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Wall Street dopé par la Fed et le commerce, en route vers les sommets

Wall Street dopé par la Fed et le commerce, en route vers les sommets
Wall Street dopé par la Fed et le commerce, en route vers les sommets
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine, qui terminait hier soir sur une note prudente (+0,15% sur le DJIA et +0,42% sur le Nasdaq), semble vouloir accélérer ce jeudi, le S&P500 s'accordant 1% avant bourse et le Nasdaq 1,4% ! La perspective de la baisse des taux de la Fed soutient encore les marchés. Les opérateurs nourrissent également quelques espoirs concernant les négociations commerciales sino-américaines. Sur le marché des changes, l'indice dollar recule de 0,4% à 96,7.

La Réserve Fédérale américaine a maintenu hier mercredi l'objectif du taux des fed funds à 2,25-2,50%, tout en ouvrant la voie à des assouplissements dans les prochains mois. A noter que si 9 membres du Comité de politique monétaire ont voté en faveur de ce statu quo, il y a eu un vote contre, celui de James Bullard. Le patron de la Fed de St-Louis était favorable à une baisse d'un quart de point du taux des fed funds dès hier... La banque centrale a en outre retiré de son communiqué l'expression "patiente", relative à sa future politique monétaire. La Fed est prête à agir de façon "appropriée" face aux "incertitudes croissantes" sur l'économie américaine, ajoutant qu'elle "surveillerait de près" les données macro-économiques à la lumière de ces incertitudes.

Malgré une expansion modérée de l'activité économique, un marché de l'emploi solide et une inflation proche de son objectif de 2%, la Fed indique que "les incertitudes sur les perspectives économiques se sont accrues". A la lumière de ces incertitudes et des faibles pressions inflationnistes, "le Comité va surveiller de près les implications des prochaines données statistiques pour la croissance, et agira de façon appropriée pour soutenir la croissance afin de maintenir un marché de l'emploi solide et une inflation proche de l'objectif de 2%".

Dans ses nouvelles projections économiques, la Fed a cependant laissé planer un certain doute sur le rythme d'évolution des taux. En effet, les projections médianes montrent que la Fed prévoit toujours un taux des fed funds à 2,4% à la fin de l'année (sans changement par rapport à ses dernières projections de mars), ce qui impliquerait non pas une baisse mais une stabilité des taux. Dans le détail, les membres de la Fed apparaissent très partagés : 8 d'entre eux voient les taux baisser d'ici à la fin 2019, dont 7 prévoient deux reculs pour revenir à 1,75-2%. Huit autres prévoient des taux inchangés d'ici à décembre, à 2,25-2,50%, et un seul prévoit une hausse d'un quart de point à 2,50-2,75%.

Pour la fin 2020 en revanche, les prévisions de taux sont bien revues en baisse, à 2,1% au lieu de 2,6% en mars, et pour 2021, elles sont de 2,4% (contre 2,6% précédemment).

La banque centrale américaine a en outre très peu modifié ses prévisions de croissance du PIB des Etats-Unis, attendu en hausse de 2,1% en 2019, de 2% en 2020 et de 1,8% en 2021, contre respectivement 2,1%, 1,9% et 1,8% en mars. Le taux de chômage est revu en très légère baisse de 0,1 point, à 3,6% en 2019, 3,7% en 2020 et 3,8% en 2021, contre respectivement 3,7%, 3,8% et 3,9% en mars. Quant à l'inflation sous-jacente, elle est revue en légère baisse à 1,8%, 1,9% et 2% sur les trois années, contre 2%, 2% et 2% en mars dernier.

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 15 juin sont ressorties au nombre de 216.000, contre 220.000 de consensus et 222.000 une semaine auparavant.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de juin 2019, qui vient lui aussi d'être révélé, est ressorti à 0,3 contre 11 de consensus. Il était de 16,6 en mai. L'indicateur est très proche de zéro, ce qui traduit une stabilité de l'activité en comparaison du mois antérieur et donc un ralentissement très clair de l'expansion.

Enfin, le déficit courant américain pour le premier trimestre 2019 s'est établi à -130,4 milliards de dollars, contre -124,3 Mds$ de consensus et -143,9 Mds$ pour la lecture révisée de la période antérieure.

Le pétrole poursuit sa remontée ce jour avec un baril de Brent de la mer du Nord échéance août qui avance de 2,6% à 63,4 dollars à Londres et un 'light sweet crude' pour livraison juillet qui bondit de 3,2% à 55,7$ sur le Nymex. L'or noir bénéficie d'un contexte très porteur depuis hier soir mêlant baisse du dollar, tensions géopolitiques dans le Golfe, accalmie sur le front commercial sino-américain et recul plus fort qu'anticipé des réserves américaines la semaine passée.

Après avoir atteint un plus haut de près de deux ans, les stocks de pétrole ont chuté de 3,1 millions de barils la semaine dernière aux Etats-Unis quand le consensus anticipait un repli de 1,1 million de barils... Après des semaines de désaccord, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont quant à eux décidé de se réunir le 1er juillet, avant une réunion avec leurs alliés non membres du cartel le lendemain. L'OPEP+ discutera de l'opportunité de prolonger l'accord sur la réduction de 1,2 million de barils par jour de la production, qui expire ce mois-ci. Le ministre de l'énergie des Émirats arabes unis a déclaré au journal 'Al-Bayan' qu'une extension était "logique et raisonnable" et que l'élan en faveur d'un accord semblait se renforcer.

Les espoirs commerciaux ont dopé les marchés chinois. Le Shanghai Composite a repris 2,4% à 2.987 pts. Le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui dirige les discussions avec la Chine sur les questions commerciales, a indiqué qu'il s'attendait à rencontrer, avec le secrétaire au Trésor Stephen Mnuchin, le vice-Premier ministre chinois Liu He. Les discussions au niveau intermédiaire vont donc bien reprendre, avant une rencontre au sommet attendue lors du G20 d'Osaka au Japon entre les présidents Donald Trump et Xi Jinping.

Du côté des valeurs, Oracle a battu mercredi soir le consensus au quatrième trimestre, tant au niveau de son chiffre d'affaires que de son bénéfice, grâce notamment à l'informatique dématérialisée et aux licences. L'éditeur de logiciels de gestion d'entreprises a fait état d'un bénéfice net de 3,74 milliards de dollars (1,07$ par action) pour son 4ème trimestre clos le 31 mai, en hausse de 14% par rapport aux 3,28 Mds$ réalisés un an plus tôt (0,79$ par action). Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action a atteint 1,16$, supérieur au consensus de 1,07$. Les ventes du groupe californien ont de leur côté progressé de 1% à 11,14 Mds$, alors que le consensus était logé un peu plus bas à 10,9 Mds$. Le CA des licences, notamment celles du cloud, a bondi de 12% à 2,52 Mds$...

Carnival plonge en pré-séance ce jour à Wall Street sur les 48$, alors que le groupe de croisières vient de réviser en baisse sa guidance de bénéfice annuel. Le groupe évoque à ce sujet les restrictions américaines frappant le tourisme à Cuba, ou encore les soucis techniques et le report de mise en service d'un bateau. La croisière ne devrait donc pas s'amuser ce jour à Wall Street, le titre entraînant en baisse ses comparables cotés. Carnival dit maintenant s'attendre à un bénéfice ajusté par action 2019 dans une fourchette allant de 4,25 à 4,35$, alors que la guidance antérieure allait de 4,35 à 4,55$.

Slack. C'est l'une des principales IPO de l'année à Wall Street. Après Uber, Pinterest, Zoom Video Communications ou encore Beyond Meat, Slack Technologies doit faire son entrée en bourse ce jeudi. Cette plateforme de communication collaborative a choisi de s'introduire via une cotation directe (à l'image de Spotify) et non via une levée de fonds. Autrement dit, ce sont les actionnaires actuels de la société californienne qui vendront des titres sur le marché. 194 millions de titres de classe A (sous le ticker WORK) vont être mis sur le marché au prix unitaire de 26$. Une référence qui se base sur les derniers échanges privés d'actions.

En concurrence avec Teams de Microsoft, Google Hangouts, Webex Teams de Cisco Systems, Workplace de Facebook et d'autres applications professionnelles collaboratives, Slack table sur un bond de 47% à 50% de son chiffre d'affaires sur l'exercice en cours, à l'issue duquel il s'attend néanmoins à rester déficitaire. La perte opérationnelle ajustée devrait ainsi être comprise entre 192 et 182 M$. Parmi les premiers analystes à suivre le dossier, Atlantic Equities estime que l'adoption de la technologie de messagerie de Slack au sein des entreprises s'avère aussi virale que WhatsApp l'a été pour les consommateurs. Le nombre d'utilisateurs de Slack pourrait ainsi atteindre plus de 50 millions d'ici 2025, contre environ dix millions à la fin janvier. La société, qui comptait 95.000 clients payants en janvier, pourrait être valorisée plus de 17 milliards de dollars.

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