Cotation du 23/10/2019 à 21h54 Dow Jones Industrial +0,10% 26 813,65
  • DJIND - US2605661048

Wall Street corrige, toujours plombé par Trump et le commerce

Wall Street corrige, toujours plombé par Trump et le commerce
Wall Street corrige, toujours plombé par Trump et le commerce
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les craintes liées aux négociations commerciales plombent encore les indices à Wall Street, les marchés jugeant peu probable qu'un accord global et satisfaisant puisse être conclu à court terme entre Washington et Pékin. Dans ce contexte, et compte tenu du risque important d'un ralentissement économique significatif, la prudence devrait dominer encore ce jour. Le S&P500 abandonne encore 0,6% en pré-séance. Le Nasdaq cède également 0,6% et le DJIA perd 0,7%. L'indice dollar régresse de 0,1% à 98,9. Le baril de brut WTI corrige de 1,3% à 52$ sur le Nymex, alors que le Brent de la mer du Nord fléchit de 1,2% à 57,7$.

L'indice des prix à la production aux États-Unis pour le mois de septembre 2019 est ressorti en retrait de 0,3% en comparaison du mois antérieur, contre +0,1% de consensus de place. Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' a également régressé de 0,3%, alors que le consensus était de +0,2%. En glissement annuel, par rapport au mois d'août 2019, l'indice des prix à la production a augmenté de +1,4% (+2% hors alimentaire et énergie).

Le département américain au Commerce a annoncé hier le placement sur liste noire d'une trentaine d'organismes publics ou de groupes chinois, dont la société de vidéosurveillance Hikvision. L'administration américaine évoque à ce sujet la participation à une répression des Ouïghours dans la région du Xinjiang. L'agence Reuters indique que le bureau de la sécurité publique de la région autonome, 19 autres agences gouvernementales ainsi que huit entreprises sont concernés...

En outre, d'après les informations de Bloomberg, l'administration Trump envisagerait d'interdire aux fonds de pension de l'Etat fédéral d'investir dans des valeurs chinoises cotées sur les marchés américains... Alibaba, Baidu, JD.com et quelques autres pourraient donc souffrir ce jour à Wall Street.

Ces sanctions interviennent alors que les opérateurs doutent désormais de la volonté réelle de la Chine de parvenir à un accord commercial global avec les États-Unis, après des mois d'un rude affrontement par 'tarifs' douaniers interposés. L'éventail des sujets que les négociateurs chinois seraient susceptibles d'aborder dans les discussions qui doivent reprendre cette semaine se serait réduit considérablement, selon des hauts représentants chinois cités par Bloomberg.

Trump a par ailleurs affirmé hier devant la presse qu'il espérait bien que Pékin trouve une issue humaine à la crise en cours à Hong Kong, qui pourrait donc constituer une autre pierre d'achoppement...

Le vice-Premier ministre chinois Liu He, principal négociateur commercial de Pékin, aurait précisé à des responsables américains en visite en Chine son intention de présenter une offre ne comprenant aucun engagement de réforme de la politique industrielle chinoise, selon Bloomberg. Les négociateurs doivent se rencontrer à Washington jeudi et vendredi pour un nouveau volet de discussions.

Hier, la Maison blanche a confirmé qu'une délégation chinoise de haut niveau, menée par Liu He, était attendue jeudi aux Etats-Unis pour de nouvelles négociations sur le commerce entre les deux premières économies du monde, à quelques jours de la date prévue du relèvement des droits de douane sur des milliers de produits chinois importés.

Larry Kudlow, principal conseiller économique de la Maison blanche, a rassuré en déclarant à 'Fox News' que des progrès étaient "possibles" cette semaine. Il a répété que l'exclusion des entreprises chinoises des marchés boursiers américains n'était "pas sur la table", après des informations de presse parues la semaine dernière à ce sujet.

De son côté, la Chine laisse donc planer un doute sur la possibilité d'un large accord commercial. Selon des sources citées par Bloomberg, la Chine considérerait que Trump est affaibli politiquement par la procédure de destitution ouverte contre lui par les démocrates du Congrès. Pékin pourrait donc en profiter pour tenter de décrocher un accord a minima, en considérant qu'un accord, quel qu'il soit, redresserait la cote de confiance du président américain auprès de son opinion publique.

Si les États-Unis mettaient à exécution la prochaine hausse des tarifs douaniers, la quasi-totalité des importations provenant de la Chine seraient alors soumises à des taxes supplémentaires. Selon la banque suisse UBS, cela entraînerait un ralentissement important de la croissance au premier semestre 2020 "avec des risques élevés de récession" aux Etats-Unis... De son côté, la National Association for Business Economics (NABE), dans une étude dévoilée hier lundi, table pour sa part sur un ralentissement de la croissance américaine à +1,8% l'an prochain, ce qui marquerait la première année de croissance inférieure à 2% sous la présidence Trump.

Dans ce contexte incertain, les investisseurs font le pari que la Réserve fédérale fera le nécessaire pour soutenir l'activité, en abaissant au moins une fois ses taux directeurs d'ici à la fin de l'année. Le président de la Fed Jerome Powell n'a pas apporté de réponse précise à cette question, mais il n'a pas non plus douché les espoirs des marchés. Powell a affirmé que "dans l'ensemble, l'économie est, comme j'aime le dire, dans une bonne position". Il a ajouté cependant que la croissance fait face à des défis liés à "une croissance faible, une inflation faible et des taux d'intérêts faibles". L'économie "se porte bien", malgré "les risques", et le rôle de la Fed est de "continuer à ce que ce soit le cas le plus longtemps possible", a-t-il estimé... Powell intervient encore ce mardi dans la soirée, à Denver, Colorado. Charles Evans et Neel Kashkari de la Fed donneront également leurs avis...

Trump revendique de son côté deux nouveaux accords commerciaux signés avec le Japon, qui profiteraient particulièrement aux agriculteurs et fermiers américains.

Sur le plan diplomatique cette fois, Trump s'est montré inquiétant sur le dossier syrien. Le leader de la Maison blanche s'est ainsi dit prêt à "détruire complètement l'économie turque" si Ankara agissait "hors des limites", suite au retrait des forces américaines du nord-est de la Syrie. Le retrait avait été dévoilé dimanche. Il fait courir le risque d'une offensive turque contre les rebelles kurdes ayant bouté l'Etat islamique hors de la région.

"Comme je l'ai dit avec force auparavant, et pour le répéter, si la Turquie faisait quelque chose que je considère, dans ma grande et incomparable sagesse, comme hors limite, je détruirais et anéantirais totalement l'économie de la Turquie (je l'ai déjà fait!)", avait tweeté Trump hier dans sa grande et incomparable sagesse.

Devant la presse, et cité notamment par Reuters, Donald Trump a affirmé un peu plus tard avoir déclaré à son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, avec qui il s'est entretenu dimanche, qu'Ankara aurait de "sérieux problèmes" si un seul soldat américain venait à être blessé. "J'ai dit aux Turcs que s'ils faisaient quoi que ce soit en dehors de ce que nous considérons comme humain (...), ils essuieraient les foudres d'une économie extrêmement décimée", s'est exclamé Trump.

Boeing. Les désaccords entre la FAA et l'AESA, régulateurs américains et européens du transport aérien, sont susceptibles de repousser la validation des modifications apportées par le constructeur aéronautique US à son 737 MAX et par conséquent la remise en service de l'appareil. C'est du moins ce qu'affirme le 'Wall Street Journal' ce jour. Les 737 MAX sont rappelons-le cloués au sol depuis mars, suite à deux tragiques accidents ayant fait 346 morts en Éthiopie et en Indonésie...

Oracle, le géant californien des logiciels d'entreprises, entend procéder à près de 2.000 recrutements afin de soutenir ses activités d'informatique dématérialisée à travers le monde. C'est ce qu'a déclaré le directeur de sa division 'cloud' à Reuters hier.

Activision Blizzard aurait 'explosé' les jeux 'Fortnite' ou 'PUBG'. Ainsi, la version mobile de 'Call of Duty' aurait été téléchargée déjà... 100 millions de fois durant sa semaine de lancement, d'après la mesure du site spécialisé Sensor Tower. Il s'agirait là d'un record pour l'industrie...

Domino's Pizza chute avant bourse à Wall Street. Le groupe du Michigan a annoncé pour son troisième trimestre fiscal un bénéfice net de 86 millions de dollars et 2,05$ par titre, contre 84 M$ un an avant. Les revenus ont atteint 821 M$, contre 786 M$ un an plus tôt. Le consensus était de 2,07$ de bpa et 823 M$ de recettes. La croissance à comparable aux USA n'a représenté que 2,4% contre 2,7% de consensus.

©2019,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com