Cotation du 30/11/2021 à 19h16 Dow Jones Industrial -1,74% 34 525,05
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Wall Street : Dow Jones et Nasdaq s'enflamment

Wall Street : Dow Jones et Nasdaq s'enflamment
Wall Street : Dow Jones et Nasdaq s'enflamment
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine tente un rebond ce jeudi, soutenue par les publications financières trimestrielles. Le DJIA avance de 1,23% à 34.799 pts et le S&P 500 de 1,27% à 4.419 pts, contre une hausse de 1,37% sur le Nasdaq à 14.772 pts. Le baril de brut WTI s'adjuge 1% à 81,2$. L'once d'or grappille 0,1% vers les 1.800$. L'indice dollar recule de 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin remonte de 3% vers les 57.400$.

L'indice américain des prix à la production du mois de septembre 2021 a augmenté de 0,5% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de marché. En glissement annuel, le PPI a grimpé de 8,6%. Hors alimentaire et énergie cette fois, l'indice des prix à la production n'augmente que de 0,2%, contre 0,5% de consensus (+6,8% en glissement annuel contre +7% de consensus de place).

Les inscriptions au chômage aux États-Unis ont reculé davantage que prévu la semaine passée et retrouvent leur niveau de mars 2020. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 9 octobre, que les inscriptions au chômage sont ressorties au nombre de 293.000, en repli de 36.000 par rapport à la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 320.000. La moyenne à quatre semaines s'établit à 334.250, en baisse de 10.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 2 octobre atteint 2,593 millions, en repli de 134.000 sur sept jours (2,67 millions de consensus), également au plus bas depuis mars 2020.

Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'Énergie sur les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 8 octobre, sera annoncé à 17 heures (consensus +1 MB sur les stocks de brut hors réserve stratégique).

Les interventions de responsables de la Fed se poursuivent par ailleurs ce jour, avec notamment James Bullard (St. Louis), Raphael Bostic (Fed d'Atlanta), Thomas Barkin (Richmond), John Williams (Fed de New York) et Patrick Harker (Philadelphie).

Dans un discours, la gouverneure de la Fed Michelle Bowman a déclaré qu'à la condition que l'économie continue de s'améliorer comme prévu, elle était "très à l'aise à ce stade avec une décision de commencer à réduire les achats d'actifs avant la fin de l'année et, de préférence, dès la prochaine réunion de novembre". Selon elle, les achats d'actifs obligataires ont globalement atteint leur objectif, tandis que les avantages restants pour l'économie seraient maintenant probablement dépassés par les coûts potentiels. Bowman se dit particulièrement préoccupée par le fait que les achats d'actifs pourraient désormais contribuer aux 'pressions' des valorisations, en particulier sur les marchés du logement et des actions, ou que le maintien d'une politique monétaire très accommodante à ce stade de l'expansion économique puisse présenter des risques pour la stabilité des anticipations d'inflation à long terme. Elle s'attend à ce que les lectures mensuelles de l'inflation se modèrent avec la résolution progressive de divers goulets d'étranglement de l'offre. Néanmoins, il existe toujours un risque important que les pressions sur les prix liées à l'offre puissent durer plus longtemps que prévu.

La Réserve fédérale américaine a étudié une réduction de ses achats d'actifs de 15 milliards de dollars par mois, soit à partir de la mi-novembre, soit à partir de la mi-décembre, selon le rapport de la dernière réunion de la Fed, les 21 et 22 septembre dernier, publiée hier soir. Selon ces "Minutes", plusieurs responsables de la banque centrale américaine se sont prononcés en faveur d'une réduction plus importante que le rythme mensuel de 15 Mds$. Certains d'entre eux ont exprimé leur inquiétude sur l'inflation, qui pourrait "s'avérer plus durable qu'attendu". A Wall Street, les marchés boursiers ont peu réagi après la publication des "Minutes", qui confirment des informations que la Réserve fédérale a déjà distillées ces dernières semaines aux marchés. A la clôture, le Dow Jones a fini stable et le Nasdaq a progressé de 0,7%.

Pour soutenir l'économie américaine face aux effets de la crise du coronavirus, la Fed achète actuellement pour 120 Mds$ par mois d'obligations d'Etat (80 Mds$) et de créances adossées à des crédits hypothécaires ou MBS (40 Mds$). Si elle réduit ces achats de 15 Mds$ par mois (-10 Mds$ d'emprunts d'Etat et -5 Mds$ de MBS) , il lui faudra 8 mois pour mettre fin à ce programme de soutien face à la pandémie, qui s'achèvera donc à la mi-juillet 2022 si le "tapering" commençait à la mi-novembre, ou à la mi-août s'il démarrait mi-décembre. La prochaine réunion de la Fed, qui se déroulera les 2 et 3 novembre prochains, devrait être l'occasion de préciser ce calendrier.

Certains responsables de la Fed estiment cependant qu'il faudrait accélérer ce rythme, dont James Bullard. Le président de la Fed de Saint-Louis (membre non-votant actuellement ), a ainsi déclaré à la chaîne 'CNBC' qu'il soutiendrait un début de "tapering" dès novembre et qu'il souhaiterait que le processus s'achève dès la fin du premier trimestre 2022, afin d'être en mesure de réagir aux risques potentiels concernant l'inflation l'année prochaine.

Lors de sa conférence de presse du 22 septembre, le président de la Fed Jerome Powell avait estimé de son côté que le processus pourrait d'achever "vers la mi-2022". Par ailleurs, les nouvelles projections de la Fed estimaient que les premières hausses de taux directeurs (actuellement proches de zéro) devraient se produire courant 2022 et non en 2023 comme estimé il y a quelques mois...

La tâche des banquiers centraux est compliquée par la hausse de l'inflation, qui s'avère plus durable que prévu, et a accéléré en septembre à 5,4% sur un an aux Etats-Unis en septembre, au plus haut depuis 8 ans. La situation semble justifier une politique monétaire un peu moins accommodante, mais la Fed ne souhaite pas retirer son soutien trop vite dans un contexte de ralentissement de la reprise économique, pour cause de variant delta du Covid. La reprise du marché du travail, notamment, reste inégale aux Etats-Unis, même si les déceptions d'août et septembre sur les créations d'emplois ne devraient pas dévier la Fed de ses projets de "tapering".

Les grandes banques américaines lancent donc cette semaine la saison des résultats du troisième trimestre. Ce jeudi, les firmes Citigroup, US Bancorp, Bank of America, Wells Fargo et Morgan Stanley annoncent leurs derniers chiffres. UnitedHealth, Domino's Pizza, CIT Group, Walgreens Boots Alliance et Alcoa, comptent parmi les autres publications de la journée. Goldman Sachs clôturera la semaine demain vendredi, avec PNC Financial Services et JB Hunt Transport.

Les dernières mises à jour concernant les banques ont eu lieu à la mi-septembre lors de la conférence Barclays Global Financial Services. La firme a noté que les points essentiels tournaient autour de la pression continue sur les revenus nets d'intérêts. Des taux plus élevés devraient commencer à aider sur ce front. Les vents contraires devraient être atténués par des revenus de commissions meilleurs que prévu, une qualité des actifs très favorable et une poursuite des libérations de réserves, ainsi que des rachats d'actions et des augmentations de dividendes élevés. La majeure partie des grandes banques américaines devraient dépasser les anticipations de profits.

Wall Street va vivre ces prochaines semaines au rythme des publications de résultats d'entreprises pour le 3e trimestre. Alors que la reprise mondiale se poursuit et que la pandémie est entrée dans une phase moins active, les profits sont à nouveau attendus en forte hausse, de plus de 30%, et ce pour le 3e trimestre consécutif. Malgré cela, les analystes scruteront les comptes et les propos des dirigeants concernant de nouveaux sujets d'inquiétude, à savoir les perturbations des chaînes d'approvisionnement et les pressions inflationnistes.

Selon le consensus FactSet publié le 8 octobre, les analystes tablent sur une hausse de 27,6% des bénéfices du S&P 500 par rapport au 3e trimestre de 2020. Le chiffre d'affaires croîtrait de son côté de 14,9% au 3e trimestre par rapport à la même période de 2020. Le cabinet d'analyse précise toutefois que compte-tenu du fait que les résultats publiés sont d'habitude plus élevés que prévu, il est raisonnable d'envisager une hausse finale des profits de 35%. Ce serait alors le 3e trimestre d'affilée où les profits bondissent de plus de 30% sur un an... Les plus fortes hausses sont attendues des secteurs de l'énergie, des matériaux de base, des services de communication et des technologiques.

Les investisseurs vont scruter les comptes et les déclarations des dirigeants pour mesurer l'impact des perturbations de chaînes d'approvisionnement sur leur activité, mais aussi l'impact de la hausse de leurs coûts et des prix des matières premières.

Les valeurs

Bank of America (+2%) a réalisé une performance particulièrement robuste sur le troisième trimestre fiscal, affichant sur la période un bénéfice net applicable aux actionnaires ordinaires de 7,26 milliards de dollars et 85 cents par action, contre 4,44 milliards de dollars un an avant. Les reprises de réserves ressortant à 1,1 milliard de dollars ont fortement amélioré les profits. La banque a par ailleurs enregistré de bonnes performances dans les opérations de crédit et de trading equity. Les revenus se sont appréciés de 12% à 22,8 milliards de dollars. Les revenus nets d'intérêt se sont améliorés de 10% à 11,1 milliards. Le consensus était de 71 cents de bénéfice par action pour 21,7 milliards de revenus.

Wells Fargo (-1%), l'une des principales banques américaines, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 5,12 milliards de dollars soit 1,17$ par titre, contre 3,22 milliards de dollars un an avant. Le consensus était de moins d'un dollar de bpa. Le groupe a libéré des fonds mis de côté pour couvrir les prêts dégradés provoqués par la pandémie de Covid-19, améliorant ainsi fortement sa rentabilité nette. La banque de San Francisco a affiché des revenus de 18,8 milliards de dollars sur la période, contre 19,3 milliards un an avant et 18,2 milliards de consensus de marché. Les revenus nets d'intérêt ont baissé de 5% à 8,9 milliards.

US Bancorp (-3%) a publié pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,30$ et des revenus proches de 5,9 milliards de dollars. Le consensus était de 1,16$ de bénéfice par action pour 5,77 milliards de revenus. Le management évoque l'élan continu de l'activité de commissionnement.

Morgan Stanley (stable), la banque d'affaires américaine, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, des revenus de 14,8 milliards de dollars contre 11,7 milliards un an plus tôt. Le bénéfice net part du groupe a été de 3,7 milliards de dollars et 1,98$ par titre, contre 2,7 milliards de dollars un an avant. Les provisions pour pertes de crédit ont été réduites de 111 à 24 millions de dollars. L'établissement a donc battu le consensus de profit, avec les activités de banque d'investissement et de gestion d'actifs. Le consensus était logé à 1,68$ de bpa et 14 milliards de dollars de recettes.

Citigroup (stable) a annoncé pour son troisième trimestre fiscal, clos fin septembre, un bénéfice net en forte amélioration de 48% à 4,6 milliards de dollars soit 2,15$ par action, contre 3,1 milliards de dollars un an avant. Le consensus de marché était de 1,65$ de bpa sur la période. Les profits de la banque américaine ont été soutenus par les reprises de réserves (pour 1,16 milliard) constituées durant la pandémie. Les revenus de banque d'investissement ont grimpé de 39% à 1,9 milliard de dollars. Les revenus totaux du groupe sur le trimestre ont baissé de 13% à 17,2 milliards de dollars, contre 16,9 milliards de consensus.

Domino's Pizza (+1%). Le groupe américain de restauration a raté le consensus de revenus sur la période close. La chaîne de livraison de pizzas a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 120 millions de dollars soit 3,24$ par action, contre 99 millions de dollars un an avant. Les revenus se sont établis quant à eux à 998 millions de dollars, contre 968 millions un an auparavant et 1,03 milliard de dollars de consensus. Le consensus de bpa était de 3,11$.

Walgreens Boots Alliance (+1%), la chaîne pharmaceutique américaine, a publié pour son quatrième trimestre fiscal des bénéfices et ventes supérieurs aux attentes. Le bénéfice net est ressorti ainsi à 627 millions de dollars et 72 cents par titre, contre 373 millions de dollars un an plus tôt. Le bénéfice ajusté par action a été de 1,17$, contre un consensus FactSet de 1,02$. Les revenus ont atteint 34,3 milliards de dollars, contre 30,4 milliards sur la période correspondante, l'an dernier. Le consensus de ventes était de 33 milliards de dollars. Pour l'exercice clos, les revenus se sont améliorés de 8,6% à 132,5 milliards, alors que le bénéfice ajusté par action a grimpé de 15% à 4,91$.

UnitedHealth (+5%), la firme américaine d'assurance et de soins de santé basée dans le Minnesota, a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 4,09 milliards de dollars soit 4,28$ par action, contre 3,17 milliards de dollars et 3,3$ par titre un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action a été de 4,52$, contre 4,41$ de consensus FactSet. Les revenus se sont élevés à 72,3 milliards de dollars, contre 65,1 milliards un an plus tôt et 71,3 milliards de consensus. Le groupe a par ailleurs rehaussé sa guidance de bénéfice ajusté par action dans une fourchette allant de 18,65 à 18,9$.

Taiwan Semiconductor (+1%) a dégagé sur le troisième trimestre un bénéfice par action de 6,03 nouveaux dollars de Taïwan, contre un consensus FactSet de 5,78$NT. Le groupe dépasse même les prévisions de brokers les plus élevées de ce point de vue. Soutenu par la demande en composants, TSMC a annoncé ainsi une progression de 14% de son bénéfice au troisième trimestre, sur fond de pénurie mondiale de puces. Le groupe taïwanais, premier sous-traitant mondial pour la fabrication de semi-conducteurs, a réalisé sur le trimestre allant de juillet à septembre un bénéfice de 156 milliards de dollars taïwanais, supérieur aux 149 milliards du consensus.

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