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Wall Street en berne, Trump menace d'un "très long shutdown"

Wall Street en berne, Trump menace d'un "très long shutdown"
Wall Street en berne, Trump menace d'un 'très long shutdown'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine ne parvient toujours pas à se redresser avant bourse ce vendredi, après une sanction encore sévère hier soir (-1,99% sur le DJIA et -1,63% sur le Nasdaq). L'indice large américain, le S&P500, pointe en retrait de 0,1% en pré-séance, avec la menace du 'shutdown' (fermeture des administrations) et les craintes grandissantes de ralentissement économique global... Trump n'en démord pas ce jour sur Twitter, menaçant d'un 'shutdown' "si les démocrates ne votent pas la sécurité aux frontières".

"Les démocrates, dont nous avons besoin des votes au Sénat, voteront probablement contre la sécurité des frontières et le mur, même s'ils savent que c'est désespérément nécessaire. Si les Dems votent non, il y aura un 'shutdown' qui durera très longtemps. Les gens ne veulent pas des frontières ouvertes et du crime!", a insisté encore le Président américain.

"Quoi qu'il advienne au Sénat, les membres républicains de la Chambre doivent être très fiers d'eux-mêmes. Ils sont rentrés à Washington de toutes les parties du monde pour voter en faveur de la sécurité des frontières et du mur. Aucun démocrate n'a voté oui et nous avons gagné largement. Je suis très fier de vous!", a encore asséné Trump.

Les Sorcières sont de retour

La séance du jour devrait être marquée par une certaine volatilité, puisqu'il s'agit de surcroît d'une 'Journée des Quatre Sorcières'. Cet événement boursier, qui intervient 4 fois par an (le 3ème vendredi de chaque trimestre), correspond à l'arrivée à échéance simultanée de 4 types de contrats : les options sur indices et sur actions, ainsi que les contrats à terme sur les indices et les actions.

PIB et commandes de biens durables déçoivent

Le rapport gouvernemental du jour fait ressortir une révision en légère baisse de la croissance économique américaine pour le troisième trimestre 2018, sur un rythme annualisé de +3,4%, contre une estimation antérieure de +3,5% et un consensus de 3,5% également. Ainsi, la progression du PIB est revue en légère baisse pour cette troisième et dernière évaluation. L'indice des prix rattaché au PIB a pour sa part augmenté de 1,8%, contre +1,7% de consensus et +1,7% pour l'estimation antérieure. Enfin, les dépenses réelles de consommation se sont établies en augmentation de 3,5%, contre +3,6% de consensus et +3,6% pour l'évaluation précédente.

Les commandes de biens durables pour le mois de novembre 2018, qui viennent également d'être dévoilées, se sont établies en croissance de 0,8% en comparaison du mois antérieur, contre +1,4% de consensus et -4,3% au mois d'octobre. Hors transport, ces commandes ont même reculé de 0,3% en comparaison du mois précédent, contre +0,3% de consensus et +0,4% un mois plus tôt.

Les revenus personnels et dépenses des ménages américains pour le mois de novembre seront communiqués à 16h (consensus +0,3% pour les revenus, +0,3% également pour les dépenses, +0,2% pour l'indice des prix 'core PCE' en comparaison du mois antérieur).

L'indice final du sentiment des consommateurs américains pour le mois de décembre 2018, mesuré par l'Université du Michigan, sera communiqué à 16h (consensus 97,5).

Pour finir, l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City pour le mois de décembre sera annoncé à 17h.

Menace de shutdown

Les marchés boursiers américains ont enchaîné hier jeudi une deuxième séance dans le rouge vif, au lendemain des annonces de la Fed, qui s'est montrée moins accommodante qu'espéré, prenant les marchés à contre-pied. Hier, la politique intérieure est venue perturber les marchés, Donald Trump refusant de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de "shutdown" à partir de vendredi minuit, si aucun compromis n'est trouvé d'ici là sur le financement du mur frontalier avec le Mexique.

L'indice Nasdaq frôle désormais le marché baissier ('bear market'), caractérisé par une chute de plus de 20% par rapport aux derniers sommets. L'indice a désormais perdu 19,5% par rapport à son record historique d'août dernier à 8.109 pts en clôture. Une chute supérieure à 20% est considérée comme l'entrée dans une tendance baissière. Le DJIA et le S&P 500 restent eux dans la zone de correction, caractérisée par une baisse de plus de 10% sur leurs précédents sommets.

Sur le marché des changes, le dollar a reculé nettement, jeudi, victime collatérale de la chute des indices boursiers. L'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, a cédé 0,7%, terminant à 96,3 points, mais il se reprend aujourd'hui de 0,4% à 96,1.

Les marchés obligataires n'ont pas servi de refuge, jeudi, faisant baisser les cours et remonter les taux d'intérêts (qui évoluent en sens inverse des cours des obligations). Le rendement de l'obligation d'Etat (T-Bond) à 10 ans a ainsi rebondi de 4 points de base à 2,79%. Il reste stable ce jour.

La Fed ne rassure pas

Mercredi, la Fed a relevé son taux directeur d'un quart de point à 2,25%-2,50%, et a abaissé ses prévisions de croissance et de taux directeurs pour 2019. Dans ses nouvelles projections économiques, la banque centrale américaine, envisage désormais deux hausses de taux l'an prochain, contre trois attendues jusqu'ici, et une seule en 2020 (contre deux).

Cependant, les marchés financiers ont été déçus, car bon nombre d'investisseurs espéraient que la Fed annoncerait plus clairement une véritable pause dans son cycle haussier, compte tenu de l'accumulation des risques pesant sur la croissance économique mondiale.

Certains espéraient en outre que Jerome Powell, le président de la Fed, ralentisse le rythme de la réduction du bilan de la Fed. Mais il a confirmé la poursuite de ce programme, qui réduit chaque mois de 50 milliards de dollars la quantité d'obligations que la Fed garde dans son bilan, un mécanisme qui contribue à resserrer la politique monétaire.

Trump pèse encore

Aujourd'hui, c'est le dossier du 'shutdown' qui pèse sur les marchés financiers. Donald Trump s'est en effet engagé dans un bras de fer avec le Congrès pour obtenir le financement du mur qu'il a promis d'achever entre les Etats-Unis et le Mexique. Il a annoncé jeudi qu'il refuserait de signer la loi budgétaire provisoire, ce qui accentue les risques de 'shutdown', c'est à dire de fermeture, faute de financement, de neuf ministères et agences fédérales américains.

"Le président nous a informés qu'il ne signerait pas la loi venue du Sénat hier soir en raison de ses préoccupations légitimes concernant la sécurité aux frontières", a expliqué jeudi le président de la Chambre des représentants Paul Ryan. Le président américain exige que ce budget comprenne le financement du mur frontalier pour 5 milliards de dollars. "Nous avons gagné concernant l'Armée, qui est en train d'être totalement reconstruite, avait écrit le président sur Twitter mercredi matin. D'une façon ou d'une autre, nous gagnerons concernant le Mur!"

Dans un autre tweet, il a lancé un appel à ses adversaires Démocrates à "placer la sécurité des Américains avant la politique. La sécurité aux frontières doit devenir la priorité", a-t-il martelé.

Si Donald Trump devait geler le financement de l'administration américaine, plus de 800.000 employés fédéraux seraient au chômage technique, sans recevoir de salaire.

La Chambre des représentants a validé des mesures de financement temporaire comprenant celui du 'mur', mais les chances sont minces que le Sénat donne son approbation...

Pétrole en berne

Les prix du pétrole ont repris leur dégringolade, après un petit rebond mercredi. Les investisseurs continuent de redouter une surabondance de l'offre et un ralentissement de la demande mondiale l'an prochain. Le cours du baril WTI pour livraison février a replongé de 4,75% hier, et cède encore 1,1% ce jour à 45,4$, au plus bas depuis août 2017. Le baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison février 2019, a chuté de 5% hier et corrige encore de 2,1% ce jour. Les deux contrats perdent plus du tiers de leur valeur depuis octobre.

Valeurs du jour

Nike s'adjuge 9% en pré-séance à Wall Street, le groupe ayant dévoilé des comptes trimestriels et des prévisions plutôt solides dans l'ensemble. Le groupe a en particulier bénéficié d'une demande robuste en Amérique du Nord, avec les nouveaux lancements aux marges plus importantes. Les ventes en ligne ont également soutenu les résultats, avec une progression de plus de 40% (+30% environ sur le marché domestique).

Les revenus trimestriels totaux se sont élevés à 9,4 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 847 millions de dollars et un bénéfice par action de 52 cents, contre des revenus de 8,6 Mds$ et un bpa de 46 cents un an avant, à la même époque. Le consensus, en comparaison, se situait à 46 cents de bénéfice par action et 9,2 Mds$ de revenus. Le concepteur de chaussures et accessoires de sport se montre confiant pour l'année 2019, évoquant une croissance des revenus supérieure aux attentes hors fluctuations de change.

Cintas a présenté ses résultats du second trimestre fiscal. Les bénéfices sont de 243 M$ (2,18$ par action), contre 137 M$ (1,23$ par action) un an avant. En base ajustée, le bpa ressort à 1,76$. Les revenus s'élèvent à 1,72 Md$, contre 1,61 Md$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,70$, pour des revenus de 1,7 Md$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 7,30 et 7,38$, pour des revenus entre 6,87 et 6,91 Mds$.

CarMax a annoncé ses comptes du troisième trimestre. Les revenus montent de 4,6% à 4,30 Mds$. Les bénéfices progressent de 27,9% à 190,3 M$, faisant ressortir un bénéfice par action de 1,09$, en hausse de 34,6%. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1$, pour des revenus de 4,3 Mds$.

Boeing. L'avionneur a reçu une commande de Nigeria Green Africa Airways portant sur 100 avions 737 MAX 8, dont la moitié en option. Au prix catalogue, le contrat atteint 11,7 milliards de dollars. Il s'agit tout simplement de la plus importante commande jamais passée par une compagnie basée en Afrique. Le 737 MAX 8 connaît les ventes les plus dynamiques de toute la gamme Boeing, avec plus de 4.800 commandes passées par plus d'une centaine de clients. Le groupe annonce aussi que Flyadeal s'est engagé à commander 30 737 MAX, avec des options pour 20 appareils supplémentaires (6 milliards de dollars au prix catalogue). Basé à Djeddah, Flyadeal a démarré ses opérations en septembre 2017.

Apple. Le sous-traitant taïwanais Foxconn a l'intention de construire une usine de 'puces' de 9 milliards de dollars en Chine, à Zhuhai, selon le quotidien 'Nikkei'. L'assembleur de l'iPhone aurait donc des plans ambitieux en Chine. Il en serait au stade final des discussions avec le gouvernement local. Les incitations fiscales et avantages accordés à Foxconn devraient couvrir l'essentiel du coût de l'usine.

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