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Wall Street efface ses pertes avec les banques et les pétrolières

Wall Street efface ses pertes avec les banques et les pétrolières
Wall Street efface ses pertes avec les banques et les pétrolières
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après un démarrage dans le rouge vif, la Bourse de New York a comblé partiellement ses pertes jeudi soir, les investisseurs s'intéressant notamment aux valeurs bancaires et de l'énergie, qui ont été parmi les plus attaquées depuis le début de la crise du coronavirus. Le pétrole a repris le chemin de la hausse après des prévisions de demande un peu moins pessimistes de la part de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). De nouvelles attaques de Donald Trump contre la Chine entretiennent cependant la nervosité des investisseurs.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones avance de 0,50% à 23.371 points, tandis que l'indice large S&P 500 gagne 0,15% à 2.824 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, cède encore 0,3% à 8.826 pts. Parmi les bancaires, Wells Fargo bondit de 6% (après être tombé à un plus bas depuis 11 ans...) et JP Morgan regagne 3,6%, tandis que le groupe pétrolier Chevron reprend 1,6% et ExxonMobil 0,6%. Dans les "technos", Cisco Systems grimpe d'environ 4% après des résultats trimestriels meilleurs que prévu.

Les trois indices boursiers américains viennent de chuter de l'ordre de 4% en deux séances, plombés par les craintes d'une reprise plus lente que prévue de l'économie face à la crise du coronavirus. Mercredi, le président de la Fed, Jerome Powell, s'est ainsi montré très prudent, en évoquant une "période prolongée" de croissance faible, conjuguée à une stagnation des revenus aux Etats-Unis. "La reprise pourrait prendre un certain temps pour s'accélérer, et le passage du temps pourrait transformer les problèmes de liquidité en problèmes de solvabilité", a prévenu le patron de la banque centrale américaine, ajoutant que la Fed restait prête à "utiliser tous les outils" nécessaires pour soutenir l'économie.

Près de 3 millions de chômeurs supplémentaires outre-Atlantique

Jerome Powell a cependant répété sa réticence à porter les taux directeurs en terrain négatif, une mesure que Donald Trump ne cesse de réclamer. Des taux négatifs allégeraient le poids de la dette de l'Etat, dans une période où ses dépenses (et donc ses émissions de dette) ont explosé, faisant flamber le déficit budgétaire à un niveau record en avril.

Sur le plan macro-économique, l'économie et l'emploi continuent de souffrir aux Etats-Unis. Pour la semaine close au 9 mai, les inscriptions au chômage ont atteint 2,981 millions, en repli de 195.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 3,176 millions. Elles ressortent néanmoins plus élevées qu'anticipé, puisque le consensus était positionné à 2,5 millions. Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

La moyenne à quatre semaines ressort à 3,617 millions, en repli de 564.000. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 2 mai s'établit à 22,83 millions, en progression de 456.000 sur sept jours.

Par ailleurs, l'indice américain des prix à l'import du mois d'avril 2020 est ressorti en retrait de 2,6% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de marché de -3%. L'indice des prix à l'export a reculé de 3,3% par rapport au mois précédent. En glissement annuel, les prix à l'import ont régressé de 6,8% et les prix à l'export de 7%, par rapport au mois d'avril 2019.

Donald Trump ne veut pas rencontrer son homologue chinois

Sur le front commercial et géopolitique, Donald Trump a une nouvelle fois attisé les tensions avec la Chine. Dans un entretien à la chaîne 'Fox Business Network', le président américain a affirmé jeudi qu'il était "très déçu" par la Chine, et qu'il ne souhaitait pas parler avec son président Xi Jinping. "J'ai une très bonne relation (avec Xi) mais pour le moment, je ne veux pas lui parler", a-t-il asséné, provoquant l'inquiétude des marchés qui craignent les conséquences d'une rupture des contacts entre Washington et Pékin.

Donald Trump s'est ainsi déclaré "très déçu" par l'incapacité de la Chine à contenir la propagation du Covid-19, et a répété que la pandémie pourrait remettre en cause l'accord commercial signé en janvier entre les deux premières puissances économiques mondiales. "Ils n'auraient pas dû laisser cela se produire. Je boucle un formidable accord commercial et maintenant, je dis que ce n'est plus la même chose. L'encre était à peine sèche quand l'épidémie est arrivée. Et ce n'est plus la même chose", a dit Donald Trump.

L'accord dit de "Phase 1" prévoit que Pékin augmente d'au moins 200 milliards de dollars sur deux ans ses achats de biens et de services américains ; en contrepartie, Washington doit réduire les droits de douane imposés aux produits chinois importés aux États-Unis depuis le début du conflit entre les deux pays. Toutefois, selon la presse chinoise, Pékin souhaiterait renégocier cet accord, ce que refuse fermement Washington.

Le pétrole progresse dans l'espoir d'un début de rééquilibrage

Les cours du pétrole est reparti en nette hausse après le dernier rapport mensuel de l'AIE, qui se montre moins pessimiste que prévu pour la demande mondiale en 2020. Sur le Nymex, le baril de brut léger américain (WTI) pour livraison juin bondit jeudi de 7,2% à 27,11$, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance juillet gagne 6,1% à 30,98$.

Pour l'année 2020, la baisse de la demande est désormais estimée à - 8,6 millions de barils par jour (Mb/j), indique l'AIE dans son rapport mensuel sur le pétrole (contre - 9,3 Mb/j de baisse prévue dans son rapport d'avril). Ce qui resterait malgré tout "la chute de consommation la plus importante de l'histoire" de l'industrie, souligne-t-elle.

Du côté de l'offre, "la production a réagi de manière très forte", qu'il s'agisse de la forte baisse de la production américaine ou de l'accord au sein de l'OPEP+, l'OPEP ayant fini par s'entendre avec son partenaire russe pour limiter son offre. "Nous voyons de premiers signes de rééquilibrage graduel des marchés pétroliers. (Mais) c'est encore graduel, et fragile", a commenté le directeur de l'AIE, Fatih Birol.

Lundi, l'Arabie saoudite a annoncé que sa compagnie Aramco allait réduire sa production d'un million de barils par jour supplémentaires d'ici à juin à 7,492 millions de barils/jour. La semaine dernière, les cours du WTI avaient repris 25% et ceux du Brent 17%, sur fond d'espoirs d'une reprise progressive de la demande mondiale et d'annonces de baisses de production par l'Opep+ ainsi que de nombreux groupes pétroliers américains.

VALEURS A SUIVRE

Cisco Systems (+3,9%) a annoncé mercredi soir des bénéfices supérieurs aux attentes des analystes pour son 3e trimestre fiscal, achevé fin avril. Les ventes sont ressorties légèrement supérieures aux attentes, même si ces dernières avaient été revues en nette baisse en raison de la crise du Covid-19, qui a rogné le chiffre d'affaires.

Le bénéfice net du fabricant d'équipement de réseaux, de solutions de visioconférence et de sécurité informatique, s'est élevé à 2,8 milliards de dollars (0,65$ par action) pour un chiffre d'affaires de 12 Mds$, en recul de 8% par rapport à la même période de 2019. Les ventes ont été un peu supérieures aux 11,9 Mds$ attendus par le consensus FactSet. Toutefois, en janvier, avant que la crise du Covid ne s'étende hors de Chine, les analystes tablaient encore sur des ventes de 12,7 Mds$. Après ajustement pour tenir compte des éléments non récurrents, le bénéfice par action (bpa) s'est élevé à 0,79$, supérieur aux attentes des analystes (0,71$).

Pour son 4ème trimestre fiscal, Cisco s'attend à un recul plus prononcé de ses ventes, de 8,5% à 11,5% par rapport à la même période de 2019, où elles avaient dépassé les 13 Mds$... Ce qui suggère donc que les ventes trimestrielles vont tomber sous les 12 Mds$, alors que les analystes s'attendaient à 12,07 Mds$ en moyenne.

Intelsat (-26%), fournisseur de services de télécommunications par satellites, a annoncé avoir déposé une demande de placement sous protection du fameux chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, du fait des importantes perturbations commerciales causées par le virus.

3M (-2%), le géant industriel du Minnesota, a annoncé pour le mois d'avril 2020 des ventes en baisse de 11%, le secteur de la santé demeurant la seule poche de résistance. La pandémie de Covid-19 a donc plombé les revenus du groupe le mois dernier, en ligne avec les dernières informations fournies par le groupe. La firme diversifiée a donc réalisé en avril des revenus de 2,3 milliards de dollars, en retrait à deux chiffres en glissement annuel. Le segment santé a progressé de 5%, mais le secteur consommation a décliné d'autant, alors que les activités industrielles et de sécurité ont chuté de 11%. Le segment transport et électronique, principale victime de la crise, décroche de 20% en avril. Le groupe, qui a retiré en avril sa guidance annuelle 2020, entend désormais fournir des chiffres mensuels pour un meilleur suivi des répercussions de la crise sanitaire et économique.

Abbott Laboratories (-1%). Son test rapide de détection du nouveau coronavirus pourrait générer entre un tiers et la moitié de résultats... faux négatifs, si l'on en croit une étude de chercheurs de l'Université de New York. Le laboratoire pharmaceutique américain conteste bien évidemment avec vigueur les résultats de cette étude.

Gilead (+0,3%) reste aussi sous surveillance, alors que le Japon a commencé à traiter des malades atteints d'une forme grave du Covid-19 avec son prometteur remdesivir.

Fiat Chrysler Automobiles (-2%) renonce à son dividende régulier. La crise liée au Covid-19 n'aura, pour le moment du moins, pas eu raison du mariage entre le Groupe PSA et Fiat Chrysler Automobiles. Elle a en revanche conduit les deux constructeurs automobiles à renoncer à verser un dividende ordinaire de 1,1 milliard d'euros à leurs actionnaires respectifs. FCA et Groupe PSA, qui n'ont pas évoqué le dividende extraordinaire qu'ils sont également censés verser à leurs actionnaires au cours des prochains mois, ont en revanche confirmé que les préparatifs de la fusion 50/50 de leurs activités, annoncée en décembre 2019, avancent bien, notamment en ce qui concerne les réglementations antitrust et autres dépôts réglementaires.

Norwegian Cruise Line (-0,2%) a passé dans ses comptes une charge de dépréciation de 1,6 milliard de dollars du fait de l'impact du coronavirus. Le trimestre clos fin mars du croisiériste est marqué par une perte nette massive de 1,9 milliard de dollars, contre un profit net positif de 118 millions de dollars un an auparavant.

Delta Air Lines (-2,1%) va retirer les Boeing 777 de sa flotte d'ici la fin de l'année. Le conseil d'administration du partenaire d'Air France KLM a également décidé d'accélérer la sortie des MD-90 d'ici le mois de juin alors que la compagnie brûle actuellement environ 50 millions de dollars par jour, selon un mémo du PDG adressé aux employés. Les Airbus A330 et A350-900, plus économes en carburant et plus rentables, seront déployés sur les vols long-courriers au fur et à mesure du retour de la demande internationale, précise Ed Bastien.

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