Cotation du 23/10/2019 à 21h53 Dow Jones Industrial +0,11% 26 817,30
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Wall Street emporté par les craintes sur la croissance

Wall Street emporté par les craintes sur la croissance
Wall Street emporté par les craintes sur la croissance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street corrige de l'ordre de 2% mercredi, les investisseurs craignant que l'économie mondiale ne ralentisse plus que prévu. Les informations inquiétantes se sont ainsi multipliées depuis lundi : l'Allemagne devrait tomber en récession au 3è trimestre, affichant le deuxième trimestre consécutif de baisse du PIB. Les troubles politiques à Hong Kong ont fait plonger la consommation, notamment de produits de luxe, dont le territoire est un des épicentres mondiaux. Aux Etats-Unis, l'activité manufacturière s'est contractée en septembre au plus bas depuis 2009, tandis qu'en Europe elle est retombée au niveau de la crise de l'euro en 2012.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones abandonnait 2,07% à 26.023 points (après -1,28% mardi), tandis que l'indice large S&P 500 perdait 2,03% à 2.880 pts (-1,23% mardi), et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologies et biotechnologiques, chutait de 1,89% à 7.758 pts (après -1,13% la veille).

Les valeurs-refuge (obligations, or, yen) progressaient pour le 2è jour d'affilée, tandis que les indices sectoriels de l'industrie, de l'énergie, des matières premières et des technologiques dégringolaient de plus de 2,3%.

Après l'annonce mardi, d'un indice ISM d'activité manufacturière en berne en septembre aux Etats-Unis (47,8, après 49,1 en août), les créations d'emplois dans le secteur privé ont elles aussi déçu. D'après le rapport d'ADP publié ce mercredi, elles sont ressorties à 135.000 en septembre, contre 152.000 de consensus de place et après 157.000 en août. Le rapport officiel sur l'emploi en septembre est attendu avec fébrilité pour vendredi.

Les taux en baisse, l'or redresse la tête, le pétrole boit la tasse

En attendant, l'aversion au risque a entraîné un report des capitaux vers les obligations d'Etat, faisant reculer les taux d'intérêts, qui évoluent en sens inverse des cours. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain à 10 ans (T-Bond) chutait mercredi de 5 points de base à 1,59% après un recul de 4 pdb la veille.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence, cédait 0,14% à 98,99 points. Le yen progressait de 0,6% face au dollar à 107,11 Y/$, tandis que l'euro gagnait 0,28% à 1,0961$.

Les cours du pétrole flanchaient encore mercredi, après l'annonce d'une forte hausse des stocks de brut aux Etats-Unis la semaine dernière. Sur le Nymex, le brut léger américain WTI perdait en séance 1,5% à 52,79$, portant son recul à 4,5% depuis lundi (contrat à terme de novembre), tandis que le Brent reculait de 1,8% à 57,82$, lui aussi en baisse de 4,5% depuis le début de la semaine.

En revanche, l'or progressait pour la 2è séance, le métal jaune regagnant en séance 1,28% à 1.508$ l'once, pour le contrat à terme de décembre coté sur le marché Comex.

Trump tempête encore contre la Fed

Face au coup de tabac boursier, Donald Trump a une nouvelle fois dénoncé la politique menée par la Fed et son président Jerome Powell, alors que de leur côté, la majorité des économistes blâment les effets de la montée des barrières douanières dans la guerre commerciale que le président américain a déclenché contre la Chine, mais aussi l'Europe.

"Comme je l'avais prédit, Jay Powell et la Réserve fédérale ont laissé le dollar devenir tellement fort, particulièrement par rapport à TOUTES les autres devises, que nos industriels en subissent des effets négatifs", a écrit mardi le président américain sur Twitter. "Les taux de la Fed (sont) trop élevés. Ils sont leurs pires ennemis, ils ne comprennent rien. Pathétique!"

De leur côté, les investisseurs anticipent une politique monétaire toujours plus accommodante de la Fed mais aussi de la BCE. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'une nouvelle baisse de taux lors de la prochaine réunion de la Fed, le 30 octobre, sont montées à 77,5% (contre 62,5% mardi). Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point le 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet.

Les risques s'accumulent en octobre, mois de tous les dangers

Le mois d'octobre est traditionnellement un mois très volatil, au cours duquel plusieurs grands krachs se sont déroulés, notamment en 1929, en 1987 et plus récemment en 2008 lors de la crise des crédits subprimes. Cette année, les risques s'accumulent sur fond de ralentissement économique mondiale : les négociations commerciales entre les Etats-Unis et la Chine reprendront la semaine prochaine, mais les espoirs d'accord ont jusqu'ici été douchés. Le Brexit, programmé pour le 31 octobre pourrait entraîner le chaos s'il intervient sans accord, malgré de nouvelles propositions formulées mercredi par le Premier ministre Boris Johnson à l'Union européenne.

En outre, les analystes se préparent avec nervosité à la saison des publications des résultats de sociétés du 3è trimestre... Aux Etats-Unis, ces résultats sont attendus en baisse pour le 3è trimestre consécutif,avec un recul moyen de 3,7% prévu pour les groupes du S&P 500, selon le consensus du cabinet Factset. Ce dernier relève que les entreprises sont de plus en plus nombreuses à citer la guerre commerciale comme un facteur d'inquiétude pour leur activité...

Le climat géopolitique est lui aussi tendu, les marchés surveillant notamment les effets négatifs des manifestations pro-démocratie à Hong Kong, ainsi que les tensions au Moyen-Orient entre l'Iran et l'Arabie saoudite, après les attaques de la mi-septembre contre des installations pétrolières saoudiennes.

Donald Trump dénonce un "coup d'Etat"

Enfin, la Bourse n'apprécie pas le spectre de l'instabilité politique aux Etats-Unis, où l'"Ukrainegate" pourrait mener à la destitution du président américain Donald Trump, même si cette hypothèse n'est pas privilégiée pour l'instant par les analystes.

Le président américain s'est emporté via Twitter contre la procédure de destitution engagée par les démocrates du Congrès, en dénonçant mardi soir un "coup d'Etat". "J'en arrive à la conclusion que ce qui est en train de se passer n'est pas un "impeachment", c'est un COUP D'ETAT, visant à prendre le pouvoir du peuple, son vote, ses libertés, son deuxième amendement (de la Constitution), sa religion, son armée, son mur à la frontière, et les droits qui lui ont été donnés par Dieu en tant que citoyen des Etats-Unis d'Amérique!", a-t-il tempêté sur Twitter.

VALEURS A SUIVRE

L'action Boeing perd 2% mercredi dans la crainte d'un ralentissement économique mondial qui affecterait le transport aérien. Dans la querelle commerciale qui oppose les Etats-Unis et l'Europe au sujet des subventions à Boeing et à Airbus, le groupe américain gagné une bataille. L'Organisation mondiale du commerce (OMC) a confirmé mercredi son autorisation donnée aux Etats-Unis d'imposer jusqu'à 7,5 milliards de dollars de droits de douane sur les produits européens.

La décision des trois arbitres appelés à statuer sur le litige qui oppose Boeing à Airbus concernant des subventions publiques illégales qu'auraient perçues les deux constructeurs ne marque toutefois qu'une victoire provisoire pour l'administration Trump. En début d'année prochaine, l'OMC soit statuer cette fois sur la demande de l'UE d'imposer des droits de douane aux Etats-Unis dans le cadre des aides publiques américaines accordées à Boeing.

Ford Motor chute de 4%, General Motors perd 4,4% et Fiat Chrysler Automobile lâche 1,8%. Ford a annoncé des ventes de pick-ups en croissance de 5% à 240.387 unités sur le troisième trimestre, sa meilleure performance en 14 ans, mais ses ventes globales ont reculé de 4,9% aux USA à 580.251 unités. Fiat Chrysler a réalisé une performance stable avec 565.034 unités écoulées sur la même période.

Paychex (+0,6%) a annoncé pour son premier trimestre fiscal des revenus en croissance de 15% à 992 millions de dollars, pour un bénéfice opérationnel en hausse de 9% à 349 millions et un bénéfice net en augmentation de 8% à 264 millions. Le bénéfice net ajusté a grimpé de 6% à 258 millions, 71 cents par titre. Le consensus était de 68 cents de bpa ajusté et 991 M$ de revenus.

Lennar (+2%) grimpe à Wall Street. Le promoteur immobilier américain basé à Miami a annoncé pour le troisième trimestre fiscal un bénéfice net en croissance de 13% à 513 millions de dollars, 1,59$ par titre, pour des revenus en hausse de 3% à 5,9 milliards de dollars. Le consensus de bpa était de seulement 1,32$, pour 5,44 Mds$ de recettes. Le backlog a toutefois reculé de 2% à 18.908 logements (-9% en dollars à 7,6 Mds$).

The Stars Group flambe de 28% à Wall Street ce jour. Le propriétaire du Canadien Poker Stars et Flutter Entertainment, qui possède l'Irlandais Paddy Power Betfair, ont dévoilé un rapprochement qui donnerait naissance au leader mondial des paris en ligne par les recettes.

Twitter (-2%) a été victime d'une panne mondiale empêchant certains utilisateurs du réseau social et de l'application TweetDeck d'accéder au site. L'histoire ne dit pas si le compte de Donald Trump a été touché.

ExxonMobil (-2,6%). Le géant pétrolier américain a accusé une baisse de son bénéfice d'exploitation trimestriel pour la quatrième période consécutive, avec la baisse des prix du brut. C'est ce qui ressort des documents déposés par la compagnie auprès de la Securities & Exchange Commission, gendarme financier américain. Exxon doit publier ses comptes détaillés du troisième trimestre le 31 octobre.

Johnson & Johnson (+1,2%), colosse américain des équipements médicaux et de l'industrie pharmaceutique, versera 20,4 millions de dollars dans le cadre de son accord amiable, afin de mettre un terme aux plaintes dans deux comtés de l'Ohio dans la crise des opioïdes aux Etats-Unis.

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