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Wall Street déprimé par le commerce et l'économie

Wall Street déprimé par le commerce et l'économie
Wall Street déprimé par le commerce et l'économie
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide pour débuter la semaine, avec le retour des craintes sur le commerce à quelques jours de la reprise des négociations sino-américaines à Washington. Le S&P500 est orienté en retrait de 0,11% à 2.949 pts et le DJIA en déclin de 0,16% à 26.532 pts. Le Nasdaq grappille 0,04% à 7.986 pts. L'indice dollar se stabilise à 98,8. Le baril de brut WTI avance de 1,8% à 53,8$, alors que le Brent de la mer du Nord s'adjuge 1,7% à 59,4$.

Les opérateurs doutent donc maintenant de la volonté réelle de la Chine de parvenir à un accord commercial global avec les États-Unis, après des mois d'un rude affrontement par 'tarifs' douaniers interposés. L'éventail des sujets que les négociateurs chinois seraient susceptibles d'aborder dans les discussions qui doivent reprendre cette semaine se serait réduit considérablement, selon des hauts représentants chinois cités par Bloomberg.

Le vice-Premier ministre chinois Liu He, principal négociateur commercial de Pékin, aurait précisé à des responsables américains en visite en Chine son intention de présenter une offre ne comprenant aucun engagement de réforme de la politique industrielle chinoise, selon Bloomberg. Les négociateurs doivent se rencontrer à Washington jeudi et vendredi pour un nouveau volet de discussions.

UBS, prenant pour hypothèse l'application de l'ensemble des droits de douane jusqu'à présent annoncés, relève qu'à la mi-décembre, la quasi-totalité des importations provenant de la Chine seront soumises aux 'tarifs'. L'établissement financier attend de ce fait un ralentissement important de la croissance au premier semestre 2020 "avec des risques élevés de récession"... La National Association for Business Economics, dans une étude dévoilée ce lundi, table pour sa part sur un ralentissement de la croissance américaine à +1,8% l'an prochain, ce qui marquerait la première année de croissance inférieure à 2% sous la présidence Trump.

Sur le front économique outre-Atlantique, les chiffres du crédit américain à la consommation du mois d'août 2019 sont attendus à 21h ce soir (consensus +18,2 Mds$).

Neel Kashkari, président de la Fed de Minneapolis, a avoué ce jour qu'il ignorait de combien la Fed devait baisser ses taux, mais c'est surtout le patron de la Fed Jerome Powell qui retiendra l'attention à l'occasion d'une intervention à Salt Lake City, Utah. Rien ne dit toutefois que Powell donnera de nouveaux indices à l'occasion de ce qui doit constituer de "brèves remarques" - à suivre à 19 heures.

La multiplication des signes de ralentissement économique a renforcé ces derniers jours les spéculations sur une nouvelle baisse des taux de la Fed le 30 octobre. Selon le baromètre FedWatch du CME Group, les chances d'un abaissement d'un quart de point sont désormais de 75,4%. Elles ont tout de même légèrement diminué vendredi suite au rapport sur l'emploi. Le taux des fed funds serait alors ramené entre 1,50% et 1,75%, après la baisse d'un quart de point le 18 septembre et celle d'un quart de point de juillet. Les marchés envisagent par ailleurs une possible 2ème baisse d'ici à la fin de l'année. La probabilité est ainsi de 37,8% d'un retour à 1,25%-1,50% à l'issue de la réunion des 10 et 11 décembre - contre 49,9% de 'proba' d'une fourchette de 1,50-1,75%.

Dans l'affaire ukrainienne cette fois, Trump accuse désormais Nancy Pelosi de trahison. Le président américain a attaqué de manière virulente dimanche soir la présidente démocrate de la Chambre des représentants, estimant qu'elle pourrait être coupable de trahison pour avoir pris connaissance d'une déclaration d'un représentant démocrate que Trump juge frauduleuse, relate Reuters. Sur Twitter, Trump a affirmé que "Nancy Pelosi savait tout des nombreux mensonges et des fraudes massives perpétrées devant le Congrès et le peuple américain" par Adam Schiff, président démocrate de la commission du renseignement de la Chambre des représentants, enquêtant dans le cadre de la procédure initiée contre Trump en vue d'une possible destitution. Le leader américain avait auparavant accusé Schiff de trahison.

"Cela rend Nancy la Nerveuse tout aussi coupable que Petit Adam Schiff de Crimes Graves et Méfaits, et même de Trahison. Je suppose que cela signifie qu'ils doivent, ainsi que tous ceux qui ont fait une collusion diabolique avec eux, être immédiatement mis en accusation!", a ajouté Trump.

Trois commissions de la Chambre des représentants aux mains des démocrates ont assigné la Maison blanche afin d'obtenir d'elle des documents concernant la conversation téléphonique de juillet dernier entre Trump et son homologue ukrainien Volodomir Zelenski, précise Reuters, alors qu'un second lanceur d'alerte serait prêt à témoigner sur une tentative de Trump de convaincre Zelenski d'enquêter sur Joe Biden, rival potentiel de Trump (favori de la primaire démocrate) pour l'élection présidentielle de novembre 2020, et sur son fils Hunter Biden.

Le leader de la Maison blanche ironise encore sur Twitter, constatant que "le lanceur d'alerte partisan" s'est trompé dans ses affirmations à propos de sa conversation avec le président ukrainien. "Pas de pression", assure Trump, qui ne s'étonne donc pas qu'un nouveau lanceur d'alerte soit aussitôt ramené...

Trump a par ailleurs tourné à son avantage les derniers chiffres pourtant mitigés de l'emploi américain du mois de septembre. "Le Taux de Chômage vient juste de baisser à 3,5%, son plus bas niveau en plus de 50 ans. Est-ce un événement 'destituant' pour votre Président?"

En Europe, les commandes à l'industrie allemande, ajustées des variations saisonnières, des prix et des effets calendaires, ont à nouveau reculé de 0,6% en août après avoir chuté de 2,1% le mois précédent. Le marché tablait sur un repli limité à 0,3%. Les commandes intérieures ont diminué de 2,6% alors que celles provenant de l'international ont augmenté de 0,9%, précise l'Office fédéral de la statistique. En glissement annuel, les commandes affichent un plongeon de 6,7% contre -6,4% de consensus.

L'indice Sentix de confiance des investisseurs européens est tombé à -16,8 pour le mois d'octobre 2019, alors que le consensus des économistes de la place se situait plutôt à -12,9. Ainsi, le moral des investisseurs de la zone euro est revenu en octobre au plus bas de six ans, malgré le soutien indéfectible des banquiers centraux. Miné par les craintes de récession, l'indicateur du groupe de recherche Sentix a donc décroché à -16,8, au plus bas depuis 2013, contre -11,1 au mois de septembre. L'évaluation de la situation actuelle a corrigé nettement à -15,5 contre -9,5, au plus bas de cinq ans. La composante des anticipations économiques a corrigé à -18 en octobre contre -12,8 en septembre. "Il n'y a pas eu de réaction positive aux mesures de soutien prises par les banques centrales", a résumé Patrick Hussy, managing director de Sentix.

Sur le front du Brexit, une cour écossaise de justice a débouté selon Reuters des militants qui lui demandaient d'ordonner à Boris Johnson de demander un report du Brexit s'il ne trouve aucun accord de divorce avec l'UE d'ici au 19 octobre. Selon l'avocat impliqué dans l'affaire, les plaignants vont faire appel. Le gouvernement britannique entend respecter la loi le contraignant à demander un nouveau report s'il ne parvient pas à un accord avec Bruxelles avant le 31 octobre, a affirmé de son côté le secrétaire au Brexit Stephen Barclay.

Les valeurs

PayPal (-1%) se retire du groupement associé au projet de monnaie numérique Libra du géant des réseaux sociaux Facebook (stable).

General Electric (stable). Le colosse industriel et financier américain a fait état du gel du plan de retraites d'environ 20.000 salariés aux USA dans le cadre de ses projets de désendettement.

General Motors (-1%). L'UAW (United Auto Workers) a repoussé les propositions de GM. Les 48.000 membres du syndicat automobile sont en grève depuis près d'un mois, suite à l'échec des pourparlers avec le management sur des questions diverses, allant des rémunérations à la santé.

Uber Technologies (+3%), géant des VTC, bénéficie ce jour en bourse d'un conseil rehaussé à l'achat de Citigroup.

Dish Network (+1%). Les clients du groupe de TV par satellite peuvent capter les chaînes de la FOX. Un accord pluriannuel vient d'être scellé entre les deux firmes.

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