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Wall Street en hausse malgré des chiffres de l'emploi en demi-teinte

Wall Street en hausse malgré des chiffres de l'emploi en demi-teinte
Wall Street en hausse malgré des chiffres de l'emploi en demi-teinte
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York progresse vendredi en soirée, malgré la publication de chiffres de l'emploi en demi-teinte pour septembre aux Etats-Unis. Ces données ont accru les spéculations des investisseurs concernant de nouvelles baisses de taux de la Fed d'ici à la fin de l'année. La pression monte donc sur le président de la Fed Jerome Powell, qui doit justement s'exprimer en public ce vendredi à partir de 20h, à l'occasion d'un événement organisé par la Fed à Washington. Par ailleurs, le risque de Brexit dur semble s'éloigner : selon la presse, le Premier ministre britannique Boris Johnson serait prêt à demander un report du Brexit s'il ne parvenait pas à un accord avec Bruxelles.

A deux heures de la la clôture, l'indice Dow Jones gagnait 0,89% à 26.434 points, tandis que l'indice large S&P 500 avançait de 0,94% à 2.937 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, progressait de 0,95% à 7.947 pts.

Atterrissage en douceur plutôt que récession ?

Les marchés ont donc pris connaissance du dernier rapport mensuel sur l'emploi aux Etats-Unis, qui montre un ralentissement des créations de postes en septembre, à 136.000 contre 150.000 attendus. Toutefois, le chiffre d'août a été revu en nette hausse, de 130.000 à 168.000 créations de postes, et les chiffres de juillet ont eux aussi été révisés à la hausse. En outre, le taux de chômage a baissé à 3,5% en septembre, contre 3,7% un mois plus tôt, un nouveau plus bas depuis près de 50 ans, en décembre 1969. Du côté des salaires, la hausse s'est ralentie à 2,9% sur un an en septembre, alors qu'en août, les salaires horaires affichaient une hausse de 3,2% en glissement annuel.

L'ensemble de ces données a quelque peu rassuré les investisseurs, qui craignaient une dégradation plus brutale du marché de l'emploi, après la publication en début de semaine d'indices d'activité ISM en berne dans l'industrie, et en ralentissement dans les services en septembre. Si l'économie américaine ralentit bel et bien, elle semble s'orienter vers un atterrissage en douceur et non une récession qui entraînerait des turbulences boursières.

Les investisseurs font le pari que la Fed fera le nécessaire pour soutenir l'activité, en abaissant au moins une fois ses taux directeurs d'ici à la fin de l'année. L'intervention de Jerome Powell, ce vendredi soir, lors d'une réunion publique consacrée au marché de l'emploi, sera donc suivie de très près par les acteurs du marché.

Une ou deux baisses des taux de la Fed d'ici à décembre ?

Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement d'un quart de point à l'issue de la réunion des 29 et 30 octobre s'établissent à 79,6% vendredi. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point du 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet. Les marchés sont partagés sur une 2e baisse d'ici à la fin de l'année. La probabilité est ainsi de 42,3% pour un retour à 1,25%-1,50% lors de la réunion du 11 décembre, et de 48,1% pour un niveau de 1,5%-1,75%.

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) a poursuivi son recul vendredi, cédant encore 2 points de base à 1,52%, sa septième séance de baisse consécutive. Vendredi dernier, il pointait encore à 1,68%.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, reculait légèrement de 0,06% à 98,80 points, tandis que l'euro gagnait 0,19% à 1,0985$. Le yen maintenait se gains des jours précédents à 106,83 Y/$ (+0,08% pour la devise nippone), faisant office de valeur-refuge. La livre sterling était stable à 1,2331$ après que la 'BBC' a affirmé que Boris Johnson demanderait un report du Brexit si un accord n'est pas conclu avec l'UE d'ici au 19 octobre.

Le pétrole enraye sa chute, l'or marque une pause

Les cours du pétrole se stabilisaient vendredi après avoir subi une forte baisse de l'ordre de 5% depuis le début de la semaine. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI regagnait en séance 0,17% à 52,54$, tandis que le Brent progressait de 0,73% à 58,13$.

En revanche, l'or marque le pas, après avoir progressé pendant 3 séances profitant des craintes de récession qui ont fait chuter les marchés boursiers. Le métal jaune était presque stable vendredi en séance à 1.513,60$ l'once (+0,01%), pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Donald Trump plus pugnace que jamais contre Biden

Les marchés semblent pour l'instant peu réagir aux derniers développements politiques à Washington, où Donald Trump se montre particulièrement pugnace vis-à-vis des démocrates qui ont déclenché une procédure de destitution contre lui. Le président américain a répété jeudi que l'Ukraine devrait enquêter sur son possible rival démocrate Joe Biden, et il a enfoncé le clou en estimant que la Chine devrait elle aussi s'intéresser aux activités de Biden et de son fils Hunter.

"Et au fait, de la même manière, la Chine devrait ouvrir une enquête sur les Biden. Parce que ce qui s'est passé en Chine est juste aussi mal que ce qui s'est passé en Ukraine", a asséné Trump, cité par l'agence 'Reuters'. Trump accuse en effet Biden d'avoir indûment favorisé les affaires de son fils en Ukraine et désormais aussi en Chine. Des accusations démenties formellement par les intéressés et leurs avocats.

Les démocrates du congrès ont déclenché la semaine dernière une procédure de destitution, en accusant Donald Trump d'avoir fait pression sur un chef d'Etat étranger, le président ukrainien Volodimir Zelensky, en lui demandant d'enquêter sur les Biden.

VALEURS A SUIVRE

Du côté des valeurs, Apple (+2,5%) soutient les marchés ce jour, le groupe à la pomme ayant demandé à ses fournisseurs d'augmenter la production de l'iPhone 11 de huit millions d'unités, soit d'environ 10%, selon 'Nikkei Asian Review'. Ce coup d'accélérateur représenterait entre sept et huit millions d'appareils. Auparavant, Apple s'est montré assez conservateur au sujet de ses commandes", écrit Nikkei, citant une source. "Après cette augmentation, le volume projeté de production pour les iPhone 11 sera supérieur à celui de l'an dernier", et non pas inférieur à celui du modèle lancé l'an dernier comme prévu précédemment, ajoute le journal.

HP Inc (-10%), géant américain des ordinateurs et imprimantes, a dévoilé hier jeudi un plan de restructuration passant par les suppressions de 7.000 à 9.000 postes en trois ans - jusqu'à 16% d'un effectif total de 55.000 personnes. Le groupe entend ainsi mettre l'accent sur le numérique et les services, après des résultats décevants et un changement de directeur général. Enrique Lores prendra la direction du groupe début novembre. Les coupes dans les effectifs devraient permettre d'économiser environ 1 milliard de dollars d'ici à la fin de l'exercice 2022. En attendant, la réorganisation coûtera également 1 milliard de dollars et se traduira notamment par des charges de 100 millions sur le seul quatrième trimestre fiscal, puis 500 millions de dollars sur l'exercice 2020.

Le groupe californien de Palo Alto dit s'attendre désormais à un bénéfice hors coûts de restructurations et autres éléments logé entre 2,22 et 2,32$ sur l'exercice 2020.

Costco (+0,47%), le distributeur américain d'Issaquah, a annoncé hier soir des comptes mitigés. La chaîne de supermarchés a réalisé des revenus de 47,5 milliards de dollars en croissance de 7%, mais le consensus était un cran plus élevé à 47,6 milliards. Le bénéfice par action hors éléments s'est établi à 2,69$, en revanche supérieur aux attentes de marché. Les ventes américaine à comparable et hors essence ont grimpé de 5,2%, mais le consensus était de +5,3% en glissement annuel.

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