & Fitch résiste. Le groupe de mode anticipe en effet un recul des revenus moins significatif que prévu sur le quatrième trimestre, avec la performance des ventes en ligne.

Steris et Cantel Medical discuteraient d'une fusion, selon des personnes familières de la question citées par le Wall Street Journal. Le deal pourrait comprendre des actions. Aucune valorisation précise n'est avancée.

Vir Biotechnology et le Britannique GlaxoSmithKline lancent une étude clinique d'un deuxième traitement du covid à base d'anticorps.

Plug Power et Renault ont annoncé la signature d'un protocole d'accord en vue de la création d'une coentreprise à 50/50 implantée en France, d'ici la fin du premier semestre 2021, visant plus de 30% de part de marché des véhicules utilitaires légers à hydrogène en Europe. La JV localisera en France des activités de pointe pour la recherche et développement, la fabrication de systèmes de piles à combustible et leur intégration dans les véhicules.

Lucid Motors discuterait d'une potentielle entrée en bourse par une fusion avec Churchill Capital Corp IV, croit savoir l'agence Bloomberg, citant des personnes familières du sujet. La transaction pourrait atteindre jusqu'à 15 milliards de dollars, Lucid travaillant actuellement avec ses conseils financiers. Churchill Capital avait auparavant exprimé son intérêt pour le rachat d'une part de l'unité d'AT&T DirecTV dans la TV satellite.

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