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Wall Street dopé par l'espoir de négociations commerciales avec l'Europe

Wall Street dopé par l'espoir de négociations commerciales avec l'Europe
Wall Street dopé par l'espoir de négociations commerciales avec l'Europe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street, fermé hier mercredi pour 'l'Independence Day' américain (Jour de l'Indépendance), rouvre ce jeudi dans le vert. La cote américaine avait corrigé mardi soir avec les valeurs technologiques (-0,86% sur le Nasdaq et -0,54% sur le DJIA), au terme d'une séance écourtée à la veille de la fête nationale. La tendance ce jeudi est par contre positive, alors que l'administration Trump semble assouplir le ton face à l'Europe concernant la taxation des importations de voitures. Le DJIA prend actuellement 0,32% à 24.253 pts, alors que le Nasdaq s'accorde 0,36% à 7.529 pts. Le S&P500 gagne 0,3% à 2.721 pts.

L'ambassadeur américain en Allemagne a proposé aux dirigeants allemands de constructeurs automobiles que le Président Trump suspende sa menace d'imposer des prélèvements douaniers sur les voitures importées de l'Union Européenne, si le bloc lève de son côté les taxes imposées aux véhicules importés des USA. C'est du moins ce que croit savoir le journal allemand 'Handelsblatt', repris par l'agence Reuters. Trump avait auparavant menacé d'imposer des taxes de 20% sur les véhicules assemblées dans l'Union Européenne. D'après 'Handelsblatt', l'ambassadeur Richard Grenell aurait toutefois tenté de négocier l'apaisement, à l'occasion d'une réunion à Berlin avec les dirigeants de Daimler, BMW et Volkswagen (Dieter Zetsche, Harald Krueger et Herbert Diess).

Les marchés pourraient donc apprécier ce jour cette tentative de négociation, qui reste à confirmer. Actuellement, les 'tarifs' US sur les importations de voitures sont de 2,5% (25% sur les camions). L'Union Européenne impose quant à elle des prélèvements de 10% sur les voitures importées des États-Unis, rappelle l'agence Reuters. Trump a enfin sanctionné l'UE, le Canada et le Mexique avec des taxes de 25% sur l'acier et 10% sur l'aluminium, qui ont pris effet le mois dernier, après la levée des exemptions antérieures. L'Union a alors imposé des droits de 25% sur une série de biens américains (acier, aluminium, produits agricoles, bourbons, jeans, motos...).

Les tensions commerciales persistent quant à elles entre les Etats-Unis et la Chine. Les nouveaux prélèvements douaniers décidés par les USA sur 34 Mds$ de produits importés de Chine doivent entrer en vigueur demain. Les 'tarifs' douaniers chinois décidés en représailles, et portant sur un montant sensiblement équivalent de 34 Mds$ de produits importés des USA, sont également attendus dans la foulée.

Le conflit commercial entre Washington et Pékin semble s'installer dans la durée, comme en témoigne par ailleurs l'affaire Micron. Un tribunal chinois a ainsi décidé d'interdire temporairement au concepteur américain de 'puces' de commercialiser en Chine 26 produits semi-conducteurs. Le motif invoqué est la violation supposée de brevets détenus par le Taïwanais United Microelectronics Corp. (UMC). Micron a décroché mardi soir en bourse (-5,5%) sur cette nouvelle, et emporté avec lui une bonne partie de la cote technologique à Wall Street.

De son côté, le gouvernement des États-Unis entend empêcher le colosse télécom China Mobile de pénétrer sur le marché américain. Ainsi, L'opérateur chinois ne pourrait pas offrir ses services sur le territoire américain, au motif que la firme poserait un risque pour la sécurité nationale. La FCC (Federal Communications Commission) américaine pourrait donc repousser la demande de l'opérateur asiatique, qui désirait offrir des services entre les Etats-Unis et d'autres pays. C'est du moins ce que suggère la National Telecommunications and Information Administration (NTIA), agence du Département au commerce qui conseille l'administration Trump sur les politiques télécoms...

Dans ce contexte de guerre commerciale à l'échelle mondiale, les devises demeurent fluctuantes, au gré des rumeurs. L'euro s'affiche ce jeudi à 1,17$ (+0,4%). Le yuan se stabilise quant à lui après un plancher de 11 mois, de retour à 6,64 le dollar avec la Banque centrale chinoise, dont le Gouverneur a affirmé qu'il prêtait attention aux fluctuations récentes sur les marchés.

Sur le Nymex américain, le baril de brut reste haut perché, sur les 74$ pour le contrat d'août, avant le rapport hebdomadaire concernant les stocks domestiques américains. Le Brent évolue autour des 78$. L'American Petroleum Institute a dévoilé des stocks hebdomadaires US domestiques de brut en retrait de 4,5 millions de barils en comparaison de la semaine antérieure. Le rapport du jour du Département à l'énergie ne donne pas le même son de cloche, avec une progression de 1,2 million de baril des stocks domestiques US de brut sur la semaine close au 29 juin, en comparaison de la semaine antérieure. Toujours selon le rapport du DoE, les stocks d'essence ont quant à eux régressé de 1,5 MB.

D'après le rapport d'ADP concernant l'emploi privé aux États-Unis publié ce jour, les créations de postes dans le privé ressortent au nombre de 177.000 au mois de juin 2018, contre 190.000 de consensus de place et 189.000 pour la lecture révisée du mois de mai. La lecture du mois de mai 2018 a été toutefois révisée en assez nette hausse, puisqu'elle était auparavant située à 178.000.

En outre, l'étude de la firme Challenger concernant les destructions de postes annoncées par les entreprises durant le mois de juin aux USA fait ressortir 37.202 suppressions de postes, contre 31.517 licenciements dévoilés un mois plus tôt. Sur l'ensemble du second trimestre 2018, les licenciements ressortent en moyenne au nombre de 34.933 par mois, contre une moyenne mensuelle de 46.793 durant le premier trimestre.

Le Département US au Travail vient d'annoncer que les inscriptions hebdomadaires nouvelles au chômage, sur un rythme ajusté des variations saisonnières, ont augmenté de 3.000 la semaine passée pour ressortir à 231.000. Le consensus tablait sur un niveau de 225.000. La moyenne à quatre semaines atteint 224.500 pour la période terminant le 30 juin, en augmentation de 2.250 par rapport à la semaine antérieure.

L'indice PMI final des services américains pour le mois de juin 2018 est ressorti à 56,5 selon le rapport du jour, en ligne avec le consensus de place, contre 56,8 pour sa lecture du mois de mai 2018. L'indicateur reste nettement supérieur à la barre des 50, signalant par conséquent une forte expansion... L'indice PMI composite américain ajusté des variations saisonnières se situe à 56,2 en juin selon IHS Markit, contre 56,6 au mois de mai. Cet indice marque la seconde expansion la plus rapide depuis avril 2015 pour le secteur privé aux USA.

De son côté, l'ISM des services américains (dit 'non-manufacturier') a dépassé les attentes de marché au mois de juin 2018. Il s'établit ainsi à 59,1, contre 58,4 de consensus de place et 58,6 pour sa lecture antérieure. Cet indicateur ressort donc à très haut niveau, et signale une légère accélération de l'expansion de l'activité nationale dans les services le mois dernier. Ceci représente une légère contradiction avec l'indice PMI, qui montre lui un modeste ralentissement de la croissance.

Il n'y aura pas de publications financières trimestrielles notables d'entreprises cotées à Wall Street ce jour.

Fiat Chrysler Automobiles bondit de 6% à Wall Street. Le groupe a annoncé les ventes de 202.264 véhicules aux Etats-Unis durant le mois de juin 2018. Les ventes mensuelles US du groupe ressortent ainsi en augmentation de 8% par rapport à juin 2017 (187.348 véhicules). La marque Jeep enregistre ainsi un mois de juin record, avec 86.989 véhicules écoulés, contre 73.153 en juin 2017.

Le titre bénéficie par ailleurs d'une tendance très favorable au secteur automobile ce jour, du fait des espoirs de négociations entre USA et Europe sur le sujet des taxes. Ford et General Motors prennent 1% à Wall Street.

Tesla (-3%) reste sous pression à Wall Street ce jour, seule exception dans le secteur, après une chute de 7,2% mardi soir. Malgré l'atteinte de l'objectif de production du Model 3 à fin juin, les opérateurs doutent toujours de la capacité du groupe à s'inscrire durablement dans un cercle vertueux. L'objectif des 5.000 Model 3 produits en une semaine aurait d'ailleurs été atteint au prix de sacrifices importants, si l'on en croit certains médias financiers américains.

Boeing (-1%) et Embraer ont signé un protocole d'accord visant à établir une co-entreprise comprenant l'activité d'avions commerciaux et services du groupe brésilien. L'entité serait stratégiquement alignée sur les opérations de développement commercial, de production, de marketing et de services de Boeing. Selon les termes de l'accord, le groupe aéronautique américain détiendra une participation de 80% dans la coentreprise, Embraer détenant le solde.

La transaction valorise 100% de l'activité 'avions civils' d'Embraer 4,75 milliards de dollars, la part de 80% de Boeing dans la coentreprise étant valorisée 3,8 milliards de dollars. Le partenariat proposé devrait contribuer positivement au bénéfice par action de Boeing à compter de 2020 et générer des synergies de coûts annuelles avant impôts d'environ 150 M$ par an. La direction de la nouvelle entité sera aux mains des Brésiliens (président et directeur général) alors que Boeing aura le contrôle opérationnel. La société américaine estime que la transaction devrait être finalisée d'ici la fin 2019, soit entre 12 et 18 mois après l'exécution des accords définitifs.

Praxair (+3%). L'acteur japonais des gaz industriels Taiyo Nippon rachète certaines activités européennes de l'Américain Praxair pour cinq milliards d'euros. L'opération vise notamment à assurer le succès du rapprochement de l'Allemand Linde et de Praxair, dans le cadre d'une fusion de 83 Mds$ par échange de titres donnant naissance à un leader industriel dépassant Air Liquide.

Linde a promis par ailleurs d'autres cessions, afin d'obtenir l'aval de la Commission européenne pour cette fusion géante. Linde espère une finalisation du rapprochement au second semestre 2018.

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