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Wall Street consolide légèrement, le coronavirus pèse

Wall Street consolide légèrement, le coronavirus pèse
Wall Street consolide légèrement, le coronavirus pèse
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide ce jeudi, le S&P500 abandonnant 0,07% à 3.110 pts et le Nasdaq grappillant 0,1% à 9.922 pts, contre un recul de 0,17% du DJIA à 26.076 pts. Le baril de brut WTI gagne 1,1% à 38,4$ sur le Nymex. L'once d'or régresse de 0,4% à 1.728$. La crainte d'une deuxième vague épidémique pèse sur les marchés, qui consolident prudemment après l'annonce des nouveaux cas aux USA ou en Chine.

Donald Trump a confirmé hier son opposition ferme à l'idée d'une nouvelle fermeture des commerces et des entreprises, malgré la progression des nouveaux cas de contaminations au coronavirus dans plusieurs États américains. Le leader américain confirme ainsi les récents commentaires de son conseiller économique Larry Kudlow, ou ceux du secrétaire au Trésor Steven Mnuchin. "Nous ne fermerons pas le pays à nouveau. Nous n'aurons pas à le faire", a souligné Trump dans un entretien sur Fox News. Le New York Times croit pour sa part savoir que le vice-président Mike Pence aurait incité les gouverneurs des États américains à user de l'explication voulant que la hausse des cas serait liée à celle des tests. Pourtant, le NYT indique par ailleurs que les cas positifs dépasseraient le nombre moyen de tests... dans au moins 14 États.

Selon les derniers chiffres de l'Université Johns Hopkins, le nombre de cas au niveau mondial depuis le début de l'épidémie s'élève maintenant à 8,383 millions, dont 2,164 millions uniquement aux USA, 955.377 cas au Brésil ou 560.279 en Russie. Le nombre de morts au niveau mondial ressort à 449.628, dont 117.728 aux Etats-Unis, 46.510 au Brésil ou 42.238 au Royaume-Uni.

La capitale chinoise Pékin demeure pour sa part en alerte après 21 nouveaux cas, des mesures drastiques ayant été prises afin de contenir le foyer... L'épidémiologiste en chef du Centre chinois de prévention et de contrôle des maladies affirme que la résurgence de l'épidémie due au coronavirus à Pékin est sous contrôle, ce qui ne semble toutefois pas totalement convaincre les observateurs. La situation demeure par ailleurs préoccupante dans d'autres régions, comme la Russie ou l'Allemagne, suscitant la crainte d'une deuxième vague virulente...

Le bilan quotidien des cas a inscrit un record hier en Californie et au Texas, les deux Etats américains les plus peuplés. Plusieurs autres Etats ont également publié des chiffres en hausse.

Les autorités chinoises ont quant à elles fait part de 21 nouveaux cas d'infection à Pékin pour la journée de mercredi, portant à 158 le bilan des sept derniers jours.

Les marchés restent aussi prudents du fait des tensions entre Washington et Pékin, sur Hong Kong et le Xinjiang.

La séance du jour est marquée par les résultats des nouvelles opérations de refinancement à plus long terme ciblées (TLTRO) de la Banque centrale européenne et les décisions de la Banque d'Angleterre. La Banque d'Angleterre a laissé son taux directeur au plus bas historique et accru son soutien à l'économie via la hausse de 100 milliards de livres de son programme d'achats de titres, porté à 745 milliards de livres. Une annonce attendue par les marchés. La BoE évoque "les graves perturbations économiques et financières" causées par la pandémie de coronavirus et les perspectives inhabituellement incertaines pour l'économie du pays. Le taux d'intérêt directeur reste fixé à 0,1%, son niveau depuis mars dernier.

Le dernier TLTRO de la Banque centrale européenne a connu un franc succès. L'institution vient en effet de mener la plus grande opération de refinancement de son histoire en accordant 1.308 milliards d'euros aux banques dans le cadre de la troisième édition de son opération de refinancement à plus long terme ciblée (targeted longer-term refinancing operations). Ces TLTRO permettent d'octroyer des prêts à long terme aux banques et de les inciter, ainsi, à accroître leur activité de prêt au profit des entreprises et des consommateurs de la zone euro.

Le taux d'intérêt négatif des TLTRO signifie que les banques qui ont emprunté dans le cadre de cette facilité seront de fait rémunérées, à un taux d'au moins 0,5% et de 1% si elles ne réduisent pas le montant global de leur portefeuille de prêts.

Aux Etats-Unis, la progression hebdomadaire du nombre de chômeurs reste supérieure au million. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close au 13 juin, que les inscriptions au chômage ont atteint 1,508 million, en repli de 58.000 par rapport à la lecture révisée de la semaine antérieure de 1,566 million. Elles ressortent plus élevées qu'anticipé puisque le consensus était positionné à 1,29 million. La moyenne à quatre semaines ressort à 1,774 millions, en repli de 234.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 6 juin s'établit à 20,54 millions, en recul de 62.000 sur sept jours.

Avant que le coronavirus ne mette à l'arrêt la majeure partie de l'économie américaine, le précédent record datait de 1982 avec 695.000 demandes hebdomadaires.

L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour le mois de juin a en revanche très positivement surpris, puisqu'il ressort dans le vert à +27,5, alors qu'il était attendu négatif de -22,7. Il signale donc un franc rebond de l'activité manufacturière dans la région considérée.

L'indice des indicateurs avancés américains du Conference Board pour le mois de mai 2020 est ressorti en vive progression de 2,8% en comparaison du mois antérieur, contre un consensus de marché de +1,7% et une lecture révisée à -6,1% pour le mois d'avril, selon le rapport du jour.

Concernant le marché pétrolier, une réunion à distance de ministres de l'Opep+ a débuté ce jeudi afin de faire le point au sujet de la réduction de l'offre mondiale et des intentions des pays producteurs comme l'Irak et le Kazakhstan sur le respect de leurs quotas. L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses alliés ont réduit leur production de 9,7 millions de barils par jour depuis début mai, une baisse sans précédent destinée à enrayer la chute des cours.

Les valeurs

Hertz Global (-4%) a annoncé mercredi soir qu'il suspendait son augmentation de capital controversée de 500 millions de dollars, annoncée alors que le groupe de location de voitures est en procédure de faillite depuis la fin mai, en raison de la crise du coronavirus. Hertz a été "avisé oralement" par la SEC, le gendarme de la Bourse américaine, de son intention d'enquêter sur l'opération de levée de fonds du loueur américain de voitures.

Après les échanges oraux avec le personnel de la SEC, les ventes de titres Hertz "ont été rapidement suspendues dans l'attente d'informations plus précises concernant la nature et le calendrier de l'enquête" de la SEC... Hertz s'est placé le 22 mai dernier sous la protection de la loi sur les faillites aux Etats-Unis, après avoir vu ses revenus s'effondrer avec la crise du coronavirus, qui a stoppé net les réservations, notamment à partir des aéroports américains, où le groupe est très implanté.

De son côté, le principal actionnaire de Hertz Global Holdings, le milliardaire Carl Icahn, a jeté l'éponge sur ce dossier, et a vendu à perte sa participation, qui représentait 39% du capital, soit 55,3 millions de titres cédés à... 72 cents pièce, encaissant au passage une lourde perte de 2 milliards de dollars.

U.S. Steel (-10%) a émis un gros 'profit warning' en raison de la crise du Covid-19, et a annoncé un projet de levée de fonds de plus de 500 M$ pour renforcer son bilan. L'action U.S. Steel a plongé de 10,4% mercredi à Wall Street, après que le sidérurgiste américain a indiqué s'attendre désormais à des pertes bien plus importantes que prévu pour son 2ème trimestre fiscal en cours.

Le sidérurgiste prévoit ainsi pour ce trimestre, qui s'achèvera fin juin, à une perte nette de 3,06$ par action contre une perte de 1,73$ attendue par le consensus FactSet. Le groupe a expliqué qu'une "partie significative" de son outil de production est restée à l'arrêt pendant le trimestre en raison de l'épidémie de Covid-19. U.S. Steel a en outre annoncé une augmentation de capital de 57,5 millions de titres, soit environ 517 millions de dollars.

Carnival (+2%). Le géant de la croisière a publié ce jeudi une perte nette trimestrielle de 4,4 milliards de dollars, plombé par l'arrêt de la majeure partie de ses activités du fait, bien évidemment, de la pandémie de coronavirus Covid-19. Le groupe anticipe par ailleurs un résultat net négatif pour l'ensemble de l'exercice.

Tesla (+1%). Jefferies a rehaussé son objectif de cours à 1.200 dollars contre 650 dollars. Le broker souligne la construction du 'momentum' sur le dossier du constructeur de véhicules électriques.

KKR (+2%) a scellé l'acquisition de l'opérateur néerlandais de parcs et d'hébergements de loisirs Roompot, pour un montant non divulgué.

Alphabet (-1%). Un logiciel d'espionnage aurait pris pour cible le navigateur internet Chrome développé par la firme Google, filiale d'Alphabet, par le biais de 32 millions de téléchargements d'extensions. C'est du moins ce qu'ont indiqué à Reuters des chercheurs d'Awake Security.

Alphabet / Amazon (stable) / Apple (stable)... La France s'est offusquée ce jour, qualifiant de provocation la décision des Etats-Unis de se retirer des discussions internationales sur la taxation des géants du numérique. L'UE a évoqué une taxe communautaire faute d'accord sur le sujet.

Spotify (+8%), plateforme de musique en ligne, a signé un deal exclusif avec Kim Kardashian West pour héberger un podcast portant sur les erreurs judiciaires et la réforme de la justice pénale. Le Suédois a aussi signé un partenariat avec Warner Bros et DC (entité dédiée aux super-héros) dans les podcasts.

Chevron (+1%) va se séparer de sa participation minoritaire dans le projet North West Shelf, le plus important complexe d'exploitation de gaz naturel liquéfié (GNL) d'Australie. Le géant pétrolier américain indique avoir reçu des sollicitations d'acquéreurs potentiels.

JP Morgan Chase (+1%). La Chine a autorisé la banque américaine à lancer son activité de dérivés. Il s'agit d'une première pour un opérateur étranger.

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