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Wall Street en légère hausse, en attendant le plan Biden

Wall Street en légère hausse, en attendant le plan Biden
Wall Street en légère hausse, en attendant le plan Biden
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York progresse prudemment mercredi, sur fond d'incertitudes politiques à l'approche d'un vote au Congrès sur la destitution de Donald Trump. Le président-élu, Joe Biden, est quant à lui très attendu, jeudi, pour l'annonce de son plan de soutien face à la crise du coronavirus, qui continue de sévir aux Etats-Unis, avec un record de plus de 4.000 décès en 24h franchi mardi... Si les marchés se préoccupent assez peu des aléas politiques à Washington, ils surveillent tout de même une situation qui pourrait engendrer de nouvelles violences à l'approche de la prestation de serment de Joe Biden, le 20 janvier.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 0,23% à 31.141 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,48% à 3.819 pts, et que l'indice Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, prend 0,67% à 13.160 pts.

Les valeurs technologiques regagnent du terrain après avoir subi des prises de bénéfices ces derniers jours. Intel se distingue par un bond de 7,5% après l'annonce d'un changement de directeur général, qui est applaudi par Wall Street. Apple (+1,7%), Microsoft (+0,5%), Salesforce (+1%) et Amazon (+2%) reprennent aussi de la hauteur. Les valeurs cycliques font l'objet de prises de bénéfices après leurs récents gains. Twitter regagne 1,5% et Facebook est proche de l'équilibre, après des séances difficiles liées au rôle de leurs réseaux sociaux dans les violences qui ont secoué le Congrès américain le 6 janvier.

Les marchés suivent le processus de destitution de Donald Trump, qui doit fait l'objet ce mercredi d'un vote de la Chambre de représentants. Si le texte est adopté, il devra encore être approuvé au Sénat, où la majorité des deux-tiers est requise. Les investisseurs ne se passionnent pas pour ce débat, ayant déjà tourné la page Trump. Ils espèrent toutefois que la procédure contre le président sortant ne retardera pas les travaux du Congrès pour adopter le nouveau plan de relance que Joe Biden doit présenter jeudi, et qui devrait avoisiner les 3.000 milliards de dollars, selon les médias.

Facebook détecte des signes précurseurs de violence politique d'ici au 20 janvier

Wall Street surveille aussi le climat social à l'approche de l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier certains, qui pourrait s'accompagner de nouvelles violences de partisans pro-Trump refusant le résultat de l'élection du 6 novembre. Les autorités policière et le FBI s'inquiètent du risque de manifestations armées, dès le 16 janvier, à l'approche de la cérémonie. L'état d'urgence a été déclaré à Washington et la Garde nationale des Etats-Unis a été autorisée à déployer jusqu'à 15.000 membres dans la capitale fédérale.

Mercredi, Facebook a fait savoir qu'il avait repéré une recrudescence de signes précurseurs de violences liées à la contestation du résultat de l'élection américaine. Une porte-parole du réseau social (qui a bloqué temporairement les comptes de Donald Trump) a indiqué que certaines personnes cherchent à organiser des rassemblements un peu partout aux Etats-Unis et à des dates proches de l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier. Facebook a notamment repéré la diffusion de tracts numériques de milices et de groupes appelant à une nouvelle insurrection, a précisé cette source.

Google (filiale d'Alphabet) a de son côté décidé de suspendre les publicités à caractère politique sur toutes ses plates-formes à partir du 14 janvier, d'après un courrier électronique adressé aux annonceurs, cité par l'agence 'Reuters'. De plus, la plateforme YouTube, propriété de Google, a suspendu mardi pour "au moins sept jours" la chaîne du président américain sortant, et en a supprimé une vidéo pour motif de violation de sa politique luttant contre l'incitation à la violence.

Détente sur les taux, la Fed pas près d'entamer un "tapering"

Sur le marché américain de la dette souveraine, les taux se sont détendus, après des déclarations de plusieurs membres de la Fed, insistant sur la nécessité de poursuivre pour une longue période les achats d'obligations par la banque centrale américaine. A noter que l'inflation a accéléré en décembre aux Etats-Unis. L'indice des prix à la consommation a progressé de 0,4% en décembre sur un mois, après +0,2% en novembre. Sur un an, les prix ont augmenté de 1,4% en glissement annuel, ce qui reste inférieur à l'objectif de 2% de la Réserve fédérale américaine.

Mercredi soir, le rendement du T-Bond à 10 ans est revenu à 1,10% (-3 points de base) après avoir grimpé la veille en séance jusqu'à 1,18%, au plus haut depuis mars 2020. Ce taux, qui a commencé l'année à 0,9% s'est enflammé dans la perspective du nouveau plan de stimulus fiscal de l'administration Biden, qui pourrait stimuler l'inflation, et amener la Fed à réduire ses achats de titres ("tapering").

Depuis mardi plusieurs membres de la Fed se sont exprimés, dont un seul, le président de la Fed de Dallas Robert Kaplan a estimé que l'institution pourrait réfléchir dès cette année à un "tapering", c'est à dire une réduction des achats d'actifs par la banque centrale, qui achète massivement des obligations depuis mars 2020 pour soutenir les marchés.

Quatre autres responsables de la Fed se sont toutefois montrés bien plus mesurés sur la question. Le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a estimé qu'il faudra attendre que la Fed observe des améliorations significatives en termes d'emploi et d'inflation avant de lancer une discussion sur le sujet. Et Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, ne voit quant à lui pas d'évolution de politique monétaire cette année, et pense qu'il faudra encore observer beaucoup de progrès avant de réétudier la politique de rachat d'actifs.

Mercredi, James Bullard (Fed de Saint-Louis) et Eric Rosengren (Fed de Boston) ont renchéri, en jugeant que la priorité de la Fed était de soutenir l'économie jusqu'à ce qu'elle se remette entièrement de la pandémie, ce qui a levé les craintes d'un resserrement prématuré de la politique monétaire.

Le pétrole souffle, le dollar et l'or rebondissent

Les marchés pétroliers font une pause mercredi, après le "rally" qui a porté les cours au plus haut depuis janvier 2020, avant la crise du coronavirus. L'annonce d'une nouvelle baisse des stocks de brut hebdomadaires aux Etats-Unis, pour la cinquième semaine d'affilée, n'a pas suffi à soutenir les cours. Le brut léger américain WTI cède en soirée 0,75% à 52,81$ le baril (contrat à terme de février sur le Nymex), tandis que le Brent de la Mer du Nord d'échéance mars recule de 1% à 56$.

Sur la semaine close le 8 janvier 2021, les stocks commerciaux de brut (hors réserve stratégique) ont reculé de 3,2 millions de barils (mb), un peu plus que prévu par le consensus de marché (-3 mb). Mais les réserves d'essence ont en revanche augmenté de 4,4 mb contre +2,7 mb attendus, et les stocks de produits distillés (qui incluent le gazole et le fioul domestique) ont aussi augmenté, de 4,8 mb, bien plus que les +2,6 mb prévus par le marché.

L'indice du dollar est reparti à la hausse mercredi, gagnant 0,2% à 90,26 points, tandis que l'euro cédait 0,36% à 1,2263$. Le billet vert a rebondi de plus de 1% depuis son plus bas du 6 janvier en séance, profitant des anticipations de taux et d'inflation plus élevés à l'avenir, à la faveur de la reprise économique attendue. L'or a rebondi mercredi, terminant en hausse de 0,6% à 1.854,90$ pour le contrat à terme de février sur le Comex. Le Bitcoin se stabilise autour de 35.700$ l'unité en hausse de 2% sur 24h.

VALEURS A SUIVRE

Intel (+7,5%) a bondi à l'annonce d'un changement de directeur général. Ainsi, Bob Swan, CEO du leader des microprocesseurs, tirera sa révérence en février, remplacé par le patron de VMware, Pat Gelsinger. VMware (-7%) corrige d'ailleurs aujourd'hui, le groupe ayant annoncé avoir initié la recherche d'un nouveau directeur général en remplacement de Gelsinger, qui quittera le groupe le 12 février. Il était CEO de VMware depuis septembre 2012. Swan avait pour sa part été nommé directeur d'Intel en janvier 2019. Gelsinger, 59 ans, officie quant à lui dans l'industrie technologique depuis plus de 40 ans. Durant sa période à la tête du groupe VMware, le colosse des solutions de virtualisation a doublé de taille. Gelsinger rejoindra également le conseil d'administration d'Intel.

Dropbox (-5,2%) a annoncé le départ de sa directrice des opérations, ainsi qu'une réduction de 11% de ses effectifs, ce qui représente 315 emplois. Olivia Nottebohm, COO du groupe, qui avait rejoint Dropbox pas plus tard que l'an dernier en provenance de Google, quittera ses fonctions le 5 février. Aucun détail n'est pour l'heure fourni concernant son remplacement.

Alphabet (+0,7%). Déjà banni de Facebook et Twitter suite aux événements du Capitole, Trump vient d'être sanctionné par un nouveau réseau social. La filiale d'Alphabet, YouTube, a ainsi annoncé hier mardi la suspension de la chaîne de Trump pour violation des conditions d'utilisation, du fait d'incitations à la violence. YouTube précise que la chaîne Trump n'est donc maintenant plus en mesure de télécharger des vidéos ou de diffuser des contenus en direct, et ce pour une période d'au moins sept jours, durée qui pourra être prolongée.

Apple (+1,7%) devrait bouleverser le marché automobile mondial avec son Apple Car, un "concentré de haute technologie" selon le Nikkei. Le groupe à la pomme devrait utiliser son savoir-faire en matière de développement et production acquis sur le marché des smartphones pour designer ses voitures, et opter pour une division horizontale de la production, contre un modèle vertical jusqu'à présent de rigueur chez les constructeurs traditionnels. Apple devrait par ailleurs sous-traiter la production pour se concentrer sur le design.

Apple, première capitalisation boursière mondiale, reprend un peu d'étoffe à Wall Street, bénéficiant aussi d'une recommandation de Wedbush. Le broker anticipe en effet des revenus records pour les iPhone du groupe à la pomme cette année.

Walt Disney (+0,25%). Selon le LA Times, le service de streaming Disney+ du géant du divertissement prend des parts de marché au géant Netflix. Le journal cite des données présentées par Nielsen lors du show CES. Pour le mois de décembre, Disney+ a représenté 6% du temps de streaming des consommateurs, alors que la part de Netflix est tombée à 28% - contre 31% un an plus tôt. Disney+ a profité notamment du succès du Mandalorian et des contenus pour enfants.

American Tower (+1%) a scellé un accord avec Telefonica en vue du rachat des tours en Europe et en Amérique latine de la filiale Telxius Telecom de l'opérateur espagnol. Le montant du deal est de 7,7 milliards d'euros.

Ford Motor (+0,3%), le constructeur automobile du Michigan, a fait état d'une croissance de 6% de ses ventes chinoises pour l'année 2020. Il s'agit de la première année de croissance pour Ford en Chine depuis 2017.

KB Home (+4,6%), le promoteur immobilier américain, a publié des revenus trimestriels supérieurs au consensus de marché. Le groupe a ainsi publié des revenus de 1,19 milliard de dollars sur le trimestre clos, pour un bénéfice ajusté par action de 1,12$. Le consensus était de 1,15 milliard de recettes et 93 cents de bénéfice par action.

Visa (+0,5%), l'émetteur américain de cartes de crédit, a annoncé son renoncement au projet de rapprochement avec le groupe de technologie financière Plaid pour 5,3 milliards de dollars, du fait du refus du Département américain de Justice, qui estime le deal contraire aux règles de concurrence.

Target (-0,9%), le détaillant discount américain, a publié pour la période novembre-décembre une augmentation de plus de 17% de ses revenus à comparable, avec une fois de plus une vive augmentation des revenus en ligne. Sur la période, le trafic a progressé de 4,3% et le 'ticket' moyen (panier) de 12,4%. La croissance en magasins à comparable s'établit à 4,2%. Les ventes digitales à comparable ont quant à elles plus que doublé en glissement annuel.

Alibaba (+6%) retrouve des couleurs après avoir été malmené en Bourse ces derniers jours. Le président de Primavera, actionnaire d'Ant Group, a estimé que Jack Ma, le fondateur du géant chinois de e-commerce serait sain et sauf. L'absence de Ma inquiète au plus haut point depuis des semaines, le milliardaire n'ayant pas été vu en public depuis ses critiques à l'encontre de Pékin en octobre dernier.

Johnson & Johnson (+0,13%), géant pharmaceutique et médical américain, est victime de retards dans la production de son vaccin contre le coronavirus. Ainsi, il pourrait ne pas être en mesure de fournir les doses commandées par Washington d'ici le printemps, croit savoir le New York Times. J&J doit déposer le mois prochain auprès de l'UE une demande d'autorisation de son candidat vaccin.

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