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Wall Street corrige prudemment, la Chine inquiète

Wall Street corrige prudemment, la Chine inquiète
Wall Street corrige prudemment, la Chine inquiète
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine cède du terrain avant bourse ce vendredi, le S&P500 abandonnant 0,7% désormais en pré-séance et le Nasdaq près de 1%, alors que les discussions commerciales semblent quelque peu bloquées entre les Etats-Unis et la Chine. Ainsi, la délégation américaine n'envisage pas de se rendre à Pékin dans un proche avenir, ce qu'ont confirmé les autorités chinoises.

L'administration Trump ne serait pas sincère dans sa volonté de reprendre les négociations commerciales et les récentes actions (concernant Huawei) auraient dégradé le climat des négociations, indique la presse officielle chinoise, reprise par Reuters. Le secrétaire au Trésor américain Steven Mnuchin avait affirmé en milieu de semaine qu'il se rendrait bientôt à Pékin pour mener les pourparlers, mais cela ne semble plus d'actualité désormais. Le ministère chinois du Commerce a affirmé hier qu'il n'avait pas d'information à propos d'une éventuelle visite de la délégation américaine. Pékin aurait été par ailleurs "exaspérée" par la décision de Trump d'exclure l'équipementier télécom chinois Huawei Technologies du marché américain, relate Reuters.

Rappelons que l'annonce d'un probable report par les Etats-Unis de droits de douane sur les importations automobiles provenant de l'Union européenne avait soutenu avant-hier les indices boursiers à Wall Street. Donald Trump a néanmoins signé un décret interdisant aux firmes américaines de faire usage d'équipements de télécommunications conçus par des entreprises représentant un risque pour la sécurité nationale US. La mesure vise surtout à exclure du marché américain le Chinois Huawei... Les USA viennent d'infliger à Pékin des taxes additionnelles portant sur un volume d'importations de 200 milliards de dollars, la Chine ayant répondu par des prélèvements sur 60 Mds$ d'imports provenant des Etats-Unis... Les opérateurs espèrent tout de même une rencontre fructueuse entre Donald Trump et Xi Jinping à la fin du mois de juin, à l'occasion du G20 d'Osaka au Japon.

Comme attendu, Trump a reporté ce jour de six mois sa décision relative aux prélèvements douaniers sur les les véhicules et pièces détachées importés, pour laisser plus de temps aux négociations avec l'Union européenne et le Japon. Le président américain avait jusqu'à demain pour trancher sur le sujet. Le leader de la Maison Blanche a demandé au représentant au Commerce Robert Lighthizer de mener les discussions et d'en faire un bilan dans six mois.

Sur le front économique aux USA ce jour, l'indice du sentiment des consommateurs américains pour le mois de mai (indice préliminaire), mesuré par l'Université du Michigan, sera communiqué à 16h (consensus 97,5). L'indice des indicateurs avancés du Conference Board pour le mois d'avril sera également publié à 16h (consensus +0,3% en comparaison du mois antérieur).

Sur le marché des changes, l'indice dollar, mesurant les fluctuations du billet vert face à un panier de devises, se stabilise à 97,9. Du côté des matières premières, le baril de brut WTI regagne encore 0,8% à 63,4$ avec l'agitation géopolitique.

Pinterest décrochait de 15% après bourse hier à Wall Street, suite à des publications financières trimestrielles diversement appréciées, assorties de prévisions décevantes. Pour sa première publication depuis l'introduction en bourse du mois dernier, le média social de partage de photos a dévoilé une perte nette de 41 millions de dollars, contre 53 millions un an avant. Hors éléments, la perte par action s'est élevée à 32 cents, alors que le consensus relevé par Bloomberg était de -10 cents. Les revenus totaux se sont envolés quant à eux de 54% à 202 millions de dollars, alors que le consensus était de 201 M$. Le groupe revendique 291 millions d'utilisateurs actifs mensuels sur le premier trimestre, ce qui dépasse les attentes, pour un ARPU en croissance de 26% à 73 cents.

Le groupe table désormais sur des revenus allant de 1,055 à 1,08 milliard de dollars pour l'exercice, contre 1,09 Md$ de consensus. La perte avant intérêt, taxes, dépréciations et amortissements est estimée entre 45 et 70 M$ sur l'année. La sanction devrait donc être assez brutale ce jour, peut-être excessive, à l'image du 'pop' de l'introduction en bourse, le titre évoluant 60% plus haut depuis l'IPO.

Tesla va couper encore dans ses coûts. Son directeur général Elon Musk a ainsi annoncé aux employés son intention de surveiller plus attentivement encore les dépenses dans le cadre d'un nouveau plan d'austérité. Le fabricant californien de véhicules électriques a levé plus tôt ce mois 2,7 milliards de dollars par émission d'actions et de dette, afin de soutenir sa production. Dans un courriel adressé hier aux salariés, que l'agence Reuters a pu consulter, Musk affirme que le produit de l'appel de fonds ne fournirait que dix mois au groupe pour parvenir à l'équilibre financier, en tenant compte d'un rythme constant de dépenses. "C'est la raison pour laquelle, à l'avenir, toute dépense quelle qu'elle soit dans le monde, notamment les pièces détachées, les salaires, les frais de déplacement, le loyer, littéralement tout paiement qui sort de notre compte bancaire doit être examiné", a indiqué le CEO de Tesla.

Musk avait déjà demandé il y a un peu plus d'un an à sa direction financière d'étudier toutes les dépenses dans le monde afin de compresser les charges. Tesla avait par ailleurs réduit ses effectifs en juin 2018 (de 9%) et en janvier (de 7%), rappelle Reuters...

Amazon, géant américain du commerce en ligne, poursuit son expansion et entre au capital du livreur britannique de repas Deliveroo. Ce dernier a ainsi révélé cette prise de participation du groupe de Jeff Bezos à l'occasion d'un tour de table totalisant 575 millions de dollars. Amazon a même été le principal contributeur lors de ce 'round' de financement. Deliveroo dispose ainsi de nouveaux moyens pour faire face à une féroce concurrence, sur un marché convoité par ailleurs par Uber Eats ou Just Eat. Parmi les autres investisseurs ayant contribué au round de financement, on retrouve des actionnaires existants tels que Fidelity Management & Research Company, Greenoaks ou T. Rowe Price. Le Londonien Deliveroo travaille déjà avec 80.000 restaurants et points de vente dans 14 pays et emploie 60.000 livreurs.

Nvidia, spécialiste des puces graphiques, a publié jeudi un bénéfice meilleur que prévu pour le premier trimestre de son exercice fiscal et annoncé des prévisions également supérieures aux attentes pour la période en cours. De son côté, Applied Materials, qui produit des équipements pour l'industrie des semi-conducteurs a lui aussi dépassé les attentes pour le trimestre échu...

Dans un contexte de baisse du marché mondial des semi-conducteurs, les bénéfice et les ventes des deux groupes ont nettement reculé sur un an, mais un peu moins que prévu. En outre, leurs prévisions pour le trimestre en cours laissent espérer que le pire est passé pour le secteur, qui pourrait bénéficier d'un redémarrage au second semestre. Ce rebond pourrait toutefois être remis en cause en cas d'aggravation de la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine...

Dans le détail, Nvidia a fait état jeudi soir d'un bénéfice net de 394 millions de dollars pour son 1er trimestre (64 cents par action), en forte baisse par rapport au 1,24 milliard de dollars affiché un an plus tôt. Malgré cela, le bénéfice net par action, ajusté des éléments exceptionnels est ressorti supérieur aux attentes, à 88 cents par action, contre 58 cents de consensus. Les revenus sont tombés à 2,22 Mds$ contre 3,21 Mds$ un an plus tôt, mais ont très légèrement dépassé les attentes, qui étaient de 2,2 Mds$. Les revenus des puces pour centres de données (la 2è plus grande division du groupe) ont pourtant chuté de 10% à 634 M$, alors que les analystes tablaient sur un recul de 5% à 663,7 M$. Mais le groupe a compensé cette faiblesse par des chiffres meilleurs qu'attendus dans sa divisions jeux vidéo, qui a dégagé un revenu de 1,09 Md$ contre 933,5 M$ attendus.

Pour le 2ème trimestre, Nvidia prévoit un chiffre d'affaires compris entre 2,5 Mds$ et 2,6 Mds$, conforme aux attentes du consensus (2,54 Mds$).

Applied Materials, qui publiait les comptes de son 2ème trimestre fiscal, clos le 28 avril, a fait état d'un bénéfice net en recul à 660 M$ (70 cents par action), contre 1,24 Md$ (1,19$ par action) un an plus tôt. Les analystes attendaient en moyenne un BPA de 66 cents. Le chiffre d'affaires a reculé de 22,7% à 3,54 Mds$, mais a dépassé le consensus IBES Refinitiv qui le donnait à 3,48 Mds$. Le groupe se montre encourageant pour le 3è trimestre, avec une prévision de ventes de l'ordre de 3,525 Mds$, à comparer à un consensus de 3,51 Mds$. Il table aussi sur un bpa de 67 à 75 cents, alors que l'estimation moyenne des analystes est de 69 cents.

Deere perd du terrain avant bourse à Wall Street ce vendredi. Le géant américain des engins agricoles vient en effet de réduire ses prévisions annuelles, prudent dans un contexte de conflit commercial. Pour le second trimestre fiscal clos fin avril 2019, le groupe a annoncé un bénéfice par action de 3,52$ en augmentation de 12% en comparaison du niveau ajusté de l'an dernier, mais assez nettement inférieur au consensus. Les revenus ajustés trimestriels du groupe se sont élevés à 10,3 milliards de dollars, en progression de 5% en glissement annuel, contre 10,1 Mds$ de consensus. Le bénéfice net consolidé trimestriel a représenté 1,13 Md$, pour des revenus totaux de 11,3 Mds$.

Pour l'exercice 2019 dans son ensemble, le groupe envisage désormais un bénéfice net de 3,3 milliards de dollars, contre une guidance antérieure de 3,6 Mds$. La progression des ventes nettes d'équipements est attendue à +5%, contre 7% auparavant.

Boeing. Le géant américain de l'aéronautique a annoncé avoir terminé la mise à jour logicielle de ses avions B-737 MAX, cloués au sol depuis la mi-mars après deux catastrophes aériennes. Le groupe a ajouté avoir également complété ses essais sur simulateur ainsi que des tests en vol du logiciel anti-décrochage MCAS, mis en cause dans les accidents de Lion Air en Indonésie et d'Ethiopian Airlines en Ethiopie. L'action Boeing a accru ses gains, jeudi, après ces informations, pour finir en hausse de 2,36% à 353,81$. Le titre perd cependant encore 16% depuis le crash d'Ethiopian Airlines, le 10 mars dernier, qui a entraîné l'interdiction de vol de la flotte de B-737 MAX.

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