Cotation du 19/07/2019 à 23h08 Dow Jones Industrial -0,25% 27 154,20
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Wall Street : en légère hausse après les 'stats' et la BCE

Wall Street : en légère hausse après les 'stats' et la BCE
Wall Street : en légère hausse après les 'stats' et la BCE
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après des débuts hésitants, les indices boursiers américains se sont orientés en légère hausse ce jeudi, anticipant des gestes de soutien de la part des banques centrales. Les statistiques du jour ont dépeint une situation contrastée aux Etats-Unis, tandis que la BCE a émis un message accommodant sur sa politique monétaire. Les taux d'intérêts souverains ont repris le chemin de la baisse, anticipant de nouvelles baisses de taux, du moins aux Etats-Unis.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones prenait 0,35% à 25.628 pts, tandis que le S&P 500 progressait de 0,29% à 2.834 pts, et que le Nasdaq Composite s'est hissé dans le vert (+0,03%) à 7.577 pts.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar se traitait à 96,92 points, en retrait de 0,42%. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI s'est stabilisé à 51,75$ (+0,1%), récupérant après sa grosse faiblesse de la veille.

Sur les marchés obligataires américains, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, est reparti en baisse de 2 points de base à 2,11%.

La Fed plus souple que jamais ?

Les marchés conservent donc un relatif optimisme, misant sur une souplesse durable des banques centrales. Les opérateurs espèrent ainsi plusieurs baisses de taux de la Fed cette année. La prochaine réunion du 19 juin devrait donner lieu à un statu quo (probabilité de 77,5% d'une fourchette de taux inchangée de 2,25-2,50% selon l'outil FedWatch du CME Group), mais les choses devraient en revanche grandement évoluer d'ici la dernière réunion monétaire de l'année, celle du 11 décembre.

A cette date, selon FedWatch, la probabilité d'une baisse des taux d'un quart de point en comparaison des niveaux actuels est de 13,1%, contre 31,4% pour celle d'une baisse d'un demi-point, 34,4% pour une baisse de trois quarts de point et 16,5% pour un recul d'un point.

Signes de faiblesse sur le marché américain de l'emploi

D'après la dernière étude de la firme Challenger sur le sujet, les annonces de licenciements des entreprises aux Etats-Unis pour le mois de mai 2019 sont remontées. Elles concernent en effet un total de 58.577 postes, contre 40.023 en avril. A ce stade de l'année, les employeurs ont annoncé les suppressions de 289.010 postes, ce qui représente une croissance de 39% en comparaison de l'année antérieure. Il s'agit donc d'un nouveau signal plutôt défavorable sur le marché américain de l'emploi, après un très faible rapport d'ADP annoncé hier, concernant l'emploi privé pour le mois de mai.

Les créations d'emplois dans le secteur privé non-agricole américain pour le mois de mai 2019 étaient ressorties en effet extrêmement faibles, au nombre de 27.000, contre un consensus de place de 175.000 et un niveau révisé - en légère baisse - à 271.000 pour le mois d'avril 2019.

Les inscriptions hebdomadaires américaines au chômage pour la semaine close au 1er juin, rapportées par Département au Travail, sont ressorties au nombre de 218.000, contre 215.000 de consensus et 218.000 pour la lecture révisée de la semaine antérieure.

Le Département américain au Commerce a annoncé ce jeudi un déficit commercial de 50,8 milliards de dollars pour le mois d'avril 2019, en ligne avec le consensus de place, contre 50 milliards de dollars d'encre rouge pour le mois de mars.

Pour finir, les chiffres révisés de la productivité non-agricole pour le premier trimestre 2019 ont fait ressortir une croissance conforme au consensus de +3,4%, après une première évaluation de +3,6%. Les coûts unitaires du travail ont reculé sur un rythme de -1,6% au premier trimestre, contre -0,9% auparavant estimé et -0,8% de consensus.

Craintes commerciales persistantes

Sur le front commercial, Donald Trump a constaté hier des progrès avec le Mexique, sans accord pour l'heure avant la mise en application lundi des tarifs douaniers portant sur les importations de produits mexicains. Les discussions doivent se poursuivent aujourd'hui. Sans accord, Trump rappelle que des 'tarifs' au niveau de 5% seront donc mis en place lundi, avec des augmentations mensuelles comme attendu. "Plus hauts seront les Tarifs, plus élevé sera le nombre de compagnies retournant aux USA!", a lancé sur Twitter le président américain.

Trump a également réitéré sa menace de taxer au moins 300 milliards de dollars supplémentaires d'importations chinoises, tout en affirmant que la Chine désirerait un accord, comme le Mexique...

"Nous verrons ce qui arrivera... Je pourrais relever les droits de douane sur au moins 300 milliards de dollars et je ferai cela au moment opportun", a indiqué Trump devant des journalistes "Mais je pense que la Chine veut parvenir à un accord et je pense que le Mexique veut désespérément parvenir à un accord", a ajouté le président américain, cité par 'Reuters'.

La BCE se plie aux désirs du marché

Lors de la réunion qui s'est tenue ce jour à Vilnius, le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a pris des décisions de politique monétaire conformes aux attentes de marché. Le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,00%, 0,25% et -0,40%. Le Conseil des gouverneurs prévoit désormais que les taux d'intérêt directeurs de la BCE resteront à leurs niveaux actuels au moins jusqu'au premier semestre 2020 et, en tout cas, "aussi longtemps que nécessaire pour assurer la poursuite de la convergence durable de l'inflation vers des niveaux inférieurs à, mais proches de 2% à moyen terme".

Le Conseil des gouverneurs entend par ailleurs poursuivre les réinvestissements, en totalité, des remboursements au titre du principal des titres arrivant à échéance acquis dans le cadre du programme d'achats d'actifs ('asset purchase programme', APP) pendant une période prolongée après la date à laquelle il commencera à relever les taux d'intérêt directeurs de la BCE et "aussi longtemps que nécessaire pour maintenir des conditions de liquidité favorables et un degré élevé de soutien monétaire".

Enfin, s'agissant des modalités de la nouvelle série d'opérations trimestrielles de refinancement à plus long terme ciblées ('targeted longer-term refinancing operations', TLTRO III), le Conseil des gouverneurs a décidé que le taux d'intérêt de chaque opération allait être supérieur de 10 points de base au taux moyen appliqué aux opérations principales de refinancement de l'Eurosystème sur la durée de chaque TLTRO. Pour les banques dont les prêts nets éligibles dépassent une valeur de référence, le taux appliqué aux TLTRO III sera plus bas et pourra être aussi bas que le taux d'intérêt moyen de la facilité de dépôt sur la durée de l'opération, majoré de 10 points de base.

Le PIB, corrigé des variations saisonnières, a bel et bien progressé de 0,4% au premier trimestre dans la zone euro. Confirmant son estimation initiale, Eurostat rappelle que la croissance s'était limitée à 0,2% sur les trois mois clos fin décembre 2018. En glissement annuel, la croissance est confirmée à 1,2%...

Les commandes à l'industrie allemande, ajustées des prix, des variations saisonnières et calendaires, ont progressé de 0,3% en avril contre une stabilité attendue par le marché. En glissement annuel, les commandes affichent une baisse de 5,3% après -5,9% en mars et contre un consensus de -5,9%. Le secteur manufacturier allemand est fortement pénalisé par la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis, aggravant les difficultés internes liées aux problèmes rencontrés par le secteur automobile.

VALEURS A SUIVRE

Fiat Chrysler Automobiles (+0,04%) a annoncé hier soir le retrait immédiat de son offre de fusion à 30 milliards d'euros avec le Français Renault (-6,4% à Paris). Le groupe italo-américain met en cause les conditions politiques en France. FCA a en effet pris cette décision après que l'Etat français a demandé un report du vote du conseil d'administration de Renault sur le projet afin d'obtenir le soutien de Nissan. "Il est devenu clair que les conditions politiques en France ne sont actuellement pas réunies pour qu'une telle combinaison voie le jour avec succès", a résumé FCA.

Boeing (-0,3%) doit décidément faire face à une série de vents contraires. Après la crise du 737 MA à la suite des deux crashs mortels survenus en moins de six mois, les problèmes de moteurs Rolls-Royce équipant certains Dreamliners, le géant américain doit aussi gérer des difficultés avec le nouveau moteur GE9X de General Electric qui équipera le futur 777X. Un obstacle qui vient s'ajouter aux retards de montage du moteur et des ailes de l'appareil déjà recensés. Les problèmes de ce moteur, entre autres, rendent de plus en plus improbable un premier vol d'essai du 777X fin juin, même si le patron d'Emirates a avancé, le week-end dernier, la date du 26 juin...

Ciena (+25%) flambe à Wall Street, alors que le groupe vient de doubler ses bénéfices. L'équipementier de réseau a annoncé pour le second trimestre fiscal un bénéfice net de 53 M$ et 33 cents par titre, contre 14 M$ un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 48 cents, contre 23 cents un an avant et 41 cents de consensus. Les revenus se sont améliorés de 18% à 865 M$, contre 819 M$ de consensus.

TheMichaels Companies (-11%) plonge à Wall Street, au plus bas historique, alors que le groupe vient de livrer des ventes particulièrement décevantes et d'abaisser sa guidance de bénéfice. Sur le trimestre clos début mai, le bénéfice est ressorti à 33 M$ soit 24 cents par titre, contre 20 M$ un an avant. Les ventes ont néanmoins régressé à 1,09 Md$, contre 1,16 Md$ un an plus tôt et 1,11 Md$ de consensus. Le bpa ajusté annuel est désormais anticipé entre 2,29 et 2,41$.

J.M. Smucker (-1,4%) a dépassé les attentes de profits pour le quatrième trimestre fiscal. Le groupe alimentaire de l'Ohio a réalisé sur la période des revenus de 1,9 Md$, en augmentation de 7%, ainsi qu'un bpa ajusté de 2,08$. Le groupe table, pour l'exercice entamé, sur un bénéfice ajusté par action allant de 8,45 à 8,65$, à comparer à un consensus de 8,33$.

Tesla grimpe de 4,2% à Wall Street ce jour, alors que selon le site spécialisé et généralement très bien renseigné 'Electrek', le groupe d'Elon Musk serait en bonne voie pour afficher des chiffres historiques de ventes en Amérique du Nord.

Alphabet (-0,3%). Google a annoncé l'acquisition de Looker, une firme de 'big data', pour 2,6 milliards de dollars en cash. Les deux compagnies ont en commun plus de 350 clients dont BuzzFeed, Hearst et Yahoo (Verizon). Looker propose un service de visualisation permettant d'identifier les tendances et d'exploiter les données.

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