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Wall Street décroche après le PIB, Trump plombe les marchés

Wall Street décroche après le PIB, Trump plombe les marchés
Wall Street décroche après le PIB, Trump plombe les marchés
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine corrige désormais ce jeudi, après une séance verte hier (+0,61% sur le DJIA et +1,35% sur le Nasdaq). Le DJIA abandonne 1,76% à 26.072 pts, alors que le S&P500 cède 1,34% à 3.215 pts et que le Nasdaq chute de 0,86% à 10.453 pts. Le baril de brut WTI abandonne 4,3% sur le Nymex à 39,5$. L'once d'or recule de 0,9% à 1.936$.

Donald Trump a semé le trouble sur Twitter il y a quelques instants en évoquant... un report de l'élection présidentielle ! Le leader américain s'inquiète en effet des risques de fraude qui seraient liés à l'épidémie actuelle du nouveau coronavirus. "Avec le vote par correspondance (...), 2020 sera l'Election la plus INEXACTE & FRAUDULEUSE de l'histoire", s'est ému l'actuel locataire de la Maison blanche. "Ce sera une véritable honte pour les Etats-Unis. Reporter l'Election jusqu'à ce que les gens puissent voter normalement, en toute sécurité et de manière sûre???"

Les annonces de la Réserve fédérale hier mercredi n'ont pas vraiment surpris, la Banque ayant comme attendu réaffirmé son engagement à soutenir l'économie face au coronavirus. La Fed a maintenu ses taux proches de zéro et indiqué qu'elle n'allait pas modifier l'objectif de taux des 'fed funds' tant que l'économie ne serait pas stabilisée. Jerome Powell, dirigeant de la Fed, a évoqué des perspectives économiques très incertaines et estimé qu'il faudrait encore un soutien monétaire et budgétaire prolongé.

Par ailleurs, à Washington, les législateurs peinent à s'entendre sur un nouveau plan de relance, alors même que des mesures exceptionnelles d'indemnisation dont bénéficient des millions d'Américains au chômage expirent en fin de semaine.

Le PIB américain du second trimestre 2020 a chuté d'un tiers. Ainsi, d'après le rapport gouvernemental du jour, l'économie américaine a décroché de 32,9% en rythme annualisé, pour le second trimestre, mais le consensus était encore plus pessimiste, à -35%. Cette lecture avancée (première des trois estimations) est donc meilleure que prévu ! Les dépenses réelles de consommation ont dévissé de 34,6% sur le deuxième trimestre, contre -33% de consensus de marché. La contraction de l'économie américaine était ressortie à 5% sur le premier trimestre, avec une baisse de 6,8% des dépenses de consommation.

La progression hebdomadaire du nombre de chômeurs s'est maintenue au-dessus de la barre du million aux Etats-Unis, et ce pour la dix-neuvième semaine consécutive. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 25 juillet, que les inscriptions au chômage ont atteint 1,434 million, en hausse de 12.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,422 million. Elles ressortent légèrement inférieures aux attentes puisque le consensus était positionné à 1,445 million. La moyenne à quatre semaines s'établit à 1,369 million, en hausse de 6.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 18 juillet s'établit à 17,018 millions, en hausse de 867.000 sur sept jours.

Avant que le coronavirus ne plombe l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

En Europe cette fois, le PIB allemand s'est lui contracté de 10,1% au deuxième trimestre, du jamais vu depuis 1970. Le consensus était de -9%. Le taux de chômage européen est ressorti à 7,8% contre 7,7% de consensus. Celui de l'Italie s'est creusé à 8,8% contre 8,5% de consensus.

L'épidémie du nouveau coronavirus ne faiblit pas. Ainsi, selon l'Université Johns Hopkins ce jeudi, le nombre de cas confirmés dans le monde se monte désormais à 17,06 millions, dont 4,43 millions aux USA, 2,55 millions au Brésil et 1,58 million en Inde. La Russie dénombre 832.993 cas confirmés, l'Afrique du Sud 471.123 et le Mexique 408.449. La pandémie a fait 667.935 morts dans le monde, dont 150.733 aux Etats-Unis, 90.134 au Brésil, 46.046 au Royaume-Uni et 45.361 au Mexique.

Un décompte Reuters confirme le triste bilan américain à plus de 150.000 décès. Au moins 1.461 décès supplémentaires ont été recensés hier, un record depuis le 27 mai. 62.000 nouveaux cas de contamination ont été confirmés aux Etats-Unis. Le nombre de décès aux Etats-Unis s'est alourdi de 10.000 au cours des onze derniers jours, rythme sans équivalent en deux mois. Le Texas, qui compte 420.000 contaminations confirmées depuis le début de l'épidémie, a fait état de près de 4.300 morts ce mois-ci, contre 2.900 pour la Floride et 2.700 en Californie. Par ailleurs, les nouvelles infections en Arizona, en Californie, au Texas et en Floride ont provoqué une surcharge des hôpitaux et contraint les autorités à faire machine arrière sur la question du déconfinement. La Californie a fait état hier de plus de 11.600 cas supplémentaires, pour un total de plus de 485.000...

Le Royaume-Uni est par ailleurs préoccupé par une seconde vague potentielle de contaminations en Europe, et entend prendre les mesures de quarantaine nécessaires, a prévenu ce jour le ministre de la Santé britannique. "Cette seconde vague m'inquiète", a indiqué Matt Hancock sur Sky News, préoccupé par l'augmentation du nombre de cas, notamment en Espagne. Le ministère espagnol de la Santé a fait état mercredi de 1.153 cas supplémentaires en 24 heures. La France a recensé pour sa part 1.392 nouveaux cas en 24 heures, une hausse inédite en plus d'un mois, a annoncé mercredi Santé publique France.

D'après les données du ministère de la Santé, le Brésil a enregistré 69.074 nouveaux cas et 1.595 décès supplémentaires au cours des vingt-quatre dernières heures, un record. Le bilan de l'épidémie dépasse les 2,5 millions de cas, et 90.134 décès ont été recensés au total. Le Brésil a pourtant autorisé mercredi la réouverture des liaisons aériennes internationales aux touristes, qui étaient suspendues depuis mars...

La Chine a enfin recensé 105 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, un record quotidien depuis trois mois et demi, ont rapporté les autorités sanitaires locales. 96 cas ont été signalés dans la province de Xinjiang, dans l'ouest du pays, où sont apparus de nouveaux foyers d'infection, selon la Commission nationale de la santé. Un cas a été recensé à Pékin... Selon les données officielles, 84.165 cas de contamination ont été confirmés en Chine continentale depuis l'apparition de l'épidémie, qui aurait causé 4.634 morts dans le pays. Aucun décès supplémentaire n'a été annoncé ce jour.

Des parlementaires accusent les Gafa d'écraser la concurrence. Google (Alphabet) et Facebook ont ainsi été attaqués par des élus républicains et démocrates pour leur abus supposé de position dominante au cours d'une audition devant une commission parlementaire hier mercredi. Le président de la commission de la Chambre des représentants chargée de la concurrence a affirmé que les dirigeants des Gafa avaient admis des comportements préoccupants. Mark Zuckerberg de Facebook, Jeff Bezos (Amazon), Sundar Pichai (Alphabet - Google) et Tim Cook (patron d'Apple) ont fait face aux accusations. La commission doit publier prochainement son rapport détaillant les accusations et les recommandations sur des moyens de contrôler le pouvoir des géants technologiques.

Qualcomm a annoncé hier soir des prévisions trimestrielles supérieures aux attentes de marché. Les opérateurs suivront par ailleurs ce jeudi les comptes trimestriels des fameux Gafa, Apple, Amazon, Alphabet et Facebook.

Les valeurs

Procter & Gamble (+2%), le colosse américain des produits de consommation, devrait atteindre un record boursier à Wall Street ce jour suite à une publication financière de qualité. Les profits trimestriels et les ventes ont donc battu le consensus. Le groupe livre par ailleurs des perspectives rassurantes.

Pour le quatrième trimestre fiscal, clos en juin, le bénéfice par action a représenté 1,16$, en croissance de 5% en glissement annuel et supérieur de 15 cents au consensus. Les revenus du groupe se sont améliorés de 3,5% à 17,7 milliards de dollars, contre un consensus de 17 milliards. Pour l'exercice 2021, Procter & Gamble envisage une croissance organique allant de 2 à 4%, ainsi qu'une croissance du bénéfice ajusté par action allant de 3 à 7% en comparaison d'un niveau de 5,12$ en 2020.

Qualcomm (+12%) bondit à Wall Street. Le groupe table sur des revenus du quatrième trimestre largement supérieurs aux attentes, avec les 'puces' pour appareils 5G. Le groupe a par ailleurs conclu un aocord avec le Chinois Huawei Technologies. Sur le trimestre clos, le groupe de San Diego a affiché des revenus ajustés de 4,89 Mds$, contre 4,8 Mds$ de consensus. Le bénéfice net est ressorti à 845 M$ et 74 cents par titre, alors que le bpa ajusté s'est établi à 86 cents contre 70 cents de consensus. Les revenus ajustés du trimestre en cours sont attendus entre 5,5 et 6,3 Mds$, contre 5,8 Mds$ de consensus.

Eli Lilly (-6%), le laboratoire d'Indianapolis, a battu le consensus de profit sur le trimestre écoulé et relevé ses prévisions. Le bénéfice net trimestriel a représenté 1,41 milliard de dollars et 1,55$ par titre, contre 1,33 Md$ un an avant. Le bpa ajusté trimestriel a représenté 1,89$. Les revenus ont reculé de 2,5% à 5,5 Mds$. Les ventes du blockbuster du diabète Trulicity ont augmenté de 20% en glissement annuel à 1,23 Md$. Le bpa ajusté annuel est anticipé entre 7,2 et 7,4 Mds$. Les revenus sont attendus entre 23,7 et 24,2 Mds$.

General Dynamics (-1%) a abaissé ses estimations 2020 de profit avec l'impact de la pandémie. Le bénéfice annuel par action est maintenant anticipé entre 11 et 11,1$, contre une guidance antérieure allant de 11,30 à 11,40$. Sur le trimestre clos, le bénéfice net du groupe de défense a reculé de 22% à 625 M$, 2,18$ par titre, contre 2,15$ de consensus. Les ventes de l'activité aéronautique ont baissé de 8% à 1,97 Md$. L'unité systèmes marins a progressé de 6% à 2,47 Mds$. Les revenus totaux ont régressé de 3% à 9,26 Mds$.

Comcast (stable) a facilement dépassé le consensus sur le trimestre clos. Pour le second trimestre, profits et revenus ont baissé moins que prévu. Le groupe a réalisé un bénéfice net de 2,99 milliards de dollars et 65 cents par titre, contre 3,13 milliards de dollars soit 68 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action est tombé à 69 cents contre 78 cents, tandis que les analystes interrogés par FactSet anticipaient 55 cents. Comcast a vu ses revenus baisser à 23,72 milliards de dollars contre 26,86 milliards de dollars un an plus tôt. Le consensus FactSet était de 23,58 milliards de dollars.

UPS (+14%) grimpe à Wall Street, vers ses sommets historiques. Le géant de la livraison de colis a annoncé pour son second trimestre fiscal des profits et revenus supérieurs aux attentes, avec la demande résidentielle et de santé. Le groupe d'Atlanta a dégagé un bpa ajusté trimestriel de 2,13$, contre... 1,07$ de consensus FactSet ! Les revenus trimestriels se sont améliorés quant à eux de 13,4% à 20,5 milliards de dollars, atomisant également le consensus de plus de 3 milliards de dollars. Le profit opérationnel ajusté aux USA s'est élevé à 1,21 milliard, contre 1,22 Md$ un an avant. A l'international, ce profit opérationnel ajusté a progressé à 842 M$, contre 665 M$. Le cash flow opérationnel du semestre a totalisé 5,9 Mds$ et le free cash flow ajusté 3,9 Mds$.

Kraft Heinz (-4%) a annoncé pour son second trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 0,8$ et des revenus de 6,65 milliards de dollars, contre un consensus de 0,64$ de bpa et 6,52 Mds$ de recettes. Kraft a annoncé jeudi avoir enregistré environ 2,9 milliards de dollars de charges de dépréciation du goodwill et de dépréciations d'actifs pour le deuxième trimestre, entraînant une perte pour la période. Kraft a publié une perte de 1,65 milliard de dollars au deuxième trimestre, ou 1,35 dollar par action, contre un bénéfice de 449 millions de dollars l'année précédente. Les revenus sur le trimestre clos le 27 juin ont atteint 6,65 milliards de dollars, contre 6,41 Mds$ pour le deuxième trimestre de l'année dernière et 6,55 Mds$ de consensus.

Cigna (-2%), l'assureur-santé américain, a affiché une croissance de 25% de son bénéfice trimestriel, avec la baisse des coûts médicaux du fait des reports de chirurgies, dans un contexte de pandémie de Covid-19. Les revenus totaux ont augmenté de 1% à 39,3 Mds$ sur le trimestre clos, alors que le bénéfice net a atteint 1,75 Md$, 4,73$ par titre, contre 1,41 Md$ un an avant. Le groupe table sur des ventes annuelles de 154-156 Mds$ et un bpa ajusté des opérations de 18-18,6$.

DuPont (-4%) a annoncé une perte nette trimestrielle attribuable aux actionnaires de 2,48 milliards de dollars et 3,37$ par titre, contre un déficit de 571 M$ un an avant. Le groupe a passé une énorme charge de dépréciation de 2,5 Mds$ sur ses activités automobiles. Sur une base ajustée, le bpa a représenté 70 cents, contre 59 cents de consensus. Le groupe du Delaware a affiché des ventes de 4,8 Mds$, contre 4,7 Mds$ de consensus.

PayPal (+4%) grimpe à Wall Street. Les profits trimestriels de la plateforme de services de paiement en ligne ont flambé de 86%, avec les nouveaux comptes et la croissance du e-commerce. Les revenus se sont améliorés de 25% à 5,26 milliards, contre 5 milliards de consensus. Le bénéfice net est ressorti à 1,53 Md$ soit 1,29$ par action, contre 823 millions de dollars un an plus tôt. Le groupe a récupéré 21,3 millions de nouveaux comptes sur le trimestre. 222 milliards de dollars de paiements ont été opérés durant le trimestre. Le bpa annuel est anticipé en progression de 25%, pour des ventes en croissance de 22%.

Yum! Brands (Pizza Hut, KFC, Taco Bell) perd 3%. Le groupe de restauration a pourtant battu le consensus de revenus sur le trimestre clos. Le bénéfice net est ressorti à 206 millions de dollars et 67 cents par titre. Les ventes à comparable ont baissé de 15% en glissement annuel, mais les opérateurs attendaient une chute encore plus sensible de 16%. Le bpa ajusté a atteint 82 cents, contre 54 cents de consensus. Le bénéfice net a décliné de 29%. Le groupe a donc limité la casse, profitant des ventes digitales.

Spotify recule de 2%. Alors que la base d'abonnés du service suédois de musique en streaming poursuit sa progression (+29% d'utilisateurs actifs mensuels à 299 millions), le groupe creuse dans le même temps ses pertes trimestrielles et les revenus manquent le consensus. Les revenus ont augmenté de 13% à 1,89 MdE, contre 1,92 MdE de consensus. La perte ressort à 1,91 euro par action, contre 0,42 euro un an auparavant, à la même période. Pour le troisième trimestre, le groupe table sur 312 à 317 millions d'utilisateurs actifs mensuels, contre 315 millions de consensus.

Johnson & Johnson (stable), le géant pharmaceutique et médical américain, a annoncé de bons résultats d'une étude clinique sur le singe d'une seule dose de son candidat vaccin contre le Covid-19.

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