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Wall Street dévisse, le ton monte entre Trump et la Chine

Wall Street dévisse, le ton monte entre Trump et la Chine
Wall Street dévisse, le ton monte entre Trump et la Chine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La purge se confirme à Wall Street ce jeudi, sur fond de tensions accrues entre Washington et Pékin. La trêve commerciale pourrait en effet prendre fin dès demain, et l'accord tant attendu entre les deux superpuissances semble désormais assez improbable à court terme, sauf rebondissement très inattendu. Le DJIA abandonne maintenant 1,54% à 25.566 pts, alors que le Nasdaq perd 1,63% à 7.814 pts. Le S&P500 fléchit de 1,2% à 2.844 pts... Sur le marché des change, l'indice dollar perd maintenant 0,3% à 97,1. Le baril de brut WTI abandonne pour sa part 1,3% à 61,3$ sur le Nymex.

Reprise - tendue - des négociations commerciales

La Chine se dit prête à défendre au mieux ses intérêts dans cet affrontement commercial. Le ministère chinois au Commerce, cité par Reuters, dit tout de même espérer que les États-Unis soient en mesure de résoudre les problèmes par le dialogue plutôt que par des mesures unilatérales. Ces commentaires parviennent aux marchés alors que la délégation du vice-Premier ministre Liu He doit s'entretenir aujourd'hui et demain avec les responsables américains. Gao Feng, porte-parole du ministère du Commerce, estime que l'attitude de la Chine est restée cohérente, et ajoute que le pays ne cèdera pas aux pressions, déterminé à défendre ses intérêts, mais avec l'espoir tout de même d'un compromis.

Le président américain a jugé pour sa part hier en Floride que la Chine avait 'cassé l'accord' commercial et devrait le payer par l'intermédiaire des tarifs douaniers. Sur Twitter, hier soir, Trump maintenait la pression en citant l'ex-économiste en chef de la Commission du commerce international des États-Unis, Peter Morici, selon lequel "la réalité est qu'avec les Tarifs (douaniers), l'économie a progressé plus rapidement aux Etats-Unis et bien plus lentement en Chine".

Le conflit commercial sino-américain s'éternise donc, alors que les opérateurs donnaient il y a quelques jours encore l'accord commercial pour certain. Hier, Trump tweetait encore à ce sujet sur un ton plutôt ironique : "La raison du recul de la Chine & de la tentative de renégociation de l'Accord Commercial est l'ESPOIR sincère qu'ils soient en mesure de "négocier" avec Joe Biden ou l'un des très faibles Démocrates, et de continuer ainsi à saigner les Etats-Unis (500 Milliards de dollars par an) dans les années à venir... Vous savez quoi? Cela ne se produira pas! La Chine nous a juste informés qu'ils venaient maintenant (le vice-Premier ministre) aux U.S. pour conclure un accord. Nous verrons, mais je suis très heureux des plus de 100 Milliards$ de Tarifs douaniers remplissant les coffres américains...super pour les U.S., pas bon pour la Chine!".

Un pli diplomatique adressé par Pékin serait parvenu à Washington vendredi soir "avec des passages supprimés à quasiment chaque point du projet d'accord de près de 150 pages qui devait couronner des mois de négociations commerciales", croit savoir Reuters, citant trois sources gouvernementales américaines et trois autres personnes au courant des discussions. Dans les sept chapitres du projet, la Chine aurait retiré son engagement à légiférer pour répondre aux griefs qui ont amené l'administration Trump à déclencher une guerre commerciale (vol de propriété intellectuelle et de secrets commerciaux, transfert de technologies, concurrence, accès aux marchés financiers et manipulation de sa devise), ajoute l'agence.

On comprend mieux dès lors les affirmations des dirigeants américains à propos du recul de la Chine. La suppression par Pékin de toute mention relative à une obligation législative aurait été en particulier jugée inacceptable par le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer, qui désire un cadre clair et contraignant évitant les promesses en l'air.

Trump maintient la pression

Trump a indiqué dimanche que 200 milliards de dollars de produits chinois importés, jusqu'alors soumis à des prélèvements douaniers de 10% des États-Unis, allaient être désormais taxés à 25%. La 'majoration' doit intervenir dès demain.

Le président américain a affirmé par ailleurs que 325 milliards de dollars de produits chinois importés aux États-Unis et actuellement non taxés allaient également l'être à 25%. "Pendant 10 mois, la Chine a payé aux USA des Tarifs de 25% sur 50 Milliards de Dollars de produits High Tech, et 10% sur 200 Milliards de Dollars d'autres produits", a précisé Trump sur Twitter, ajoutant que ces tarifs payés aux États-Unis n'ont eu que peu d'impact sur les coûts des produits, "essentiellement supportés par la Chine". En outre, Trump assure que ces paiements sont partiellement responsables des bons résultats économiques américains. "Les 10% seront relevés à 25% vendredi. 325 milliards de dollars de biens supplémentaires que nous envoient la Chine restent non taxés mais le seront rapidement, à un taux de 25%". "L'Accord Commercial avec la Chine reste d'actualité, mais évolue trop lentement, alors qu'ils tentent de renégocier. Non!".

Trump avait précédemment reporté la hausse des prélèvements sur ces 200 Mds$ d'importations chinoises en évoquant des négociations fructueuses.

Lundi soir, le représentant américain au commerce, Robert Lighthizer, a accusé la Chine d'être revenue sur des engagements pris plus tôt dans les négociations, sans préciser sur quels points Pékin aurait fait volte-face. Il avait alors confirmé que la taxation allait passer de 10% à 25% sur 200 Mds$ de biens chinois importés dès ce vendredi 10 mai.

Statistiques contrastées

Les statistiques américaines du jour sont assez contrastées. D'abord, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 4 mai sont ressorties au nombre de 228.000, contre 215.000 de consensus et 230.000 une semaine avant. Il s'agit donc d'une relative déception sur le front de l'emploi.

L'indice des prix américains à la production pour le mois d'avril est pour sa part ressorti en augmentation de 0,2% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus. Le 'PPI' hors alimentation et énergie affiche un gain modéré de +0,1% par rapport au mois de mars, contre +0,2% de consensus.

Pour finir, la balance commerciale américaine ressort déficitaire de 50 milliards de dollars au mois de mars 2019, alors que le consensus se situait à -50,2 Mds$. Le déficit du mois antérieur se situait à 49,3 Mds$.

Jerome Powell, président de la Fed, intervenait par ailleurs ce jour à l'occasion des remarques d'ouverture d'une conférence relative aux classes moyennes à Washington. Powell n'a pas révélé de grande surprise, dissertant notamment au sujet du travail de la Banque centrale pour... améliorer la résistance des banques face aux perturbations économiques causées par le changement climatique...

Les valeurs

Walt Disney (-1%) a publié mercredi soir après la clôture de Wall Street des bénéfices et des revenus supérieurs aux attentes pour son 2ème trimestre fiscal, malgré un accès de faiblesse du côté des studios de cinéma. Pour son deuxième trimestre fiscal (achevé fin mars), Disney a publié un bénéfice net de 5,45 milliards de dollars (3,56$ par action) pour des ventes de 14,92 Mds$, en hausse de 2,5% par rapport aux 14,55 Mds$ publiés un an plus tôt. Les analystes s'attendaient en moyenne à des ventes de 14,5 Mds$.

Les bénéfices de Disney ont été gonflés par une réévaluation comptable de près de 5 Mds$ de la valeur de ses actions Hulu, conséquence de son récent renforcement dans le service de vidéo en streaming. En excluant cet élément, ainsi que d'autres facteurs exceptionnels, le bénéfice par action ajusté s'établit à 1,61$, alors que les analystes tablaient sur 1,58$ par action. A noter que ces chiffres n'incluent pas encore les revenus d''Avengers: Endgame' mais tiennent compte de ceux de 'Captain Marvel'. Le groupe a en outre indiqué qu'il reportait la sortie de la suite d''Avatar' (acheté avec Fox studios) à décembre 2021.

Intel (-6%) chute encore à Wall Street ce jour, les brokers exprimant leur prudence suite aux prévisions de la veille. le groupe de semi-conducteurs a livré des perspectives décevantes à horizon de 3 ans. Lors d'une réunion avec des investisseurs sur son campus californien de Santa Clara, le leader des micro-processeurs a indiqué qu'il anticipait une croissance à un chiffre du bénéfice par action et du chiffre d'affaires sur les trois prochaines années. Bob Swan, le directeur général du groupe, a précisé que la stagnation des ventes de processeurs pour PC serait compensée par une croissance à deux chiffres des revenus tirés des processeurs pour les centres de données. Il a ajouté que la marge d'exploitation resterait relativement stable, à 32%, mais que la marge brute diminuerait en raison des investissements dans la technologie de fabrication de puces de 10 nanomètres (nm).

Tapestry (+11%) flambe à Wall Street ce jour, le groupe ayant dévoilé un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes de marché et des revenus améliorés, bénéficiant de la demande solide pour les produits Coach et Kate Spade. Tapestry a par ailleurs annoncé un programme de rachat d'actions d'un milliard de dollars.

Ameren (stable) a annoncé pour son premier trimestre fiscal un bénéfice de 191 millions de dollars soit 78 cents par titre, contre un consensus de 70 cents. Le groupe de St. Louis a réalisé des revenus trimestriels de 1,56 milliard de dollars. Le bénéfice annuel par action est attendu entre 3,15 et 3,35$.

CenterPoint (-3%) a réalisé sur le trimestre clos un bénéfice net de 169 millions de dollars soit 28 cents par titre. Le groupe de Houston a affiché un bpa ajusté de 46 cents à comparer à un consensus de place de 50 cents. les revenus ont totalisé 3,5 Mds$. Le bpa annuel est attendu entre 1,60 et 1,70$.

Duke Energy (-1%) a affiché sur le premier trimestre un bénéfice de 900 millions de dollars soit 1,24$ par titre, contre 1,21$ de consensus. Les revenus ont atteint 6,2 Mds$. Le bénéfice annuel par action est anticipé entre 4,80 et 5,20$.

Chevron (+2%) ne surenchérira pas sur Occidental pour le rachat d'Anadarko. Ainsi, le groupe ne relèvera pas son offre de 33 milliards de dollars sur Anadarko, qui avait annoncé en début de semaine avoir finalement préféré la proposition plus élevée du rival Occidental Petroleum. Comme indiqué dans le cadre de l'accord antérieur entre Chevron et Anadarko, le premier aura droit à une indemnité de rupture d'un milliard de dollars. Occidental a augmenté la composante cash de son offre sur Anadarko. L'offre totale se chiffre à 38 milliards de dollars.

Uber. La fixation du prix d'introduction à Wall Street du leader VTC est attendue ce jour. En attendant, des chauffeurs Uber à Londres et New York ont débuté hier une grève pour protester contre la précarité de leurs conditions de travail. Le timing n'est évidemment pas anodin, alors que la valorisation boursière initiale du groupe pourrait atteindre plus de 80 milliards de dollars. Le prix d'introduction de l'action devrait être fixé jeudi soir, en vue d'une première cotation demain sur le New York Stock Exchange. Selon le site du 'Wall Street Journal', le prix devrait être fixé au milieu de la fourchette indicative de 44$ à 50$, soit à environ 47$, voire en dessous, compte-tenu des déboires bousiers de Lyft, concurrent d'Uber.

Uber espère placer 180 millions de titres pour lever jusqu'à 9 milliards de dollars, auxquels s'ajouteront 27 millions de titres vendus par ses investisseurs existants pour un montant allant jusqu'à 1,35 Md$, soit une levée totale de 9,1 Mds$ en bas de fourchette et de 10,35 Mds$ en haut de fourchette. Uber serait valorisé entre 79 Mds$ et 90 Mds$.

Après la clôture ce soir, GoPro, Sunpower, TiVo, Yelp ou Symantec, seront notamment de la fête.

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