Cotation du 21/10/2020 à 23h09 Dow Jones Industrial -0,35% 28 210,82
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Wall Street en hausse prudente en attendant un plan de soutien

Wall Street en hausse prudente en attendant un plan de soutien
Wall Street en hausse prudente en attendant un plan de soutien
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York poursuit son rebond jeudi, dans l'espoir de voir la Maison Blanche et le Congrès s'accorder sur des mesures de soutien ciblées à l'économie, malgré les vifs désaccords entre Républicains et Démocrates sur le montant et la forme de ce nouveau plan d'aide pour limiter les effets négatifs de la crise du coronavirus sur l'économie américaine.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones avance de 0,37% à 28.408 points, tandis que l'indice large S&P 500 prend 0,68% à 3.442 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, progresse de 0,35% à 11.404 pts.

Donald Trump voit désormais de "fortes chances" d'un accord sur des mesures de soutien...

Les marchés continuent de tabler sur l'adoption de mesures de soutien de l'économie, sous une forme ou une autre, avant les élections américaines du 3 novembre... Mardi, le président Trump avait créé l'émoi en rejetant en bloc le plan massif de 2.200 milliards de dollars proposé par les Démocrates et en affirmant qu'un plan ne serait pas adopté avant l'élection du 3 novembre...

Toutefois, le président a ensuite fait volte-face, se montrant favorable non pas un projet global, mais à une série de textes de loi ciblés, notamment sur les PME (135 milliards de dollars pour la prise en charge du chômage technique) et les compagnies aériennes (25 Mds$ d'aides). Il s'est aussi dit favorable à l'attribution de nouveaux chèques d'aide directe aux Américains, d'un montant pouvant atteindre 1.200$ par personne.

Jeudi, Donald Trump s'est montré particulièrement confiant sur un accord avec le Congrès. "Je pense que nous avons de très fortes chances de faire quelque chose", a-t-il assuré jeudi matin sur la chaîne 'Fox Business News', faisant état de "discussions très productives".

... Mais Nancy Pelosi continue de réclamer un plan global

Les négociations se sont donc poursuivies entre l'administration Trump et Nancy Pelosi, la présidente de la chambre des représentants, où les démocrates sont majoritaires. Cependant, aucun accord ne semblait encore en vue jeudi soir... Mme Pelosi a ainsi rejeté l'approche ciblée du président Trump. Interrogée par la presse au sujet du plan en faveur du secteur aérien, elle a répondu qu'il "n'existe pas de texte de loi ciblé possible, sans une loi plus large. Il n'y a pas de loi" à ce stade, a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse.

La veille, Nancy Pelosi s'était pourtant montrée ouverte à l'idée d'un texte ciblé sur l'aide aux compagnies aériennes afin de les aider à éviter de licencier des dizaines de milliers de salariés.

En attendant que la classe politique s'accorde, les investisseurs surveillent les indicateurs économiques, dont ils craignent un accès de faiblesse dans les prochaines mois si de nouvelle mesures de soutien ne sont pas adoptées... Sur le marché de l'emploi, les inscriptions au chômage ont atteint la semaine dernière 840.000, en légère baisse de 9.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure.

Le consensus FactSet s'attendait à 837.000 inscriptions supplémentaires au chômage. Sur les quatre dernières semaines, le nombre de demandeurs d'emploi s'établit en moyenne à 857.000.

La Fed s'interroge sur ses taux, et appelle au soutien budgétaire

Par ailleurs, les Minutes de la dernière réunion de la Fed, publiées mercredi soir, ont mis en évidence des divisions au sein de l'Etat major de la banque centrale américaine sur la notion de maintien des taux directeurs proches de zéro pour une période prolongée. Lors de sa réunion des 15 et 16 septembre, la Fed avait indiqué que ses taux directeurs (actuellement entre 0% et 0,25%), resteraient à ce plancher jusqu'à ce que l'inflation soit remontée modérément au-dessus de l'objectif de long terme de 2% de la banque centrale américaine. Les projections économiques de la Fed montraient que cela ne devrait pas se produire avant fin 2023.

Cependant, selon le compte-rendu de la réunion, les responsables de la Fed ont estimé que leur nouvelle stratégie n'était pas "un engagement inconditionnel" sur l'évolution des taux directeurs. Ainsi, en cas de reprise économique plus vigoureuse que prévu après la crise du coronavirus, il faudrait raccourcir la période où les taux resteront proches de zéro, et vice-versa, a précisé la banque centrale.

Mardi, le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell, avait répété que la reprise économique restait fragile et qu'elle pourrait s'essouffler si un nouveau soutien budgétaire n'était pas mis en oeuvre. Le patron de la Fed a estimé qu'il était préférable de trop en faire que pas assez en matière de soutien à l'économie.

Le pétrole et l'or repartent à la hausse

Le pétrole est reparti à la hausse jeudi. Le contrat de novembre sur le baril de brut léger américain (WTI) grimpe en soirée de 3,2% à 41,25$ sur le Nymex, repassant au-dessus des 40$, tandis que le contrat sur le Brent pour livraison en décembre rebondit de 3,2% à 43,35$. Les deux variétés de pétrole profitent des espoirs de plan de relance aux Etats-Unis, mais aussi de l'ouragan Delta dans le Golfe du Mexique et d'une grève sur des gisements pétroliers en Norvège.

L'or reprend de la hauteur après 2 séances de correction, regagnant jeudi 0,3% à 1.896,20$ l'once pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le métal jaune gagne plus de 20% depuis le début de l'année, profitant des incertitudes économiques et de la crise sanitaire.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises) est stable (-0,03%) à 93,58 points, de même que l'euro qui s'affiche à 1,1759$. Du côté des taux souverains, le rendement de l'obligation d'Etat américaine (T-Bond) à 10 ans cède 2 points de base à 0,77%.

VALEURS A SUIVRE

Morgan Stanley (+0,8%) s'offre pour 7 milliards de dollars le groupe de gestion d'actifs Eaton Vance (+48%!) Il s'agit d'une opération en cash et actions, qui fera de Morgan Stanley Investment Management une firme aux actifs sous gestion d'environ 1.200 milliards de dollars. Les revenus combinés sont attendus à plus de 5 milliards de dollars. Les actionnaires d'Eaton Vance recevront 28,25$ en cash et 0,5833 titre Morgan Stanley par action. Sur la base des cours de la veille, la prime ressort à 38% environ sur les titres Eaton Vance (+47% ce jour !).

Costco (+0,6%). Le distributeur américain basé à Issaquah a affiché encore une vive croissance de 16,9% de ses revenus pour le mois de septembre 2020, à 16,84 milliards de dollars. La croissance à magasins comparables est ressortie également vigoureuse à +15,5% en comparaison de l'an dernier. Ainsi, le groupe affiche des ventes historiquement élevées, bénéficiant pleinement de la crise actuelle. Sur la période, la croissance ressort à 14,5% aux USA, 17,5% sur le marché canadien et 18,5% sur les autres marchés internationaux. Dans le e-commerce, Costco affiche une expansion de... plus de 90%.

Regeneron (+1,6%) et Eli Lilly (+3%) profitent du soutien affiché de Donald Trump, le président américain ayant vanté les mérites des traitements des deux firmes pharmaceutiques et demandé une approbation d'utilisation d'urgence pour les rendre accessibles au plus grand nombre.

Johnson & Johnson (+0,8%) est aussi cité par Trump pour son travail contre le virus. La Commission européenne a annoncé ce jour qu'elle avait conclu un accord avec J&J pour l'approvisionnement de son candidat-vaccin contre le covid afin de traiter jusqu'à 400 millions de personnes.

Gilead Sciences (+0,5%) a pour sa part annoncé ce jour un accord pour la vente de 500.000 doses de son antiviral remdesivir aux pays européens, qui constituent des stocks de ce traitement, l'un des deux seuls approuvés pour les patients atteints du covid.

Tesla (+1,2%). Le leader californien de l'automobile électrique va produire l'an prochain une version de sa Model Y dotée d'une nouvelle technologie de batterie dans son usine de Berlin. Elon Musk, le charismatique directeur général de l'affaire, a toutefois prévenu que cela pourrait entraîner un risque de production significatif.

Dun & Bradstreet (+9,3%). Le spécialiste des données commerciales et financières a annoncé l'acquisition programmée de la société d'analyses Bisnode auprès du Suédois Ratos AB, pour 7,2 milliards de couronnes suédoises.

Alphabet (+1,4%). La Cour d'appel de Paris a confirmé ce jeudi la décision de l'Autorité de Concurrence obligeant le géant d'internet Google à négocier avec les éditeurs de presse français et les agences sur la rémunération leurs contenus. Google France avait annoncé mercredi soir être proche d'un accord avec les éditeurs français sur la rémunération "des droits voisins au titre de la loi". "L'Alliance de la Presse d'Information Générale et Google travaillent ensemble depuis un an sur le sujet de la rémunération des droits voisins au titre de la loi. Ces échanges ont évolué positivement ces dernières semaines", avait annoncé Google.

Domino's Pizza (-6,37%). Le groupe a publié des ventes assez solides mais un bénéfice décevant pour son troisième trimestre fiscal. Malgré un impact positif de la pandémie sur... la demande en pizzas, le groupe du Michigan n'a réalisé qu'un profit net de 99 M$ et 2,49$ par titre, contre 86 M$ un an avant. Le consensus était de 2,79$ de bpa. Les revenus totaux ont grimpé de 18% à 968 M$, contre 953 M$ de consensus.

IBM (+5,5%) profite de l'annonce d'une scission de l'unité Services d'infrastructure de sa division Global Technology Services pour se concentrer sur le "cloud computing", à plus forte marge.

McDonald's (+0,1%) a publié des ventes trimestrielles supérieures aux attentes et annoncé une augmentation de son dividende. A comparable, les ventes US du troisième trimestre se sont appréciées de 4,6%. Les ventes totales à comparable ont reculé de 2,2%. A l'international, les tendances négatives en France, en Espagne, en Allemagne ou au Royaume-Uni ont été partiellement compensées, notamment, par la croissance australienne. Les tendances ont été négatives en Amérique latine et en Chine, mais positives au Japon. Le groupe rehausse son dividende payable en décembre de 3%, à 1,29$, contre 1,25$ en septembre.

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