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Wall Street corrige, doutes sur la vigueur de la reprise

Wall Street corrige, doutes sur la vigueur de la reprise
Wall Street corrige, doutes sur la vigueur de la reprise
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine fléchit ce jeudi, le DJIA abandonnant 0,20% à 27.976 pts et le S&P500 0,52% à 3.368 pts, contre une sanction de 0,98% sur le Nasdaq à 10.942 pts. Les opérateurs redoublent de prudence après des statistiques sans grand relief du logement, et alors que la Fed n'est pas parvenue hier à réellement convaincre. Hier soir, la banque centrale américaine a laissé entendre qu'elle ne relèverait pas ses taux avant 2023. Cependant, la Fed de Jerome Powell n'a pas annoncé de nouvelles mesures et a évoqué par ailleurs un ralentissement de la reprise économique.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI reprend 1,9% à 40,9$. L'once d'or rend 0,9% à 1.953$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises de référence (-0,1%).

Les chiffres du logement ont manqué le consensus sur le mois d'août 2020 aux Etats-Unis. Ainsi, les mises en chantier du mois d'août sont ressorties à 1,416 million, contre un consensus de 1,486 million. Les permis de construire se sont élevés à 1,47 million, contre 1,53 million de consensus de marché.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de septembre 2020, qui vient aussi d'être révélé, est ressorti à +15, très proche du consensus, contre 17,2 un mois auparavant.

Les inscriptions au chômage aux USA pour la semaine close au 12 septembre sont ressorties au nombre de 860.000, contre 850.000 de consensus et 893.000 une semaine avant.

Demain vendredi, les opérateurs pourront suivre aux Etats-Unis la balance des comptes courants, l'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan, ainsi que l'indice des indicateurs avancés du Conference Board.

Le bilan du nouveau coronavirus s'alourdit encore. Le nombre de cas confirmés depuis l'émergence du virus s'élève désormais à 29,92 millions dans le monde, selon l'Université Johns Hopkins, dont 6,64 millions aux USA, 5,12 millions en Inde et 4,42 millions environ au Brésil. Le virus a fait 941.862 morts dans le monde depuis son apparition, dont 196.912 aux Etats-Unis, 134.106 au Brésil et 83.198 en Inde. 71.978 décès ont été par ailleurs recensés au Mexique depuis l'émergence du virus.

Le Brésil a enregistré 36.820 nouveaux cas et 987 décès supplémentaires liés à l'épidémie en 24 heures selon le ministère de la Santé. Le bilan de l'épidémie dans le pays dépasse les 4,4 millions de cas d'infection, et 134.106 décès ont désormais été recensés au total. Néanmoins, le nombre de cas quotidiens semble avoir touché son pic.

L'Inde a en revanche recensé 97.894 nouveaux cas au cours des vingt-quatre dernières heures, un record depuis le début de l'épidémie, selon les données du ministère fédéral de la Santé. Le bilan est désormais de 5,12 millions de cas. 1.132 décès supplémentaires ont été rapportés en une journée, pour un total de 83.198 morts. Plus de 1.000 décès ont été recensés quotidiennement en Inde au cours des deux dernières semaines.

La Chine a recensé 9 nouveaux cas en 24 heures, tous des cas importés selon la Commission nationale de la santé. Officiellement, 85.223 cas ont été confirmés au total en Chine continentale depuis le début de la pandémie, qui aurait causé 4.634 décès dans le pays. Aucun nouveau décès n'est rapporté jeudi.

Donald Trump précise pour sa part qu'au moins 100 millions de doses d'un vaccin contre le coronavirus pourraient être distribuées aux Etats-Unis d'ici la fin de l'année, contredisant le directeur des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Robert Redfield avait auparavant indiqué qu'un futur vaccin contre le coronavirus pourrait être administré en large quantité d'ici le milieu d'année 2021 ou un peu plus tôt. "Il a fait une erreur", a taclé Trump. "Il était troublé, je pense. Il a probablement mal compris la question", a insisté le président américain. Redfield avait fait ces commentaires lors d'une audition devant un panel du Sénat. Il avait précisé que la disponibilité générale d'un vaccin était envisagée à la fin du deuxième trimestre ou au troisième trimestre 2021.

Le vaccin pourrait être prêt dès novembre ou décembre 2020 et les premières doses pourraient être administrées aux plus vulnérables. L'objectif d'une immunité collective pourra être atteint d'ici six à neuf mois, selon Redfield.

Le rival démocrate de Trump , Joe Biden, a quant à lui prévenu des risques d'essayer de distribuer hâtivement un vaccin avant le scrutin du 3 novembre. "J'ai confiance dans les vaccins, j'ai confiance dans les scientifiques, mais je n'ai pas confiance en Donald Trump", a asséné Biden.

Les opérateurs ont aussi pris connaissance ce jour du statu quo de la Banque d'Angleterre. Comme anticipé, la BoE a maintenu à la mi-journée son taux directeur à 0,1%, son plus bas niveau historique, et son programme d'achats d'actifs à 745 milliards de livres sterling. Des décisions prises à l'unanimité par les neufs membres du Comité de politique monétaire.

"Les données économiques nationales récentes ont été un peu plus fortes que ce que le Comité avait anticipé dans son rapport de mois d'août, bien que, compte tenu des risques, il n'est pas clair qu'elles soient instructives sur la façon dont l'économie se comportera à l'avenir... Le Comité continuera à suivre la situation de près et se tient prêt à ajuster la politique monétaire en conséquence pour remplir sa mission. Le CPM continuera à examiner l'éventail des mesures qui pourraient être prises pour atteindre son objectif".

Le Comité semble notamment clairement envisager un éventuel taux négatif pour faire face à une éventuelle dégradation de la situation. Le Royaume-Uni a subi la contraction économique la plus violente des pays du G7, son produit intérieur brut ayant chuté de 20% sur le trimestre avril-juin.

"Le MPC a été informé des plans de la Banque d'Angleterre pour explorer comment un taux directeur négatif pourrait être mis en oeuvre efficacement, si les perspectives d'inflation et de production le justifient à un moment donné pendant cette période de taux d'équilibre bas", peut-on lire dans le compte-rendu de la réunion. Le mois dernier encore, la BOE avait averti sur le fait que des taux négatifs pourraient en fait être dommageables pour le système financier britannique, ce qui expliquerait pourquoi elle veut trouver une voie possible pour y parvenir avec l'Autorité de régulation prudentielle.

A l'image de la Fed, la BOE a par ailleurs répété son engagement à ne pas resserrer ses taux jusqu'à ce que l'inflation britannique, actuellement de 0,2%, se rapproche durablement de son objectif de 2%. Malgré l'accent mis sur les taux d'intérêt ce jeudi, les économistes prédisent que la prochaine action de la BOE sera d'étendre le programme d'achat d'obligations, qui devrait être augmenté de 50 milliards de livres en novembre.

La chute des prix dans la zone euro est confirmée. Le taux d'inflation annuel dans la région a bel et bien atteint -0,2% en août, contre 0,4% en juillet, selon les données finales d'Eurostat. Il faut remonter en 2016 pour voir la trace d'une inflation négative sur le Vieux continent. S'agissant des principales composantes de l'inflation, les plus fortes contributions proviennent de l'alimentation, alcool & tabac (+0,33 points de pourcentage), suivis des services (+0,30 pp), des biens industriels hors énergie (-0,03 pp) et de l'énergie (-0,77 pp). En séquentiel, les prix à la consommation affichent un repli de 0,4%. L'inflation 'annuelle' core est par ailleurs tombée sur un plus bas historique le mois passé, à 0,4%, après +1,2% en juillet.

A l'issue de sa réunion de deux jours, la Fed a comme prévu maintenu hier sa politique monétaire ultra-accommodante, avec des taux directeurs proches de zéro. Dans ses nouvelles projections, elle a indiqué que les taux resteraient à ce niveau plancher jusqu'à la fin 2023, compte-tenu de projections d'inflation modeste. L'objectif d'inflation de 2% devrait ainsi être atteint très progressivement en 2023, selon la prévision médiane des membres de la Fed.

Le patron de la Fed, Jerome Powell, s'est montré prudent lors de sa conférence de presse. "La reprise a progressé plus vite que ce qui était généralement prévu", mais "le chemin devant nous demeure hautement incertain", a-t-il martelé. "Les perspectives économiques sont hautement incertaines et dépendront en grande partie de notre capacité à maîtriser le virus", a-t-il poursuivi.

Powell en a profité pour renouveler son appel aux partis politiques pour qu'ils s'accordent sur un nouveau plan de soutien budgétaire à l'économie américaine dans le cadre de la lutte contre la Covid-19... "La réponse en matière de politique budgétaire (un plan de 2.200 milliards de dollars en mars : ndlr) a eu un effet vraiment positif, mais il en faudra probablement davantage" pour surmonter la crise actuelle, a estimé le banquier central.

A ce sujet, la Maison Blanche s'est montrée plus ouverte mercredi, indiquant qu'elle était prête à faire des concessions dans les négociations avec les Démocrates, ajoutant que les Républicains du Sénat pourraient parvenir à un accord bipartisan dans une semaine à dix jours...

Les valeurs

Snowflake (-7%), éditeur de logiciels 'cloud', a fait des débuts fracassants en Bourse, avec un doublement de son cours dans les toutes premières cotations (+122%) hier. Le titre reperd un peu de terrain ce jour.

Tiffany (-1%) n'en démord pas et désire toujours conclure la transaction avec LVMH selon les termes et le calendrier précédemment fixés. L'Américain dénonce les "efforts flagrants" du Français pour éviter de payer le montant convenu pour son acquisition. Tiffany demande au tribunal du Delaware d'organiser un procès dans un calendrier permettant un verdict avant le 24 novembre, date limite de finalisation de l'accord.

Moderna (-1%). Le groupe a fait part de résultats encourageants d'une étude sur un candidat-vaccin contre le nouveau coronavirus.

Oracle (-1%). Trump exclut que le Chinois ByteDance, maison-mère de TikTok, conserve la majorité du capital des activités américaines du réseau social de partage de vidéos. Cette position complique l'accord de partenariat en vue avec le Californien Oracle.

General Motors (stable). L'agence Reuters évoque des délais dans la vente de son usine indienne au Chinois Great Wall Motor, du fait de tensions entre Inde et Chine.

Metlife (+2%) a annoncé l'acquisition de Versant Health pour 1,68 milliard de dollars auprès d'un groupe d'investisseurs mené par Centerbridge Partners et FFL.

Chevron (-1%). Le producteur américain de gaz naturel EQT a soumis une offre de 750 millions de dollars sur des actifs de Chevron dans les Appalaches et dans un gazoduc, selon les sources de Reuters.

Boeing (-1%). Southwest Air va vérifier les données de poids de 130 appareils 737-800.

Apple (-1%). Jefferies a rehaussé son objectif sur la valeur à 135 dollars et perçoit de bonnes perspectives pour l'iPhone aux Etats-Unis, en Europe et en Chine avec la 5G... Tesla rend plus de 2%, alors que Goldman Sachs a confirmé son avis 'neutre'.

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