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Wall Street débute la semaine dans le rouge

Wall Street débute la semaine dans le rouge
Wall Street débute la semaine dans le rouge
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street cède du terrain ce lundi soir à trois heures de la clôture, plombé par les derniers indicateurs économiques chinois inquiétants, sur fond de conflit commercial avec les Etats-Unis. Donald Trump reste par ailleurs toujours très actifs sur Twitter, sur divers sujets, et pousse les opérateurs à la prudence. Sur le front des sociétés, la saison des résultats US commence réellement cette semaine, avec notamment les comptes des géants bancaires. La publication de Citigroup aujourd'hui est pour le moment saluée... Le DJIA cède 0,30% à 23.924 pts, le Nasdaq perd de 0,63% à 6.928 pts, et le S&P500 recule de 0,41% à 2.585 pts.

Les exports chinois ont décliné de 4,4% en décembre, en comparaison de l'année antérieure, alors que les imports ont baissé de 7,6%, plus fort déclin en deux ans et demi. Ces chiffres traduisent donc le ralentissement économique global, l'impact de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, mais aussi le fléchissement de la demande domestique en Chine. Toutefois, l'excédent commercial chinois avec les USA a encore progressé de 17% en comparaison de l'an dernier, ressortant à... plus de 323 milliards de dollars en 2018, selon les dernières statistiques officielles ! L'excédent commercial chinois total de l'année 2018 ressort en revanche au plus bas depuis 2013.

Sur Twitter, le Président américain a réagi samedi aux révélations du 'New York Times', selon lequel une enquête aurait été ouverte en 2017 par les services fédéraux américains, destinée à déterminer si Trump avait travaillé pour le compte de la Russie. Cette enquête aurait été ensuite rapprochée de celle du procureur Robert Mueller sur une possible collusion avec Moscou durant la campagne présidentielle de 2016. Trump s'est montré particulièrement virulent à l'égard de l'ancien patron du FBI James Comey, qualifié notamment de menteur et d'ordure. "Wow, je viens juste d'apprendre dans le Défaillant New York Times que les anciens dirigeants corrompus du FBI, presque tous virés ou forcés à quitter l'agence pour de très mauvaises raisons, avaient ouvert une investigation sur moi, sans aucune raison ni preuve, après que j'eus viré ce Menteur de James Cormey, une ordure totale!"... "J'ai été bien plus dur au sujet de la Russie qu'Obama, que Bush ou que Clinton", assène encore Trump. "Peut-être plus dur qu'aucun autre Président. En même temps, & comme je l'ai souvent dit, s'entendre avec la Russie est une bonne chose, pas une mauvaise chose. J'espère vraiment qu'un jour nous aurons de nouveau de bonnes relations avec la Russie!"

Trump est aussi intervenu sur Twitter au sujet de la Turquie et des Kurdes de Syrie, menaçant de "dévaster économiquement" Ankara en cas d'attaque. Un porte-parole turc a répondu sèchement : "Mr Donald Trump. Les terroristes ne peuvent pas être vos partenaires & alliés. La Turquie attend des Etats-Unis qu'ils honorent notre partenariat stratégique et ne veut pas qu'il soit assombri par la propagande terroriste. Il n'y a aucune différence entre DAESH, PKK, PYD et YPG. Nous continuerons à combattre contre eux", a précisé Ibrahim Kalin, en réponse à Trump qui assurait donc de son intention de "dévaster économiquement la Turquie" si elle frappait les Kurdes. "Mr Donald Trump, c'est une erreur fatale d'assimiler les Kurdes de Syrie au PKK (parti des travailleurs du Kurdistan), qui est sur la liste US des organisations terroristes, et à sa branche syrienne du PYD/YPG (parti de l'union démocratique / unités de protection du peuple)", indique aussi Ibrahim Kalin, qui juge que la Turquie se bat "contre les terroristes" et non contre les Kurdes. "Nous protègerons les Kurdes et les autres Syriens contre les menaces terroristes".

Enfin, le shutdown, fermeture administrative partielle aux Etats-Unis, entre dans sa 24ème journée. "Nancy et Chuck 'le pleureur' peuvent mettre fin au Shutdown dans les 15 minutes. A ce stade, c'est devenu leur faute et celle des Démocrates!", ajoute Trump aujourd'hui.

Au Royaume Uni, les députés vont se prononcer demain sur l'accord sur le Brexit que Theresa May a conclu le 25 novembre 2018 avec l'Union européenne (UE). Sauf surprise, la Chambre des communes devrait rejeter le texte...

VALEURS A SUIVRE

Citigroup (+4%) présente ses résultats du quatrième trimestre. Les bénéfices sont de 4,31 Mds$ (1,64$ par action), contre une perte de 18,89 Mds$ (7,38$ par action) un an avant. Les revenus s'élèvent à 17,12 Mds$, contre 17,50 Mds$ un an plus tôt. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,61$, contre 1,28$ sur la même période de l'exercice précédent. Les analystes anticipent en moyenne un bénéfice par action de 1,55$, pour des revenus de 17,6 Mds$. Dans la branche Institutional Clients Group, les revenus baissent de 1% à 8,2 Mds$ (contre 8,5 Mds$ de consensus). Les revenus Banking progressent de 6% à 5,1 Mds$, alors que les revenus Markets and Securities Services chutent de 11% à 3,1 Mds$ : les revenus Fixed Income Markets chutent de 21% à 1,9 Md$, les revenus Equity Markets montent de 18% à 668 M$, et les revenus Securities Services progressent de 7% à 653 M$.

Newmont (-8%) va s'offrir Goldcorp (+8%) dans le cadre d'une opération en actions d'un montant de 10 milliards de dollars. L'opération va créer un nouveau géant minier, leader mondial de la production d'or. L'annonce de l'opération intervient quelques mois seulement après celle du rapprochement de Barrick Gold et de Randgold Resources (pour 5,4 Mds$). La production du nouvel ensemble Newmont / Goldcorp avoisinerait les 8 millions d'onces d'or par an, ce qui dépasse la production combinée de Barrick et Randgold. L'objectif de production sur les dix prochaines années se situe à 6-7 millions d'onces d'or. Le nouvel ensemble prévoit de céder jusqu'à 1,5 milliard de dollars d'actifs sur deux ans, afin d'apaiser les autorités de concurrence. Les économies initiales sont attendues à 100 M$ par an. Gary Goldberg, le directeur général de Newmont, restera CEO jusqu'à la finalisation de l'opération et de l'intégration des deux groupes. Il cèdera ensuite la place au directeur des opérations Tom Palmer. Selon les termes du deal, Newmont va offrir 0,328 titre et 2 cents par action Goldcorp, soit une prime de 17% sur la moyenne pondérée à 20 ans. La prime sur les cours de clôture de vendredi ressort à 18%.

Abercrombie & Fitch (-4%) confirme s'attendre à une baisse d'environ 5% de ses ventes au quatrième trimestre fiscal 2018. Les ventes, à magasins comparables, sont en revanche anticipées en légère progression. La marge brute est quant à elle attendue stable ou en légère hausse par rapport à l'an dernier. Les résultats trimestriels seront publiés le 6 mars prochain.

Gannett (+20%) bondit, après une offre d'acquisition de MNG Enterprises, l'une des plus importantes chaînes de journaux aux Etats-Unis. MNG a pris 7,5% du capital, et demande au groupe de McLean Gannett d'étudier ses alternatives stratégiques, en considérant une possible vente. Par ailleurs, MNG, aussi connu sous le nom de Digital First Media, a formulé une offre de rachat de Gannett à 1,36 Md$, 12$ par titre de l'éditeur d'USA Today.

PG&E (-47%). La compagnie utilities s'est déclarée en faillite après les incendies californiens. Ainsi, PG&E a confirmé son inscription sous protection du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, concernant l'ensemble de ses activités.

American Eagle Outfitters (+1%) annonce des ventes du quatrième trimestre en hausse de 6%, contre environ 5% de consensus. Le groupe vise par ailleurs toujours un bénéfice par action compris entre 0,40 et 0,42$ sur le trimestre, dont les résultats complets seront publiés le 6 mars.

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