Cotation du 16/08/2018 à 19h49 Dow Jones Industrial +1,60% 25 565,99
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Wall Street dopé par la consommation américaine

Wall Street dopé par la consommation américaine
Wall Street dopé par la consommation américaine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street s'affirme désormais dans le vert, après la réunion de la BCE et des chiffres extrêmement solides de la consommation aux USA. Le DJIA prend actuellement 0,04% à 25.211 pts, alors que le Nasdaq avance de 0,69% à 7.749 pts. Le S&P500 grimpe de 0,30% à 2.784 pts. La cote américaine avait rappelons-le consolidé hier soir (-0,47% sur le DJIA et -0,11% pour le Nasdaq - sur ses sommets historiques), suite au communiqué de la Fed et à la conférence de Jerome Powell.

Sur le marché des changes ce jour, l'euro retombe à 1,1644$ (-1,3%), alors que Mario Draghi s'est pourtant livré à un plaidoyer en faveur de la monnaie unique. "L'euro est irréversible", a même affirmé le patron de la BCE. Sur le plan monétaire, la BCE explique qu'"une stimulation significative par la politique monétaire demeure nécessaire pour que les pressions sur les prix intérieurs continuent de s'édifier et pour soutenir l'évolution de l'inflation publiée à moyen terme". Si les annonces de Mario Draghi sont globalement ressorties conformes aux attentes des opérateurs, le fait que la BCE s'engage à garder ses taux à leurs niveaux actuels au moins jusqu'à l'été 2019 a surpris certains intervenants.

Donald Trump peut quant à lui se réjouir. La consommation américaine est en effet particulièrement dynamique, comme en attestent les chiffres du mois de mai. D'après le rapport gouvernemental du jour aux États-Unis, les ventes de détail du mois de mai 2018 sont ressorties en augmentation de 0,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de place de +0,4% et une lecture (révisée en hausse) de +0,4% en avril. Les ventes de détail considérées hors automobile se sont même appréciées de 0,9%, contre +0,5% de consensus de place et +0,4% en avril 2018. Enfin, les ventes hors automobile et essence ont progressé de 0,8% par rapport au mois précédent, contre +0,4% de consensus.

Sur le front de l'emploi cette fois, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 9 juin se sont établies au nombre de 218.000, contre 225.000 de consensus. Ainsi, les inscriptions déclinent de 4.000 en comparaison de la semaine antérieure. La moyenne à quatre semaines ressort à environ 224.250.

Les prix à l'import du mois de mai 2018 sont ressortis en augmentation de 0,6% par rapport au mois antérieur, contre +0,5% de consensus et +0,6% un mois avant. Les prix à l'export ont également progressé de 0,6% par rapport au mois précédent, contre +0,3% de consensus. En glissement annuel, les prix à l'import grimpent de 4,3% et les prix à l'export de 4,9%.

Selon le rapport gouvernemental du jour aux USA, les stocks des entreprises pour le mois d'avril 2018 sont ressortis en augmentation de 0,3% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus des économistes de la place, après un repli de 0,1% (données révisées) pour le mois de mars.

La Réserve fédérale américaine a donc procédé hier soir, comme l'attendaient les marchés, à la seconde hausse des taux de l'année 2018. Elle a précisé qu'elle comptait relever au total ses taux quatre fois cette année, et non trois fois, comme elle le prévoyait précédemment.

La banque centrale américaine a soufflé le chaud et le froid, en adoptant d'une part un ton un peu plus dur que lors de sa précédente réunion, tout en affirmant d'autre part qu'elle ne modifierait pas son approche graduelle pour relever ses taux directeurs et qu'elle n'anticipait pas de dérapage inflationniste. Le nouveau président de la Fed, Jerome Powell, a estimé lors de sa conférence de presse que l'économie américaine "se portait très bien". Ce contexte a permis à la Fed de "franchir une nouvelle étape" dans son processus de normalisation de ses taux directeurs. Il a toutefois ajouté qu'il était attentif à ne pas resserrer trop vite la politique monétaire de la Fed.

Dans ses nouvelles projections médianes, la Fed anticipe donc 4 hausses cette année pour porter le taux des "fed funds" à 2,4% à la fin 2018. Puis trois autres tours de vis interviendraient en 2019 pour atteindre 3,1%, et un seul en 2020 à 3,4%. Quant à l'inflation, elle a été revue en légère hausse cette année à 2% pour l'indice "core PCE" (le plus suivi par la Fed) contre 1,9% précédemment. Cependant, pour 2019 et 2020, la Fed ne prévoit pas d'accélération des prix, avec des prévisions maintenues à 2,1% pour les deux années suivantes.

Concernant l'évolution des prix, le patron de la Fed a indiqué que la hausse des cours du pétrole allait pousser l'inflation au dessus de l'objectif de 2%, mais que ce phénomène serait "temporaire". M. Powell a ajouté qu'il ne cherchait pas à "crier victoire contre l'inflation" et a précisé que la Fed considérait que la normalisation monétaire progressive ne sera pas de nature à peser sur la croissance ni sur la bonne tenue du marché de l'emploi américain.

La Fed voit ce marché de l'emploi continuer de s'améliorer, avec un taux de chômage à 3,6% en 2018 (contre 3,8% prévu précédemment), et 3,5% en 2019 et 2020 (contre 3,6% prévu précédemment). La croissance du PIB des Etats-Unis est revu en légère hausse pour cette année (2,8% au lieu de 2,7%) mais pour les deux années suivantes, la Fed a maintenu ses prévisions précédentes (2,4% en 2019 et 2,2% en 2020).

Dans son communiqué, la Fed a retiré la mention selon laquelle les taux resteraient "durablement" en dessous de leur tendance à long terme. La Fed parle désormais de "futures hausses graduelles" au lieu d'évoquer des "ajustements" de ses taux. Les responsables de la banque centrale ont aussi signalé que les "indicateurs d'inflation à plus long terme sont peu modifiés".

La politique fiscale de Trump va constituer un "soutien significatif" pour la demande sur les trois prochaines années, a aussi estimé le patron de la Fed. Pour l'instant il n'y a pas d'impact négatif visible des disputes commerciales dans les statistiques économiques, a ajouté M. Powell. Il a refusé de commenter les tensions commerciales qui agitent le G7 après l'échec du sommet tenu la semaine dernière au Canada.

Par ailleurs, Jerome Powell a annoncé une amélioration de la communication de la Fed par l'instauration d'une conférence de presse après chaque réunion, c'est à dire 8 fois par an, et ce à partir de janvier 2019. Jusqu'ici le président ne s'exprimait que quatre fois par an, soit une fois sur deux après les réunions de la banque centrale. En outre, le patron de la Fed est entendu en public plusieurs fois par an devant des commissions du Congrès américain.

Jabil, Finisar et Adobe Systems publient leurs résultats financiers trimestriels après bourse à Wall Street ce jour.

Comcast (+3%). Dans l'actualité des entreprises, les grandes manoeuvres s'accélèrent par ailleurs dans le médias américains. Après le feu vert de la justice au rachat de Time Warner par AT&T, le câblo-opérateur Comcast a lancé une offre de 65 milliards de dollars sur les actifs de 21st Century Fox (+2%), qui avaient fait déjà l'objet d'une proposition de Walt Disney.

Après la clôture de Wall Street hier soir, Comcast a ainsi proposé 65 Mds$ en numéraire pour convaincre les actionnaires de 21st Century Fox de renoncer à l'offre rivale de Walt Disney. Comcast affirme que son offre est supérieure de 19% à celle de Disney, qui s'élève à 52 Mds$.

Le patron de Comcast, Brian Roberts, s'est dit confiant d'obtenir la feu vert des autorités de la concurrence à cette opération, après l'accord donné mardi par la justice américaine au rachat de Time Warner par AT&T pour 85 Mds$. Selon des analystes, Comcast pourrait toutefois rencontrer plus de difficultés qu'AT&T, car il a possède déjà son propre réseau télévisé et son studio de cinéma au sein de sa division NBC Universal, un chevauchement qui n'existe pas dans l'opération AT&T-Time Warner.

Comcast avait en effet déjà tenté de racheter ces actifs (studios de cinéma 20 th Century Fox et plusieurs chaînes de télévision) en 2017, mais Fox lui avait préféré Disney, jugeant son offre moins risquée d'un point de vue des lois de la concurrence, même si Comcast offrait déjà davantage.

Boeing pourrait à son tour être touché pas des annulations de commandes pour son prochain gros porteur. Reuters, qui cite quatre sources au fait de la situation, croit savoir qu'Etihad Airways envisage d'annuler ou de différer sa commande de 25 bimoteurs dans le cadre de sa revue stratégique en cours. La compagnie du Golfe, qui est un des clients de lancement de l'appareil, serait même prête à verser des pénalités à Boeing pour rupture de contrat plutôt que de s'exposer à des pertes futures causées par des surcapacités.

Tailored Brands (-25%) a publié ses résultats du premier trimestre. Les bénéfices sont de 13,9 M$ (0,27$ par action), contre 1,8 M$ (0,04$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 0,50$, contre 0,27$ un an plus tôt. Les ventes progressent de 4,5% à 818 M$ (+2,1% à magasins comparables). Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,48$, pour des ventes de 794 M$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa situé entre 2,35 et 2,50$.

Gap Inc (-2%) annonce la nomination, effective le 20 juin 2018, de Neil Fiske au poste de président et CEO de la branche Gap. Neil Fiske a récemment occupé le poste de CEO chez Billabong International après avoir dirigé les sociétés Eddie Bauer et Bath and Body Works.

Michaels Companies (-17%) a dévoilé ses résultats du premier trimestre. Le résultat net ressort à 26,9 M$ (0,15$ par action), contre 72,2 M$ (0,38$ par action) un an avant. En base ajustée, le bénéfice par action s'affiche à 0,39$. Les revenus s'élèvent à 1,16 Md$, quasiment stables par rapport à l'an dernier. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,38$, pour des revenus de 1,15 Md$. A magasins comparables, les ventes montent de 0,4%, contre 0,7% de consensus. Sur l'année fiscale 2018, le groupe vise des ventes comprises entre 5,217 et 5,293 Mds$, et un bpa entre 2,19 et 2,32$.

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