Cotation du 27/02/2020 à 23h20 Dow Jones Industrial -4,42% 25 766,64
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Wall Street en hausse malgré la menace du coronavirus

Wall Street en hausse malgré la menace du coronavirus
Wall Street en hausse malgré la menace du coronavirus
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street progresse modestement lundi, les investisseurs s'accrochant à un espoir de stabilisation du rythme de progression du coronavirus en Chine, même si le nombre de cas continue d'augmenter. En Chine, l'activité a repris partiellement ce lundi dans les entreprises, après deux semaines de fermeture complète, et la banque centrale chinoise a une nouvelle fois injecté massivement des liquidités, en vue de soutenir les entreprises impliquées dans la lutte contre le virus.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones progresse de 0,14% à 29.142 points, tandis que l'indice large S&P 500 avance de 0,27% à 3.336 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, gagne 0,62% à 9.579 pts.

La semaine dernière, les 3 indices américains avaient affiché de solides gains, de 3% pour le Dow Jones, 3,1% pour le S&P 500 et 4% pour le Nasdaq, effaçant la baisse causée en janvier par la crainte du virus 2019-nCoV.

Les taux et le pétrole ont fortement réagi à la menace sanitaire

Certains analystes jugent que les marchés boursiers sont trop complaisants face à un risque qui reste élevé pour l'économie mondiale. Les marchés obligataires (où les taux ont dégringolé depuis la mi-janvier) et pétroliers (où les cours ont plongé de plus de 20% depuis les pics de début janvier) ont en revanche été bien plus réactifs face à la menace. Les devises émergentes ont aussi été pénalisées depuis deux semaines, favorisant le dollar, le franc suisse et le yen

Lundi sur le marché des changes, l'indice du dollar (qui mesure l'évolution du billet vert face à un panier de 6 grandes devises) poursuit son ascension, gagnant 0,14% à 98,83 points, soutenu par les bons chiffres de l'emploi US publiés vendredi. L'euro cède encore 0,25% à 1,0916$ après la publication de chiffres décevants pour la production industrielle en Allemagne et en France.

Les obligations restent très recherchées en tant que valeurs-refuge, faisant monter les cours et chuter le taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse). Le rendement du T-Bond à 10 ans perd encore 4 points de base, retombant lundi à 1,55%. Début janvier, ce taux évoluait encore au-dessus de 1,9% avant l'apparition de l'épidémie du coronavirus chinois.

Le pétrole repart en baisse lundi, souffrant de la chute de la consommation chinoise de brut, et de la réticence de la Russie à réduire davantage la production de l'Opep+. Le cours du baril de brut léger américain (WTI) perd 1,65% à 49,49$ (contrat à terme de mars coté sur le Nymex) tandis que le Brent de mer du Nord cède 2,4% à 53,15$ (contrat à terme d'avril).

Les cours du WTI ont plongé de 2,4% sur la semaine dernière et le Brent a perdu 3,8%, tombant dans un marché baissier ("bear market"), caractérisé par une chute supérieure à 20% depuis leurs pics de début janvier face à la crainte du coronavirus.

Intervention massive de la Banque populaire de Chine

Le bilan de l'épidémie est monté lundi à plus de 40.000 malades et au moins 908 morts, davantage que le Sras, qui avait tué près de 800 personnes en 2002-2003. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le nombre de contaminations relevées quotidiennement en Chine se stabilise, mais il est trop tôt pour conclure que l'épidémie a dépassé son pic. Le directeur général de l'OMS a en outre prévenu que l'expansion du nouveau coronavirus hors de Chine pourrait s'accroître avec la transmission de la maladie par des personnes n'ayant jamais voyagé dans ce pays.

En Chine, la banque centrale a procédé lundi à une nouvelle injection massive de liquidités afin de soutenir l'économie. Elle a prêté à des taux exceptionnellement bas l'équivalent de 43 milliards de dollars à des entreprises impliquées dans la prévention et le contrôle de l'épidémie de coronavirus. Liu Guoqiang, vice-gouverneur de la Banque populaire de Chine, a expliqué dimanche lors d'une téléconférence que les les banques devraient utiliser ces prêts pour soutenir des activités directement liées à la lutte contre l'épidémie par les entreprises présélectionnées par les autorités.

Par ailleurs, la Chine renforcera son soutien financier et offrira des incitations fiscales aux entreprises engagées dans la lutte contre l'épidémie, a indiqué Liu Kun, ministre des Finances, lors de la même téléconférence.

Reprise partielle de l'activité de production en Chine

Les entreprises chinoises ont commencé lundi à rouvrir, mais la reprise de l'activité s'annonce très partielle. Certaines entreprises, comme Toyota, ont décidé d'elles-mêmes de reporter la réouverture à la semaine prochaine, voire au-delà. D'autres, comme Foxconn (sous-traitant d'Apple) se sont vu interdire l'ouverture de leurs sites. Foxconn n'a ainsi pas reçu le feu vert pour rouvrir sa grande usine de Shenzhen à la suite d'une inspection des autorités sanitaires, qui ont trouvé le "risque d'infection trop élevé", a révélé le quotidien japonais 'Nikkei'.

Aux Etats-Unis, les investisseurs seront très attentifs cette semaine aux propos du président de la Réserve fédérale américaine Jerome Powell, qui sera auditionné mardi et mercredi devant le Congrès américain. Les marchés attendent ses commentaires concernant le coronavirus, mais aussi le programme mis en oeuvre par la Fed pour stabiliser le marché du financement interbancaire à court terme (marché "repo").

La semaine qui commence sera aussi animée par la publication de données macro-économiques importantes outre-Atlantique, dont les prix à la consommation (jeudi) et les ventes au détail (vendredi) aux Etats-Unis.

VALEURS A SUIVRE

Allergan (+1%), le groupe pharmaceutique américain connu notamment pour son Botox, a annoncé pour son quatrième trimestre une perte nette consolidée réduite à 317 millions de dollars soit 97 cents par titre, contre un déficit net de 4,3 milliards de dollars et 12,83$ par titre un an auparavant. Hors éléments, le bénéfice ajusté par action a représenté 5,22$, contre un consensus de 4,57$. Les revenus se sont appréciés de 6,6% à 4,35 milliards de dollars, contre un consensus de 4,1 milliards de dollars. Le groupe s'attend désormais à ce que son rapprochement programmé avec AbbVie Inc. soit finalisé vers la fin du premier trimestre 2020.

Xerox (-2%) a annoncé ce jour son intention de lancer une offre vers le 2 mars 2020 sur la totalité des titres ordinaires HP Inc (+0,6%) à un prix désormais fixé à 24$ par titre, comprenant 18,40$ en cash et 0,149 titre Xerox pour chaque titre HP. L'offre n'est soumise à aucune condition de financement ou due diligence. Xerox indique avoir rencontré, parfois à plusieurs reprises, de nombreux actionnaires importants de H. Ces actionnaires se seraient exprimés en faveur du rapprochement entre Xerox et HP. "L'offre amicale annoncée ce jour permettra à ces actionnaires d'accepter la proposition attractive de Xerox, malgré le constant refus de HP de poursuivre cette opportunité", lance Xerox. La précédente offre de Xerox sur HP était chiffrée à 22$ par titre...

Rappelons que Xerox ne pèse actuellement que 8 milliards de dollars à Wall Street, contre 32 milliards de dollars pour HP Inc. ! Le titre HP prend 2% à 22,2$ actuellement sur le NYSE. La nouvelle offre valorise HP pratiquement 35 milliards de dollars !

Tesla gagne 2,5%, alors que le groupe californien vedette de l'automobile électrique reprend sa production ce lundi sur le site de la gigafactory chinoise de 2 milliards de dollars de Shanghai. Malgré la poursuite de l'épidémie de coronavirus en Chine, les usines rouvrent progressivement suite à des fermetures plus ou moins longues. Des responsables chinois ont confirmé leur soutien à cette reprise de la production locale de Tesla. Le groupe d'Elon Musk a concédé que la fermeture allait retarder les livraisons de Model 3 sur le principal marché automobile mondial, mais la courte durée de cette suspension de production constitue une bonne nouvelle aux yeux des investisseurs...

Par ailleurs, le titre Tesla profite d'une rumeur relative à une potentielle (mais improbable...) OPA de Google (Alphabet). Cette rumeur est alimentée notamment par Forbes, qui juge que Google pourrait bien s'offrir Tesla pour 1.500$ par titre. Ainsi, le concepteur de véhicules électriques constituerait une cible attrayante pour Google. Le magazine estime par ailleurs que la valorisation de Tesla pourrait atteindre 1.500 milliards de dollars avec l'aide d'un éventuel accord Google. Ainsi, en tenant compte de la capitalisation actuelle d'Alphabet voisine de 1.000 Mds$, l'entité combinée pourrait valoir 2.500 milliards de dollars, fantasme Forbes, qui ne manque visiblement pas d'imagination.

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