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Wall Street ébranlé par les craintes de faillite d'Evergrande

Wall Street ébranlé par les craintes de faillite d'Evergrande
Wall Street ébranlé par les craintes de faillite d'Evergrande
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Comme les autres marchés mondiaux, la Bourse de New York a été rattrapée lundi par les risques venus de Chine, où le géant immobilier Evergrande pourrait faire défaut sur sa dette cette semaine, au risque de provoquer une crise systémique. Par ailleurs, l'appétit du risque est sapé par l'attente des décisions de la Fed, mercredi, mais aussi par les tensions politiques aux Etats-Unis, qui menacent d'entraîner un bras de fer sur le plafond de la dette fédérale.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones plonge de 2,1% à 33.840 points, tandis que l'indice large S&P 500 perd 2,1% à 4.338 pts et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, lâche 2,58% à 14.656 pts. La semaine dernière, les trois indices avaient reculé respectivement de 0,1%, 0,6% et 0,5%.

Les 11 indices sectoriels du S&P 500 sont tous en berne, à commencer par l'énergie (-3,5%), les financières (-3,1%), les biens de consommation discrétionnaires (-2,8%) et les matériaux de base (-2,8%).

Plus tôt dans la journée, à la Bourse de Hong Kong, l'indice Hang Seng a plongé de 3,3% et en Europe, l'EuroStoxx 50 a chuté de 2,1%, tandis que le CAC 40 a fini en baisse de 1,74%. A noter que les Bourses de Chine continentale et du Japon étaient fermées pour des jours fériés.

Le pétrole, qui vient d'enchaîner 4 semaines consécutives de hausse, trébuche ce lundi dans la crainte d'un ralentissement économique en cas de crise financière liée à la Chine. Le baril de brut léger américain WTI cède 1,8% à 70,63$ pour le contrat à terme d'octobre sur le Nymex, et le Brent fléchit de 1,4% à 74,27$ (contrat de novembre).

L'or profite des incertitudes, prenant 0,7% pour remonter à 1.763,40$ (contrat à terme de décembre) après une chute de 2% la semaine dernière. Côté devises, l'indice du dollar reste ferme (+0,07%) à 93,26 points. Les obligations font office de valeur refuge, faisant chuter les taux d'intérêts : le rendement du T-Bond à 10 ans est ainsi retombé de 6 points de base à 1,31%, tandis que celui du Bund allemand à 10 ans a cédé 4 pb à -0,32%. Le bitcoin chute de près de 8% en soirée, revenant vers 43.800$ sur le site Coindesk.

Evergrande proche de faire défaut sur sa dette

La crise de la dette d'Evergrande, qui couve depuis des semaines sur les marchés mondiaux, pourrait prendre un virage vers le pire cette semaine, avec l'arrivée de plusieurs échéances pour le numéro deux chinois de l'immobilier. Le groupe, qui porte un passif de plus de 300 milliards de dollars, doit ainsi verser en début de semaine les intérêts sur une partie de sa dette bancaire, ainsi que les coupons sur deux obligations, prévus jeudi. Or, selon les agences d'information financière, de nombreuses banques internationales ont en portefeuille des obligations émises par Evergrande, dont les britanniques HSBC (-3,8% à Londres) et Ashmore Group (-4,7% à Londres), l'américain BlackRock (-3,8% à Wall Street) et le suisse UBS (-6,5% à Zurich).

A Hong Kong, l'action Evergrande a encore chuté de 10,2% ce lundi, portant son plongeon à 85% depuis le début de l'année. Le groupe discuterait avec les banques pour étendre ou reporter certaines échéances de dette. La Banque populaire de Chine a procédé quant à elle à des injections de liquidités, vendredi, pour atténuer les craintes.

La Fed et le plafond de la dette US préoccupent aussi

Outre la situation en Chine, d'autres facteurs de risque pèsent sur les marchés, dont ceux concernant le variant Delta du coronavirus, ainsi que ceux relatifs aux perturbations des chaînes d'approvisionnement, et aux craintes inflationnistes. En outre, les marchés adoptent une attitude très prudente avant le verdict de la Fed, à l'issue de sa réunion de mardi et mercredi. Néanmoins, l'annonce officielle du 'tapering', réduction des achats d'actifs obligataires de la Fed, ne devrait probablement intervenir qu'à la réunion suivante.

D'autres craintes affectent les marchés, comme la question du relèvement du plafond de la dette, la Secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, se montrant de plus en plus pressante sur le sujet, et avertissant des risques conséquents si le Congrès tarde trop à agir.

De fait, c'est toujours l'incertitude qui domine sur la question budgétaire, qui est désormais liée au projet d'investissement dans les infrastructures de Joe Biden, qui divise profondément le parti démocrate... Le sénateur démocrate le plus conservateur, Joe Manchin, a appelé à une "pause stratégique" jusqu'en 2022 sur ce plan de 3.500 milliards de dollars. Mais d'autres démocrates espèrent un vote sur le texte le 27 septembre à la Chambre des représentants.

Dans l'actualité économique aux Etats-Unis ce jour, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders pour le mois de septembre 2021 est ressorti à 76, supérieur aux attentes des économistes de la place, contre un niveau de 75 un mois auparavant.

VALEURS A SUIVRE

Du côté des entreprises à Wall Street, le promoteur immobilier Lennar (4%) publie après bourse ses derniers résultats trimestriels.

En attendant, le rival D.R. Horton (-4%) lance un avertissement sur les ventes. Le groupe a mis à jour sa guidance et table désormais sur 21.300 à 21.700 livraisons de logements au quatrième trimestre, contre une fourchette antérieure allant de 23.000 à 24.500. Le constructeur évoque les perturbations de supply chain. Sur l'exercice, les livraisons iraient de 81.300 à 81.700. Les revenus T4 sont estimés entre 7,7 et 7,9 milliards de dollars, ce qui permettrait tout de même une croissance de 35 à 36% sur l'ensemble de l'exercice, entre 27,4 et 27,6 milliards de dollars. Le groupe se montre en revanche confiant concernant sa marge brute, révisée en hausse, avec une guidance allant de 26,5 à 26,8% sur le quatrième trimestre.

Les Etats-Unis négocient avec Pfizer (+0,2%) pour 500 millions de doses additionnelles du vaccin anti-covid conçu avec BioNTech (-6%), destinées à des dons à travers le monde. C'est du moins ce que rapportent les sources de Bloomberg.

Pfizer vient en outre d'annoncer que son vaccin anti-covid conçu avec BioNTech produirait une solide réponse immunitaire chez les 5 à 11 ans. Chez les participants âgés de 5 à 11 ans, le vaccin s'est révélé sûr, bien toléré et a montré de solides réponses en anticorps neutralisants, affirment le groupe américain et son partenaire allemand. Les deux partenaires prévoient de soumettre ces données à la FDA américaine, à l'EMA en Europe, et à d'autres organismes de réglementation dans le monde dès que possible. Les résultats chez les enfants de moins de 5 ans sont attendus dès la fin de l'année, ajoute Pfizer.

CVS Health (-1,6%), chaîne américaine de pharmacies, a annoncé qu'elle allait recruter 25.000 personnes avant la saison de la grippe, et alors que les Etats-Unis s'apprêtent à lancer les vaccinations de rappel contre le Covid-19.

La Commission indienne de Concurrence estime que Google (Alphabet à -2,4%) abuse de sa position dominante avec son système d'exploitation Android, indique Reuters. La CCI indienne souligne que Google affecte la concurrence avec son énorme levier financier, pesant sur la capacité des concepteurs d'appareils à développer et vendre des produits opérant sur des versions alternatives d'Android.

Le National Transportation Safety Board demande à Tesla (-4%) de résoudre les déficiences en matière de sécurité avant de déployer la mise à jour de son logiciel d'aide à la conduite, croit savoir le Wall Street Journal, qui cite la patronne du conseil américain de sécurité des transports, Jennifer Homendy. Cette dernière attaque Tesla et juge trompeuse l'expression de 'système de conduite entièrement autonome' adoptée par le groupe. Elon Musk se défend et affirme que les conducteurs seront testés avant d'avoir accès à cette fonctionnalité améliorée permettant une conduite quasiment autonome en ville.

Verizon (-0,2%) s'est aligné sur les opérateurs concurrents AT&T (-1,8%) et T-Mobile (-1,6%) en proposant une offre incluant l'iPhone 13 Pro pour 999$, précise Bloomberg.

Amazon (-3,8%), le géant américain du commerce en ligne, ajoute plus de produits sponsorisés en tête de ses résultats de recherches, amenant les marques leaders des produits de consommation à payer pour ces placements favorables, indique CNBC.

Colgate-Palmolive (-0,2%), l'un des leaders américains des produits de consommation, bénéficie d'une recommandation de Deutsche Bank, qui juge que le marché est passé à côté de la reprise du groupe. Le conseil passe de 'conserver' à 'achat'.

Netflix (-2,7%), le géant du streaming vidéo, corrige un peu moins que Walt Disney (-3,4%), suite à ses succès aux Emmy Awards, traduisant le changement de paysage industriel. La plateforme de streaming a notamment remporté un prix majeur avec 'The Crown', récompensée en tant que meilleure série dramatique, et dont les acteurs Josh O'Connor et Olivia Colman ont raflé les récompenses de 'meilleur acteur' et 'meilleure actrice' de série dramatique. 'Le Jeu de la dame' a remporté le titre de meilleure mini-série.

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