Cotation du 24/11/2020 à 23h11 Dow Jones Industrial +1,54% 30 046,24
  • DJIND - US2605661048

Wall Street consolide dans le calme, confiant dans une victoire de Biden

Wall Street consolide dans le calme, confiant dans une victoire de Biden
Wall Street consolide dans le calme, confiant dans une victoire de Biden

(Boursier.com) — La tendance est à la consolidation ce vendredi, à Wall Street, le Dow Jones rendant 0,14% à 28.351 pts, le S&P500 0,13% à 3.505 pts et le Nasdaq Composite 0,4% à 11.847 pts. Le baril de brut WTI perd 2,5% sur le Nymex à 37,8$. L'once d'or affiche peu d'évolution à 1.950$. L'indice dollar cède 0,2% face à un panier de devises de référence.

Les opérateurs surveillent toujours très attentivement l'évolution du décompte des votes de l'élection présidentielle américaine, Joe Biden étant tout proche de la victoire puisqu'il aurait pris la tête en Pennsylvanie et en Géorgie, mais l'équipe de Trump martelant que rien ne serait terminé. "La fausse projection de Joe Biden en tant que vainqueur est basée sur des résultats de quatre États qui sont loin d'être finaux", a indiqué aujourd'hui Matt Morgan, avocat de campagne de Trump, dans un communiqué.

Les chiffres de l'emploi américain pour le mois d'octobre publiés ce vendredi par le Département au Travail ressortent meilleurs que prévu, ce qui ne sera pas d'une grande aide à Trump. Les créations de postes non-agricoles pour octobre sont au nombre de 638.000 selon l'évaluation du jour, contre un consensus voisin de 580.000 et une lecture révisée légèrement à la hausse à 672.000 pour le mois antérieur. Le taux de chômage américain a même reculé à 6,9% en octobre, bien plus que prévu, puisque le consensus était de 7,7% et que ce taux se situait à 7,9% selon le rapport du mois antérieur. Les créations d'emplois dans le privé ont positivement surpris à 906.000 en octobre, contre 650.000 de consensus et 892.000 pour la lecture révisée de septembre.

Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 61,7% en octobre, contre 61,5% de consensus. Le salaire horaire moyen a augmenté de 0,1% par rapport au mois précédent et de 4,5% sur un an, contre +4,6% de consensus. Ce salaire ressortait stable un mois auparavant.

L'issue de l'élection américaine repose sur une poignée d'Etats dans lesquels les écarts sont très faibles entre les deux candidats, alors que le dépouillement se poursuit du fait du nombre très élevé des votes par correspondance. Biden semble tout de même largement favori, malgré l'offensive juridique initiée par un Trump jusqu'au bout combatif. Trump a lancé des attaques contre le processus démocratique américain, estimant que l'élection lui était volée et dénonçant la fraude supposée. Pour remporter l'élection, un candidat doit obtenir 270 voix au sein du collège de 538 grands électeurs.

Les équipes de Trump ont multiplié les recours devant les tribunaux, en Georgie, dans le Michigan, le Nevada et en Pennsylvanie. Un juge du Michigan a promptement rejeté la plainte de la campagne Trump visant à suspendre le dépouillement. "JE GAGNE facilement la présidence des États-Unis avec des VOTES LÉGAUX. Les OBSERVATEURS n'étaient pas autorisés, de quelque manière que ce soit, sous quelque forme que ce soit, à faire leur travail et, par conséquent, les votes acceptés pendant cette période doivent être considérés comme des VOTES ILLÉGAUX. La Cour Suprême devrait décider!", a tweeté un Trump énervé ce jour - message d'ailleurs signalé par Twitter comme un contenu susceptible d'être contesté ou trompeur.

Les marchés relèvent pour l'heure que les républicains conserveraient le Sénat et les démocrates la Chambre des Représentants, ce qui devrait limiter les risques réglementaires et fiscaux pour les entreprises. Néanmoins, ce Congrès attendu divisé aura d'autant plus de mal à adopter un nouveau plan de relance de l'activité, alors même que la crise sanitaire n'a pourtant jamais été aussi pesante aux USA.

Quoi qu'il en soit, les marchés pourront compter comme toujours sur le soutien sans faille de la Réserve fédérale américaine, comme l'ont montré hier soir le communiqué monétaire et la conférence de presse de la Fed. La Banque a laissé hier sa politique monétaire inchangée et confirmé qu'elle ferait le nécessaire pour soutenir l'économie dans ce contexte incertain.

La propagation de l'épidémie du nouveau coronavirus poursuit sa vive expansion aux Etats-Unis, pays le plus frappé par la crise sanitaire. Au moins 120.276 nouveaux cas confirmés ont ainsi été enregistrés hier jeudi aux Etats-Unis, selon un décompte de Reuters sur la base des données officielles, un record quotidien et une deuxième journée consécutive à plus de 100.000 infections. Selon Reuters, cette flambée de l'épidémie est perceptible dans toutes les régions du pays, et 20 Etats ont fait part jeudi d'une hausse record des contaminations quotidiennes.

Selon l'Université Johns Hopkins ce vendredi, le nombre de cas confirmés dans le monde depuis le début de l'épidémie atteint désormais 48,8 millions, dont 9,61 millions aux USA, 8,41 millions en Inde et 5,59 millions au Brésil. La pandémie a tué 1,24 million de personnes dans le monde, dont 234.949 aux Etats-Unis, 161.106 au Brésil et 124.985 en Inde.

La Bourse de New York a signé jeudi sa 4e séance de hausse d'affilée, alors que le décompte des voix se poursuit aux Etats-Unis pour départager Joe Biden et Donald Trump dans la bataille pour la Maison blanche. Selon les résultats partiels, Biden est en avance, mais Donald Trump a d'ores et déjà engagé de nombreuses procédures de contestation judiciaire. Dans ce contexte particulier, la Fed a maintenu jeudi soir le statu quo sur sa politique monétaire, tout en se montrant prête à agir davantage si nécessaire, pour contrer les dégâts économiques de la crise sanitaire.

A la clôture, l'indice Dow Jones a grimpé de 1,95% à 28.390 points (après un gain de 5% de lundi à mercredi), tandis que l'indice large S&P500 a bondi de 1,95% à 3.510 pts (après +5,2% sur 3 séances), et que le Nasdaq a gagné 2,59% à 11.890 pts (après +6,7% sur 3 séances). En 4 séances, Wall Street a plus que comblé ses pertes de la semaine dernière, lorsque le DJIA avait chuté de 6,5%, le S&P 500 de 5,6% et le Nasdaq de 5,5%. Quel que soit le nom du prochain président américain, les marchés saluent la perspective d'un Congrès divisé à Washington, avec un Sénat qui resterait contrôlé par les républicains, minimisant les risques de réformes anti-marché en cas de victoire de Joe Biden.

Au-delà de l'élection présidentielle, les marchés saluent le résultat attendu des législatives, qui n'ont pas donné lieu à une "vague bleue" démocrate prévue par certains sondeurs et redoutée par les investisseurs. Une telle situation est considérée comme favorable aux marchés financiers, car elle diminue le risque de hausses d'impôts et de changements réglementaires majeurs prévus par Joe Biden, et qui affecteraient en priorité les valeurs technologiques et les valeurs de la santé.

En attendant l'issue de l'élection présidentielle, les marchés ont suivi jeudi les annonces de la Réserve fédérale, qui n'a pas annoncé à ce stade de mesures d'assouplissement supplémentaires face à la crise du Covid-19. Comme attendu par les économistes, la banque centrale n'a modifié ni ses taux d'intérêts directeurs (qui restent proches de zéro), ni ses programmes de rachat d'actifs (plus de 120 Mds$ par mois) mis en place depuis le printemps pour lutter contre les effets de la crise du coronavirus.

La Fed a répété qu'elle se tenait prête à renforcer son soutien à l'économie si nécessaire, en "utilisant toute la gamme de ses outils pour soutenir l'économie américaine en ces temps difficiles". Son président, Jerome Powell, a déclaré lors de sa conférence de presse que la reprise de l'économie américaine avait ralenti à l'automne, après avoir profité dans un premier temps du soutien de la politique budgétaire et de la réouverture d'une partie des entreprises.

"Le rebond global des dépenses des ménages résulte en partie des aides financières et de l'augmentation des indemnités chômage, qui ont apporté un soutien essentiel à de nombreux individus et familles", a-t-il ajouté en ajoutant que la récente résurgence des cas de Covid-19 était "particulièrement préoccupante". "Une reprise économique complète est improbable tant que les gens n'auront pas confiance dans la possibilité de reprendre en sécurité un large éventail d'activités", a poursuivi Jerome Powell.

Les valeurs

Groupon (-7%) a annoncé hier soir, après la clôture de Wall Street, pour son troisième trimestre fiscal, un bénéfice par action de 15 cents sur une base ajustée à comparer à un consensus négatif de 52 cents. Un an plus tôt, sur la même période, le bpa était de 20 cents. Les revenus du groupe se sont établis quant à eux à 304 millions de dollars sur la période close, contre 495 millions de dollars un an plus tôt et environ 300 millions de dollars de consensus de marché.

Dropbox (-2%), groupe software actif dans la gestion des documents, perd du terrain à Wall Street. Le groupe a publié hier soir, après la clôture de la place américaine, un bénéfice trimestriel par action de 26 cents, contre 19 cents de consensus et -13 cents un an plus tôt. Les revenus trimestriels ont totalisé 487 millions de dollars, contre 428 millions un an avant et un peu plus de 480 million de dollars de consensus. Le bénéfice net trimestriel est ressorti à 33 millions de dollars pour ce T3 fiscal, contre une perte de 17 millions de dollars un an avant.

T-Mobile US (+6%) grimpe à Wall Street ce jour, après avoir dépassé les attentes de marché pour le troisième trimestre. L'opérateur télécom américain a réalisé un bénéfice par action de 1,17$, alors que le consensus n'était que de 51 cents. Le bénéfice par titre ressort par ailleurs en légère hausse en glissement annuel. Les revenus ont été de 19,3 milliards de dollars sur ce trimestre de septembre, ce qui dépasse de 6% le consensus. Un an avant, ils étaient de 11,1 milliards.

Square (+10%), le groupe de San Francisco actif dans le paiement mobile, a largement battu le consensus sur le troisième trimestre. Le bénéfice par action a été de 34 cents, en croissance de 36% en glissement annuel, contre 16 cents de consensus. Les revenus ont totalisé 3,03 milliards de dollars, en croissance de... 140% avec la performance de Cash App. Le consensus était de 2,1 milliards de dollars. Le volume brut de paiement a augmenté de 12,4% en comparaison de l'an dernier à 31,7 milliards de dollars.

Le service de paiement mobile Cash App a tiré les résultats avec une croissance de 174% hors bitcoin et 435 millions de dollars de recettes. Les revenus bitcoin de Cash App ont quant à eux... décuplé ! Ainsi, les revenus totaux de Cash App ont atteint 2,07 milliards avec ces transactions en bitcoin - qui représentent 1,63 milliard pour 32 millions de marge brute.

Peloton Interactive (+4%), spécialiste des équipements de sport en intérieur, a prévenu que des contraintes d'approvisionnement pèseraient à court terme sur ses ventes, face à la force de la demande. Le groupe se permet néanmoins de rehausser sa guidance de chiffre d'affaires annuel. Le groupe s'attend à ce que le trimestre des fêtes de fin d'année soit son premier à atteindre le milliard de revenus. Pour le premier trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice net de 69 millions de dollars soit 20 cents par titre, contre une perte de 1,29$ par titre un an avant. Le groupe a plus que triplé ses ventes trimestrielles à 758 millions de dollars, contre 228 millions un an auparavant. Le consensus était de 11 cents de bpa et 735 millions de facturations.

Uber (+6%) a publié une perte nette supérieure à 1 milliard de dollars au 3e trimestre, légèrement inférieure à la perte de 1,2 Md$ enregistrée lors de la même période de 2019. La perte par action a atteint 62 cents, un peu supérieure au consensus (60 cents). Le leader VTC a aussi vu son chiffre d'affaires diminuer de 18% à 3,1 Mds$ au 3e trimestre, plombé par la crise sanitaire. Les recettes ont tout de même légèrement dépassé les attentes (3,07 Mds$) grâce aux activités de livraison, qui comprennent Uber Eats. Les facturations de cette branche ont bondi de 125% en un an.

Take-Two Interactive (stable). L'éditeur de jeux vidéo a rehaussé hier soir sa guidance de chiffre d'affaires annuel après un trimestre plus solide qu'attendu. Le groupe a donc dépassé le consensus de profits et de revenus sur le second trimestre fiscal. Le bénéfice par action a représenté 2,04$ contre 1,45$ de consensus. Il était de 1,89$ un an avant. L'éditeur de 'Grand Theft Auto' a rapporté des revenus de 957 millions, contre 950 millions un an avant.

ViacomCBS (-2%) a dépassé le consensus de bénéfice sur le trimestre avec les revenus de streaming, le groupe comptant désormais 18 millions d'abonnés. Le bpa ajusté sur le trimestre de septembre est ressorti à 91 cents, contre 80 cents de consensus. Les revenus ont reculé de 9% à 6,12 milliards de dollars, contre 5,96 milliards de dollars de consensus de marché. Les recettes publicitaires ont décliné de 6% à 2,19 milliards, mais les revenus digitaux et de streaming se sont envolés de 56% à 636 millions.

Marriott (+3%), le groupe hôtelier américain, a annoncé un bénéfice inattendu pour son troisième trimestre et des revenus moins affectés que prévu par la pandémie. Le groupe ne fournit pas de guidance financière compte tenu des incertitudes associées à l'épidémie de Covid-19. Le bénéfice net trimestriel s'est établi à 100 million de dollars soit 31 cents par titre, contre 387 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté par action a représenté 6 cents, contre -8 cents de consensus. Les revenus ont plongé de 57% à 2,25 milliards de dollars.

Coty (+14%), le concepteur de produits de beauté, flambe ce jour à Wall Street. Pour le premier trimestre fiscal, clos fin septembre, les revenus ont battu le consensus avec les ventes en ligne, à 1,69 milliard de dollars, en déclin de 13%. La marge brute ajustée a peu évolué à 61,8%. Le bénéfice opérationnel a représenté 79 millions de dollars, contre 126 M$ un an plus tôt. Le bénéfice net a été de 201 millions avec les bénéfices fiscaux. Le bénéfice net ajusté a atteint 84 millions de dollars, contre 50 millions un an avant. Le bpa ajusté se situe à 11 cents, contre 7 cents un an avant.

The Hershey Co (+3%) a battu le consensus de ventes et de profits au troisième trimestre. Le géant des chocolats et confiseries a dégagé un bénéfice de 447 millions de dollars soit 2,14$ par titre, contre 325 millions un an avant. Le bpa ajusté a atteint 1,86$ contre 1,74$ de consensus. Les revenus se sont améliorés de 4% en glissement annuel à 2,22 milliards, contre 2,18 milliards pour le consensus FactSet. Le groupe rétablit sa guidance et vise un bpa ajusté annuel 2020 allant de 6,18 à 6,24$, ce qui dépasserait les attentes.

Alibaba (+2%), le géant chinois du e-commerce récemment plombé en bourse par le report de l'IPO d'Ant Group, va investir avec le groupe suisse Richemont un montant de 1,1 milliard de dollars dans le site de vente en ligne de produits de luxe Farfetch et sa nouvelle place de marché en Chine.

Xerox (+2%). L'investisseur activiste Carl Icahn a renforcé sa participation dans le spécialiste des imprimantes à 14,4%, quelques mois après avoir soutenu la tentative ratée de rachat de HP.

Walt Disney (-1%), le colosse américain des médias et du divertissement, a renoncé pour l'heure à la sortie du film 'Mort sur le Nil', qui devait arriver dans les salles pendant la période des fêtes.

Ford (stable). Les coentreprises du groupe américain en Chine ont fait part d'une forte croissance de leurs ventes au mois d'octobre, en glissement annuel, avec la poursuite de la reprise du marché automobile local.

©2020,

Nombre de caractères autorisés : 500

Déjà inscrit ? Connectez-vous

Pas encore inscrit? Inscrivez-vous en quelques secondes !