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Wall Street déprimé par Powell et le variant Omicron

Wall Street déprimé par Powell et le variant Omicron
Wall Street déprimé par Powell et le variant Omicron

(Boursier.com) — Après une tentative de rebond lundi, les indices boursiers américains sont repartis en baisse mardi, toujours sous le poids des craintes concernant le variant Omicron du coronavirus. Le président de la Fed Jerome Powell a ajouté à la déprime ambiante, en admettant que l'inflation ne serait pas "transitoire", et en suggérant que la banque centrale pourrait accélérer le rythme du "tapering". Le pétrole WTI replonge de 6,5%, retombant autour de 65,50$ le baril.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones perd 1,43% à 34.632 points (après +0,68% lundi et -2,53% vendredi), tandis que l'indice large S&P 500 lâche 1,35% à 4.592 pts (après +1,32% lundi et -2,27% vendredi) et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, rechute de 1,35% à 15.569 pts, après +1,88% lundi et -2,23% vendredi.

L'indice VIX de la volatilité, aussi appelé "indice de la peur", bondit de 19% à 27,34 points. Les obligations sont à nouveau recherchées comme valeurs refuge, entraînant une baisse des taux d'intérêts (-5 points de base à 1,46% pour le T-Bond à 10 ans). L'indice du dollar cède 0,2% à 96,13 pts face à un panier de devise, tandis que l'euro reprend 0,15% à 1,1307$. L'or a cédé 0,5% à 1.776,50$ l'once (contrat à terme de février sur le Comex) et le bitcoin se stabilise (+0,2% sur 24h) autour de 58.374$ sur le site Coindesk.

L'inflation n'est plus "transitoire", admet Jerome Powell !

Les investisseurs encaissent avec difficulté une série d'informations inquiétantes sur le front sanitaire et monétaire, ainsi qu'un fléchissement du moral des ménages américain en novembre selon l'enquête du Conference Board. En Europe, l'inflation a encore accéléré en novembre pour atteindre 4,9% sur un an dans la zone euro, selon des données initiales de l'institut EuroStat.

Le président de la Réserve fédérale Jerome Powell, qui s'exprimait devant la commission bancaire du Sénat, a jeté un froid en estimant que l'adjectif "transitoire" devait désormais être "retiré" lorsqu'on évoquait l'inflation... Le patron de la Fed employait jusqu'ici le terme "transitoire" pour signifier que la hausse actuelle des prix ne déboucherait pas sur une inflation élevée durable... Mais "c'est probablement le bon moment pour retirer ce mot", a-t-il admis, en réponse à la question d'un sénateur.

Powell a enchaîné en prévenant que la Fed (qui se réunira les 14 et 15 décembre) envisageait d'accélérer la réduction de son programme d'achats d'actifs du fait du niveau élevé de l'inflation. Les stratégistes de la banque d'affaires Goldman Sachs, plusieurs membres de la Fed dont Raphael Bostic, et les Minutes de la réunion de la Fed des 2 et 3 novembre avaient tous suggéré récemment que le rythme du "tapering" pourrait passer de 15 milliards de dollars par mois à 30 Mds$, ce qui permettrait de mettre fin au programme en seulement 4 mois, d'ici à la fin du 1er trimestre 2022.

L'étape suivante serait la remontée des taux directeurs de la Fed, ramenés proches de zéro en mars 2020 pour lutter contre la récession brutale provoquée par la crise du Covid-19. Avant l'émergence d'Omicron la semaine dernière, les marchés anticipaient une première hausse des taux avant juin 2022, des attentes qui pourraient être reportées à septembre si le variant provoque un ralentissement économique.

Les vaccins actuels peu efficaces contre Omicron ?

Pour l'instant, le spectre de ce nouveau variant, qui pourrait résister aux vaccins actuels, ne fait que renforcer les craintes d'une aggravation des problèmes de chaîne d'approvisionnement et de pénuries, des facteurs alimentant la hausse des prix qui a fortement accéléré depuis la pandémie. Un élément est toutefois susceptible de freiner l'inflation, la baisse des cours du pétrole, qui ont abandonné environ 15% depuis vendredi dernier.

Concernant le variant Omicron, le patron du laboratoire Moderna (-4%), Stéphane Bancel, a semé un petit vent de panique en affirmant dans un entretien avec le 'Financial Times' que les vaccins actuels ne seront sans doute pas aussi efficaces contre ce variant, qui présente de nombreuses mutations sur sa protéine "Spike"... Il est "probablement impossible que l'efficacité des vaccins face au nouveau variant soit au même niveau que celle observée par exemple face au variant Delta", a estimé le patron de Moderna, qui s'attend à une baisse significative de l'efficacité des vaccins. "Je ne connais pas son ampleur parce que nous devons attendre les données", a-t-il indiqué.

Course à la mise au point d'un vaccin adapté

Plus tôt lundi, Stéphane Bancel avait précisé sur 'CNBC' qu'il faudrait peut-être "plusieurs mois" pour mettre au point un vaccin efficace contre ce variant. De leur côté, Pfizer et BioNTech ont indiqué vendredi qu'il leur faudrait 15 jours pour connaître le degré d'efficacité de leur vaccin face à Omicron. Ils travaillent déjà à la mise au point d'un vaccin adapté et estiment être en mesure de le produire en moins de 100 jours, soit un peu plus de 3 mois. Pfizer a déjà créé par le passé deux nouvelles versions de son vaccin en moins de cent jours, contre les variants Delta et Beta, qui n'ont finalement pas été utilisées.

Le directeur général de Pfizer, Albert Bourla, interviewé sur la chaîne 'CNBC' a aussi exprimé sa confiance dans la pilule de traitement du Covid mise au point par Pfizer. Il faudra néanmoins quelques semaines pour obtenir une image plus claire de la transmissibilité et de la gravité d'Omicron, alors que les médecins sud-africains ont décrit jusqu'à présent une maladie plus bénigne que les précédentes versions du Covid.

L'Université d'Oxford s'est montré un peu plus optimiste que Moderna, estimant mardi qu'il n'y a aucune preuve que les vaccins ne seront pas efficaces contre ce nouveau variant détecté en Afrique du Sud. "Malgré l'apparition de nouveaux variants au cours de l'année écoulée, les vaccins ont continué à fournir des niveaux très élevés de protection contre les formes graves de la maladie, et il n'y a aucune preuve que que le scénario soit différent avec Omicron", a affirmé l'université dans une déclaration.

Le moral des ménages américains pique du nez

Enfin, le président américain Joe Biden a exclu lundi soir de mettre en place de nouveaux confinements cet hiver en réponse aux risques concernant le variant Omicron. Le facteur le plus important dans la lutte contre Omicron reste la vaccination selon le président américain. Les Centres de Prévention des maladies (CDC) américains recommandent désormais à tous les Américains de plus de 18 ans de faire une dose de rappel.

Sur le front macro-économique ce mardi aux Etats-Unis, les marchés ont notamment pris connaissance d'une baisse de l'indice de confiance des consommateurs américains établi par le Conference Board. L'indice s'est ainsi établi à 109,5 en novembre, contre 110,3 de consensus et après 111,6 en octobre. L'indice revient au plus bas depuis 9 mois. Rappelons que l'autre indice mesurant le moral des ménages, calculé par l'Université du Michigan, a chuté en novembre au plus bas depuis 10 ans, les Américains s'inquiétant de plus en plus de l'inflation.

Dans l'immobilier, la hausse des prix a légèrement ralenti en septembre aux Etats-Unis. Selon la Federal Housing Finance Agency (FHFA), les prix des maisons ont augmenté de 0,9% en septembre sur un mois, un peu moins que les attentes du consensus (+1%). Sur un an, les prix ont bondi de 17,7%. Par ailleurs, l'indice S&P Case-Shiller '20-City' a grimpé de 19,1% en septembre sur un an (+1,2% sur un mois), là aussi un peu moins que prévu.

Enfin, l'indice PMI de Chicago du mois de novembre 2021 est ressorti à 61,8, contre 68 de consensus de marché et 68,4 un mois auparavant.

Le principal indicateur "macro" de la semaine sera le rapport sur l'emploi en novembre aux Etats-Unis, attendu vendredi. Le consensus des économistes table sur 550.000 créations d'emplois, après 531.000 en octobre, et sur un taux de chômage de 4,5% en léger recul par rapport à octobre (4,6%).

VALEURS A SUIVRE

Moderna (-4%) corrige, après avoir bondi de plus de 30% sur les 2 séances précédentes. Le patron du laboratoire américain Stéphane Bancel a jugé qu'il était peu probable que les vaccins contre le Covid-19 actuellement disponibles s'avèrent aussi efficaces contre Omicron que contre les précédentes souches. Dans un entretien avec le 'Financial Times', il a précisé s'attendre à une baisse significative de l'efficacité des vaccins. "Je ne connais pas son ampleur parce que nous devons attendre les données", a-t-il précisé.

Pfizer (+2,9%) et BioNTech (-2%) devraient demander à la FDA d'autoriser le rappel du vaccin contre le coronavirus pour les 16 et 17 ans, indique le Washington Post. Des personnes familières avec la situation ont déclaré au 'WaPo' que les entreprises devraient demander l'autorisation de la FDA dans les prochains jours, les régulateurs devant approuver rapidement. Une source indique au journal que des données récentes d'Israël sur la sécurité des injections de rappel ont rassuré davantage les régulateurs fédéraux quant à l'autorisation de doses supplémentaires pour les 16 et 17 ans, car les études israéliennes ont montré que la myocardite était un effet secondaire rare et que les cas survenant auraient tendance à être bénins.

Regeneron (-1,6%) a annoncé que son cocktail d'anticorps contre le covid et d'autres traitements similaires pourraient être moins efficaces contre le variant.

UnitedHealth (-1,5%), le groupe américain d'assurance et de soins de santé, a annoncé lundi soir qu'il prévoyait un chiffre d'affaires d'environ 287 milliards de dollars pour 2021 et un bénéfice ajusté par action compris entre 18,75 et 18,90 dollars par action. La société a également dévoilé ses perspectives 2022, visant des revenus compris entre 317 et 320 milliards de dollars, et un bénéfice par action ajusté entre 21,10 et 21,60 dollars. Les flux de trésorerie liés aux opérations devraient osciller entre 23 et 24 milliards de dollars l'année prochaine, a indiqué la société. Le consensus 2021 était de 18,85$ de bpa ajusté pour 286 milliards de facturations. Pour 2022, il était de 21,65$ de bpa hors éléments et 312 milliards de dollars de recettes.

Tesla (-0,57%). Elon Musk fait part des difficultés rencontrées au niveau de la chaîne d'approvisionnement pour produire son Cybertruck, pick-up électrique pour lequel le groupe revendique des centaines de milliers de commandes.

Amazon (-1,4%). La progression des ventes en ligne aux Etats-Unis pour le Cyber Monday pourrait avoir ralenti cette année au regard des tensions sur les chaînes d'approvisionnement, selon l'Adobe Digital Economy Index, qui table pour cette journée de promotions sur des ventes comprises entre 10,4 et 11,1 milliards de dollars, contre 10,8 milliards en 2020.

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