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Wall Street en hausse, le Nasdaq a effacé ses pertes annuelles

Wall Street en hausse, le Nasdaq a effacé ses pertes annuelles
Wall Street en hausse, le Nasdaq a effacé ses pertes annuelles
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York progresse nettement jeudi, les investisseurs tablant sur une reprise progressive de la croissance économique au gré des mesures de déconfinement prises aux Etats-Unis en Europe. L'espoir d'une reprise prochaine des négociations commerciales entre Washington et Pékin a aussi réchauffé le climat, tandis que le pétrole se stabilise après des signes d'une hausse de la demande en Chine en avril. Le Nasdaq a désormais effacé toutes ses pertes depuis le début de l'année, après avoir perdu près de 25% en mars dernier...

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 1,36% à 23.982 points, tandis que l'indice large S&P 500 grimpe de 1,47% à 2.890 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, progresse de 1,57% à 8.993 pts, et gagne désormais 0,2% depuis le 1er janvier. Le Nasdaq superforme ainsi largement le DJIA, qui perd encore 16% et le S&P 500, qui lâche encore 10,5% depuis le début de l'année.

La totalité des indices S&P 500 sectoriels pointent dans le vert, à commencer par les financières (+2,8%), l'énergie (+2,8%), les matériaux de base (+2,8%) et les technologiques (+1,9%). En bas du tableau, les biens de consommation de base avancent de 0,3%.

Plus tôt dans la journée, les Bourses européennes ont elles aussi progressé, l'indice EuroStoxx 50 terminant en hausse de 1,3% et le CAC 40 regagnant 1,54%. En Asie, le Nikkei a avancé de 0,28% mais le Shanghai composite a reculé de 0,23%.

Un taux de chômage de 16% attendu en avril aux Etats-Unis

Les marchés n'ont pas été perturbés par l'annonce d'une nouvelle forte hausse du nombre de demandeurs d'emploi aux Etats-Unis la semaine dernière, qui avait été largement anticipée. Le Département américain au Travail vient d'annoncer, pour la semaine close au 2 mai, que les inscriptions au chômage ont atteint 3,17 millions, en repli de 677.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 3,846 millions. Le consensus était positionné à environ 3 millions.

Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires. La moyenne à quatre semaines ressort à 4,17 millions, en repli de 861.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 25 avril s'établit à 22,647 millions, en progression de 4,64 millions sur sept jours.

Vendredi, le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi pour le mois d'avril sera annoncé à 14h30. Il devrait se traduire, selon le consensus, par 21 millions de destructions de postes et une remontée du taux de chômage américain de 4,4% à ... plus de 16% !

Dialogue commercial renoué entre Washington et Pékin

Sur le front commercial, les investisseurs restent sur leurs gardes face au risque d'aggravation des relations entre les Etats-Unis et la Chine. D'après l'agence 'Bloomberg', Washington et Pékin devraient reprendre la semaine prochaine des discussions en vue de mesurer les progrès dans la mise en oeuvre de la première phase de l'accord commercial entre les deux pays.

La perspective de cette réunion a quelque peu rassuré les marchés, alors que la semaine dernière, ils s'étaient inquiétés des nouvelles menaces de droits de douane par Donald Trump. Le président américain a accusé Pékin d'avoir caché la vérité sur l'ampleur de l'épidémie de coronavirus, lorsqu'elle est apparue à Wuhan. Donald Trump a aussi affirmé détenir des preuves que le virus serait issu d'un laboratoire de virologie situé dans cette ville de Wuhan, ce que Pékin a formellement démenti.

Le point bas semble atteint pour la demande pétrolière

Sur les marchés pétroliers, le pétrole a repris le chemin de la hausse après sa pause de mercredi. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin regagne jeudi 0,17% à 24,03$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet grappille 0,1% à 29,77$. En début de séance, le WTI avait gagné jusqu'à 4% après des informations de 'Bloomberg TV' affirmant que l'Arabie saoudite va relever les prix de vente de son pétrole, ce qui suggère que la demande a désormais touché son point bas en Europe. Par ailleurs, la consommation chinoise de pétrole s'est redressée en avril, signalant une sortie de la crise du coronavirus.

Les cours du brut ont repris plus de 50% depuis 10 jours sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains (Chevron, ConoCoPhillips...), canadiens et européens (dont Total et les producteurs norvégiens).

Les cours du brut sont désormais revenus au plus haut depuis la mi-avril, mais ils perdent encore 50% à 60% depuis le début de l'année, où ils dépassaient les 60$. Le 20 avril dernier, les cours du WTI avaient plongé en terrain négatif pour la 1e fois de leur histoire, terminant à -37,63$ le baril.

De son côté, l'or rebondit vivement ce jeudi, remontant au-dessus de la barre des 1.700$ l'once. Le contrat à terme de juin coté sur le Comex reprend 2,3% à 1.727,70$ l'once. Malgré une forte volatilité ces dernières semaines, le métal jaune progresse d'environ 14% depuis le début de l'année, faisant office de valeur refuge.

VALEURS A SUIVRE

* Lyft s'envole de 27%, dopé par la publication de ses comptes pour le trimestre achevé fin mars. Malgré la crise du coronavirus, le groupe californien a dégagé un chiffre d'affaires proche de 1 milliard de dollars, supérieur aux attentes des analystes. Les ventes ont ainsi totalisé 955,7 millions de dollars contre 882 M$ attendus par le consensus, et après 776 M$ au 1er trimestre 2019 (+23%). Le groupe a réduit ses pertes nettes sur un an, à 398,1 millions de dollars après -1,14 Md$ au 1er trimestre 2019. Cependant, la perte par action a atteint 1,31$ par action, très supérieure aux attentes des analystes (-0,62$ par action).

Lyft a annoncé avoir réduit ses effectifs de 17% (environ 1.000 personnes) sur le trimestre, pour faire face à la crise du Covid-19, qui a réduit le nombre de courses. 300 autres salariés ont été placés en chômage partiel et les salaires des autres employés ont été réduits de 10% à 30% a précisé le groupe. Le directeur général et co-fondateur de Lyft, Logan Green, a reconnu que le Covid-19 avait eu un "impact profond" sur le groupe. Le nombre de courses a plongé de 75% en avril par rapport à avril 2019, et la chute était encore de 70% sur un an la semaine dernière, a-t-il indiqué lors d'une conférence téléphonique.

* Uber, le grand rival de Lyft, gagne 9,5% alors que la firme doit publier à son tour ses comptes trimestriels ce soir. Uber a déjà indiqué qu'il allait licencier 14% de ses effectifs, soit 3.700 emplois à plein temps. Mardi, Lyft et Uber ont fait l'objet d'une nouvelle plainte en Californie : trois villes de cet Etat, ainsi que le Procureur général de l'Etat, Xavier Becerra, veulent que les chauffeurs de VTC soient considérés comme des salariés, et non comme des travailleurs indépendants. Le groupe de VTC, associé à Alphabet, à Bain Capital Ventures, GV et d'autres investisseurs existants et nouveaux, a par ailleurs réalisé un tour de table de 170 millions de dollars dans Lime, la société de location de matériel de transport en libre-service. Selon des sources proches du deal, l'opération valorise Lime environ 400 M$, un montant très éloigné des 2,4 Mds$ évoqués il y a tout juste un an.

* ViacomCBS flambe de 12% après la publication de ses comptes trimestriels. Le groupe new-yorkais a annoncé un nouvel accord de distribution avec Youtube alors que le nombre de nouveaux abonnés à ses services de streaming a bondi de 50% sur les trois premiers mois de l'année à plus de 13,5 millions. Sur la période, la firme a enregistré un bénéfice ajusté des opérations continues de 699 M$ soit un bpa de 1,13$ pour des revenus en recul de 6% à 6,67 Mds$. Des résultats supérieurs aux attentes des analystes.

"ViacomCBS a obtenu de solides résultats au cours de son premier trimestre complet, notamment une amélioration séquentielle des principaux paramètres financiers, ainsi qu'une nette dynamique opérationnelle. Dans le sillage de la pandémie COVID-19, nous avons également pris des mesures décisives pour renforcer notre bilan, protéger nos employés et aider les communautés dans le besoin. Et grâce à de nouvelles stratégies créatives et à de nouveaux modèles de production, nous continuons à fournir un contenu incontournable que le grand public adore", se réjouit Bob Bakish, PDG de la société.

* Paypal bondit de 13%. Si le premier trimestre s'est avéré très compliqué, avec un plongeon de 87,4% de son résultat net, le spécialiste des services de paiement en ligne s'attend à une forte amélioration de la situation sur le trimestre clos fin juin. Le bpa ajusté est ressorti à 66 cents sur les trois premiers mois de l'année pour des revenus en hausse de 12% à 4,62 Mds$. Les recettes ont augmenté d'environ 17% en avril et le volume total des paiements a bondi de 22%, hors effets de change, alors que la société a ajouté 7,4 millions de nouveaux comptes. Le 1er mai, l'entreprise a même enregistré le plus grand nombre de transactions de son histoire. Sur l'ensemble du deuxième trimestre, le management anticipe une hausse d'au moins 20% du bpa ajusté pour des recettes en croissance d'environ 13%, contre +11% de consensus.

* KKR and Co (+2,5%). Le groupe de capital-investissement a annoncé une hausse de 11% de son bénéfice distribuable trimestriel grâce à la croissance des produits de cessions d'actifs et des commissions de gestion avant le début de la crise du coronavirus. En publié, la firme a essuyé une perte nette de 1,3 milliard de dollars contre un bénéfice net de 701 M$ un an plus tôt. Ce chiffre tient compte des évaluations à la valeur du marché de ses fonds, même si les pertes sur papier n'ont pas été réalisées. Fin mars, KKR avait 207,1 Mds$ d'actifs sous gestion, contre 218,4 Mds$ trois mois plus tôt. Le groupe a déclaré un dividende trimestriel de 0,135$ par action.

* Raytheon Technologies cède 1,2%, malgré une publication supérieure aux attentes. Le groupe de défense américain a enregistré sur les 3 premiers mois de l'année un bénéfice net par action ajusté de 1,78$ contre 1,06$ de consensus pour des revenus de 18,02 Mds$, en retrait de 1%, mais supérieurs aux 17,09 Mds$ attendus. Le carnet de commandes atteint 51,3 Mds$. Compte tenu de l'incertitude permanente concernant la portée, la gravité et la durée de la pandémie Covid-19, le management a décidé de ne pas fournir de perspectives pour le trimestre et l'ensemble de l'année.

*Bristol-Myers Squibb (-0,4%) hésite, après l'annonce de résultats meilleurs que prévu au premier trimestre et la confirmation de son objectif de bénéfice pour l'ensemble de l'année. Le groupe pharmaceutique a essuyé sur les trois premiers mois de l'année une perte nette de 755 M$ ou 34 cents par titre contre un profit de 1,7 Md$ ou un bpa de 1,04$ un an plus tôt. Le bpa ajusté s'établit à 1,72$ contre 1,49$ de consensus. Les revenus ont atteint 10,8 Mds$, dopé par l'acquisition de Celgene. Le management anticipe désormais des revenus annuels compris entre 40 et 42 Mds$ et un bpa allant de 6 à 6,2$. Bristol a déclaré qu'il s'attendait à ce que le pic de perturbation de l'activité dû à la pandémie et aux fermetures nationales qui en découlent se produisent au deuxième trimestre, avec un impact minimal à partir du quatrième trimestre de l'année

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