Cotation du 26/11/2021 à 20h12 Dow Jones Industrial -2,53% 34 899,34
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Wall Street corrige avec l'inflation et les "technos"

Wall Street corrige avec l'inflation et les "technos"
Wall Street corrige avec l'inflation et les 'technos'
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine fléchit mardi soir, victime de dégagements dans les secteurs les plus fortement valorisés, à commencer par la technologie, après une nouvelle poussée des taux d'intérêts. Les marchés estiment que l'inflation forcera la Fed et d'autres banques centrales à relever leurs taux directeurs en 2022 pour juguler la hausse des prix. Pour l'instant, l'annonce mardi d'un déblocage des réserves de pétrole des Etats-Unis a échoué à faire baisser les cours du pétrole, renforçant les prévisions inflationnistes.

A deux heures de la clôture, le Dow Jones avance de 0,3% à 35.724 points, soutenu par les pétrolières et les financières, tandis que l'indice large S&P 500 cède 0,28% à 4.670 pts, et que le Nasdaq Composite, riche en valeurs technologiques et biotechs, perd 1,25% à 15.656 pts. Rappelons que cette semaine boursière sera écourtée par les fêtes de Thanksgiving : les marchés seront fermés jeudi, puis vendredi, ils fermeront à la mi-journée, à 13h locales (19h en France). Dans le commerce, les soldes du "Black Friday" permettront de mesurer l'appétit de consommation dans un contexte d'accélération de l'inflation, de pénuries de certains produits et de remontée des cas de Covid-19.

Ailleurs dans le monde, la Bourse de Tokyo était fermée mardi, le CSI 300 a fini proche de l'équilibre (+0,02%) en Chine, et en Europe, l'EuroStoxx50 a lâché 1,26% sur fond de mesures de restrictions en Europe face à la 5e vague de Covid-19. A Paris, le CAC 40 a cédé 0,85% à 7.044 pts en clôture.

La Fed amenée à remonter ses taux plus vite que prévu ?

Au lendemain de l'annonce par Joe Biden de la reconduction de Jerome Powell pour un nouveau mandat de 4 ans à la tête de la Fed, les taux d'intérêts continuent de grimper, anticipant un resserrement monétaire dès la mi-2022, voire plus tôt. Ainsi, aussitôt nommé, "Jay" Powell s'est engagé à empêcher l'inflation de "s'enraciner durablement".

De son côté, Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, a indiqué mardi que la Fed pourrait avoir besoin d'accélérer le 'tapering', pour l'achever dès la fin du 1er trimestre (au lieu de la mi-2022), afin de se donner plus de flexibilité concernant la hausse ultérieure des taux.

Mardi, le rendement du T-Bond à 2 ans a grimpé jusqu'à 0,68% mardi en séance, contre 0,46% vendredi dernier. Le taux à 10 ans américain a encore gagné 3 points de base pour atteindre 1,66%, après +8 pb lundi (et contre 0,90% fin 2020). En Europe, le taux du Bund allemand à 10 ans est remonté de 8 pb à -0,22%.

Le pétrole repart en hausse, ignorant les annonces de Washington

Sur le marché des changes, l'indice du dollar a marqué le pas mardi face à un panier de devises à 96,42 points (-0,12%), tandis que l'euro reprenait 0,19% à 1,1256$, après être tombé la veille au plus bas depuis juin 2020, plombé par les craintes de ralentissement économique dans la zone euro sous l'effet de 5e vague de Covid. L'or perd encore 1,2%, retombant sous 1.800$ l'once à 1.787$ pour le contrat à terme de décembre sur le Comex. Le bitcoin évoluait mardi soir autour de 57.420$, en hausse de 2% sur 24h.

Les craintes inflationnistes des marchés ont été accrues par le manque de réaction du marché pétrolier à l'annonce historique d'une action concertée menée par les Etats-Unis pour faire baisser les cours... Après une première réaction négative, les cours sont ensuite repartis en nette hausse, ignorant les annonces. Le baril de brut léger américain WTI a bondi de 2,4% à 78,62$ (contrat à terme de janvier sur le Nymex) et le Brent de Mer du nord flambait de 3,2% à 82,28$ (contrat de janvier).

Confrontés à l'envolée des prix du pétrole, les Etats-Unis ont annoncé mardi qu'ils allaient puiser 50 millions de barils de brut dans leurs réserves stratégiques. Cette action est menée de concert avec la Chine, le Japon, l'Inde, la Corée du Sud et le Royaume-Uni, constituant une tentative coordonnée sans précédent destinée à faire redescendre d'un cran les prix du brut. Pour l'instant, l'effet est plutôt manqué, les experts estimant que les volumes annoncés sont relativement modestes et ont déjà été intégrés dans les cours du pétrole (qui ont corrigé d'environ 5% depuis un mois). En outre, l'Opep+ pourrait répliquer en décidant, le 2 décembre prochain, de geler sa production en janvier au lieu de l'accroître modestement de 400.000 barils par jour comme prévu, selon des sources citées par 'Bloomberg'.

L'activité a ralenti dans les services aux Etats-Unis

Sur le plan macro-économique, les indicateurs d'activité PMI sont ressortis mitigés aux Etats-Unis pour novembre. Le "flash" PMI composite est ainsi ressorti à 56,5, contre un consensus de 58. L'indicateur manufacturier a pourtant battu le consensus à 59,1, mais l'indice des services a déçu, à 57 contre 59 de consensus. Par ailleurs, l'indice manufacturier de la Fed de Richmond est ressorti conforme aux attentes, à 11 en novembre contre 12 en octobre, signalant un léger ralentissement de l'expansion de l'industrie dans la région considérée.

En revanche, dans la zone euro, l'activité est ressortie meilleure que prévu, mais s'est accompagnée d'une nouvelle hausse marquée des tensions inflationnistes, les coûts et les tarifs des entreprises ayant enregistré des hausses sans précédent en novembre. L'indice "flash" PMI composite est monté à 55,8 dans la zone euro contre 54,2 en octobre (53 de consensus). L'indice des services est ressorti à 56,6 (54,6 en octobre et 53,5 attendus) tandis que l'indice manufacturier a atteint 58,6 (58,3 en octobre et 57,4 de consensus).

Les indices d'inflation PCE et "core" PCE attendus mercredi

Wall Street étant fermé jeudi Thanksgiving, la séance de mercredi sera très chargée en publications macro-économiques, avec notamment les commandes de biens durables, le PIB américain du troisième trimestre, la balance commerciale, les inscriptions au chômage, les stocks de grossistes, les ventes de logements neufs, les revenus et dépenses des ménages (ainsi que les très attendus indices d'inflation PCE et core PCE, les plus suivis par la Fed), l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan (au plus bas depuis 10 ans dans sa lecture initiale), l'indice de confiance des investisseurs de State Street et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains. Les Minutes de la dernière réunion monétaire de la Fed seront révélées eux aussi mercredi soir à 20h (heure française).

L'actualité sanitaire est quant à elle marquée par une recrudescence des cas aux USA et en Europe, ce qui fait craindre de nouvelles restrictions qui affecteraient potentiellement l'économie. Néanmoins, le déploiement des vaccins et les prometteurs traitements contre les formes graves, en particulier la pilule de Pfizer, atténuent ce risque sanitaire.

VALEURS A SUIVRE

En hausse, l'indice sectoriel S&P 500 de l'énergie bondit d'environ 3%, saluant la hausse des cours du pétrole, et l'indice des financières grimpe de 1,2% dans le sillage de la hausse des taux. Parmi les valeurs en vue, figurent Chevron (+1,7%), Exxon Mobil (+2,8%), Transocean (+5,7%), Schlumberger (+3,7%), Halliburton (+4%), Occidental Petroleum (+7%) ou encore Devon Energy (+5,6%). Parmi les grandes banques, Morgan Stanley (+2,1%), Bank of America (+2,4%), JP Morgan (+2,4%) et Goldman Sachs (+2,2%) surperforment la cote.

Zoom Video dévisse de 17%. Le fournisseur californien d'outils de visioconférence, dopé l'an dernier par les confinements, a annoncé pour le troisième trimestre fiscal clos fin octobre 2021 des revenus de 1,05 milliard de dollars, en croissance de 35%, après un bond de 54% sur le trimestre antérieur et une flambée de 360% un an auparavant. Le marché se montre donc difficile, alors que le taux de croissance demeure honorable sur une base de comparaison très difficile. Le groupe fait par ailleurs face à la concurrence de Webex (Cisco) et Teams (Microsoft). Le bénéfice ajusté par action sur le trimestre clos a été de 1,11$, contre 1,09$ de consensus.

La guidance de bénéfices et de revenus pour le trimestre entamé dépasse les attentes. Le groupe rehausse enfin son estimation annuelle de revenus à environ 4,08 milliards de dollars, contre 4,01 milliards précédemment. Le bénéfice non-GAAP annuel des opérations est espéré entre 1,598 et 1,6 milliard de dollars, soit un bpa allant de 4,84 à 4,85$.

Agilent (-6%), fournisseur américain d'instruments de mesure, a annoncé, pour son quatrième trimestre fiscal, un bénéfice ajusté par action de 1,21$ à comparer à un consensus de marché de 1,17$ et un bpa de 98 cents un an avant. Les revenus ont totalisé quant à eux 1,66 milliard de dollars sur ce trimestre clos en octobre, contre 1,48 milliard un an auparavant et 1,65 milliard de consensus. La croissance atteint donc 12% dont 11% sur une base organique. Le bénéfice net consolidé a été de 442 millions de dollars pour un bpa de 1,45$, doublant de montant en glissement annuel. Le bénéfice ajusté par action a grimpé quant à lui de 23%. Pour l'exercice 2022, les revenus sont attendus entre 6,65 et 6,73 milliards de dollars, en hausse de 5,2 à 6,5%. Le bpa ajusté est anticipé entre 4,76 et 4,86$.

Urban Outfitters plonge de 9,3%. Le groupe a pourtant révélé pour le troisième trimestre des comptes supérieurs aux attentes. Le bénéfice ajusté par action a représenté 89 cents, contre 84 cents de consensus et 78 cents un an avant. Le détaillant en vêtements a réalisé des revenus 'record' de 1,13 milliard de dollars sur ce trimestre clos en octobre, contre 1,12 milliard de consensus de marché et 970 millions de dollars un an plus tôt. Néanmoins, la croissance à comparable a déçu sur la période, ralentie par les soucis de supply chain.

Medtronic (-2,8%), le géant des équipements médicaux, a annoncé pour son second trimestre fiscal 2022 des revenus totalisant 7,8 milliards de dollars, en augmentation de 3% en glissement annuel et 2% sur une base organique. Le bénéfice GAAP dilué par action a été de 97 cents, alors que le bpa ajusté s'est établi à 1,32$. Le consensus était de 1,29$ de bpa ajusté et 7,96 milliards de dollars de ventes. Le bénéfice net consolidé a atteint 1,31 milliard de dollars, en augmentation de... 168% en glissement annuel. Les revenus sont un peu courts du fait de la performance américaine, avec des recettes US de 3,99 milliards de dollars en déclin de 1%.

J.M. Smucker (+6,1%), groupe alimentaire américain aux marques Folgers ou Jif, vient de dévoiler des comptes supérieurs aux attentes pour le deuxième trimestre fiscal. Le bénéfice ajusté par action a été de 2,43$, à comparer à un consensus d'environ 2$, tandis que le bpa GAAP s'est élevé à 1,90$. Les revenus se sont améliorés de 1% à 2,05 milliards de dollars, ce qui dépasse également le consensus des analystes de la place. Pour l'exercice 2022 en cours, le fabricant de beurre de cacahuètes table désormais sur un bénéfice ajusté par action dans une fourchette allant de 8,35 à 8,75$, le milieu de cette fourchette dépassant les attentes.

Best Buy, le distributeur américain de produits électroniques, s'effondre de 12,7%. Le groupe a publié pour son troisième trimestre fiscal 2022, clos fin octobre 2021, des revenus totalisant 11,91 milliards de dollars, en légère hausse en glissement annuel, avec une progression de 2% à comparable sur le marché domestique. La base de comparaison était très difficile, avec une expansion de 22,6% l'an dernier, à la même époque, sur le marché US. Le bénéfice dilué GAAP trimestriel par action a grimpé de 35% à 2$. Le bpa ajusté a progressé de 1% à 2,08$. Le consensus était de 1,91$ de bénéfice trimestriel ajusté par action pour 11,58 milliard de revenus.

Best Buy dope par ailleurs sa guidance de croissance à comparable entre 10,5 et 11,5% sur l'exercice. Néanmoins, le groupe se montre prudent concernant la si cruciale période des fêtes de fin d'année. Il table, pour son quatrième trimestre fiscal 2022, sur des revenus allant de 16,4 à 16,9 milliards (consensus 16,7 milliards) et une évolution à comparable allant de -2% à +1%. Le taux de marge brute non-GAAP est anticipé en déclin de 30 points de base environ en glissement annuel. Sur l'exercice, les ventes ressortiraient ainsi entre 51,8 et 52,3 milliards de dollars, pour un taux non-GAAP de marge brute en légère hausse.

Dollar Tree (+7,5%) va relever ses prix, a confirmé le détaillant discount américain en marge de sa publication trimestrielle. Le groupe entend ainsi offrir une plus large gamme de marchandises. Pour le trimestre écoulé, le groupe a publié un bénéfice conforme aux attentes et des revenus meilleurs que prévu, mais a vu sa marge brute décliner. Les revenus se sont appréciés de 4% à 6,42 milliards de dollars, alors que le bénéfice net s'est établi à 217 millions de dollars soit 96 cents par titre, contre 330 millions de dollars un an plus tôt. Le bpa du quatrième trimestre est anticipé entre 1,69 et 1,79$. Dollar Tree, connu pour vendre de nombreux produits, du maquillage aux articles ménagers, au prix de 1$, a déclaré en septembre qu'il prévoyait d'ajouter de nouveaux prix de 1,25$ et 1,50$ dans certains de ses magasins.

Analog Devices (-2,2%), concepteur américain de semi-conducteurs, a déclaré mardi que son bénéfice net du quatrième trimestre fiscal avait chuté de 79% à 99 millions de dollars, ou 16 cents par action, contre 462 millions de dollars ou 1,04 dollar par action il y a un an. Le bénéfice ajusté a augmenté en revanche à 1,73$ par action, contre 1,44$ par action un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a grimpé de 53% pour atteindre 2,34 milliards de dollars. Les analystes s'attendaient à ce que la société gagne 1,70$ par action sur une base ajustée, pour un chiffre d'affaires de 2,25 milliards de dollars (consensus FactSet). En termes de perspectives, la société s'attend à un bénéfice ajusté du premier trimestre allant de 1,68$ à 1,88$ par action, contre 1,7$ de consensus.

Amazon (-0,7%) / Apple (-0,7%). L'autorité italienne de concurrence a infligé une amende d'un montant total de plus de 200 millions d'euros aux deux groupes pour pratiques anticoncurrentielles concernant les ventes de produits Apple et Beats sur le site italien du géant américain du commerce. Apple et Amazon vont faire appel.

Pfizer (-0,3%) / BioNTech (-5,1%). L'Agence européenne des médicaments va étudier un éventuel élargissement aux enfants de cinq à 11 ans de l'utilisation du Comirnaty, vaccin contre le covid des deux partenaires. Israël administre depuis lundi ce vaccin aux jeunes enfants.

Comcast (+1,3%). Sa filiale NBCUniversal entend retirer de Hulu, une plateforme de vidéo à la demande de Walt Disney (-2,2%), une grande partie de ses contenus pour les proposer en exclusivité sur Peacock, son service d'abonnement payant.

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