Cotation du 19/08/2019 à 19h19 Dow Jones Industrial +1,15% 26 184,10
  • DJIND - US2605661048

Wall Street creuse ses pertes, Trump plombe l'ambiance

Wall Street creuse ses pertes, Trump plombe l'ambiance
Wall Street creuse ses pertes, Trump plombe l'ambiance
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine creuse ses pertes ce vendredi, corrigeant après son copieux rebond de la veille (+1,43% sur le DJIA et +2,24% sur le Nasdaq). Les derniers commentaires de Trump concernant la Chine annihilent en effet les derniers espoirs d'accord commercial à court terme. Le DJIA abandonne désormais 0,80% à 26.166 pts, alors que le S&P500 perd 0,93% à 2.911 pts. Le Nasdaq chute de 1,22% à 7.941 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar fléchit de 0,1% à 97,4. Sur le Nymex cette fois, le baril de brut WTI rebondit de 3,1% à 54,2$.

Les Etats-Unis "pas prêts" à un accord commercial, dit Trump

Le président américain vient d'affirmer que les États-Unis ne seraient pas prêts à un accord commercial pour l'heure avec la Chine, alors que Pékin désirerait pour sa part avancer. Devant la presse ce jour, le leader de la Maison blanche s'est donc montré intraitable, affirmant que les discussions se poursuivraient avec la Chine sur le commerce et que tout se passerait "très bien", mais qu'aucun accord ne serait en vue actuellement. Il assure par ailleurs que les USA couperont les ponts avec le colosse chinois des télécommunications Huawei. Trump en profite également pour souligner l'effet "incroyable" des tarifs douaniers sur la Chine.

Ces derniers commentaires de Trump confirment donc l'extrême fragilité des négociations, le président américain n'excluant d'ailleurs pas un échec des pourparlers.

Huawei plus blacklisté que jamais

Bloomberg avait déjà affirmé un peu plus tôt que la Maison blanche ralentissait le processus de décision sur l'octroi de licences à des firmes américaines les autorisant à commercer avec le controversé géant télécom chinois Huawei, en réaction à la décision de Pékin de suspendre l'achat de produits agricoles américains.

Trump précise aujourd'hui que les USA ne feront plus affaire avec le groupe chinois, à moins d'un accord global entre les deux pays - qui semble improbable à court terme étant donné ces dernières déclarations. Le président américain juge plus globalement que les Etats-Unis ont toutes les cartes en main dans ces négociations commerciales...

Sur ce dossier sino-américain, la tension était retombée quelque peu en milieu de semaine avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits... Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales.

Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

Une baisse des taux d'un point de la Fed ?

Trump s'est aussi permis ce vendredi de réclamer à la Fed une baisse des taux... d'un point entier, jugeant les USA défavorisés par la politique monétaire supposée trop dure de la banque centrale. Devant la presse à la Maison blanche, le président américain a ajouté qu'un dollar fort nuisait à l'économie et à l'industrie américaine. Il faudrait donc selon lui que la Réserve Fédérale assouplisse fortement sa politique, alors même que la Fed vient de procéder fin juillet à sa première baisse des taux depuis la crise financière de 2008. Les marchés n'envisagent pour l'heure aucunement de geste aussi fort de la Fed, d'autant que son patron Jerome Powell a insisté sur le fait que la récente réduction des taux ne constituait pas le début d'un cycle d'assouplissement. Le 31 juillet, la Banque avait abaissé ses taux d'un quart de point à 2-2,25%.

Faiblesse inattendue des prix à la production

L'indice global des prix à la production aux Etats-Unis pour le mois de juillet 2019 est ressorti en ligne avec le consensus, en croissance de 0,2% en comparaison du mois antérieur et de 1,7% en glissement annuel. En revanche, l'indice des prix à la production hors alimentaire et énergie a reculé de manière inattendue, en baisse de 0,1% par rapport au mois de juin contre un consensus de +0,2%. En glissement annuel, il progresse de 2,1% contre un consensus de +2,4%.

Ce vendredi, les investisseurs avaient déjà pris connaissance du premier repli des prix à la production en Chine en trois ans. Une telle déflation pourrait contraindre Pékin à de plus amples mesures de relance. Dans un contexte de ralentissement de la demande, l'indice chinois des prix à la production a donc baissé de 0,3% au mois de juillet, en rythme annuel, alors que les économistes tablaient sur un retrait beaucoup plus limité de 0,1%.

Reprise des prix du pétrole

Les prix du pétrole étaient remontés hier, récupérant après leur plongeon de la veille sur un plancher de sept mois. Ils poursuivent sur cette tendance ce jour. L'Arabie saoudite désirerait en effet relancer les cours, et aurait contacté d'autres grands producteurs afin d'y parvenir. Selon Bloomberg, des membres de l'OPEP auraient été contactés afin d'étudier toutes les options. Il serait par ailleurs désormais possible que la Chine limite ses importations de pétrole brut américain afin de riposter contre les USA, indiquent certains spécialistes.

Chiffres contrastés en Europe, recul du PIB britannique

En Europe, les importations en Allemagne ont progressé plus que prévu en juin, tandis que les exportations ont régressé comme attendu. L'économie britannique a affiché une contraction au deuxième trimestre, pour la première fois depuis 2012, avec l'accumulation des stocks au début de l'année en prévision du Brexit. Le PIB britannique a reculé de 0,2% sur la période d'avril à juin, selon l'Office national de la statistique. Les spécialistes anticipaient plutôt une stabilité... En France, la production industrielle est retombée de 2,3% en juin après avoir progressé de 2% le mois précédent. Le consensus tablait sur un repli limité à 1,2%. Il s'agissait de la plus forte baisse sur un mois depuis janvier 2018. La production reculait également nettement dans l'industrie manufacturière (-2,2% après +1,6%).

La crise italienne se durcit quant à elle, Matteo Salvini ayant annoncé hier la fin de la coalition formée avec le Mouvement 5 Etoiles et demandé des législatives anticipées. Le ministre de l'Intérieur et chef de file de la Ligue d'extrême droite juge en effet que la coalition au pouvoir à Rome, mise en place il y a un peu plus d'un an, ne fonctionne plus. Son parti a par ailleurs déposé une motion de censure au Sénat contre le gouvernement.

Les valeurs

Broadcom (+2%) a confirmé hier soir l'acquisition pour 10,7 milliards de dollars en cash de l'unité entreprise de Symantec (-1%). Cette division du géant américain des solutions de sécurité informatique adresse le segment des entreprises, offrant des solutions défendant la sécurité des systèmes corporate. La finalisation de la transaction est attendue durant le premier trimestre fiscal de Broadcom, qui se termine en janvier.

L'opération intervient moins d'un mois après l'échec des discussions entre Broadcom et Symantec en vue d'une fusion totale. La transaction avait achoppé sur la question du prix. Il est intéressant de noter que le montant du deal, qui recentre Symantec sur les consommateurs, est assez proche de la capitalisation boursière du groupe (15,8 milliards de dollars après la flambée de 12% d'hier sur des rumeurs insistantes).

Symantec a par ailleurs communiqué hier soir ses trimestriels. Le groupe de cybersécurité a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2020 des revenus GAAP de 1,247 Md$ en croissance de 8% en glissement annuel, ainsi que des revenus non-GAAP de 1,251 Md$ en hausse de 7%. La marge opérationnelle GAAP de 13% a progressé de 13 points de base, alors que la marge non-GAAP a grimpé à 30%. Le bpa dilué GAAP a atteint 4 cents, alors que le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 43 cents, en croissance de 23% en glissement annuel, contre un consensus de 42 cents.

News Corp (+5%) a publié hier soir, pour son exercice fiscal clos, des revenus de 10,07 milliards de dollars en augmentation de 12% en glissement annuel, reflétant la consolidation de Foxtel sur l'année entière et la croissance des services de Digital Real Estate. Le bénéfice net s'est établi à 228 millions de dollars, contre une perte de 1,44 milliard de dollars un an avant. Le bpa ajusté s'est établi à 46 cents, contre 44 cents un an auparavant et 41 cents de consensus. Le nombre des abonnés du Wall Street Journal a atteint un record de 2,6 millions, dont 69% dans le digital.

CBS (-4%) a révélé pour son second trimestre des revenus supérieurs aux attentes, en progression de 10% à 3,81 milliards de dollars, contre 3,72 milliards de consensus. Le bénéfice ajusté trimestriel par action du réseau TV est ressorti à 1,16$, contre 1,12$ de consensus. Le bénéfice net a atteint 440 millions de dollars et 1,17$ par action sur ce trimestre clos fin juin, contre 400 millions de dollars un an auparavant. Notons enfin que l'agence Reuters a fait état hier de négociations du groupe avec Viacom, un 'deal' étant attendu sous peu.

Activision Blizzard (-3%), colosse des jeux vidéo, a déçu hier soir par ses prévisions de ventes, alors que les comptes du second trimestre sont en revanche ressortis solides. Pour le trimestre clos, le bénéfice net est ressorti à 328 millions de dollars soit 43 cents par action, contre 402 millions de dollars un an auparavant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 53 cents. Les revenus ont grimpé à 1,4 milliard de dollars contre 1,32 Md$ un an avant. L'activité et le bpa ajusté ont dépassé les attentes. Pour le troisième trimestre, le groupe envisage un bpa ajusté de 20 cents pour des ventes de 1,12 Md$.

Uber (-6%) a encore déçu. Le géant des VTC a publié hier soir la plus importante perte trimestrielle de son histoire tout en faisant état d'un ralentissement de sa croissance. La firme californienne a essuyé un déficit net de 5,2 milliards de dollars - qui prend néanmoins en compte de frais de compensation de 3,9 Mds$ liés à son IPO. La perte ajustée ressort malgré tout à 656 M$, plus du double de l'année précédente. La croissance du chiffre d'affaires a ralenti à 14%, à 3,17 milliards de dollars, contre un consensus de 3,36 Mds$. La firme prévoit une perte ajustée comprise entre 3 et 3,2 Mds$ cette année.

Dropbox (-13%) souffre sur la cote américaine. Le groupe a publié une perte creusée pour le second trimestre, ainsi qu'une légère hausse du nombre d'utilisateurs payants. Les revenus trimestriels ont grimpé de 18% à 402 M$, contre 401 M$ de consensus de place. Le bénéfice ajusté par action s'est élevé à 10 cents, contre 8 cents de consensus. La perte nette a dépassé les 21 M$, 5 cents par titre, contre 4 M$ un an plus tôt.

Mattel (-11%) décroche à Wall Street, Le géant américain du jouet vient d'arrêter son émission obligataire après avoir reçu un courrier anonyme d'un lanceur d'alerte. Le groupe veut prendre le temps d'étudier les éléments contenus dans la lettre. Les opérateurs s'interrogent donc légitimement au sujet de ce fameux courrier dont le groupe n'a pas précisé les détails.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com