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Wall Street : en hausse grâce à la Fed et malgré l'emploi

Wall Street : en hausse grâce à la Fed et malgré l'emploi
Wall Street : en hausse grâce à la Fed et malgré l'emploi
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street progresse jeudi soir, saluant l'annonce par la Réserve fédérale d'un nouveau plan de soutien de 2.300 milliards de dollars pour faire face à la crise économique provoquée par la pandémie de coronavirus. Le pétrole fait du yoyo dans l'attente de la fin de la réunion des pays producteurs, qui devraient décider de réduire leur production. En attendant, l'épidémie de Covid-19 continue de progresser aux Etats-Unis, faisant des dégâts sur le marché de l'emploi et plombant la confiance des ménages.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones gagne 1,8% à 23.856 points, tandis que l'indice large S&P 500 progresse de 1,97% à 2.804 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, gagne 1,05% à 8.175 pts. Les indices américains ont désormais repris plus de 20% par rapport à leurs plus bas niveaux du 23 mars dernier.

La volatilité, mesurée par l'indice Vix (aussi appelé "l'indice de la peur") continue de refluer, tombant à 42,4 (-2%) jeudi soir, après avoir dépassé les 85 points (un record) courant mars en pleine panique boursière provoquée par le Covid-19.

Plus tôt en Europe, les marchés ont fini en hausse, l'indice EuroStoxx 50 gagnant 1,46% et le CAC 40 avançant de 1,44% à la clôture.

La Fed envisage une reprise "robuste" après la crise du Covid-19

La Réserve fédérale américaine a donc une nouvelle fois frappé fort, jeudi, en annonçant un nouveau train de mesures de soutien à l'activité, prévoyant l'octroi de quelque 2.300 milliards de dollars de prêts additionnels aux ménages et aux entreprises.

Le plan se décline en 600 Mds$ de prêts en faveur des PME qui seront accordés par les banques commerciales, puis rachetés à 95% par la Fed (la banque émettrice ne conservant que 5% de l'encours). La Fed prévoit également d'acheter pour 500 Mds$ de prêts court terme émis par les Etats, les comtés et les municipalités. Les autres 1.200 Mds$ seront consacrés à des rachats de prêts adossés à des obligations émises par des entreprises ou de prêts hypothécaires.

Dans une visioconférence, le président de la Fed Jerome Powell s'est montré confiant dans la capacité de l'économie américaine de surmonter la crise du coronavirus. Il a estimé que les Etats-Unis devraient connaître une "robuste reprise" lorsque l'épidémie sera maîtrisée. "A la Fed, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour aider l'économie à traverser ces temps difficiles", a-t-il indiqué dans un discours préparé pour une intervention en ligne à la Brookings Institution.

M. Powell a assuré que la Fed continuera à utiliser ses pouvoirs avec force, proactivité et agressivité, "jusqu'à ce que nous soyons convaincus que nous sommes fermement sur la voie du rétablissement" ! Pour le leader de la Fed, l'inflation trop élevée n'est quant à elle actuellement pas une préoccupation de premier ordre.

Encore 6,6 millions de demandeurs d'emploi supplémentaires aux Etats-Unis

Sur le plan sanitaire, la pandémie continue de s'étendre aux Etats-Unis, où le nombre de morts a augmenté deux fois de suite d'environ 2.000 par jour. Jeudi soir, plus de 430.000 cas de Covid-19 étaient détectés aux Etats-Unis et le nombre de morts a dépassé 14.800. Plus de 24.000 personnes ont été déclarées guéries. Dans le monde, le nombre de personnes affectées par Covid-19 est désormais supérieur à 1,5 million et le nombre de morts a dépassé les 90.000.

Les données statistiques continuent de témoigner du coup d'arrêt brutal porté à l'économie américaine par les mesures de restriction prises pour lutter contre la propagation du Covid-19. Ainsi, pour la semaine close au 4 avril, les inscriptions au chômage sont ressorties à 6,606 millions, après 6,867 millions une semaine plus tôt. Les nouvelles inscriptions restent donc proches du niveau record atteint la semaine passée. Le consensus 'Bloomberg' était positionné à 5,5 millions.

Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes, soit environ dix fois moins que le niveau de la semaine passée !

Par ailleurs, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains mesuré par l'Université du Michigan est tombé à 71 en avril contre 89,1 en mars et alors que le consensus tablait sur un niveau de 75. Le moral des Américains est désormais retombé au plus bas depuis 2011. La composante de perception de la situation actuelle a plongé à 72,4 contre 103,7 le mois dernier. Le sous-indice présentant les perspectives est quant à lui descendu à 70, contre 79,7 en mars.

Le pétrole dans l'attente de la décision de l'Opep+

Enfin, l'indice des prix à la production s'est replié de 0,2% en mars en comparaison de février, contre -0,3% de consensus. Hors alimentaire et énergie, il a grimpé néanmoins de 0,2%, alors que le consensus était stable. En glissement annuel, le PPI américain a augmenté de 0,7% (+1,4% hors éléments volatils).

Malgré le contexte de regain d'appétit pour le risque, les marchés obligataires progressent jeudi, faisant reculer les taux, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement du T-Bond à 10 ans cède 5 points de base à 0,73%, tandis qu'en Europe, le rendement du Bund allemand de même échéance a reculé de 4 pdb à -0,36%.

Les marchés pétroliers zigzaguent dans l'attente des résultats de la réunion de l'Opep et d'autres pays producteurs, qui devraient décider de baisses de production. Après un début de séance en hausse, les cours rechutent en fin de journée : le cours du baril de brut léger américain WTI perd 1,5% à 24,71$ pour le contrat à terme de mai sur le Nymex, tandis que le Brent de mer du Nord cède 0,4% à 32,69$ pour le contrat à terme de juin.

Les marchés attendent avec nervosité la fin de la réunion de pays producteurs qui se tient jeudi. Les cours du brut ont été laminés ces dernières semaines par la guerre des prix déclenchée en mars par l'Arabie saoudite et la Russie, et par la crise du Covid-19, qui a entraîné un plongeon de la demande de brut.

VALEURS A SUIVRE

Pfizer (+2%) a déclaré jeudi que les premières données lui avaient permis d'identifier un candidat-médicament susceptible d'aider à traiter les patients infectés par le nouveau coronavirus. Le laboratoire américain envisage de mener des études pour déterminer si ses médicaments existants, y compris son médicament contre la polyarthrite rhumatoïde Xeljanz, pourraient apporter des avantages face au COVID-19.

Alphabet (-0,37%). L'Autorité française de concurrence a demandé à Google de débuter des négociations avec les éditeurs et agences de presse sur la rémunération qu'il leur devrait au titre de la reprise des contenus.

Microchip Technology (+2%) a dopé ses estimations de revenus sur des commandes record. Le groupe réduit pourtant ses dépenses alors que les ventes grimpent, sur fond d'incertitudes liées à la pandémie actuelle de coronavirus. Le concepteur de 'puces' table sur une croissance séquentielle des revenus de 3% sur le trimestre en cours, alors qu'il envisageait auparavant des ventes stables. Le groupe estime que la poussée de la demande pourrait traduire l'inquiétude des clients à propos d'une éventuelle pénurie ultérieure.

Costco Wholesale (-2%), chaîne américaine de magasins d'entrepôts, a aussi bénéficié de l'effet du coronavirus, annonçant une hausse de 9,6% de son chiffre d'affaires à périmètre comparable pour le mois de mars, grâce aux stocks opérés par ses clients face à la propagation du virus, dans l'anticipation de potentielles mesures de confinement.

Walt Disney (+5%) a confirmé le succès de lancement de son service Disney+. La plateforme de vidéo en streaming du géant du divertissement dénombre déjà 50 millions d'abonnés payants dans le monde dont huit millions en Inde.

Tesla (+4,2%) n'a pas démérité en mars sur le marché chinois. Le groupe d'Elon Musk, qui conçoit des voitures électriques, a écoulé 10.160 véhicules en Chine sur le mois passé selon la fédération chinoise des constructeurs de voitures.

Starbucks (+3,3%) anticipe en revanche une chute de 47% de son profit au deuxième trimestre. Le groupe abandonne par ailleurs sa guidance annuelle du fait bien évidemment de l'impact de l'épidémie de coronavirus, qui se fera selon la chaîne ressentir jusqu'au dernier trimestre fiscal.

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