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Wall Street dans le vert, malgré les craintes sur l'inflation

Wall Street dans le vert, malgré les craintes sur l'inflation
Wall Street dans le vert, malgré les craintes sur l'inflation
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine passe dans le vert ce lundi, le DJIA prenant désormais 0,45% à 34.898 pts et le S&P 500 0,43% à 4.410 pts, contre une progression de 0,45% sur le Nasdaq à 14.645 pts. La vive hausse des prix de l'énergie et en particulier du pétrole pèse toutefois sur les marchés. L'indice dollar gagne 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin prend encore 4% à plus de 57 000$.

C'est "l'Indigenous Peoples Day", ex-"Columbus Day", aux Etats-Unis ce lundi, mais les marchés boursiers restent ouverts. Les banques, bureaux fédéraux et marchés obligataires, sont en revanche fermés. Sur le front économique, la journée sera calme, avec seulement une intervention du président de la Fed de Chicago, Charles Evans. L'Indigenous Peoples Day, observé le deuxième lundi d'octobre par de nombreuses villes et États américains, a été proclamé par le président Biden, premier dirigeant américain à officiellement reconnaître cette journée.

"Pendant des générations, les politiques fédérales ont systématiquement cherché à assimiler et à déplacer les peuples autochtones et à éradiquer les cultures autochtones", a écrit Biden dans la proclamation publiée vendredi. "Aujourd'hui, nous reconnaissons la résilience et la force des peuples autochtones ainsi que l'impact positif incommensurable qu'ils ont eu sur tous les aspects de la société américaine".

Le deuxième lundi d'octobre, la 'Journée des peuples autochtones' reconnaît les communautés autochtones qui vivent aux États-Unis depuis des milliers d'années. Il est devenu de plus en plus courant en remplacement du Columbus Day, qui est destiné à célébrer l'explorateur qui avait navigué avec un équipage espagnol sur trois navires, le Nina, le Pinta et le Santa Maria, en 1492.

La forte progression des cours du brut se confirme ce lundi. En hausse de plus de 2,2%, le WTI pour livraison novembre dépasse les 81$, au plus haut depuis octobre 2014, après avoir conclu une septième semaine consécutive de progression vendredi. L'or noir profite à plein de la reprise économique mondiale mais aussi de la crise énergétique qui touche plusieurs régions de la planète. L'envolée des prix des autres combustibles tels que le charbon et le gaz naturel en Europe et en Asie, alors que les stocks s'épuisent avant l'hiver en hémisphère nord, incitent en effet les opérateurs à se tourner vers les produits pétroliers tels que le diesel et le kérosène.

Aucune surprise majeure n'a été relevée lors de la rencontre virtuelle de samedi entre l'USTR américaine Katherine Tai et le vice-Premier ministre chinois Liu He. Sans entrer dans les détails, le communiqué de l'USTR a qualifié les discussions de franches, et les deux parties ont reconnu l'importance des relations commerciales bilatérales et l'impact qu'elles ont sur les États-Unis, la Chine ainsi que l'économie mondiale. Ils ont examiné la mise en oeuvre de l'Accord économique et commercial entre les États-Unis et la Chine et ont accepté de se consulter sur certaines questions en suspens. Tai a également souligné les préoccupations relatives aux politiques et pratiques de la Chine dirigées par l'État et non marchandes.

Le rapport de Xinhua était globalement cohérent avec ces éléments, soulignant que la coopération bilatérale devrait être renforcée. L'agence de presse chinoise a insisté sur la tenue de discussions à propos de la mise en oeuvre de l'accord commercial. La Chine a pressé les États-Unis de lever leurs droits de douane et sanctions supplémentaires. Tai avait signalé la position des États-Unis plus tôt la semaine dernière, maintenant les tarifs existants, tout en renonçant aux mesures d'application autorisées dans le cadre de l'accord de phase un, et à un autre plan pour lancer une action commerciale visant à amener la Chine à réduire les subventions industrielles.

Goldman Sachs a abaissé sa prévision de croissance du PIB américain pour 2021 à un taux annualisé de 5,6% contre une estimation précédente de 5,7%, selon Bloomberg. La banque d'investissement a également abaissé sa guidance 2022 concernant le PIB US à 4,0% contre 4,4%. Les spécialistes de la banque évoquent une reprise retardée des dépenses de consommation après avoir intégré un frein plus durable du coronavirus.

Alors que le variant Delta ralentit donc la croissance, le Wall Street Journal s'inquiète pour sa part de la dernière menace pour l'économie américaine, la flambée des coûts de l'énergie, qui représentent 7% des dépenses de consommation selon les données du département du Travail. Les prix de l'électricité ont enregistré en août leur plus forte augmentation depuis début 2014. Cependant, les analystes ont fait valoir que la crise énergétique pourrait être moins grave pour les États-Unis, où les prix du gaz naturel ont augmenté moins qu'en Europe compte tenu de l'offre plus importante. Les chèques de relance ont permis aux ménages de se constituer une épargne, les mettant dans une meilleure position pour absorber les coûts plus élevés des services publics.

La crise énergétique alimente les inquiétudes quant aux implications pour la croissance économique mondiale. Les prix du charbon et du gaz continuent d'atteindre des records, tandis que le brut se négocie proche de sommets de sept ans. La diminution des approvisionnements énergétiques oblige les usines d'Europe et d'Asie à réduire leur production, exacerbant les pressions sur la chaîne d'approvisionnement et suscitant des inquiétudes quant à un environnement de stagflation où l'inflation reste plus élevée plus longtemps dans un contexte de ralentissement de la croissance. Cela place les banques centrales dans une relative impasse, où une erreur de politique dans l'un ou l'autre sens pourrait nuire à la demande globale ou aggraver l'inflation. Ce phénomène intervient alors que la dynamique de croissance avait déjà ralenti avec le variant Delta et l'affaiblissement de la croissance en Chine entraîné en partie par sa répression réglementaire et les problèmes d'endettement d'Evergrande.

Quoi qu'il en soit, le mauvais rapport sur l'emploi américain publié vendredi (seulement 194 000 créations de postes en septembre, mais une baisse 'magique' à 4,8% du taux de chômage) n'a pas fait réellement évoluer les anticipations concernant le 'tapering', réduction des achats d'actifs de la Fed. Mary Daly de la Fed de San Francisco a estimé qu'il était encore trop tôt pour affirmer que le marché de l'emploi 'calait'. Le consensus pour le mois de septembre était pourtant bien plus élevé, à près de 480 000 créations de postes. Le taux de chômage a certes reculé à 4,8%, contre 5,1% de consensus et 5,2% un mois avant, mais le taux de participation à la force de travail a baissé à 61,6% contre 61,7% en août. Le salaire horaire moyen a quant à lui augmenté plus que prévu, progressant de 0,6% par rapport au mois précédent, contre 0,4% de consensus et 0,4% en août. Jerome Powell, patron de la Fed, avait déjà prévenu qu'il ne s'attendait pas à un rapport sur l'emploi extraordinaire en septembre. Les plans actuels de la banque, qui entend lever progressivement son soutien, semblent donc intacts malgré ce rapport très mitigé.

Les valeurs

Les grandes banques américaines lancent cette semaine la saison des résultats du troisième trimestre. JP Morgan Chase (stable) annoncera mercredi, suivi de Citigroup (stable), Bank of America (+1%), Wells Fargo (stable) et Morgan Stanley jeudi, puis de Goldman Sachs vendredi. Les dernières mises à jour concernant les banques ont eu lieu à la mi-septembre lors de la conférence Barclays Global Financial Services. La firme a noté que les points essentiels tournaient autour de la pression continue sur les revenus nets d'intérêts. Des taux plus élevés devraient commencer à aider sur ce front. Les vents contraires devraient être atténués par des revenus de commissions meilleurs que prévu, une qualité des actifs très favorable et une poursuite des libérations de réserves, ainsi que des rachats d'actions et des augmentations de dividendes élevés. Globalement, la majeure partie des grandes banques américaines devraient dépasser les anticipations en termes de bénéfices sur le troisième trimestre.

Apple (+1%) fait appel dans l'affaire confrontant le groupe californien à la pomme à l'éditeur du jeu Fortnite, Epic Games. Citant des représentants de l'entreprise et des documents déposés vendredi, CNBC rapporte qu'Apple a déposé un avis d'appel dans l'affaire Epic Games, demandant une suspension de l'injonction qui permet aux développeurs d'ajouter des liens intégrés vers des sites Web de paiement. Si Apple l'emporte, un changement de règle permettant potentiellement aux développeurs de contourner les frais de l'App Store de 15% à 30% pourrait ne pas entrer en vigueur tant que le processus d'appel dans l'affaire n'est pas terminé, ce qui pourrait prendre des années. Cette injonction est actuellement supposée entrer en vigueur le 9 décembre.

Walt Disney (stable) fait face à des obstacles pour sortir des films en Chine au milieu de controverses politiques. Selon le Wall Street Journal, les responsables de la distribution ont déclaré que le film Marvel 'Eternals' devait sortir début novembre, mais que l'incertitude entourait sa sortie en Chine, après que la réalisatrice chinoise du film, Chloé Zhao, a récemment été critiquée pour ses commentaires concernant la Chine remontant à 2013. Une personne proche du dossier indique que Disney a soumis des films inédits aux autorités chinoises pour examen, mais n'a pas encore reçu de réponse sur plusieurs titres, dont 'Eternals'. En dehors d'Eternals', un autre film Marvel 'Shang-Chi et la Légende des Dix Anneaux", n'avait pas encore obtenu de sortie chinoise, tandis que l'année dernière 'Mulan' avait connu un sort similaire après les révélations concernant l'envoi d'équipes de tournage dans une province controversée et des plaintes de spectateurs à propos d'inexactitudes historiques.

Netflix (+1%), le géant de la vidéo en streaming, s'allie au leader américain de la grande distribution Walmart, via le 'Netflix Hub at Walmart', qui établit Walmart comme LA destination Netflix pour les expériences de divertissement familial. Une source proche du dossier a précisé à Insider que Netflix allait probablement vendre des survêtements Squid Game plus tard cette année, mais qu'ils ne seraient pas lancés sur le hub. Grâce à ce nouveau partenariat entre Netflix et le groupe de l'Arkansas, Walmart offrira non seulement des produits qui concrétiseront l'imagination des créateurs de Netflix, mais les clients de Walmart et les 'superfans' de Netflix "trouveront également une nouvelle destination de divertissement passionnante".

Netflix profite par ailleurs ce jour d'une recommandation de Credit Suisse, qui vient de confirmer son conseil à 'surperformance' et de doper son objectif de cours à 740$, contre 643$ auparavant. Le broker évoque le succès de la mini-série coréenne 'Squid Game', qui devrait doper la croissance des abonnés aux troisième et quatrième trimestres. Rappelons que fort du succès de la série, le titre Netflix a atteint la semaine dernière de nouveaux sommets historiques à Wall Street pour une capitalisation boursière de 280 milliards de dollars.

Merck (stable) et Ridgeback annoncent ce jour la soumission d'une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence à la FDA des États-Unis pour le molnupiravir, un médicament antiviral oral expérimental, pour le traitement du Covid-19 léger à modéré chez les adultes à risque. S'il est autorisé, le molnupiravir pourrait être le premier médicament antiviral oral pour le traitement du covid. Des soumissions aux organismes de réglementation du monde entier sont en cours.

Merck, connu sous le nom de MSD en dehors des États-Unis et du Canada, et Ridgeback Biotherapeutics, ont annoncé aujourd'hui que Merck avait soumis une demande d'autorisation d'utilisation d'urgence (EUA) à la Food and Drug Administration (FDA) des États-Unis pour le molnupiravir, un médicament oral expérimental médicament antiviral, pour le traitement du Covid-19 léger à modéré chez les adultes à risque d'évoluer vers un Covid-19 sévère et/ou d'être hospitalisé. Les sociétés travaillent activement avec les agences de réglementation du monde entier pour soumettre des demandes d'utilisation d'urgence ou d'autorisation de mise sur le marché dans les mois à venir.

Emerson (-1%) et Aspen Technology ont annoncé un deal valorisé 11 milliards de dollars en vue de la création d'une nouvelle compagnie software de plus grandes échelle et capacité. Dans le cadre du deal, Emerson apportera 6 milliards de dollars en cash en échange d'une participation de 55% dans le nouvel ensemble. Les actionnaires d'Aspen Technology recevront 87$ et 0,42 titre de l'entité combinée pour chacune de leurs actions. Le deal implique OSI Inc et Geological Simulation Software, deux petites activités de l'unité automatisation d'Emerson. La nouvelle entité doit retenir le nom d'AspenTech, et sera dirigée par le CEO d'Aspen, Antonio Pietri.

Tesla (+1%) fait encore et toujours l'actualité. Elon Musk, le directeur général du constructeur de véhicules électriques, a annoncé durant le week-end que la nouvelle usine du groupe en Allemagne devrait sortir ses premiers modèles dès le mois prochain. Il a néanmoins indiqué qu'il faudrait sans doute plus de temps pour atteindre une production de masse. Le feu vert pour l'entrée en service de cette méga-usine du groupe près de Berlin est attendu dans les prochaines semaines, après une dernière consultation publique prévue jeudi. Samedi, le groupe de Musk célébrait sur le chantier presque terminé de l'usine berlinoise la naissance de ce nouveau site majeur de production.

Hasbro (stable), géant américain du jouet, a annoncé que son président et directeur général, Brian Goldner, allait se mettre en retrait pour raisons médicales. Il est remplacé à titre provisoire par Rich Stoddart, principal administrateur indépendant. Goldner avait précédemment confié qu'il suivait un traitement médical constant depuis 2014. Stoddart était CEO de la firme marketing InnerWorkings Inc jusqu'à l'an dernier.

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