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Wall Street consolide, Powell confirme la pause monétaire

Wall Street consolide, Powell confirme la pause monétaire
Wall Street consolide, Powell confirme la pause monétaire
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine reprend son souffle sur les sommets, s'offrant une légitime consolidation ce mercredi, avec les doutes sur le commerce et la confirmation de la pause monétaire de la Fed. Le DJIA se stabilise à 27.692 pts, alors que le S&P500 rend 0,04% à 3.090 pts. Le Nasdaq cède 0,08% à 8.479 pts. L'indice dollar se stabilise quant à lui à 98,3 face à un panier de devises de référence. Sur le segment des matières premières, le baril de brut WTI remonte de 0,9% à 57,3$, alors que le Brent gagne 0,7% à 62,5$.

Le président de la Fed, Jerome Powell, s'exprime donc ce jour devant le Joint Economic Committee du Congrès américain à Washington. Powell explique à cette occasion que son scénario de base pour l'économie américaine demeure favorable. Le scénario privilégié par le dirigeant de la Banque centrale américaine est celui d'une expansion soutenue de l'activité économique aux États-Unis, d'un marché de l'emploi dynamique et d'une inflation proche de l'objectif de 2% de la Fed. Ces commentaires de Powell plaident donc plutôt pour une pause monétaire, comme semble déjà l'envisager le marché.

Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'un statu quo monétaire le 11 décembre 2019, à l'issue de la dernière réunion FOMC de l'année, serait de 96,3%, contre 3,7% de chances d'une baisse d'un quart de point. Le taux des fonds fédéraux est actuellement logé entre 1,50 et 1,75%, suite à l'assouplissement d'un quart de point annoncé le 30 octobre au terme de la précédente réunion. Il s'agissait alors de la troisième baisse de taux d'un quart de point de l'année. Les marchés n'attendent pas de nouvelle baisse des taux avant juin ou juillet 2020...

Powell explique donc ce jour que la Banque centrale américaine devrait probablement ne pas bouger sur le plan monétaire compte tenu de la croissance économique soutenue. "Mes collègues et moi-même anticipons une expansion soutenue de l'activité économique, un solide marché du travail et une inflation proche de notre objectif symétrique de 2%", a ainsi précisé le leader de la Fed. La Banque ne devrait donc pas ajuster ses taux dans un avenir proche, aussi longtemps que l'économie demeure solide.

Powell juge par ailleurs que la politique plus accommodante observée cette année a aidé à soutenir une économie toujours en expansion. Il faudra toutefois du temps pour mesurer le plein impact des mesures antérieures.

"Nous estimons que la posture actuelle de politique monétaire devrait probablement rester appropriée, tant que l'information nouvelle concernant l'économie demeure globalement cohérente avec nos prévisions d'une croissance économique modérée, d'un solide marché du travail et d'une inflation proche de notre objectif (...)", a indiqué Powell au JEC du Congrès. Ces propos confirment ceux tenus à l'issue de la réunion monétaire d'octobre. Powell avait alors jugé que l'économie était "dans une bonne position" et qu'il n'était pas nécessaire de prendre des mesures additionnelles de stimulus si les données restaient consistantes.

Powell prévient tout de même ce jour que certaines incertitudes persistent, évoquant des faiblesses à l'international, les tensions commerciales ainsi que l'inflation basse. "Bien entendu, si des développements émergeaient, remettant en cause de manière significative nos prévisions, nous répondrions de manière appropriée. La politique monétaire ne suit pas une trajectoire prédéterminée", a nuancé Powell.

L'incertitude persiste par ailleurs concernant les négociations commerciales entre Washington et Pékin, Trump n'ayant pas totalement rassuré sur la question hier. Le président américain s'en est pris par ailleurs au comportement européen, ce qui laisse planer la menace d'un durcissement des relations avec l'Europe et donc de l'ouverture d'un nouveau front actif dans la guerre commerciale.

Le Wall Street Journal, citant des personnes familières de la question, précise que les tarifs douaniers sont devenus la principale pierre d'achoppement dans les efforts des USA et de la Chine pour parvenir à un accord commercial partiel. La grande question est de savoir si les États-Unis accepteront de revenir sur certains 'tarifs' existants. Les spéculations se sont portées en particulier sur les taxes douanières imposées depuis le 1er septembre à environ 112 milliards de dollars de marchandises chinoises importées.

Il est cependant possible que l'administration Trump se contente d'annuler les 'tarifs' qui devaient entrer en vigueur au 15 décembre. Le représentant au Commerce des États-Unis Robert Lighthizer, initialement opposé aux taxes mises en place le 1er septembre, serait désormais réticent à les annuler sans engagement ferme de Pékin, précise le WSJ...

L'indice des prix à la consommation aux États-Unis pour le mois d'octobre 2019 est ressorti en croissance de 0,4% en comparaison du mois antérieur, contre +0,3% de consensus de place. L'indice considéré hors alimentaire et énergie s'est apprécié de 0,2% par rapport au mois de septembre, en ligne avec les attentes de marché. En glissement annuel, par rapport au mois d'octobre 2018, le CPI a progressé de 1,8% (+2,3% hors alimentation et énergie).

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de novembre, qui vient lui aussi d'être révélé ce jour, est ressorti à +2% contre +1,8% un mois avant. Il mesure les anticipations d'inflation à un an du point de vue des firmes.

La balance budgétaire américaine du mois d'octobre sera révélée à 20 heures (consensus 130 milliards de dollars de déficit)...

La Bourse de New York avait légèrement progressé hier mardi, limitant toutefois ses gains après le discours du président américain Donald Trump devant le Club Économique de New York. Il n'a pas fait de révélations, se contentant d'indiquer que la signature d'un accord de 'Phase 1' était "proche" avec la Chine, ce qui a laissé les investisseurs un peu sur leur faim. Le dollar a progressé mais le pétrole a finalement terminé en légère baisse à l'issue d'une séance hésitante. En séance, les trois indices évoluaient à des sommets historiques, mais à la clôture, seul le Nasdaq a terminé sur un nouveau record.

Durant son intervention, Trump a largement vanté son bilan économique, estimant que sa politique, à commencer par ses baisses d'impôts, avait permis d'atteindre une solide croissance économique aux Etats-Unis. Il a notamment souligné le bas niveau du chômage, la progression des salaires horaires et le haut degré de confiances des consommateurs. "Notre administration a créé près de 7 millions d'emplois, soit plus de 3 fois plus que les 2 millions prévus par les experts les plus optimistes", a-t-il notamment lancé, affirmant que cette progression est liée à sa politique de placer "l'Amérique d'abord" (America First).

Il s'est aussi félicité des niveaux records atteints par la Bourse sous sa présidence, avec une hausse de plus de 50% du Dow Jones et de plus de 60% pour le Nasdaq depuis son élection en novembre 2016. Il a estimé qu'"on aurait pu avoir 25% de plus (sur les indices boursiers) si la Fed n'avait pas fait d'erreurs". Il s'en est donc pris une nouvelle fois à la Réserve fédérale qui, à son goût, a relevé ses taux directeurs trop vite après la crise des subprimes, puis les a abaissés trop lentement ces derniers mois.

Concernant les discussions commerciales en cours avec Pékin, il a estimé que les deux premières puissances économiques de la planète étaient "proches" de signer la première phase d'un accord commercial. Il a ajouté qu'il travaillait à trouver un endroit où tenir sa rencontre pour signer l'accord avec son homologue chinois Xi Jinping. S'il a relativement épargné la Chine de ses critiques, Donald Trump s'est en revanche attaqué à l'Union européenne, qu'il a accusée d'avoir mis en place de "terribles barrières". "Les barrières (commerciales) qu'ils ont érigées sont terribles, terribles. Par bien des manières, pire que la Chine", a-t-il ajouté.

Dans le même temps, les tensions redoublent d'intensité à Hong Kong, ce qui pèse également sur les marchés financiers. Les manifestants ont paralysé certaines parties du territoire, après une escalade de violence. Les universités, les transports et les entreprises sont désormais touchés.

Les valeurs

Tech Data (+4%) grimpe à Wall Street, s'ajustant sur le prix de l'offre d'Apollo Global Management, qui va racheter le groupe pour 5,4 milliards de dollars, 130$ par titre. La prime ressort à 24,5% sur la moyenne à 30 jours précédant le 15 octobre.

Walt Disney (-1%). Le lancement du service Disney+ de vidéo en streaming du géant du divertissement et des médias a connu quelques ratés aux USA, du fait vraisemblablement de l'ampleur du succès initial du concurrent de Netflix.

Alphabet (stable). Google devrait proposer sous peu des comptes bancaires. Ainsi, le géant de l'Internet va offrir des comptes chèques l'année prochaine aux consommateurs. Le projet du groupe de Mountain View est dénommé 'Cache'. Le Californien s'associera à des banques et des établissements de crédit afin de mener à bien cette offensive dans la finance personnelle.

Tesla (+1%). Elon Musk a annoncé la construction de la gigafactory '4' du groupe à Berlin. Ainsi, le patron de Tesla a choisi la capitale allemande pour installer son usine géante européenne de voitures électriques.

Nike (+1%) va arrêter de vendre directement ses produits sur Amazon (-1%). Le géant américain des chaussures et accessoires de sport a confirmé l'information à CNBC. Ainsi, Nike mettra un terme à l'essai pilote lancé en 2017 sur Amazon.

Applied Materials, NetApp, Beazer Homes et Cisco Systems, publient après bourse ce soir à Wall Street leurs derniers résultats financiers trimestriels.

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