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Wall Street en léger recul en attendant la Fed

Wall Street en léger recul en attendant la Fed
Wall Street en léger recul en attendant la Fed
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après avoir approché de ses records mardi soir, la Bourse de New York retient son souffle mercredi, à l'approche des annonces de la Fed, dont les investisseurs attendent des promesses fermes de baisses de taux face à une conjoncture économique incertaine. Sous la pression des marchés financiers, la Fed voit sa tâche compliquée par les pressions insistantes de Donald Trump, qui n'a de cesse de réclamer à la banque centrale des baisses de taux. De plus, mardi en Europe, Mario Draghi a fait savoir que la BCE était de son côté prête à prendre de nouvelles mesures d'assouplissement monétaire dans les prochains mois...

Peu avant les annonces de la Fed prévues à 20h heure de Paris, les indices américains étaient en légère baisse. Le Dow Jones cédait 0,05% à 26.452 pts (après +1,35% mardi), tandis que le S&P 500 fléchissait de 0,1% à 2.914 pts (après +0,97%), et que le Nasdaq Composite lâchait 0,15% à 7.941 pts (+1,39% mardi). Plus tôt en Europe, l'indice EuroStoxx 50 a aussi fait du surplace (+0,05%) tandis qu'à Paris, le CAC 40 a avancé de 0,16% après un bond de 2,2% mardi soir.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) reculait de 0,26% à 97,39 points, les cambistes anticipant des annonces très accommodantes de la Fed. L'euro regagnait 0,22% à 1,1216$ après être tombé mardi sous le seuil de 1,12$ en réaction aux propos très "colombes" de Mario Draghi le patron de la BCE, qui envisage de nouveaux assouplissements monétaires.

Sur le marché obligataire américain, le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, se reprenait quelque peu (+3 points de base à 2,09%), après être tombé la veille à son plus bas niveau depuis octobre 2016. En Europe, le taux de l'emprunt d'Etat de référence, le Bund a 10 ans, a fini mercredi à -0,29% (+ 3 pdb) mais reste très proche de son plancher historique de la veille...

Une baisse des taux de la Fed attendue au plus tard en juillet

Les taux souverains se sont écroulés et l'indice Dow Jones a bondi de près de 7% depuis le 4 juin, date à laquelle le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, a pour la première fois ouvert la voie à une baisse de taux, en affirmant que la Fed ferait ce qui est "approprié" en cas de net ralentissement conjoncturel.

A très court terme, les investisseurs tablent néanmoins en majorité sur un statu quo, ce mercredi, sur le taux des "fed funds" (actuellement fixé entre 2,25% et 2,50%). Selon l'outil FedWatch du CME Group, basé sur les contrats à terme sur les "fed funds", les marchés anticipent ce statu quo avec une probabilité de 75,8%, mais ils sont tout de même près d'un sur quatre (24,2%) à tabler sur un recul d'un quart de point dès ce jour.

Les attentes sont ensuite très fortes pour un geste baissier le 31 juillet, avec une probabilité de 82,2%. Les traders voient 63,7% de chances pour une baisse d'un quart de point à 2,00%-2,25% et de 18,5% pour un recul d'un demi-point pour revenir à 1,75%-2%, selon cet outil. D'ici à la dernière réunion de l'année, le 11 décembre, les marchés s'attendent à un recul de 0,5 à 0,75 point du taux des "fed funds".

Premiers signes de fléchissement de l'économie américaine

Dans la querelle qui oppose la Fed à Donald Trump, l'agence 'Bloomberg' rapporte que la Maison blanche aurait envisagé de rétrograder Jerome Powell au rang de simple gouverneur, lui retirant de facto son poste de président de la Fed.... Des juristes auraient étudié cette question plus tôt cette année, alors que le président américain multipliait les critiques féroces contre la politique monétaire de la Fed.

L'urgence de réduire les taux directeurs ne saute pourtant pas aux yeux au vu des indicateurs économiques américains, qui restent solides, et de l'inflation, qui reste proche de l'objectif de 2% de la Fed. En outre, la baisse est du coût de l'argent déjà effective sur les marchés de taux, et se répercute sur les crédits immobiliers et autre emprunts.

Cependant, les derniers indicateurs économiques ont montré des signes de faiblesse qui pourraient justifier une action de la Fed, à mesure que les tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine s'accroissent. Les chiffres de l'emploi en mai (seulement 75.000 créations de postes) ainsi que les indices d'activité manufacturiers PMI et ISM ont montré un net tassement. Pour autant, la consommation et le moral des ménages tiennent bon pour le moment...

La rencontre Trump-Xi confirmée pour la semaine prochaine

Sur le front commercial, le suspense se poursuit concernant les négociations entre les Etats-Unis et la Chine. Mardi, il a enfin été confirmé par les deux pays que Donald Trump et Xi Jinping se rencontreraient la semaine prochaine, en marge du sommet du G20 qui se tiendra à Osaka au Japon les 28 et 29 juin.

Donald Trump a ainsi tweeté mardi : "j'ai eu une très bonne conversation téléphonique avec le Président Xi de Chine. Nous allons avoir une réunion prolongée la semaine prochaine lors du G-20 au Japon. Nos équipes respectives vont commencer les discussions avant notre meeting". De son côté, la presse officielle chinoise a confirmé que Xi Jinping avait bien accepté de rencontrer le président américain et qu'il avait formulé le souhait que les équipes restent en contact...

Les deux dirigeants auront fort à faire pour faire renaître la confiance et aplanir les différends qui se sont multipliés depuis l'échec des dernières négociations en mai. Les Etats-Unis ont accusé la Chine d'avoir renié ses engagements, puis ont placé Huawei, le géant chinois des télécoms sur liste noire, en invoquant des questions de sécurité nationale.

Les deux pays ont relevé leurs droits de douane depuis mai, et les Etats-Unis menacent désormais de taxer la totalité des produits chinois importés , soit 300 milliards de marchandises supplémentaires. De son côté, Pékin a démenti les accusations de Washington, menaçant de nouvelles représailles douanières mais aussi de restrictions de ses livraisons de terres rares aux Etats-Unis...

Le pétrole tiraillé entre des facteurs divergents

Le pétrole se montre hésitant, mercredi, partagé entre les facteurs haussiers (tensions dans le Golfe, accord Opep+) et baissiers (ralentissement conjoncturel mondial). Le contrat à terme de juillet sur le brut léger américain WTI cédait mercredi 0,41% à 53,68$ sur le Nymex, après une flambée de 3,8% mardi, tandis que le Brent d'échéance août cédait 0,16% à 62,04$ (après +1,97% mardi).

Le cours du WTI reste sur le seuil du marché baissier où il est tombé la semaine passée, après une chute supérieure à 20% par rapport à ses sommets annuels d'avril dernier à plus de 66$.

Dans le Golfe, les Etats-Unis ont affirmé mercredi détenir des preuves de l'implication de l'Iran dans les attaques subies par deux pétroliers la semaine dernière près du détroit d'Ormuz.

VALEURS A SUIVRE

Apple (-0,3%) évaluerait l'opportunité et le coût d'une sortie partielle de Chine, dont le groupe dépend grandement pour son approvisionnement. Il s'agirait plus concrètement, pour le groupe à la pomme, de transférer 15 à 30% de la capacité de production actuellement localisée en Chine dans le cadre d'une restructuration de la chaîne d'approvisionnement.

Le groupe californien de Cupertino aurait ainsi demandé à ses fournisseurs majeurs de mesurer les implications d'une telle décision en matière de coût, croit savoir 'Nikkei Asian Review' ce mercredi. Les capacités de production concernées des fournisseurs seraient alors relocalisées en Asie du Sud-Est. Les fournisseurs en question seraient Foxconn, Pegatron, Wistron, Quanta computer, Compal, Inventec, Goertek et Luxshare-ICT, détaille le Nikkei...

Cette demande supposée d'Apple est évidemment une conséquence directe de l'affrontement commercial entre Washington et Pékin, qui dure depuis de longs mois et fait planer une lourde incertitude. Néanmoins, selon le quotidien Nikkei, une résolution du conflit commercial ne modifierait pas la décision ultime d'Apple sur la question.

Adobe (+4,8%) a publié mardi soir après la clôture des résultats financiers supérieurs aux attentes au 2ème trimestre fiscal (achevé le 31 mai). Les prévisions sont en revanche ressorties inférieures aux anticipations des analystes, même si elles ont été légèrement revues en hausse par l'éditeur américain de logiciels graphiques (Acrobat, Photoshop, InDesign, Illustrator, Flash).

Le bénéfice net par action est ressorti à 1,83$ en données ajustées des éléments exceptionnels, alors que le consensus de Refinitiv tablait sur un chiffre inférieur, de 1,78$. Les revenus ont totalisé 2,74 milliards de dollars (+24% sur un an) contre 2,71 Mds$ de consensus. En revanche, pour le 3ème trimestre, groupe table sur un bpa ajusté de 1,95$ pour des ventes de 2,8 Mds$, alors que les analystes du consensus Refinitiv visaient 2,05$ par action pour 2,83 Mds$ de chiffre d'affaires.

Oracle (-0,9%), le colosse californien des logiciels d'entreprises, publiera après la clôture de Wall Street ce soir ses comptes pour le quatrième trimestre fiscal 2019. Le groupe devra convaincre les opérateurs, alors que certains doutent visiblement de ses capacités. Macquarie s'est même permis de dégrader la valeur de 'surperformance' à 'neutre' hier, ajustant son objectif de cours de 56 à 55$.

L'analyste de la firme s'inquiète surtout des perspectives du groupe software, qui pourrait par ailleurs couper ses rachats d'actions. Le broker juge en effet que le bilan d'Oracle se détériore, ce qui fait courir le risque d'une dégradation de notation de la dette. Pour Macquarie, Oracle a du mal à exécuter sa stratégie et n'affiche pas auprès des clients de réputation comparable à celles de Microsoft Azure ou Amazon Web Services dans les applications cloud...

Boeing (-1%). International Airlines Group (IAG), la maison-mère de British Airways et Iberia, a signé une lettre d'intention portant sur l'achat de 200 737 MAX. La lettre est sujette à un accord formel. La commande, qui atteindrait plus de 24 milliards de dollars au prix catalogue, serait partagée entre des B737MAX8 et des B737MAX10. Des appareils qui seraient livrés entre 2023 et 2027 et seraient équipés de moteurs CFM Leap. Les avions devraient être utilisés par un certain nombre de compagnies aériennes du Groupe, notamment Vueling, LEVEL et British Airways à l'aéroport de Londres Gatwick.

CBS (+0,7%) envisagerait une nouvelle offre pour l'acquisition de Viacom (+1,4%), d'après les sources bien renseignées du Wall Street Journal. Des échanges préliminaires auraient déjà eu lieu entre les deux groupes concernant l'éventuelle structure d'un rapprochement. Le WSJ ajoute toutefois qu'un accord n'est pas acquis, les discussions pouvant en particulier achopper sur la question cruciale du prix. En cas d'offre effective, il s'agirait de la troisième tentative de combinaison entre les deux groupes.

Jabil (+7,9%) gagne du terrain à Wall Street. Le sous-traitant de production électronique a annoncé des bénéfices supérieurs aux attentes de marché pour son troisième trimestre fiscal, ainsi que des revenus en croissance. Sur le trimestre, les revenus ont totalisé 6,1 Mds$, pour un bpa GAAP de 28 cents et un bénéfice ajusté par action de 57 cents.

Alphabet (-0,6%). Certains actionnaires activistes de la maison-mère de Google entendraient la forcer à procéder à une scission pure et simple de ses activités, avant que les autorités ne l'exigent. Une ONG américaine devrait ainsi présenter une motion dans ce sens lors de l'assemblée générale du groupe prévue ce mercredi à Sunnyvale, croit savoir l'agence Reuters.

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