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Wall Street : début de semaine sous pression

Wall Street : début de semaine sous pression
Wall Street : début de semaine sous pression
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après trois jours de rebond, la Bourse de New York avait repris le chemin de la baisse vendredi, alors que certaines informations en provenance de Chine faisaient état d'une possible rupture par Pékin des négociations en vue d'un accord commercial avec Washington... Ce lundi, la baisse l'emporte de nouveau à New-York avec des replis de 0,3% sur le DJ à 25.685 pts et de 1,2% sur le Nasdaq à 7.720 pts.
Les craintes de représailles chinoises au décret pris par la Maison blanche pour exclure le géant des équipements de réseaux Huawei du marché américain, plombent les valeurs technologiques, à commencer par les fabricants de puces.
Huawei figure donc désormais sur une liste noire empêchant les entreprises américaines de faire des affaires avec lui...
Citant des personnes au fait du dossier, le quotidien économique japonais Nikkei a rapporté que le fabricant allemand de puces Infineon avait décidé de suspendre ses livraisons à Huawei. Et selon Bloomberg, plusieurs fabricants de puces américains ont informé leurs employés qu'ils cessaient de fournir des composants et logiciels sensibles au groupe chinois...

ECO ET DEVISES

Le pétrole fait encore du yo-yo, partagé entre la crainte d'une guerre commerciale et les tensions au Moyen Orient entre l'Iran et les Etats-Unis, après les nouvelles menaces de guerre de Donald Trump dimanche à l'attention de Téhéran. Le Brent d'échéance juillet remonte à 72,60$ ce lundi.

Les tensions commerciales sont revenues sur le devant de la scène alors que la presse officielle chinoise a durci le ton envers les Etats-Unis, laissant entendre que Pékin pourrait refuser de poursuivre les négociations avec Washington."Faute de sincérité, il est inutile de venir négocier sans avoir rien à dire", a ainsi prévenu Taoran Notes, un compte du réseau social WeChat géré par l'Economic Daily, dans un message qui a été repris par le Quotidien du Peuple, l'organe du comité central du Parti communiste chinois.
"Les Américains disent qu'ils veulent négocier et continuent en même temps à jouer à des petits jeux, affectant l'atmosphère des pourparlers", poursuit ce message... "On ne peut voir aucun signe de volonté sincère de négocier de la part des Etats-Unis. Au contraire, les méthodes de pression extrême se multiplient", poursuit-il.

La Chine a par ailleurs accusé ce lundi les Etats-Unis de nourrir des "attentes extravagantes" pour un accord commercial, soulignant le fossé qui sépare les deux parties après la dernière série de négociations qui a pris fin à Washington le 10 mai. Dans une interview diffusée dimanche soir par la chaîne Fox News, le président américain Donald Trump a réaffirmé que les deux pays étaient parvenus à un "très bon accord" mais que la Chine était ensuite revenue sur ses engagements, l'obligeant à mettre à exécution sa menace de relever les droits de douane sur 200 milliards de dollars de produits chinois... Lors du point de presse quotidien du ministère chinois des Affaires étrangères, le porte-parole Lu Kang a dit ne pas comprendre de quoi parlait Trump. "Nous ne savons pas de quel accord parlent les Etats-Unis... Peut-être les Etats-Unis ont un accord pour lequel ils nourrissent des attentes extravagantes, mais ce n'est certainement pas un soi-disant accord que la Chine aurait accepté", a-t-il dit.
La dernière série de discussions n'a pas débouché sur une entente car les Etats-Unis ont tenté "d'imposer des intérêts déraisonnables au moyen d'une pression extrême", a poursuivi le porte-parole."Dès le départ cela ne pouvait pas marcher", a-t-il dit, assurant que la délégation chinoise, pour sa part, s'était présentée avec une attitude "sincère et constructive".
"Je souhaiterais dire encore une fois que les consultations économiques et commerciales sino-américaines ne peuvent que suivre la voie correcte de respect mutuel, d'équité et d'intérêts partagés pour espérer aboutir", a conclu Lu Kang.

Aucune date n'a été fixée pour de nouveaux pourparlers entre les deux premières puissances économiques mondiales, dont les relations se sont encore tendues avec la mise au ban par Washington de l'équipementier télécoms Huawei Technologies pour des raisons de sécurité nationale.

Alors que les relations avec la Chine se détériorent, Donald Trump a confirmé en revanche qu'il accorderait un délai de 6 mois supplémentaires avant de taxer les automobiles importées aux Etats-Unis, notamment en provenance d'Europe.
Les taxes, pouvant atteindre 25% sur les voitures et les pièces détachées, devaient entrer en vigueur le samedi 18 mai, mais le président américain a décidé de laisser plus de temps aux négociations en cours avec l'Union européenne et le Japon. Le locataire de la Maison Blanche a demandé au représentant au Commerce Robert Lighthizer de mener les discussions et d'en tirer un bilan dans 6 mois. La Commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström, a "pris acte" de cette décision, ajoutant que l'UE était prête à négocier avec Washington "un accord commercial limité incluant les voitures". L'euro revient sur les 1,1170/$ entre banques.

VALEURS A SUIVRE

Intel perd 1,5%, Qualcomm -4,5% et Micron Technology -2,8% aux valeurs de technologie les plus exposées à la situation internationale.

Alphabet : -1,5% alors que Google a suspendu la fourniture de certains logiciels et applications à Huawei suite au décret de vendredi...

Apple : -4% alors que le groupe est lui aussi exposé au risque de voir Pékin répliquer à l'offensive de Washington contre Huawei. HSBC a abaissé son objectif de cours de 6 dollars à 174$, en mettant en avant les risques liés à la demande chinoise.

Pinterest est plus stable ce lundi après avoir décroché vendredi suite à des publications financières trimestrielles diversement appréciées, assorties de prévisions décevantes. Pour sa première publication depuis l'introduction en bourse du mois dernier, le média social de partage de photos a dévoilé une perte nette de 41 millions de dollars, contre 53 millions un an avant. Hors éléments, la perte par action s'est élevée à 32 cents, alors que le consensus relevé par 'Bloomberg' était de -10 cents. Les revenus totaux se sont envolés quant à eux de 54% à 202 millions de dollars, alors que le consensus était de 201 M$. Le groupe revendique 291 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le premier trimestre, ce qui dépasse les attentes, pour un ARPU en croissance de 26% à 73 cents.
Le groupe table désormais sur des revenus allant de 1,055 à 1,08 milliard de dollars pour l'exercice, contre 1,09 Md$ de consensus. La perte avant intérêt, taxes, dépréciations et amortissements est estimée entre 45 et 70 M$ sur l'année. La sanction devrait donc être assez brutale ce jour, peut-être excessive, à l'image du 'pop' de l'introduction en bourse, le titre évoluant 60% plus haut depuis l'IPO.

Tesla (-4,5%) Wedbush Securities a abaissé son objectif de cours pour le constructeur de voitures électriques à 230 dollars, contre 275$ auparavant, en raison d'inquiétudes persistantes sur l'évolution de la demande pour la 'Model 3' aux Etats-Unis. En attendant, le groupe va encore couper dans ses coûts... Son directeur général Elon Musk a ainsi annoncé aux employés son intention de surveiller plus attentivement encore les dépenses dans le cadre d'un nouveau plan d'austérité. Le fabricant californien de véhicules électriques a levé plus tôt ce mois 2,7 milliards de dollars par émission d'actions et de dette, afin de soutenir sa production. Dans un courriel adressé aux salariés, Musk affirme que le produit de l'appel de fonds ne fournirait que dix mois au groupe pour parvenir à l'équilibre financier, en tenant compte d'un rythme constant de dépenses. "C'est la raison pour laquelle, à l'avenir, toute dépense quelle qu'elle soit dans le monde, notamment les pièces détachées, les salaires, les frais de déplacement, le loyer, littéralement tout paiement qui sort de notre compte bancaire doit être examiné", a indiqué le CEO de Tesla.
Musk avait déjà demandé il y a un peu plus d'un an à sa direction financière d'étudier toutes les dépenses dans le monde afin de compresser les charges. Tesla avait par ailleurs réduit ses effectifs en juin 2018 (de 9%) et en janvier (de 7%), rappelle Reuters...

Boeing (-0,8%) a terminé la mise à jour logicielle de ses avions B-737 MAX, cloués au sol depuis la mi-mars après deux catastrophes aériennes. Le groupe a ajouté avoir également complété ses essais sur simulateur ainsi que des tests en vol du logiciel anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents de Lion Air en Indonésie et d'Ethiopian Airlines en Ethiopie.

Sprint bondit de 26% et T-Mobile US gagne 6% après l'annonce de modifications à leur projet de fusion qui devrait leur permettre d'obtenir le feu vert de la Federal Communications Commission (FCC).

Ford : -0,4%. Ford Motor va réduire ses effectifs d'environ 10% avec la suppression de 7.000 emplois d'ici fin août dans le cadre d'un vaste de plan de restructuration destiné à lui faire économiser 600 millions de dollars (529,2 millions d'euros) par an...
Dans un courriel adressé aux salariés, Jim Hackett, le directeur général du constructeur automobile, a précisé que ces suppressions de postes se feraient par le biais de départs volontaires et de licenciements. Un porte-parole du constructeur automobile a aussi annoncé un gel des recrutements. Environ 2.300 des postes supprimés se trouvent aux Etats-Unis, les autres étant situés en Europe, en Chine et en Amérique du Sud...

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