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Wall Street en baisse, vives tensions entre Washington et Pékin

Wall Street en baisse, vives tensions entre Washington et Pékin
Wall Street en baisse, vives tensions entre Washington et Pékin
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York accuse le coup mardi, après que l'administration Trump a sanctionné 8 sociétés technologiques chinoises, dont le leader mondial de la vidéosurveillance Hikvision. Ces sociétés ainsi que 20 autres entités chinoises ont été placées sur liste noire, ce qui a provoqué la colère de Pékin, alors que les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine doivent reprendre jeudi. Le pétrole a continué sa glissade dans la crainte d'un ralentissement de la demande mondiale en cas d'escalade des tensions commerciales et des droits de douane. Les marchés sont aussi inquiets de la remontée des tensions entre Bruxelles et Londres, qui renforce le risque d'un Brexit sans accord, le 31 octobre prochain.

Deux heures avant la clôture, l'indice Dow Jones reculait de 0,58% à 26.325 points, tandis que l'indice large S&P 500 cédait 0,83% à 2.914 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, lâchait 0,87% à 7.887 pts.

Le secteur des semi-conducteurs était particulièrement à la peine, l'indice SOX de Philadelphie abandonnant 2% en séance. Les entreprises du secteur seront affectés de plein fouet par l'interdiction de vendre des composants aux sociétés chinoises placées sur la liste noire de Washington.

Le risque d'un Brexit dur se renforce à moins de 3 semaines de la date-butoir

Sur les marchés obligataires, le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) reculait légèrement, d'un point de base à 1,55%. Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, avançait de 0,2% à 99,16 points, tandis que l'euro fléchissait de 0,17% à 1,0951$.

La livre sterling perdait 0,6% à 1,2219$ face aux craintes d'un Brexit dur le 31 octobre prochain. Les négociations sur le Brexit entre Londres et les Européens semblaient ce mardi au bord de la rupture, Bruxelles accusant le Premier ministre britannique Boris Johnson de jouer avec "l'avenir de l'Europe". En outre, après un entretien téléphonique mardi entre M. Johnson et Angela Merkel, une source à Downing Street a jugé un accord "pratiquement impossible".

Les cours du pétrole restaient en berne dans la crainte d'un atterrissage brutal de l'économie mondiale en cas d'échec des négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI cédait en séance 0,9% à 52,28$ sur le Nymex (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent reculait de 0,7% à 57,93$.

L'or (qui avait chuté de 1% lundi) rebondissait légèrement mardi, repassant au-dessus du seuil des 1.500$ l'once à 1.504,70$ l'once (+0,05%), pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Les "pépites" de la technologie chinoise sur la liste noire de Washington!

Washington a créé la surprise mardi en annonçant le placement sur liste noire de 28 entités chinoises, dont 8 sociétés technologiques ainsi que des organisations gouvernementales impliquées dans la surveillance au Xinjiang, une région à majorité musulmane. "Le gouvernement américain et le département du Commerce ne peuvent pas et ne toléreront pas la répression brutale des minorités ethniques à travers la Chine", a expliqué le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross.

La décision vise 20 bureaux de sécurité publique chinois et huit entreprises, dont la société de vidéosurveillance Hikvision, qui n'est autre que le plus grand fabricant mondial d'équipement de vidéosurveillance. Deux leaders de la technologie de reconnaissance faciale, SenseTime Group et Megvii Technology sont également "blacklistés", ainsi que la société de reconnaissance vocale iFlytek, le fabricant d'équipements de surveillance Zhejiang Dahua Technology, le fabricant de produits pour la criminalistique de données numériques Xiamen Meiya Pico Information et la société Yixin Science and Technology.

Toutes les entités visées ont désormais interdiction d'acheter des composants à des sociétés américaines sans l'approbation du gouvernement américain. Washington avait déjà placé le géant chinois des télécoms Huawei et 70 de ses filiales sur cette liste noire en mai dernier.

"Pas de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, selon Pékin

Cette décision américaine a provoqué assez logiquement la colère de Pékin, qui voit ses plus beaux fleurons technologiques interdits de commercer avec les Etats-Unis. Le porte-parole de la diplomatie chinoise, Geng Shuang a annoncé que "la Chine exprime son fort mécontentement et son opposition résolue", à la décision américaine, affirmant qu'il n'y avait pas "de problèmes de droits de l'Homme" au Xinjiang, contrairement à ce qu'affirme Washington.

Geng Shuang a accusé les Etats-Unis d'utiliser la question du Xinjiang "comme prétexte pour s'ingérer dans les affaires intérieures de la Chine".

Dans ces conditions, les investisseurs craignent que les négociations commerciales entre Pékin et Washington, qui doivent reprendre jeudi après plus de deux mois d'interruption, ne soient bien mal engagées.

Lundi déjà, les doutes s'étaient insinués après un article de presse affirmant que la Chine aurait réduit le nombre des sujets dont elle est disposée à discuter, en excluant notamment toute réforme de sa politique industrielle, ainsi que la question des subventions d'Etat.

Or, la semaine dernière, Donald Trump avait affirmé que les Etats-Unis n'accepteraient qu'un accord complet, "un bon accord", ou pas d'accord du tout. Et, selon le président américain, les Etats-Unis sont au contraire en position de force. "La Chine veut vraiment un accord", car les tarifs douaniers imposés par Washington sont en train de tuer son économie", a-t-il répété.

Selon des sources citées par Bloomberg, la Chine considérerait que Donald Trump est affaibli politiquement par la procédure de destitution ouverte contre lui par les démocrates du Congrès. Pékin pourrait donc en profiter pour tenter de décrocher un accord a minima, en considérant qu'un accord, quel qu'il soit, redresserait la cote de confiance du président américain auprès de son opinion publique.
Cette dernière vit dans la crainte d'un tassement de l'économie provoquée par la guerre commerciale entre les deux plus grandes puissances économiques mondiales.

VALEURS A SUIVRE

Les valeurs chinoises cotées à Wall Street ont piqué du nez ce mardi, dont Alibaba (-2,9%), Baidu (-1,5%) et JD.com (-2,8%). Ces titres avaient déjà été affectés la semaine dernière par des informations selon lesquelles Washington songeait à interdire la cotation d'entreprises chinoises à Wall Street. Ces informations avaient cependant été démenties.

Parmi les fabricants américains de semi-conducteurs, on note de fortes baisses de Broadcom (-1,1%), AMD (-1,6%), Intel (-0,9%), Qualcomm (-3,1%), Micron (-2,4%), Xilinx (-2,4%), ou encore Nvidia (-3%).

Boeing (stable). Les désaccords entre la FAA et l'AESA, régulateurs américains et européens du transport aérien, sont susceptibles de repousser la validation des modifications apportées par le constructeur aéronautique US à son 737 MAX et par conséquent la remise en service de l'appareil. C'est du moins ce qu'affirme le 'Wall Street Journal' ce jour. Les 737 MAX sont rappelons-le cloués au sol depuis mars, suite à deux tragiques accidents ayant fait 346 morts en Éthiopie et en Indonésie...

Oracle (-0,5%), le géant californien des logiciels d'entreprises, entend procéder à près de 2.000 recrutements afin de soutenir ses activités d'informatique dématérialisée à travers le monde. C'est ce qu'a déclaré le directeur de sa division 'cloud' à Reuters hier.

Activision Blizzard (-1,3%) aurait 'explosé' les jeux 'Fortnite' ou 'PUBG'. Ainsi, la version mobile de 'Call of Duty' aurait été téléchargée déjà... 100 millions de fois durant sa semaine de lancement, d'après la mesure du site spécialisé Sensor Tower. Il s'agirait là d'un record pour l'industrie...

Domino's Pizza (+4,2%) progresse après des pertes initiales en début de séance. Le groupe du Michigan a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 86 millions de dollars et 2,05$ par titre, contre 84 M$ un an avant. Les revenus ont atteint 821 M$, contre 786 M$ un an plus tôt. Le consensus était de 2,07$ de bpa et 823 M$ de recettes. La croissance à comparable aux USA n'a représenté que 2,4% contre 2,7% de consensus.

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