Cotation du 25/06/2019 à 20h44 Dow Jones Industrial -0,70% 26 539,86
  • DJIND - US2605661048

Wall Street décroche, après l'incroyable 'rally' de la veille

Wall Street décroche, après l'incroyable 'rally' de la veille
Wall Street décroche, après l'incroyable 'rally' de la veille
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine rechute ce jour, après sa pluie de records de la veille. Les gains de près de 5% affichés hier soir par le S&P500 et le Dow Jones donnent lieu ce jour à d'importantes prises de profits. Le DJIA recule de 1,92% désormais à 22.438 pts, alors que le S&P500 abandonne 1,4% à 2.432 pts. Le Nasdaq régresse de plus de 2,2% à 6.410 pts... Les opérateurs reprennent donc leurs esprits, après le plus important 'rally' boursier depuis 2009 - marqué par ailleurs par un bond incroyable de plus de 1.000 points du DJIA.

Donald Trump, gourou du marché ?

Les investisseurs avaient suivi passivement hier le conseil de Donald Trump. Le Président US avait estimé que la chute actuelle constituait "une formidable opportunité d'acheter". En outre, Amazon (+9,4% hier soir) avait fait état de ventes record pour la saison des fêtes, rappelant aux marchés que la consommation restait dynamique aux Etats-Unis. Le rebond des actions avait été accompagné par celui du pétrole et du dollar, tandis que l'administration Trump tentait de désamorcer le débat sur un possible limogeage de Jerome Powell. Celui-ci ne serait absolument pas à l'ordre du jour, assure-t-on à qui veut l'entendre du côté de la Maison Blanche, malgré les critiques récurrentes de Donald Trump à l'encontre des hausses de taux de la Fed.

Rebond historique

En clôture hier, l'indice Dow Jones avait regagné 4,99% à 22.878 points, effectuant un bond record de plus de 1.000 points (1.086 pts) en une séance ! L'indice large S&P 500 avait rebondi de 4,96% à 2.467 pts, tandis que l'indice Nasdaq avait flambé de 5,84% à 6.554 pts.

Lundi, à la veille de Noël, le S&P 500 avait terminé à son plus bas niveau depuis 20 mois, et frôlait le "bear market" (-19,7%), tandis que le Nasdaq chutait de 23,6% par rapport à ses records et le DJIA de 18,7%. L'approche de ces seuils techniques avait donc déclenché des achats à bon compte.

Le pétrole confirme son extrême volatilité

Les cours du brut retombent déjà, après le 'rally' de la veille, le baril de brut WTI pour février abandonnant près de 2,8% à 45,3$. Le baril de Brent de la mer du Nord affiche une baisse de 2,6% à 53,8$. Sur le Nymex hier, le contrat à terme de février sur le brut léger américain avait rebondi de 8,7%. Le prix du baril de Brent (contrat de février) était lui remonté de 7,9%... Lundi, les deux types de pétrole avaient chuté de plus de 6%, le WTI retombant au plus bas depuis 18 mois, en juin 2017.

Sur le marché des changes, l'indice du dollar, qui mesure son évolution face à 6 devises de référence (euro, yen, livre sterling, franc suisse, dollar canadien et couronne suédoise) avait avancé hier de 0,50% à 97, mais reperd 0,3% ce jour à 96,2.

Trump et la Maison Blanche 'mettent le paquet' pour rassurer

Les propos de Trump concernant l'économie et les marchés actions, ainsi que ses commentaires à propos de Powell, avaient ramené hier les investisseurs les plus audacieux sur le marché. En outre, le conseiller économique de la Maison Blanche Kevin Hassett avait assuré lui aussi que Trump n'allait pas limoger Jerome Powell. Aux journalistes lui demandant si la position de Jerome Powell était assurée, Hassett avait répondu: "Oui, bien sûr, à 100%".

Dans un entretien de Noël avec la presse, mardi depuis le Bureau Ovale de la Maison Blanche, Donald Trump avait jugé que la chute actuelle des marchés constituait une opportunité. "Nous avons des entreprises - les meilleures au monde et elles se portent très bien", a-t-il déclaré. "Elles affichent des chiffres record. Je pense donc que c'est une formidable opportunité d'acheter. Vraiment une belle opportunité d'acheter", avait insisté le Président américain.

Lundi, Wall Street avait corrigé suite à un communiqué maladroit de Steven Mnuchin, le secrétaire américain au Trésor, qui avait indiqué avoir téléphoné aux patrons des 6 plus grandes banques américaines pour s'enquérir d'éventuels problèmes de liquidités. Cette démarche avait accentué l'aversion au risque, alors même que les banques ont assuré n'avoir aucun problème de liquidité. Mercredi, des rumeurs en provenance de Washington affirmaient que Steven Mnuchin pourrait désormais être sur la sellette... Une source citée par 'CNN' rapportait ainsi que Mnuchin pourrait être en "sérieux danger" après ses tentatives ratées de calmer les marchés lundi. Toutefois Donald Trump a qualifié mardi devant les journalistes son ministre des Finances de "gars très talentueux, très intelligent", en qui il avait évidemment confiance.

Avenir assuré pour Powell ?

Après avoir vivement critiqué la Fed lundi sur Twitter, Donald Trump avait tenté de nuancer son propos devant les journalistes réunis à la Maison Blanche. "Eh bien, nous verrons. Ils augmentent les taux d'intérêt trop rapidement. C'est mon avis. Mais j'ai certainement confiance. Mais je pense que ça va se régler. Ils augmentent les taux d'intérêt trop rapidement parce qu'ils pensent que l'économie est si bonne... Mais je pense qu'ils vont comprendre très bientôt. Je le pense vraiment. Je veux dire, le fait est que l'économie se porte si bien qu'ils ont augmenté les taux d'intérêt, ce qui est en quelque sorte une sécurité", avait indiqué Trump, interrogé à propos de Jerome Powell.

"Le seul problème de notre économie est la Fed. Ils n'ont pas la moindre idée du Marché, ils ne comprennent pas les Guerres Commerciales nécessaires ou les Dollars Forts ni même les 'Shutdowns' Démocrates sur les Frontières. La Fed est comme un golfeur puissant qui ne peut pas marquer parce qu'il n'a aucun toucher - il ne peut pas putter!", avait auparavant asséné Trump sur Twitter.

Le shutdown se poursuit

Le 'shutdown' administratif partiel du gouvernement fédéral aux Etats-Unis se poursuit pour le sixième jour, Donald Trump n'étant pas parvenu à s'entendre avec les Démocrates du Congrès sur le financement de son fameux mur à la frontière des USA et du Mexique. Trump n'en démord pas et entend faire durer la fermeture jusqu'à ce qu'il obtienne gain de cause. "Les Démocrates ont-ils finalement réalisé que nous avions désespérément besoin de Sécurité aux Frontières et d'un Mur à la Frontière Sud ?", s'interroge encore Trump ce jeudi sur Twitter. "Nous devons empêcher les Drogues, le Trafic Humain, les Membres de Gangs & les Criminels de venir dans notre Pays. Les Dems réalisent-ils que la majeure partie des gens qui ne sont pas payés sont Démocrates ?", lance encore le Président américain.

Efforts (apparents) de Pékin

En pleine trêve de la guerre commerciale entre USA et Chine, Pékin fait mine de vouloir soutenir l'investissement étranger. La Chine a présenté son projet de loi destiné à soutenir l'investissement étranger en interdisant notamment les transferts 'forcés' de technologies ou les interférences gouvernementales dans les activités étrangères. Pékin entend ainsi faciliter l'accès des entreprises et investisseurs étrangers à son marché, et mieux protéger leurs droits. Ces efforts sont néanmoins attendus réciproques, puisque la Chine se réserve le droit de répliquer contre les pays étrangers qui défavoriseraient l'investissement chinois. Les législateurs chinois en appelleraient à une prompte délibération au sujet de ce projet de loi afin de procéder au vote aussi rapidement que possible, indique l'agence Xinhua... Ces efforts apparents de la Chine interviennent alors que Washington et Pékin devraient reprendre début janvier leurs discussions commerciales, une délégation américaine devant alors se rendre en Chine.

Donald Trump envisagerait pour sa part, d'après Reuters, d'interdire aux compagnies américaines d'utiliser les équipements télécoms conçus par les Chinois Huawei Technologies et ZTE...

Chiffres 'conformes' de l'emploi US, mais rechute de l'indice de confiance

D'après le Département américain au travail ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 22 décembre 2018 sont ressorties en ligne avec le consensus de place, au nombre de 216.000, en repli de 1.000 en comparaison de la lecture révisée à 217.000 de la semaine antérieure.

L'indice de la Federal Housing Finance Agency - FHFA relatif aux prix de l'immobilier du mois d'octobre est ressorti également conforme aux attentes. L'indice a fait ressortir une progression de 0,3% en comparaison du mois antérieur et de +5,7% en glissement annuel.

L'indice de confiance des consommateurs américains pour le mois de décembre 2018 mesuré par le Conference Board est ressorti à 128,1, contre 136,4 pour le niveau révisé du mois antérieur et 134 de consensus de place.

Le flux de 'stats' va se tarir ces prochains jours outre-Atlantique, du fait du shutdown. Certaines administrations fédérales ne peuvent plus fonctionner, faute de financement, depuis le 22 décembre. Hier, le département du Commerce a annoncé qu'il n'allait pas pouvoir publier les ventes de logements neufs de novembre (jeudi), ni les chiffres de la balance commerciale (vendredi). En revanche, le département du Travail est donc bien en mesure ce jour de fournir les chiffres de l'emploi hebdomadaire.

En cette période des fêtes, il n'y aura pas de publication trimestrielle notable d'entreprise cotée à Wall Street.

Les valeurs

Amazon (-3%) reperd du terrain ce jour. Amazon avait été dopé hier par l'annonce de ventes record pour la saison des fêtes de fin d'année. Le titre du géant américain de la vente en ligne avait bondi de 9,4% en clôture. Sans donner de chiffrage précis, le groupe a enregistré une saison des fêtes record grâce à la vente de ses propres produits, notamment les enceintes connectées Echo Dot et le nouveau boîtier 'Fire TV Stick 4K'. Amazon a précisé que pendant la saison des fêtes, des "dizaines de millions de clients" avaient souscrit à son service Prime, soit pour un essai gratuit, soit via un abonnement, et que le groupe avait livré non moins d'un milliard de produits via Prime aux Etats-Unis...

La mauvaise nouvelle du jour pour Amazon vient de l'Inde, qui a durci les règles de vente en ligne en interdisant aux grandes plateformes de vendre des produits de sociétés dans lesquelles elles ont des participations. La mesure vise les entreprises de commerce en ligne ayant des capitaux étrangers, Amazon ou Flipkart (Walmart) notamment.

Boston Scientific (-1%) a exercé son option pour l'acquisition des titres restants de Millipede, suite au succès de la finalisation d'une étude clinique.

Apple (-4% !), le groupe californien à la pomme, envisagerait désormais de concevoir ses iPhones haut de gamme en Inde, indique l'agence Reuters, selon laquelle l'unité locale du sous-traitant taïwanais Foxconn pourrait débuter cette production dès l'année prochaine. Reuters cite à ce sujet une source familière de la question. Foxconn assemblerait les modèles les plus chers, dont les appareils de la famille iPhone X, a précisé cette même source. Une telle évolution porterait l'activité d'Apple en Inde à un niveau supérieur.

Le travail de conception se déroulerait au sein du site local de Foxconn à Sriperumbudur (Etat de Tamil Nadu). Le Taïwanais pourrait investir 25 milliards de roupies indiennes supplémentaires, un peu plus de 350 millions de dollars, afin d'agrandir l'usine. C'est du moins ce qu'a affirmé à Reuters le Ministre local des Industries. Un tel investissement pourrait créer jusqu'à 25.000 emplois locaux.

Une autre source de Reuters lui a confirmé ces plans de Foxconn en Inde. Un tel mouvement profiterait à la fois au groupe taïwanais et au Californien, puisqu'il leur permettrait de limiter l'impact de la guerre commerciale sino-américaine sur leurs activités... Le journal 'Hindu' avait déjà fait mention lundi de la fabrication future d'iPhones en Inde par le Taïwanais, sans toutefois préciser les modèles concernés ou le montant de l'investissement de Foxconn.

Tesla (-6%) corrige à Wall Street ce jeudi, alors que le directeur général du groupe Elon Musk s'active pourtant plus que jamais sur le réseau social Twitter. Musk joue ainsi au vendeur en rappelant aux Américains que les crédits fiscaux de 7.500$ seront très bientôt divisés par deux (d'ici quelques jours). Le CEO de Tesla recommande ainsi aux acquéreurs potentiels de commander en ligne sur Tesla.com, afin de voir s'il reste du stock dans leurs régions, ou bien de se rendre dans les boutiques du groupe pour profiter du plein crédit fiscal pendant qu'il est encore temps.

Le patron de Tesla vante également l'étendue du réseau de 'superchargers' du groupe, permettant des trajets faciles sur de longues distances à travers les USA, la majeure partie de l'Europe, le Canada et la Chine. Musk affirme d'ailleurs à ce sujet que la couverture des chargeurs du groupe s'étendra à 100% de l'Europe dès l'année prochaine, "de l'Irlande à Kiev, de la Norvège à la Turquie".

©2018-2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com