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Wall Street corrige avec les inquiétudes économiques et commerciales

Wall Street corrige avec les inquiétudes économiques et commerciales
Wall Street corrige avec les inquiétudes économiques et commerciales
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine fléchit ce lundi, les craintes portant en vrac sur la guerre commerciale, le ralentissement économique global, l'agitation à Hong Kong ou encore la crise politique en Italie. Le S&P500 est orienté en repli de 0,59% à 2.901 pts, alors que le Nasdaq perd 0,56% à 7.914 pts. Le DJIA cède 0,70% à 26.104 pts. Sur le marché des changes, l'indice dollar demeure assez stable à 97,2 (-0,1%). Le baril de brut WTI grappille pour sa part 0,2% à 54,6$ sur le Nymex.

Les craintes de ralentissement économique se confirment. Goldman Sachs a d'ailleurs abaissé son estimation de de croissance concernant les Etats-Unis. La firme new-yorkaise estime qu'il n'y aura probablement pas d'accord commercial entre les USA et la Chine avant l'élection présidentielle de 2020. L'institut allemand Ifo se montre également prudent, évoquant la dégradation des perspectives mondiales dans sa toute dernière enquête.

Les Etats-Unis espèrent une sortie réussie du Royaume-Uni de l'Union européenne et entendent soutenir cette sortie par un accord de libre-échange bilatéral, a affirmé aujourd'hui John Bolton, conseiller national à la sécurité du président Donald Trump, cité notamment par Reuters à l'occasion d'une visite à Londres. L'accord commercial espéré serait en cours de négociations entre le représentant américain au Commerce Robert Lighthizer et Mary Elizabeth Truss, Secrétaire d'État britannique chargée du commerce international. "Donald Trump veut assister à une sortie fructueuse du Royaume-Uni de l'Union européenne", assure un responsable du gouvernement américain, également cité par Reuters. Trump souhaitait déjà travailler sur un tel accord avec l'ex-Première ministre britannique, Theresa May, mais cette dernière n'avait pas donné suite. En revanche, Boris Johnson serait tout à fait partant...

Un tel accord constituerait une rare bonne nouvelle sur le front commercial, alors que dans le même temps, la situation s'enlise entre USA et Chine. Le président américain a affirmé en fin de semaine dernière que les États-Unis n'étaient "pas prêts" à un accord commercial pour l'heure avec la Chine, alors que Pékin désirerait pour sa part avancer. Devant la presse, le leader de la Maison blanche s'est montré intraitable, affirmant que les discussions se poursuivraient avec la Chine sur le commerce et que tout se passerait "très bien", mais qu'aucun accord ne serait en vue actuellement. Ces derniers commentaires de Trump confirment donc l'extrême fragilité des négociations, le président américain n'excluant d'ailleurs pas un échec des pourparlers.

Trump soulignait vendredi que les USA allaient cesser de faire des affaires avec le groupe chinois Huawei, à moins d'un improbable accord global entre les deux pays... Sur ce dossier sino-américain, la tension était pourtant retombée quelque peu en milieu de semaine dernière avec la décision de la Banque populaire de Chine de fixer un taux pivot quotidien pour le yuan à un niveau légèrement supérieur aux attentes. Les commentaires de certains responsables de la Maison blanche concernant le désir de Washington de poursuivre les négociations avaient aussi calmé les esprits... Le conseiller économique de la Maison blanche, Larry Kudlow, avait affirmé que Trump désirait toujours un accord avec la Chine - du moins s'il s'agit d'un "bon accord" - et qu'il demeurait flexible sur la question des tarifs, selon l'évolution des discussions commerciales.

Trump avait auparavant menacé la Chine de taxes additionnelles de 10% s'appliquant à 300 milliards de dollars de marchandises supplémentaires au 1er septembre. Pékin avait répliqué en suspendant ses importations de produits agricoles américains et en laissant le yuan se déprécier sous les 7 contre dollar, une première depuis 2008.

Trump s'est aussi permis vendredi de réclamer à la Fed une baisse des taux... d'un point entier, jugeant les USA défavorisés par la politique monétaire supposée trop dure de la banque centrale. Devant la presse à la Maison blanche, le président américain a ajouté qu'un dollar fort nuisait à l'économie et à l'industrie américaine. Il faudrait donc selon lui que la Réserve Fédérale assouplisse fortement sa politique, alors même que la Fed vient de procéder fin juillet à sa première baisse des taux depuis la crise financière de 2008. Les marchés n'envisagent pour l'heure aucunement de geste aussi fort de la Fed, d'autant que son patron Jerome Powell a insisté sur le fait que la récente réduction des taux ne constituait pas le début d'un cycle d'assouplissement. Le 31 juillet, la Banque avait abaissé ses taux d'un quart de point à 2-2,25%.

Sur le front économique aux États-Unis cette semaine, l'actualité demeure chargée, en particulier... le jeudi 15 août ! Ce lundi soir, à 20h, les opérateurs suivront déjà la balance budgétaire américaine du mois de juillet 2019 (consensus 87,5 milliards de dollars de déficit).

Demain mardi, l'indice des prix à la consommation du mois de juillet 2019 sera révélé à 14h30 (consensus +0,2% en comparaison du mois antérieur et +1,7% en glissement annuel ; +0,2% et +2,1% hors alimentaire et énergie).

Mercredi, les investisseurs pourront suivre à 14h30 les prix à l'import et à l'export du mois de juillet (consensus -0,1% pour les prix à l'import par rapport au mois antérieur, -0,1% également pour l'export). L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois d'août sera communiqué à 16h. Enfin, le rapport hebdomadaire du Département à l'énergie sur les stocks pétroliers domestiques américains pour la semaine close au 9 août sera annoncé à 16h30.

Jeudi, grosse journée donc avec dès 14h30 les traditionnelles inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 10 août (consensus 208.000), l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois d'août (consensus 11,1), celui de la Fed de New York (consensus 2,5), les ventes de détail du mois de juillet (consensus +0,3% en comparaison du mois antérieur, +0,4% hors automobile, +0,5% hors automobile et essence), ainsi que les chiffres de la productivité et les coûts du second trimestre (consensus +1,5% pour la lecture préliminaire de la productivité non-agricole, +2% pour les coûts unitaires du travail). Les chiffres de la production industrielle du mois de juillet seront révélés à 15h15 par la Fed (consensus +0,1% en comparaison du mois de juin, -0,1% pour la production manufacturière et 77,8% de taux d'utilisation des capacités). Les stocks et ventes des entreprises pour le mois de juin seront annoncés à 16h (consensus +0,1% sur les stocks). Enfin, l'indice du marché immobilier américain de la National Association of Home Builders pour le mois d'août sera annoncé à 16h (consensus 66).

Vendredi, les mises en chantier de logements et permis de construire du mois de juillet seront communiqués à 14h30 (consensus 1,26 million pour les mises en chantier et 1,27 million pour les permis). L'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'août 2019 sera révélé à 16h (consensus 97,5).

Il reste par ailleurs quelques publications trimestrielles notable cette semaine, après la saison des résultats outre-Atlantique. Ce lundi à Wall Street, Sysco - groupe texan de distribution alimentaire - annonce ses comptes. Mercredi, la soirée sera animée avec le géant californien des équipements de réseaux Cisco et la firme NetApp, qui publieront après bourse. Madison Square Garden ou Dillard's annonceront avant l'ouverture de la cote américaine.

Jeudi, le colosse chinois du e-commerce, Alibaba, publiera avant bourse, accompagné du géant de Bentonville, Arkansas, Walmart et du groupe new-yorkais de luxe Tapestry (ex-Coach). Applied Materials et Nvidia annonceront après la clôture de Wall Street.

Vendredi, Deere & Co, le spécialiste américain du matériel agricole et notamment des tracteurs, dévoilera ses comptes avant bourse à Wall Street.

Les valeurs

Sysco (+4%) grimpe à Wall Street. Le groupe a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal, clos fin juin 2019, un bénéfice net de 536 millions de dollars et 1,03$ par titre, contre 449 millions et 85 cents par action un an avant. Le bénéfice ajusté par action est ressorti quant à lui en progression de 17% à 1,10$, contre un consensus de 1,06$. Les revenus se sont appréciés de 1% à 15,5 milliards de dollars, contre 15,6 Mds$ de consensus.

General Electric (-1%) corrige à Wall Street, alors que JP Morgan vient de confirmer son avis négatif, à 'sous-pondérer' sur la valeur GE, avec un objectif de cours de 5$ seulement. Le broker évoque essentiellement la fragilité des fondamentaux, malgré une récente révision en hausse des estimations de profits du groupe.

Nio (-2%), le 'Tesla chinois', récemment introduit à Wall Street, qui a déjà perdu la moitié de sa valeur boursière cette année, devrait encore souffrir ce jour après des chiffres de ventes sans relief. Le groupe n'a livré ainsi que 837 véhicules en juillet, plombé par un rappel volontaire de voitures. Nio prévoit un rebond des ventes mensuelles dès ce mois, entre 2.000 et 2.500 unités.

Les géants technologiques américains Apple (stable), Alphabet (-1%), Amazon (-1%), Facebook (-1%) ou Microsoft (-1%) restent très surveillés en bourse, dans un contexte de guerre commerciale qui pourrait leur nuire dans des proportions diverses. Notons que la Russie accuse Google (Alphabet) d'avoir toléré la diffusion sur Youtube d'événements de masse qualifiés d'illégaux, après une manifestation d'opposants politiques à Moscou...

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