Cotation du 25/10/2021 à 23h26 Dow Jones Industrial +0,18% 35 741,15
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Wall Street : Dow Jones et Nasdaq décrochent

Wall Street : Dow Jones et Nasdaq décrochent
Wall Street : Dow Jones et Nasdaq décrochent
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street retombe en début de séance ce lundi, plombé surtout par une intervention de James Bullard, patron de la Fed de St. Louis, au sujet de l'inflation. Bullard souligne que l'inflation est au plus haut d'une décennie aux USA, et redoute que cette inflation élevée ne se dissipe pas vers l'objectif de 2% de la Fed. "Nous allons avoir plus d'inflation que nous en avions l'habitude pendant un certain temps", ajoute le responsable, qui craint notamment un changement de mentalité des entreprises concernant les prix... Le Dow Jones rechute actuellement de 1,11% à 33.944 pts, alors que le Nasdaq perd 2,28% à 14.234 pts. Le S&P 500 abandonne 1,44% à 4.293 pts.

Le baril de brut WTI s'envole de 3% sur les 78$ sur le Nymex, alors que l'OPEP+ devrait s'en tenir à une hausse de 400 000 barils / jour de la production en novembre, selon des sources de Reuters au sein du cartel et de ses partenaires. L'once d'or avance de 0,6% à 1.768$. L'indice dollar perd 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin consolide sous les 48 000$.

Les marchés restent sous pression, alors que l'incertitude demeure par ailleurs concernant les pénuries et les perturbations de production. Le Chinois Evergrande est pour sa part suspendu en bourse. La presse chinoise a noté que la société immobilière Hopson Development avait l'intention d'acquérir 51% du capital d'Evergrande Property Services pour plus de 5 milliards de dollars. Beaucoup d'incertitudes demeurent autour de la véritable exposition des institutions financières sur le dossier Evergrande, qui croule sous une dette de près de 300 milliards de dollars. Les acteurs du marché craignent les effets de contagion d'Evergrande alors que l'environnement économique s'affaiblit.

Les tensions sino-américaines inquiètent aussi. La représentante des Etats-Unis pour les questions commerciales internationales (USTR), Katherine Tai, a indiqué ce jour qu'elle allait soulever des préoccupations sur les pratiques commerciales centrées sur l'Etat et non compétitives de la Chine. Elle informera Pékin de ses inquiétudes durant les pourparlers sur l'accord commercial de phase 1. Tai précise que Washington explorera le développement de nouveaux outils pour défendre les intérêts économiques américains face à la Chine.

La Chine n'est en effet pas parvenue à augmenter les achats de marchandises américaines de 200 milliards de dollars sur une période de deux ans, comme elle avait accepté de le faire lorsque l'accord avait été conclu en 2019. Les analystes ont noté que les achats de produits américains par la Chine jusqu'en août étaient estimés inférieurs d'environ 62% aux objectifs de l'accord commercial. L'USTR évaluerait les actions potentielles, y compris d'éventuels 'tarifs supplémentaires' sur les produits chinois importés aux USA. La semaine dernière, Tai avait déclaré à Politico que l'administration Biden prévoyait de "s'appuyer" sur les tarifs existants, alors que l'administration finalisait son examen de la politique commerciale américaine vis-à-vis de la Chine.

Le Wall Street Journal avait également rapporté le mois dernier que l'administration Biden évaluait une nouvelle enquête sur les subventions chinoises et leurs dommages causés à l'économie américaine, un mouvement qui pourrait conduire à de nouveaux tarifs si la Chine ne modifiait pas ses pratiques commerciales.

The Hill a précisé pour sa part que le département d'État américain était "très préoccupé" par "l'activité militaire provocatrice" de la Chine près de Taïwan, alors que des avions sont entrés à plusieurs reprises dans la zone défensive de Taïwan pendant le week-end de la fête nationale. Pékin menacerait ainsi la stabilité dans la région et poursuivrait par ailleurs sa pression économique. Vendredi, la Chine a fait voler 38 avions militaires dans la zone de défense aérienne de Taïwan. Samedi, 39 avions ont répété l'incursion, puis 16 dimanche. Le ministre taïwanais des Affaires étrangères a qualifié les vols de "menaçants"...

Sur le front budgétaire, Biden a concédé, selon le Wall Street Journal, que le montant final de son programme d'infrastructures sociales allait être plutôt proche de 2 000 milliards de dollars, très inférieur aux 3 500 milliards initialement visés. Les démocrates cherchent actuellement de quelle manière réduire l'addition.

Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants, a fixé pour sa part au 31 octobre l'échéance pour faire passer le projet de loi d'infrastructure bipartite. Joe Biden soutient un ajournement de ce vote jusqu'à ce qu'un accord soit trouvé sur un package séparé de politique sociale et climatique.

En outre, la question du relèvement du plafond de la dette et la perspective du début tout proche du 'tapering' de la Fed pèsent sur les marchés. Concernant ce plafond de la dette, Mitch McConnell, leader de la minorité au Sénat, vient d'écrire à Biden. Chuck Schumer, leader de la majorité au Sénat, a jugé pour sa part qu'il n'était pas possible d'attendre jusqu'au 18 octobre pour résoudre la question. Il ajoute que le Sénat pourrait travailler même durant le week-end prochain pour trouver une solution. Dans une lettre à ses collègues, Schumer indique que les législateurs doivent agir pour augmenter le plafond de la dette d'ici la fin de la semaine, afin d'éviter des répercussions.

Sur le front économique outre-Atlantique ce jour, les commandes industrielles américaines du mois d'août 2021 ont progressé de 1,2% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus FactSet de +1% et une lecture révisée (en hausse) à +0,7% pour le mois de juillet. Les commandes finales de biens durables pour ce même mois d'août se sont établies conformes aux attentes, à +1,8% par rapport au mois précédent (+0,3% hors transport).

Les valeurs

Tesla gagne 2% à Wall Street. Le groupe californien est parvenu pour le troisième trimestre à défier les perturbations de supply chain et à réaliser des livraisons record. Les pénuries de 'puces' frappant l'industrie et les problèmes logistiques n'ont pas ralenti le groupe d'Elon Musk, qui a livré 241 300 véhicules au total, dans le monde, sur le trimestre. Wall Street anticipait pour sa part 225 000 à 230 000 livraisons. Les livraisons se sont ainsi envolées de 73% en glissement annuel ! Le groupe a livré 232 025 Model 3 et Model Y, ainsi que 9 275 Model S et X.

Sur le troisième trimestre, période de juillet à septembre, le groupe est même parvenu à une croissance séquentielle de 20%, en comparaison d'un deuxième trimestre déjà record. Il s'agit du sixième trimestre consécutif de croissance séquentielle pour le groupe, que rien ne semble donc arrêter. Musk a avoué que Tesla avait subi, plus tôt au troisième trimestre, une pénurie extrêmement sévère d'équipements. Il a donc demandé aux employés de faire le maximum en fin de trimestre, relate Reuters, citant un courriel interne. Le CEO de Tesla a évoqué une vague de livraisons de fin de trimestre inhabituellement haute.

La production totale sur le troisième trimestre a grimpé de 15% séquentiellement pour atteindre 237 823 unités, dont 228 882 Model 3 et Y, et 8 941 Model S et X. En Chine, la croissance des exportations vers l'Europe et l'introduction d'un Model Y moins cher a dopé la production. Les livraisons record du trimestre ont aussi été tirées par une performance remarquable en Chine, jugent les spécialistes. La fabrication sera la force concurrentielle à long terme de Tesla, a affirmé Musk sur Twitter.

Merck & Co, qui flambait de 8,4% vendredi, prend encore 2% à Wall Street ce lundi. Le laboratoire américain discute avec la Thaïlande, dont le gouvernement entendrait, selon un responsable cité par Reuters, acquérir 200 000 unités de sa pilule Covid-19 expérimentale. L'agence rapporte encore que de nombreux pays asiatiques se démèneraient pour verrouiller des approvisionnements sur ce traitement potentiel, après avoir pris du retard par rapport aux pays occidentaux dans le déploiement du vaccin Covid-19, touchés par des approvisionnements restreints. La Corée du Sud, Taïwan et la Malaisie, négocieraient notamment l'acquisition de pilules de Merck.

En fin de semaine dernière, le titre Merck avait grimpé en direction de ses sommets historiques. Le laboratoire pharmaceutique américain avait en effet communiqué des nouvelles positives concernant un traitement expérimental contre le coronavirus, développé avec la biotech Ridgeback Biotherapeutics. Ce traitement par voie orale, le molnupiravir, réduirait d'environ 50% le risque d'hospitalisation ou de décès chez les patients exposés au risque d'une forme grave de la maladie, à en croire les résultats provisoires d'un essai clinique de Phase 3 publiés vendredi.

Merck a ainsi déclaré vendredi que sa pilule expérimentale réduisait de moitié hospitalisations et décès chez les personnes récemment infectées. Le laboratoire du New Jersey entend demander bientôt aux autorités sanitaires aux États-Unis et dans le monde d'autoriser l'utilisation du traitement. Il s'agirait alors de la première pilule à traiter le covid, les thérapies actuellement validées aux USA demandant une intraveineuse ou une injection.

Merck et son partenaire Ridgeback Biotherapeutics ont donc indiqué que les premiers résultats d'étude montraient une baisse de moitié du risque d'hospitalisation ou de décès en comparaison du placebo pour les patients ayant des formes légères à modérées du covid. L'analyse intermédiaire montre que 7,3% des patients qui ont reçu du molnupiravir ont été hospitalisés jusqu'au jour 29, comparativement à 14,1% des patients traités par placebo (hospitalisés ou décédés). Il n'y a eu aucun décès dans le groupe du médicament sur cette période, contre huit décès dans le groupe placebo, selon Merck.

Johnson & Johnson entend demander cette semaine à l'agence américaine des médicaments, la FDA, d'autoriser une dose de rappel de son vaccin anti-covid.

Pfizer (stable) / BioNTech (-5%). Le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l'EMA, Agence européenne des médicaments, a conclu qu'une dose supplémentaire des vaccins Covid-19 Comirnaty (BioNTech / Pfizer) et Spikevax (Moderna -6%) pouvait être administrée aux personnes dont le système immunitaire est gravement affaibli, au moins 28 jours après leur deuxième dose. La recommandation intervient après que des études ont montré qu'une dose supplémentaire de ces vaccins augmentait la capacité à produire des anticorps contre le virus qui cause le Covid-19 chez les patients transplantés dont le système immunitaire est affaibli.

Bien qu'il n'y ait aucune preuve directe que la capacité de produire des anticorps chez ces patients protège contre le Covid-19, l'EMA s'attend à ce que la dose supplémentaire augmente la protection au moins chez certains patients. L'agence européenne continuera à surveiller toutes les données qui émergent sur son efficacité.

Il est important de faire la distinction entre la dose de rappel pour les personnes dont le système immunitaire est affaibli et les doses de rappel pour les personnes dont le système immunitaire est normal. Pour ces derniers, le CHMP a évalué les données de Comirnaty montrant une augmentation des taux d'anticorps lorsqu'une dose de rappel est administrée environ 6 mois après la deuxième dose chez les personnes âgées de 18 à 55 ans. Sur la base de ces données, le comité a conclu que des doses de rappel pouvaient être envisagées au moins 6 mois après la deuxième dose pour les personnes âgées de 18 ans et plus.

Le comité évalue actuellement les données à l'appui d'une dose de rappel de Spikevax. L'EMA communiquera le résultat une fois l'évaluation terminée.

Teva Pharmaceutical (-1%), le géant des traitements génériques, a annoncé l'interruption temporaire de la production de médicaments de son usine californienne d'Irvine afin de résoudre les problèmes soulevés par la Food and Drug Administration suite à une inspection.

Apple (-2%). Les profits opérationnels réalisés par le groupe à la pomme dans les jeux vidéo sur l'exercice 2019 ont été de 8,5 milliards de dollars selon le Wall Street Journal. Ce montant dépasse les profits combinés de Microsoft, Nintendo, Sony et Activision Blizzard sur ce segment, ajoute le WSJ.

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