Cotation du 14/06/2019 à 23h14 Dow Jones Industrial -0,07% 26 089,61
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Wall Street : en berne, l'espoir d'un accord commercial s'évanouit

Wall Street : en berne, l'espoir d'un accord commercial s'évanouit
Wall Street : en berne, l'espoir d'un accord commercial s'évanouit
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse américaine a commencé la semaine en nette baisse, les marchés prenant conscience des conséquences de l'échec des négociations commerciales de la semaine passée entre les Etats-Unis et la Chine. Officiellement, les deux camps continuent d'évoquer des discussions "constructives", mais concrètement, les négociations semblent parties pour s'enliser, tandis que les barrières douanières continuent de s'élever, menaçant la croissance mondiale. La Chine a ainsi fait savoir lundi qu'elle allait riposter dès le 1er juin à la hausse, depuis vendredi, par Washington des taxes sur 200 Mds$ de produits chinois.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones chutait lundi de 2,55% à 25.282 points, tandis que l'indice large S&P 500 perdait 2,53% à 2.808 pts et que le Nasdaq composite abandonnait 3,3% à 7.655 pts. Plus tôt dans la journée, les marchés asiatiques ont fini en baisse (-0,72% pour le Nikkei à Tokyo et -1,65% pour le CSI 300 à Shanghai) tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 a lâché 1,2% en clôture et qu'à Paris, le CAC 40 a chuté de 1,2%.

La semaine dernière, les marchés ont signé leur pire semaine depuis le début de l'année, le DJJIA et le S&P 500 perdant près de 2% et le Nasdaq 3% en 5 séances. En Asie, le Nikkei a chuté de 4,1% sur la semaine à Tokyo, et le CSI 300 a plongé de 4,6% à Shanghai, tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont tous deux abandonné 4% en 5 séances, là aussi leur pire performance hebdomadaire de 2019.

Pékin va taxer 60 Mds$ de biens américains, Donald Trump se réjouit

En l'absence d'accord commercial, les Etats-Unis ont relevé vendredi soir de 10% à 25% les droits de douane sur 200 milliards de marchandises chinoises importées aux Etats-Unis. Donald Trump a aussi lancé la procédure en vue de taxer à 25% la totalité des biens chinois importés, soit environ 325 Mds$ supplémentaires en assurant qu'il se satisferait de cette situation.

"Nous sommes exactement où nous voulons être avec la Chine. Rappelez-vous, ils ont brisé notre accord & ont tenté de renégocier. Nous allons amasser des Dizaines de Milliards de Dollars en Tarifs venant de la Chine. Les acheteurs de produits peuvent les fabriquer eux-mêmes aux USA (idéal), ou les acheter auprès de pays non-Taxés", a écrit Trump sur son compte Twitter. "Il serait sage qu'ils (les Chinois) agissent maintenant, mais j'adore collecter de GROS TARIFS (douaniers)!", a ajouté le présidet américain.

De son côté, Pékin a répliqué en annonçant lundi la hausse, à partir du 1er juin, des taxes sur environ 60 milliards de dollars de produits américains importés, dont le coton, les machines-outils, les céréales et les pièces détachées aéronautiques. Plus de 5.000 produits sont concernés et seront taxés pour la plupart à 25% contre 10% depuis septembre 2018.

"Les décisions tarifaires de la Chine sont une réponse à l'unilatéralisme et au protectionnisme commercial américain", a indiqué le ministère chinois dans un communiqué. "La Chine espère que les Etats-Unis reprendront la bonne voie des négociations commerciales bilatérales, collaboreront avec la Chine et parviendront à un compromis, afin de trouver un accord gagnant-gagnant et mutuellement bénéfique sur la base du respect mutuel", ont ajouté les autorités chinoises.

En début de semaine dernière, Washington avait accusé la Chine d'être revenue sur ses engagements pris lors de précédentes sessions de négociations, notamment en refusant de légiférer pour mettre en oeuvre les engagements pris. Pékin juge ces accusations infondées et selon la presse, reproche à Washington d'avoir fait capoter les discussions en refusant de s'engager à lever les barrières douanières si l'accord était signé par la Chine...

Obligations d'Etat, yen et franc suisse font office de valeur-refuge

La forte tension sur le front commercial affecte aussi le marché des changes, où le yen et le franc suisse font figure de valeurs refuge face aux turbulences. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) était proche de l'équilibre lundi soir (-0,05% à 97,28 points, tandis que l'euro progressait de 0,04% à 1,1237$.

Le yen progressait de 0,7% à 109,17 yens/$, portant sa hausse à plus de 2% en une semaine, tandis que le franc suisse grimpait de 0,6% à 1,0055 FS/$, signant une hausse de 1,5% en trois séances.

Sur les marchés obligataires, les titres étaient recherchés et les taux se sont détendus lundi, les incertitudes commerciales augmentant les probabilités que la Fed soit contrainte d'abaisser ses taux directeurs pour contrer un ralentissement de l'économie. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, chutait lundi de 7 points de base à 2,39%. En Allemagne, le Bund à 10 ans a aussi servi de valeur refuge, envoyant son rendement en terrain de plus en plus négatif (-3 points de base à -0,07%).

Le pétrole était particulièrement volatil, partagé entre des facteurs haussiers (une attaque contre deux pétroliers saoudiens dans le Golfe, une baisse des stocks US) et baissiers (craintes sur la demande en cas de guerre commerciale), ces derniers prenant l'avantage en fin de séance. Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI reculait lundi soir de 0,97%, à 61,06$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet cédait 0,75% à 70,01$.

L'économie américaine souffrirait un peu moins que la Chine

Si Donald Trump s'est vanté d'être le "tariff man" (Monsieur droits de douane), les économistes sont quasi-unanimes à juger qu'une guerre commerciale serait presque aussi dommageable pour les Etats-Unis que pour la Chine et qu'elle frapperait en outre la croissance mondiale. Dans une étude publiée ce lundi, le cabinet d'études Oxford Economics estime ainsi qu'il n'y aura aucun gagnant dans la montée du protectionnisme.

La dernière salve de taxes (25% sur 200 Mds$ de bien chinois et sur 60 Mds$ de biens américains) devrait ainsi réduire de 0,3 point de pourcentage le PIB des Etats-Unis en 2020 et de 0,8% celui de la Chine. Le PIB mondial se verrait amputé de 0,3 point, selon le cabinet.

En cas d'escalade, à savoir des taxes de 25% sur l'ensemble des importations chinoises et américaines, le PIB américains perdrait 0,5 point, et celui de la Chine chuterait de 1,3 point, tandis que l'économie mondiale ralentirait de 0,5 point l'an prochain.

VALEURS A SUIVRE

Parmi les valeurs emblématiques de Wall Street, Apple dévisse de plus de 5% et Amazon de 3%. Microsoft corrige de 2,5%, Alphabet de 2,7% et Tesla de 5%... Boeing trébuche de 4,23% et Caterpillar de 4,7%...

Avon Products (-4,1%) fléchit à Wall Street, le Brésilien Natura Cosmeticos ayant démenti la rumeur selon laquelle il aurait bouclé le financement du rachat d'Avon.

Nasdaq, Inc (-2%) semble perdre le duel l'opposant à Euronext pour le rachat de la bourse d'Oslo. Ainsi, Euronext a reçu le soutien du gouvernement norvégien pour cette opération, et dispose d'engagements d'actionnaires représentant plus de 53% du capital de sa proie, ce qui fait de lui le favori sur ce dossier.

Teva Pharmaceutical (-15,8% !), accusé par 44 Etats américains d'être à l'initiative d'une entente sur les prix sur certains traitements génériques ayant conduit à des hausses majeures de prix, décroche logiquement à Wall Street ce jour. La plainte a été déposée auprès d'un tribunal du Connecticut, relève l'agence Reuters.

Uber plonge de plus de 11% à Wall Street, après avoir abandonné 7,6% vendredi pour sa première journée sur le Nyse. La valorisation boursière du groupe passe sous les 70 milliards de dollars, contre 82 Mds$ au cours d'introduction. Malgré cela, ils s'agit de la plus importante opération d'IPO dans la 'tech' depuis celle de Facebook en 2012. C'est de loin la plus importante introduction aux Etats-Unis cette année et aussi une des 10 plus importantes de tous les temps...

Anheuser-Busch InBev (-1,7%). La Commission européenne a infligé au géant brassicole AB InBev une amende de 200 millions d'euros pour violation des règles de concurrence de l'UE. AB InBev, la plus grande entreprise brassicole au monde, "a abusé de sa position dominante sur le marché belge de la bière en entravant les importations de sa bière Jupiler des Pays-Bas, où elle est moins coûteuse, vers la Belgique", relate la Commission.

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