Cotation du 10/07/2020 à 23h09 Dow Jones Industrial +1,44% 26 075,30
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Wall Street : coup de tabac face à la hausse des cas de Covid-19

Wall Street : coup de tabac face à la hausse des cas de Covid-19
Wall Street : coup de tabac face à la hausse des cas de Covid-19
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La Bourse de New York est repartie en nette baisse mercredi, les investisseurs succombant aux mauvaises nouvelles sur le front de la crise sanitaire, qui s'aggrave dans de nombreux Etats américains. Par ailleurs, la crainte d'un regain de tension commerciale entre les Etats-Unis et l'Union européenne préoccupe aussi les marchés. Le pétrole replonge de l'ordre de 5%, tandis que le dollar se renforce en tant que valeur refuge.

A deux heures de la clôture, l'indice Dow Jones abandonne 2,66% à 25.459 points, tandis que l'indice large S&P 500 cède 2,6% à 3.050 pts. Le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques, perd 2,26% à 9.902 pts, après avoir enchaîné 2 séances consécutives de record. Les 11 indices S&P sectoriels sont en baisse, à commencer par l'énergie (-5%), l'immobilier (-3,7%) et les financières (-3,4%).

Un majorité d'Américains désapprouve la gestion de la crise sanitaire

Sur le front sanitaire, plus de la moitié des Etats américains continuent d'afficher ces derniers jours une hausse du nombre de nouveaux cas de coronavirus, notamment en Floride, Californie, Arizona, Mississippi et au Nevada, qui ont connu un nombre record de cas ces 24 dernières heures. La ville de Houston au Texas (également face à une hausse record de cas) a indiqué que ses capacités d'accueil en soins intensifs étaient désormais remplies à 97%.

Les Etats-Unis restent de loin le pays le plus endeuillé par la pandémie, la barre des 120.000 morts ayant été franchie lundi. Mercredi, l'Université américaine Johns Hopkins fait état de plus de 121.200 décès pour 2,34 millions de cas aux USA. Au total, le Covid-19 a tué plus de 478.000 personnes dans le monde et en a contaminé plus de 9,29 millions.

Le principal responsable américain des maladies infectieuses, Anthony Fauci, a déclaré mardi devant une commission du Congrès que les deux prochaines semaines "seront cruciales" pour contenir l'épidémie. La gestion de la crise sanitaire est jugée sévèrement par les Américains, selon un sondage publié mercredi par Reuters-Ipsos, qui a établi que seulement 37% des Américains approuvent la manière avec laquelle Donald Trump a réagi à la pandémie, soit le score le plus bas depuis que Reuters-Ipsos a commencé à poser la question, début mars. Ils sont à l'inverse 58% à désapprouver la gestion du président américain.

Craintes commerciales sur fond de récession mondiale

Outre les inquiétudes soulevées par l'évolution de l'épidémie de coronavirus, les marchés craignent un regain de tensions commerciales. Alors que Donald Trump a assuré mardi que l'accord conclu en janvier avec la Chine restait en vigueur, la tension remonte avec l'Europe. Ainsi, une note des services du représentant américain au Commerce vue par Reuters souligne que les Etats-Unis envisagent d'imposer des droits de douane sur une nouvelle gamme de produits importés de pays européens, notamment la France, tels que les olives, la bière ou des équipements industriels, qui représentaient une valeur de 3,1 milliards de dollars en 2018.

La séance a aussi été marquée par la publication des nouvelles prévisions économiques du FMI, qui a révisé ses attentes en baisse, comme l'avaient fait avant elle la Banque mondiale et l'OCDE. Selon le fonds monétaire international, le PIB mondial devrait se contracter de 4,9% cette année contre une baisse de 3% prévue en avril. Une telle baisse de l'activité constituerait la plus importante récession depuis la Grande Dépression des années 1930. Un rebond de 5,4% est toutefois attendu en 2021 (contre +5,8% attendu précédemment).

"La pandémie de COVID-19 a eu un impact plus négatif que prévu sur l'activité au cours du premier semestre 2020, et la reprise devrait être plus progressive qu'anticipé", a souligné le FMI.

Correction sur le pétrole, le dollar remonte

Le pétrole fait l'objet de prises de bénéfices appuyées mercredi, après la publication d'une forte hausse des stocks hebdomadaires de brut aux Etats-Unis. Le baril de brut léger américain WTI pour livraison août perd 5,3% à 38,22$ sur le Nymex, tandis que le baril de Brent de la mer du Nord d'échéance août perd 5% à 40,48$.

Les stocks domestiques de pétrole pour la semaine close au 19 juin ont augmenté de 1,4 million de barils à 540,7 mb, contre un consensus de +1,5 million de barils.

L'or a mis fin à plusieurs séances haussières qui l'avait amené près des 1.800$ l'once. Le contrat à terme d'août a cédé mercredi 0,4% à 1.775,10$ l'once sur le Comex. Le métal jaune gagne cependant plus de 16% depuis le début de l'année, servant de valeur-refuge.

Sur le marché des changes, le dollar reprend des couleurs, l'indice du dollar regagnant 0,47% à 97,09 points. L'euro cède 0,36% à 1,1265$.

VALEURS A SUIVRE

* Dell Technologies (+7,6%) et sa filiale VMware (+2,8%) bondissent après des informations du 'Wall Street Journal'. Selon le site du quotidien économique, le fabricant d'ordinateurs Dell étudie ses options concernant sa participation de 81% dans le capital de WMware, spécialiste des logiciels de virtualisation et de services de "cloud computing". Le groupe informatique pourrait soit céder cette part, soit au contraire racheter le solde des titres et retirer VMware de la cote. Toutefois, cette réflexion est à un stade initial et aucune décision n'est imminente, a précisé le 'WSJ'. La presse avait déjà fait état au printemps 2018 d'un projet de fusion entre Dell et sa filiale considérée comme sa pépite.

* Amazon (-1%). L'autorité britannique de la concurrence et des marchés a donné son feu vert provisoire à l'investissement d'Amazon dans Deliveroo, notant que l'accord n'était "pas susceptible" d'entraver la concurrence dans le secteur. La CMA avait déjà autorisé provisoirement cette opération en avril dernier compte tenu de l'impact de la pandémie de coronavirus sur la situation financière de Deliveroo. Mais elle a déclaré ce mercredi qu'elle avait maintenant provisoirement conclu que l'opération ne réduirait pas non plus de manière significative la concurrence dans les secteurs de la livraison aux restaurants ou de la livraison des produits d'épicerie de proximité en ligne. Le géant américain du commerce en ligne avait annoncé en mai 2019 son entrée au capital du livreur britannique de repas Deliveroo à l'occasion d'un tour de table totalisant 575 millions de dollars. Amazon étant le principal contributeur lors de ce 'round' de financement.

* Carnival perd 10,7% après la dégradation de sa note de crédit en catégorie spéculative par l'agence de notation S&P's qui table sur la persistance d'une faible demande pour l'industrie des croisières. Dans le secteur, Barclays a par ailleurs dégradé les titre Royal Caribbean (-10,8%) et Norwegian Cruise (-11,5%) après leur récent rebond. Selon le courtier, les compagnies de croisière vont devoir affronter un "chemin sombre".

* American Airlines (-5,6%) et United Airlines (-7%) reculent nettement avec les craintes pesant sur l'économie.

* Uber (-6,8%). Toyota Motor détenait fin mars 10,25 millions d'actions Uber, soit 0,6% environ du capital du groupe américain, avec lequel il est associé en vue du développement de nouveaux services de mobilité, souligne un rapport du constructeur automobile japonais.

* Tesla cède 3,8%. La NHTSA, l'agence fédérale américaine de sécurité routière, d'une enquête sur les Model S du constructeur produites de 2012 à 2015, à la suite de signalements de défauts de l'écran tactile.

* T-Mobile US (+0,46%) a annoncé avoir fixé à 103 dollars le prix de vente unitaire de ses actions transférées par SoftBank Group, soit une décote d'environ 4% par rapport à la clôture de mardi.

* Visa (-3,4%) / Mastercard (-4,1%) : La banque centrale brésilienne a ordonné aux deux groupes de cartes de crédit de suspendre toutes les transactions de la nouvelle offre de Whatsapp (Facebook, -3,2%), permettant aux utilisateurs de la messagerie d'effectuer des paiements et transferts d'argent.

* Alphabet (-1,9%). Google va investir jusqu'à 2 milliards de dollars dans un centre de données en Pologne pour gérer des services d'informatique dématérialisée, a rapporté le quotidien 'Puls Biznesu'.

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