Cotation du 24/05/2019 à 22h49 Dow Jones Industrial +0,37% 25 585,69
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Wall Street dans le vert, les tensions commerciales retombent dans l'automobile

Wall Street dans le vert, les tensions commerciales retombent dans l'automobile
Wall Street dans le vert, les tensions commerciales retombent dans l'automobile
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Après une baisse en début de séance, la Bourse américaine a rebondi mercredi, réagissant à des rumeurs évoquant un probable report des taxes sur les importations automobiles que l'administration Trump avait prévu à partir de ce samedi 18 mai... Par ailleurs, le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin a indiqué qu'il se rendrait prochainement en Chine pour reprendre les négociations commerciales. Sur le plan macro-économique, plusieurs indicateurs ont signalé mercredi la poursuite du ralentissement de l'économie en Chine et aux Etats-Unis, ce qui a accru les attentes de nouveaux gestes de soutien de la part des banques centrales...

A deux heures de la clôture des marchés, l'indice Dow Jones gagnait 0,62% à 25.691 points, tandis que l'indice large S&P 500 prenait 0,78% à 2.856 pts et que le Nasdaq composite avançait de 1,28% à 7.833 pts. Les indices sont en route vers une deuxième séance de rebond après le coup de tabac de lundi, où ils avaient vécu leur pire séance depuis le 3 janvier (-2,38% pour le DJIA, -2,4% pour le S&P 500 et -3,4% pour le Nasdaq).

Mercredi matin, les marchés asiatiques ont progressé (+0,6% pour le Nikkei à Tokyo et +2,2% pour le CSI 300 à Shanghai dans l'espoir de mesures de soutien de la banque centrale), tandis qu'en Europe, l'EuroStoxx 50 et le CAC 40 ont regagné chacun 0,6% en clôture, après avoir démarré dans le rouge.

Les taux refluent, anticipant de nouvelles mesures de soutien des banques centrales

Le marché des changes était plutôt calme mercredi soir. L'indice du dollar (qui mesure son évolution face à un panier de 6 devises de référence) cotait 97,54 points (+0,02%), tandis que l'euro s'inscrivait à 1,1206$ (+0,02%) après l'annonce d'une croissance de 0,4% du PIB de l'Allemagne au 1er trimestre (après une stagnation au T4 2018).

Sur les marchés de taux, les obligations ont été une nouvelle fois recherchées, faisant retomber les taux d'intérêts. Le rendement de l'emprunt d'Etat américain de référence, le T-Bond à 10 ans, cédait 4 points de base, à 2,37%. En Allemagne, le rendement du Bund à 10 ans a reculé de 3 pdb pour tomber à -0,10%. Les opérateurs sont de plus en plus nombreux à penser que des deux côtés de l'Atlantique, les banques centrales devront accentuer leurs mesures de soutien aux marchés financiers dans les mois à venir. Mardi, Donald Trump a appelé une nouvelle fois la Fed à baisser ses taux directeurs, l'incitant à l'aider ainsi à gagner la bataille commerciale contre la Chine.

Les taxes Trump sur les importations automobiles reportées de 6 mois ?

Les cours du pétrole progressaient mercredi, malgré une forte hausse des stocks hebdomadaires aux Etats-Unis. L'or noir reste soutenu par la crainte de perturbations dans les livraisons, après une série d'incidents dans le Golfe persique, sur fond de tensions diplomatiques croissantes entre les Etats-Unis et l'Iran. Le contrat à terme de juin sur le brut léger américain WTI gagnait en séance 0,5% à 62,08$ le baril sur le Nymex, tandis que le Brent d'échéance juillet prenait 0,83% à 71,83$.

Les dossiers commerciaux sont restés mercredi les facteurs les plus déterminants pour les marchés financiers. Ainsi, l'annonce d'un possible report de la taxation des importations automobiles européennes aux Etats-Unis a entraîné une inversion de tendance des Bourses européenne et américaine.

Les actions ont ainsi vivement rebondi après que l'agence 'Bloomberg' et la chaîne 'CNBC' ont affirmé que Donald Trump devrait repousser de six mois l'imposition de tarifs douaniers supplémentaires dans le secteur automobile, offrant un répit bienvenu à l'Union européenne.

Selon des sources citées par la presse, le président américain penchait initialement sur un report de trente jours, mais il aurait accepté de le prolonger de six mois afin de ne pas multiplier les conflits commerciaux, à un moment où les discussions sont au point mort avec la Chine.

La décision officielle de Washington doit intervenir d'ici samedi, la date-butoir qui avait été fixée en novembre par Donald Trump pour l'entrée en vigueur de ces taxes sur les automobiles et les pièces détachées automobiles importées aux Etats-Unis. Dans l'Union européenne, l'Allemagne serait particulièrement visée par ces taxes, tandis qu'en Asie, le Japon et la Corée du sud sont en première ligne.

Les économies américaine et chinoise donnent des signes de faiblesse

Par ailleurs, le secrétaire au Trésor américain, Steven Mnuchin, a redonné un peu d'espoir aux marchés en déclarant qu'il se rendrait bientôt à Pékin pour y poursuivre les négociations avec les autorités chinoises, après l'échec de pourparlers des 9 et 10 mai à Washington.

Il n'a pas donné de précision sur la date de cette visite :"ce que je prévois, c'est que nous irons à Pékin à un moment donné dans un futur proche pour poursuivre ces discussions", a-t-il dit. "Nous continuons les discussions. Il y a encore beaucoup de travail à faire", a-t-il ajouté.

Mercredi matin, une série de statistiques chinoises ont signalé la poursuite de l'affaiblissement de la croissance de la 2è économie mondiale, ce qui pourrait mettre Pékin sous pression pour parvenir à un accord commercial avec Washington... Les ventes de détail ont progressé de 7,2% sur un an en avril, contre +8,6% attendu et après 8,7% en mars. Il s'agit de leur plus faible hausse depuis 16 ans. La production industrielle n'a augmenté que de 5,4% en avril sur un mois, contre 6,5% attendu et au plus bas depuis la crise financière mondiale de 2008-2009. La Bourse chinoise a paradoxalement réagi à la hausse à ces contre-performances, les investisseurs anticipant de nouvelles mesures de soutien de l'économie de la part de la banque centrale chinoise.

Aux Etats-Unis, les statistiques du jour ont aussi signalé un ralentissement conjoncturel en avril... Les ventes de détail ont reculé de 0,2% sur un mois, contre +0,2% attendu. La progression des ventes de détail en mars a été toutefois revue légèrement à la hausse à +1,7%, contre +1,6% précédemment. Hors automobile, les ventes de détail ont augmenté de 0,1% sur un mois, contre +0,7% de consensus de place et +1,3% pour la lecture révisée de mars.

Par ailleurs, la production industrielle a chuté de 0,5% le mois dernier, alors que le consensus tablait sur une stabilité, et après un gain de +0,2% en mars. La production manufacturière a également baissé de 0,5% en avril, contre +0,1% de consensus, et a ainsi signé son troisième recul en 4 mois... Le taux d'utilisation des capacités s'est élevé à 77,9%, contre 78,7% de consensus et 78,5% un mois avant.

D'autres indicateurs sont cependant ressortis supérieurs aux attentes. Ainsi, l'indice Empire State, qui mesure l'activité dans la région de New York est ressorti très nettement supérieur aux attentes en mai, à +17,8 contre +9 de consensus et après +10,1 en avril.
L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta, qui mesure les attentes des firmes à un an, est ressorti à +2% en mai, contre +1,9% en avril. L'indice du marché immobilier de la National Association of Home Builders (NAHB) s'est établi à 65 en mai, contre 64 de consensus et après 63 en avril.

VALEURS A SUIVRE

A l'exception notable des valeurs financières, plombée par les anticipations de nouvelles baisses de taux, tous les secteurs progressaient ce mercredi à Wall Street, à commencer les services de communication (+2,1% en séance pour l'indice S&P sectoriel) et les valeurs technologiques (+1,1%), qui avaient le plus souffert du coup de tabac de lundi.

Alibaba (+2,5%) progresse à Wall Street, après la publication des comptes du quatrième trimestre fiscal. Le colosse chinois du e-commerce a donc dépassé le consensus de profit et de revenus sur la période close, aidé par les ventes en ligne et le 'cloud computing'. Les revenus trimestriels ont totalisé 93,5 milliards de yuans sur la période close fin mars 2019 (13,93 milliards de dollars), en croissance de 51% en glissement annuel, alors que le consensus se situait plutôt à 91,6 milliards.

Le bénéfice net trimestriel attribuable aux actionnaires ordinaires s'est amélioré à 25,8 milliards de yuans (3,85 Mds$) et le bénéfice net s'est élevé à 23,4 milliards de yuans (3,48 Mds$). Le bénéfice net non-GAAP a totalisé 20,06 milliards de yuans (2,99 Mds$), ce qui représente une vive progression de 42% en glissement annuel. Le bénéfice dilué par action est ressorti à 1,47$ et le bpa ajusté à 1,28$ (+50%). Le consensus était de 96 cents de bpa ajusté.

Facebook (+3,4%) a dévoilé un durcissement des conditions d'utilisation des vidéos en direct et un partenariat de recherche, afin d'améliorer ses capacités d'analyse des images. Les décisions interviennent deux mois après les attentats de Christchurch en Nouvelle-Zélande, rappelle l'agence Reuters.

Apple (+1,3%), qui produit en Chine la plupart de ses produits phares, dont l'iPhone, serait durement touché si Donald Trump mettait à exécution ses menaces de taxer la totalités des biens importés de Chine... Dans une note envoyée hier à ses clients, JP Morgan estime que la firme à la pomme devrait relever ses prix de vente de 14% aux Etats-Unis pour compenser les effets des barrières douanières. Le prix d'un iPhone XS passerait de 1.000$ à 1.142$ si l'administration Trump appliquait à ses smartphones des taxes d'importation de 25%. De son côté, Bank of America a calculé combien coûterait le rapatriement aux Etats-Unis de la production d'iPhones, et conclut qu'il aboutirait à une hausse de prix encore plus importante, de 20%.

Walmart (-0,26%) réfléchirait à une introduction en bourse de sa filiale britannique Asda, après l'échec du projet de fusion entre cette dernière et son compatriote Sainsbury's, croit savoir Reuters. Judith McKenna, directrice générale des activités internationales de Walmart, a déclaré aux cadres d'Asda lors d'une réunion : "Même si nous ne prendrons aucune décision précipitée, je veux que vous sachiez que nous envisageons sérieusement un chemin menant à une IPO afin de consolider votre réussite à long terme". Elle a ajouté que les préparatifs de l'IPO "prendraient des années".

Tilray (-2,3%) et Aurora Cannabis (+4,5%), deux 'stars' canadiennes du cannabis cotées à Wall Street, ont publié des comptes contrastés. Tilray a affiché une perte ajustée trimestrielle par action de 27 cents, un peu plus lourde que prévu, mais des revenus supérieurs aux attentes avec la légalisation au Canada, la croissance des marchés médicaux et les acquisitions. Aurora a perdu 5 cents par titre sur le trimestre écoulé, en ligne avec le consensus, mais ses revenus sont ressortis inférieurs aux attentes de marché.

Xilinx (+2%) livre des nouvelles quelque peu rassurantes dans le petit monde des semi-conducteurs. Pour l'exercice fiscal 2020, les revenus sont anticipés au-dessus du consensus de Wall Street, entre 3,45 milliards et 3,6 milliards de dollars. Le groupe mise sur les semi-conducteurs pour équipements 5G.

Agilent (-10,7%) a annoncé pour le trimestre clos un bénéfice ajusté par action logé à 71 cents, légèrement inférieur aux attentes (72 cents). Le concepteur d'instruments de laboratoire a par ailleurs manqué le consensus de revenus sur la période close, victime des faiblesses des marchés alimentaires et pharmaceutiques. Le bénéfice trimestriel est ressorti à 182 M$ et 57 cents par titre, pour un bpa ajusté de 71 cents et des ventes de 1,24 Md$. La guidance pour le trimestre entamé est inférieure aux attentes.

Macy's (-1,1%). Sur le trimestre clos, la chaîne de magasins a battu le consensus sur le plan de la croissance à périmètre comparable, avec une progression de +0,7% à comparer à un consensus de +0,3%. Les ventes consolidées ont décliné légèrement à 5,5 milliards de dollars, en ligne avec les attentes. Le bénéfice net s'est élevé à 136 millions de dollars et 44 cents par titre, contre un consensus de 33 cents. Sur l'exercice 2019, le groupe anticipe un bpa ajusté allant de 3,05 à 3,25$ et des ventes assez stables.

Cisco (+0,67%) publiera ce soir ses derniers comptes trimestriels, après la clôture de Wall Street. Le consensus est de 77 cents de bénéfice ajusté par action pour 12,89 milliards de dollars de revenus sur le trimestre clos.

Uber (+2,4%). Un rapport d'experts a conclu que les chauffeurs du géant des services VTC devaient être considérés comme des sous-traitants indépendants, et non pas comme des salariés. Le titre avait rappelons-le plongé vendredi pour son introduction en bourse sur le Nyse. Il remontait hier de 7,7% en clôture, vers les 40$, contre un prix d'IPO de 45$.

Intel (+1,1%). Le géant américain des microprocesseurs et des chercheurs en sécurité informatique ont décelé de nouvelles failles de sécurité dans des processeurs du groupe californien. Pour certains produits, les correctifs nécessaires pourraient ralentir les performances.

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