Cotation du 18/12/2018 à 16h50 Dow Jones Industrial +0,92% 23 809,69
  • DJIND - US2605661048

Wall Street corrige avec les détaillants, malgré Cisco et la Chine

Wall Street corrige avec les détaillants, malgré Cisco et la Chine
Wall Street corrige avec les détaillants, malgré Cisco et la Chine
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street corrige désormais ce jeudi, après une brève tentative de résistance en début de séance sur des espoirs commerciaux. Les chiffres jugés mitigés de plusieurs détaillants américains pèsent sur le marché, alors même que le rapport gouvernemental concernant les ventes de détail a pour sa part dépassé les attentes.

Le DJIA cède maintenant 0,66% à 24.915 pts, alors que le Nasdaq perd 0,10% à 7.129 pts. Le S&P500 abandonne 0,92% à 2.677 pts... Cisco grimpe au lendemain des trimestriels, tandis que Walmart fléchit désormais suite à ses derniers chiffres.

Le Brexit inquiète

L'indice dollar mesurant l'évolution du billet vert face à un panier de 6 devises de référence monte de 0,3% à 97, proche de son plus haut niveau depuis un an et demi, en attendant la quatrième hausse annuelle des taux de la Fed anticipée pour le 19 décembre... La livre sterling plonge quant à elle de 1,6% contre dollar, après la démission du ministre britannique chargé du Brexit, Dominic Raab, qui met la pression sur Theresa May au lendemain d'une réunion de son cabinet ayant approuvé l'accord technique sur le Brexit entre Londres et l'UE.

Espoirs commerciaux

Les inquiétudes relatives à la guerre commerciale se font un peu moins pesantes ce jour, alors que la Chine et les Etats-Unis ont repris le dialogue, selon le porte-parole du ministère chinois au Commerce, Gao Feng. Ce dernier évoque même des discussions "à haut niveau" sur les questions commerciales, sans fournir plus de détails. Ces informations redonnent donc quelque peu espoir, alors que le Président américain Donald Trump et son homologue chinois Xi Jinping doivent se rencontrer à la fin du mois en marge du sommet du G20 en Argentine.

Le 'Wall Street Journal' avait déjà affirmé plus tôt cette semaine que le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin s'était entretenu par téléphone avec le vice-Premier ministre chinois Liu He - sans avancée notable toutefois. Enfin, le conseiller économique de la Maison Blanche, Larry Kudlow, a indiqué cette semaine que les USA et la Chine discutaient 'à tous les niveaux' du gouvernement.

Rappelons que Washington a déjà infligé des taxes additionnelles à 250 Mds$ de marchandises chinoises importées aux Etats-Unis, et menace de taxer la totalité (soit plus de 500 milliards de dollars) des imports provenant de Chine, si aucun accord n'est trouvé avec Pékin. La Chine a pour sa part répliqué par de nouveaux prélèvements s'appliquant à environ 110 Mds$ de produits importés des USA.

Les prix du pétrole tentent de rebondir

La crainte pour la croissance mondiale a contribué à faire plonger avant-hier mardi les cours du pétrole de l'ordre de 7%. Le signal de la baisse avait été donné dès lundi soir par un tweet de Donald Trump, qui a appelé l'Arabie saoudite à ne pas réduire sa production. Le Royaume a indiqué lundi qu'il envisageait de réduire de 500.000 barils par jours sa production dès décembre pour tenter d'enrayer le plongeon des cours, et a indiqué que l'Opep et ses alliés étaient d'accord sur le principe d'une baisse totale de 1 million de barils par jour... Enfin, selon les sources de Reuters, l'OPEP et ses partenaires discuteraient maintenant d'une coupe allant jusqu'à 1,4 million de barils par jour de leur production pour l'année 2019.

Le contrat à terme de décembre sur le WTI a plongé mardi soir de 7% à 55,7$ sur le Nyse. Il remonte de 1% ce jeudi à 56,8$, mais affiche encore une perte de 23% depuis le 3 octobre dernier et évolue pratiquement au plus bas depuis décembre 2017... Le rapport hebdomadaire du Département américain à l'énergie concernant les stocks pétroliers domestiques, pour la semaine close au 19 novembre, a fait ressortir ce jour une vive croissance de 10,3 millions de barils des stocks de brut (contre un consensus +2,9 millions de barils pour les stocks de brut). Les stocks d'essence ont en revanche reculé de 1,4 MB, alors que les stocks de produits distillés ont baissé de 3,6 MB.

Jerome Powell voit un léger ralentissement économique

Jerome Powell, le Président de la Fed, qui s'exprimait hier soir à Dallas sur différentes questions économiques nationales ou mondiales, a manifesté sa prudence face à la conjoncture actuelle. "Vous voyez toujours une solide croissance, mais vous voyez des signes croissants d'une sorte de ralentissement", a ainsi jugé Powell. Le patron de la Banque centrale américaine et ses équipes étudient attentivement cette légère décélération de croissance. Powell nuance toutefois son propos, estimant qu'il ne s'agirait pas là d'un "terrible ralentissement".

Le durcissement monétaire progressif devrait se poursuivre

Ce contexte économique ne semble pas remettre pour l'heure en question la politique monétaire de la Fed, alors que les spécialistes anticipent très majoritairement une nouvelle hausse des taux d'un quart de point le 19 décembre (probabilité de 72,3% selon FedWatch - CME Group). Il s'agirait de la quatrième et dernière hausse des taux de l'année 2018. Le taux des fonds fédéraux serait alors logé entre 2,25% et 2,50%. Les économistes tablent ensuite sur un statu quo lors de la réunion du 30 janvier 2019. En revanche, la réunion du 20 mars pourrait accoucher d'une hausse d'un quart de point supplémentaire (probabilité de 42,3% d'un taux de 2,50 à 2,75%).

Powell demeure prudent, comme à son habitude, mais se dit tout de même "très satisfait" de l'état actuel de l'économie. "Notre politique est l'une des raisons pour lesquelles notre économie est dans une aussi bonne situation actuellement", revendique même Powell, qui avait été vivement critiqué par le Président américain Donald Trump pour sa politique monétaire trop dure - susceptible de ralentir la croissance.

Risques sur la croissance

Powell a évoqué le risque d'un ralentissement de la croissance américaine dans les prochaines années, à mesure que s'amenuiseront les effets des mesures de relance fiscale et de dépenses d'investissement de l'administration en place. Pour l'heure, l'économie américaine est cependant "très forte", selon le dirigeant, qui constate qu'elle reste "plus forte que celles de nombreuses autres puissances majeures". La robustesse des USA peut toutefois peser sur certains marchés émergents victimes du dollar fort.

Powell a enfin relevé hier soir la récente correction intervenue sur les marchés financiers, sans toutefois s'en alarmer à l'excès. La chute des bourses pourrait avoir un effet sur les conditions financières ralentissant la croissance, admet Powell, qui ne désire toutefois pas pour l'heure modifier ses plans monétaires. Ainsi, les conditions de marché ne sont selon lui que l'un des nombreux facteurs pris en compte par la Banque centrale.

Des statistiques globalement solides

Dans l'actualité économique américaine ce jeudi, les ventes de détail du mois d'octobre 2018 sont ressorties en progression de 0,8% en comparaison du mois antérieur, contre +0,6% de consensus de place et -0,1% pour la lecture révisée du mois antérieur. Hors automobile, les ventes de détail ont augmenté de 0,7% par rapport au mois antérieur, contre +0,5% de consensus. Enfin, hors automobile et essence, les ventes se sont appréciées de 0,3%.

Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close au 10 novembre, quant à elles, se sont établies au nombre de 216.000, contre 214.000 de consensus et 214.000 un mois avant.

Les indices manufacturiers américains également publiés ce jour sont ressortis quant à eux contradictoires. L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de novembre s'est établi à 12,9, contre 20 de consensus. En revanche, l'indice Empire State de la Fed de New York pour le mois de novembre a atteint 23,3, contre 20 de consensus et 21,1 un mois plus tôt.

Les prix à l'import et à l'export du mois d'octobre ont aussi été publiés ce jour. Les prix à l'import ont grimpé de 0,5% en comparaison du mois précédent, contre +0,1% de consensus. Les prix à l'export se sont appréciés de 0,4%, contre +0,1% de consensus de place. En glissement annuel, les prix à l'import ont progressé de 3,5% et les prix à l'export de 3,1%.

JC Penney, Manchester United et Walmart, ont annoncé avant bourse aujourd'hui leurs résultats financiers trimestriels à Wall Street, tandis que Williams-Sonoma, Applied Materials, Nordstrom ou Nvidia communiqueront après bourse. Cisco a annoncé hier soir.

Cisco Systems (+3%) a publié hier soir ses résultats du premier trimestre fiscal. Les bénéfices sont ressortis à 3,55 Mds$ (0,77$ par action), contre 2,39 Mds$ (0,48$ par action) un an avant. Le bpa ajusté est ressorti à 0,75$, contre 0,61$ par action un an plus tôt. Les revenus se sont élevés à 13,07 Mds$, contre 12,14 Mds$ il y a un an. Les analyste anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,72$, pour des revenus de 12,9 Mds$. Sur le trimestre actuel, le groupe vise un bpa compris entre 0,71 et 0,73$, pour des revenus en croissance de 5 à 7%.

Walmart (-2%) a dévoilé ses résultats du troisième trimestre. Les revenus augmentent de 1,4% à 124,9 Mds$. A magasins comparables, les ventes US sont en croissance de 3,4%. Les profits reculent de 2,2% à 1,71 Md$, faisant ressortir un bénéfice par action de 0,58$, stable par rapport à l'an dernier. En base ajustée, le bénéfice par action ressort à 1,08$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 1,01$, pour des revenus de 125,5 Mds$. Sur l'exercice, le groupe vise un bpa compris entre 2,26 et 2,36$ (contre une précédente fourchette de 2,65/2,80$), et entre 4,75 et 4,85$ en base ajustée (contre une précédente fourchette de 4,65/4,80$).

JC Penney (+2%) a annoncé ses comptes du troisième trimestre. La perte ressort à 151 M$ (0,48$ par action), contre une perte de 125 M$ (0,40$ par action) un an avant. En base ajustée, la perte par action ressort à 0,52$. Les ventes s'élèvent à 2,65 Mds$, contre 2,82 Mds$ un an plus tôt. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,56$, pour des revenus de 2,8 Mds$. A magasins comparables, les ventes reculent de 5,4%, contre -0,7% de consensus. Sur l'exercice, le groupe vise désormais une légère baisse de ses ventes à magasins comparables.

NetApp (-13%) a dévoilé ses comptes du second trimestre fiscal. Les profits sont de 241 M$ (0,91$ par action), contre 174 M$ (0,63$ par action) un an avant. Les ventes s'élèvent à 1,52 Md$, contre 1,42 Md$ un an plus tôt. Le bpa ajusté ressort à 1,06$. Les analystes anticipaient en moyenne un bpa trimestriel de 0,99$, pour des revenus de 1,6 Md$. Sur le T3 fiscal, le groupe vise un bpa compris entre 1,12 et 1,18$, pour des ventes logées entre 1,55 et 1,65 Md$.

Manchester United (-4%) a annoncé des résultats trimestriels légèrement inférieurs aux attentes du marché avec un bénéfice opérationnel en retrait de 22,3% à 13,9 millions de livres pour des revenus de 135 M£ (-6,1%). Le résultat net ressort à 6,6 M£ contre 9,6 M£ un an plus tôt. Le club mancunien vise sur l'ensemble de l'exercice un Ebitda ajusté compris entre 175 et 190 M£, contre 182,7 M£ de consensus, pour des recettes allant de 615 à 630 M£.

Apple (+1%), qui perdait encore près de 3% hier soir à Wall Street et alignait ainsi sa cinquième séance consécutive de correction, préoccupe encore ce jeudi. Un fournisseur du groupe, l'Autrichien AMS, qui conçoit des technologies de reconnaissance faciale, vient à son tour d'abaisser ses estimations de revenus ! Le groupe, coté en Suisse, a très franchement réduit ses prévisions de revenus pour le quatrième trimestre, évoquant de récents changements de demande de la part d'un "client majeur". AMS n'a pas vraiment besoin de préciser le nom du client, dans la mesure où Apple représente environ 40% de son chiffre d'affaires !

Les avertissements de fournisseurs d'Apple se sont accumulés ces derniers jours. Le Californien Lumentum a fait beaucoup parler de lui, mais il faut également citer le Britannique IQE, un concepteur de 'puces', ainsi que le fabricant japonais d'écrans Japan Display. Les indices concordent donc et montrent un très probable ralentissement des ventes d'iPhones.

Berkshire (-1%). Warren Buffett apprécie les banques américaines. Sa société Berkshire Hathaway a investi ces derniers mois plusieurs milliards de dollars dans trois établissements de Wall Street. Warren Buffett a notamment acquis, au troisième trimestre, une part d'environ 1% de JP Morgan via un financement de 4 milliards de dollars. Buffett a également renforcé ses positions dans Bank of America et Goldman Sachs, de telle sorte qu'il possède désormais des participations importantes dans trois des quatre plus grandes banques américaines. Outre les trois établissements précédemment cités, Berkshire détient également près de 10% de Wells Fargo.

Berkshire est également entré au capital de PNC Financial Services et Travelers, signifiant que trois des quatre nouveaux investissements du conglomérat lors du T3 étaient des sociétés financières. Le dernier étant Oracle.

Dell Technologies (+1%) a relevé de 109 à 120 dollars par action la portion en numéraire de son offre de rachat d'actions reflets ('tracking stocks') liée à sa participation dans le groupe de virtualisation VMware. Dell propose pour chaque action reflet entre 1,504 et 1,813 action ordinaire de catégorie C et 14 milliards de dollars en cash. L'offre antérieure faisait ressortir une part en numéraire de 9 milliards et une parité de 1,366.

Le nouveau montant proposé demeure toutefois éloigné de celui désiré par l'investisseur activiste Carl Icahn. Durant l'été, le fabricant de PC avait proposé une offre en cash et en actions de 21,7 Mds$, qui lui permettrait de revenir en bourse par la petite porte à Wall Street sans passer par une IPO classique. Il faudra convaincre pour cela une majorité des propriétaires d'actions reflets. Icahn possède plus de 9% de ces titres.

©2018,

Nombre de caractères autorisé : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !

Partenaires de Boursier.com