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Wall Street décroche, craintes de ralentissement global

Wall Street décroche, craintes de ralentissement global
Wall Street décroche, craintes de ralentissement global
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street est attendu en forte baisse avant bourse ce mercredi 2 janvier, pour cette première séance de l'année 2019. Ainsi, le S&P500 retombe de 1,6% et le Nasdaq de 2% en pré-séance, suite notamment à l'annonce de faibles chiffres de l'activité industrielle chinoise. La cote américaine, qui a affiché en 2018 sa pire année depuis la crise financière récente, semble donc vouloir saisir le moindre prétexte pour poursuivre sur sa tendance baissière, jouant en particulier un ralentissement économique global.

La Chine peine

Une étude du secteur privé chinois a montré une première contraction de l'activité manufacturière de la seconde économie mondiale en 19 mois. Ainsi, l'indice Markit PMI manufacturier chinois du mois de décembre 2018 est tombé à 49,7, contre 50,2 en novembre. Un niveau inférieur à 50 indique une régression de l'activité. Ces chiffres font suite à des données officielles déjà faibles concernant la production des usines, ce qui accrédite donc la thèse d'un ralentissement conséquent de l'économie chinoise... Néanmoins, on peut s'étonner de l'ampleur de la réaction des marchés financiers, alors que ce ralentissement était facile à anticiper compte tenu de la férocité de la guerre commerciale sino-américaine des derniers mois.

Progrès en cours ?

Le Président américain Donald Trump avait pourtant fait preuve d'optimisme ces derniers jours concernant les négociations commerciales avec la Chine. "Je viens juste d'avoir une longue et très bonne conversation téléphonique avec le Président Xi de Chine. L'accord avance très bien. S'il est réalisé, il sera très complet et couvrira tous les sujets, domaines et points de litige. Gros progrès en cours!", avait ainsi tweeté Trump le week-end dernier.

Pékin a d'ailleurs ouvert la semaine dernière pour la toute première fois la porte aux importations de riz en provenance des Etat-Unis ! Le feu vert des douanes chinoises a été confirmé vendredi par un communiqué publié sur leur site. Évidemment, rien ne dit que ces quantités de riz américain importé soient extraordinaires, mais la décision constitue un nouveau signal d'apaisement des tensions commerciales entre les deux superpuissances.

Les Etats-Unis et la Chine ont prévu des discussions en janvier, suite à la trêve de 90 jours conclue début décembre à Buenos Aires entre Donald Trump et Xi Jinping.

Les médias chinois se sont montrés plus modérés que Trump au sujet des discussions actuelles. D'après eux, Xi espère tout de même un accord mutuellement bénéfique... Le 'Wall Street Journal' rapporte pour sa part que la Maison Blanche presse la Chine, afin d'obtenir plus de détails sur la manière dont elle pourrait soutenir les exportations américaines ou assouplir ses régulations.

Dans le même temps, les statistiques économiques chinoises les plus récentes confirment donc le franc ralentissement économique en cours.

Xi maintient le cap

Le rythme des réformes devrait ressortir soutenu en Chine l'an prochain, a fait quant à lui savoir lundi le président Xi Jinping, s'engageant à ouvrir davantage le pays dans un discours relayé par les médias locaux à l'occasion des voeux de Nouvel An. Xi a donc assuré que la Chine allait persister sur la voie de la réforme et de l'ouverture. Il n'a toutefois pas évoqué l'affrontement commercial avec les États-Unis. Pour le dirigeant chinois, 2019 devrait apporter des opportunités et des défis... Pour l'instant, le marché a tendance à considérer surtout les défis !

Pétrole en berne

Les cours du brut poursuivent leur décrue. Le baril de brut WTI pour février abandonne encore 1,7% ce mercredi à 44,6$, alors que le baril de Brent cède 1,2% à 53$. Les craintes liées au ralentissement économique et à la surabondance de l'offre pèsent toujours sur les cours, malgré l'engagement de l'OPEP et de ses alliés à ajuster la production...

Donald Trump se réjouit encore, sur Twitter, de cette chute des prix du pétrole. "Est-ce que vous pensez que c'est juste de la chance que les prix de l'essence soient si bas, et chutent? L'essence à bas prix est comme une autre Réduction d'Impôt!", s'enthousiasme encore le Président américain. "Les prix de l'essence sont bas et sont attendus en baisse cette année. Cela serait bien!", a aussi glissé Trump.

Et le shutdown dans tout ça ?

Le shutdown administratif partiel se poursuit quant à lui outre-Atlantique, et ce depuis le 22 décembre, alors que Trump n'est pas parvenu à s'accorder avec le Congrès concernant le financement (de 5 milliards de dollars) de son mur à la frontière avec le Mexique. Le Président américain insistait encore hier sur Twitter, afin de convaincre les Démocrates et la nouvelle Présidente de la chambre ('house speaker') Nancy Pelosi.

"Le Mexique paie déjà pour le Mur à travers le nouvel Accord Commercial USMCA. La majeure partie du Mur a déjà été entièrement rénovée ou construite. Nous avons beaucoup travaillé. Les 5,6 Milliards de Dollars que la Chambre a approuvés représentent peu en comparaison des bénéfices en matière de Sécurité Nationale. Retour rapide sur investissement!", a aussi précisé Trump sur Twitter.

PMI américain surveillé

Sur le front économique aux Etats-Unis, l'indice Markit PMI manufacturier américain final du mois de décembre sera révélé à 15h45 (consensus 53,9, contre 55,3 pour sa lecture de novembre et 53,9 pour la lecture flash de décembre)... Il sera assez suivi, après la déception du PMI chinois et des indicateurs européens par ailleurs sans grand relief.

Du fait du shutdown, les dépenses américaines de construction et les ventes de véhicules seront annoncées demain jeudi. Les chiffres de l'emploi américain de Challenger et d'ADP seront également communiqués demain, tout comme les inscriptions au chômage et l'ISM manufacturier.

Il n'y aura en revanche pas de publications trimestrielles notables ce jour à Wall Street, du moins en dehors des ventes trimestrielles de Tesla.

Tesla s'effondre de 8% à Wall Street, après des chiffres décevants pour le quatrième trimestre. Ainsi, le groupe d'Elon Musk a révélé des ventes unitaires logées à 90.700 véhicules pour le trimestre clos, en croissance à un chiffre de 8% en comparaison du trimestre antérieur, à comparer à un consensus de place de 92.000 environ. Les livraisons du Model 3 'grand public' ont grimpé de 13% sur le quatrième trimestre (par rapport au trimestre précédent), à 63.150 unités. 13.500 Model S et 14.050 Model X ont par ailleurs été livrés.

Tesla préfère constater pour sa part que les livraisons et la production T4 sont ressorties sur un rythme d'environ 1.000 véhicules par jour, ce qui représente un nouveau record pour la compagnie. La production du quatrième trimestre a représenté 86.555 véhicules, en croissance de 8% en comparaison du précédent record établi au troisième trimestre, ce total comprenant 61.394 Model 3 - en ligne avec la guidance du groupe et en progression de 15% séquentiellement. Le groupe californien a par ailleurs produit 25.161 Model S et X sur la période close, en ligne avec l'objectif de long terme d'un rythme de 100.000 véhicules annuels.

Le groupe dit prendre des mesures pour absorber partiellement la réduction du crédit d'impôt fédéral sur les véhicules électriques (qui est passé de 7.500$ à 3.750$ aux USA au 1er janvier). "À compter d'aujourd'hui, nous réduirons de 2.000$ le prix des véhicules des modèles S, X et 3 aux États-Unis. Les clients peuvent demander à bénéficier du crédit d'impôt fédéral de 3.750$ pour les nouvelles livraisons à compter du 1er janvier 2019, ainsi que de plusieurs incitations nationales et locales allant jusqu'à 4.000$ pour les véhicules électriques", souligne encore le groupe. Si l'on combine ces avantages restants aux coûts réduits d'entretien et de recharge d'une Tesla par rapport au paiement de l'essence à la pompe, "nos véhicules sont bien plus abordables que les véhicules à essence de même prix", dit encore Tesla.

Apple perd 2% avant bourse ce mercredi à environ 155$ à Wall Street, pour une capitalisation boursière retombée sous les 750 milliards de dollars. Le groupe à la pomme est devancé désormais par Microsoft de ce point de vue, le géant software capitalisant près de 780 milliards de dollars... Le cours du groupe californien de Cupertino avait perdu 7% environ sur l'année 2018, du fait essentiellement des craintes de ralentissement de la demande.

Citi Research va également dans ce sens, puisque le broker vient d'abaisser ses estimations de production d'iPhones pour le premier trimestre. D'après une note relayée en début de semaine par Reuters, Citi a même pratiquement divisé par deux ses anticipations relatives au modèle le plus onéreux (avec un prix de départ de 1.099$), l'iPhone XS Max. Le courtier évoque une phase de déstockage affectant la supply chain. L'analyste William Yang estime qu'Apple devrait produire 45 millions d'iPhones durant le trimestre, alors que son évaluation antérieure était de 50 millions d'unités. L'ajustement en baisse provient donc surtout de l'iPhone XS Max (-48%)... Il s'agit donc d'un nouveau coup dur pour l'ex-première capitalisation mondiale, qui souffre ces derniers mois en bourse, victime des craintes de ralentissement de la demande dans un contexte de guerre commerciale sino-américaine.

Le titre Microsoft, lui aussi assez actif avant bourse, perd 2%. Parmi les plus fortes baisses du Dow Jones, en pré-séance, Intel cède 3% et Cisco 3% également.

Wells Fargo est sous surveillance, la banque ayant accepté un règlement de 575 millions de dollars avec les Etats américains, afin de mettre un terme aux accusations de violations des lois de protection des consommateurs. RBC Capital, cité par Reuters, juge que la banque n'en a pas fini avec les problèmes judiciaires, mais estime que ces difficultés sont désormais intégrées dans la valorisation. Ainsi, le courtier rehausse sa recommandation à 'performance du secteur' sur Wells Fargo.

Estée Lauder profite ce jour d'une recommandation de Citigroup, qui vient de rehausser son conseil à l'achat en tablant sur une amélioration du consensus de bénéfices.

Activision Blizzard perd son directeur financier, qui part chez Netflix. Activision a présenté la chose comme un licenciement en raison d'une incartade aux obligations légales, le nouveau 'Daf' Dennis Durkin étant le chief corporate officer de l'éditeur de jeux vidéos. Spencer Neumann, le directeur financier sortant, s'en tire plutôt bien, puisqu'il rejoint la 'star' du streaming Netflix, remplaçant David Wells selon les informations de Reuters.

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