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Wall Street consolide avec les banques, mais Tesla se distingue

Wall Street consolide avec les banques, mais Tesla se distingue
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Wall Street consolide désormais légèrement ce vendredi. Le secteur bancaire se retourne dans le rouge, malgré des trimestriels de bonne qualité. L'amende de 1 Md$ potentiellement infligée à Wells Fargo, troisième banque US, sème le trouble. Le DJIA fléchit actuellement de 0,22% à 24.430 pts, alors que le Nasdaq recule de 0,29% à 7.119 pts. Le S&P500 perd 0,16% à 2.660 pts. Hier soir, la cote US avait amplement profité de l'apaisement des craintes d'intervention militaire en Syrie...

Donald Trump oriente désormais les débats sur la question des relations transpacifiques. "Je ne rejoindrais le TPP que si l'accord était substantiellement meilleur que le marché proposé au Prés. Obama. Nous avons déjà conclu des ententes bilatérales avec six des onze pays du TPP, et nous travaillons à conclure un accord avec le plus grand de ces pays, le Japon, qui nous frappe durement sur le plan commercial depuis des années!", a expliqué Trump hier soir sur Twitter.

Retour dans l'accord transpacifique ?

Trump réagit aux récentes rumeurs selon lesquelles les USA envisageraient de rejoindre le nouvel accord de libre-échange transpacifique, après s'être pourtant retirés brutalement du traité initial lors de l'arrivée de Trump à la Maison-Blanche. Rappelons qu'une nouvelle version du Partenariat transpacifique (TPP), accord de libre-échange concernant la zone Asie-Pacifique, avait été signée le mois dernier à Santiago par onze pays, sans les États-Unis. L'administration Trump avait décidé l'an dernier de son retrait du TPP, mais les onze autres pays concernés (Australie, Japon, Malaisie, Mexique, Nouvelle-Zélande, Pérou, Singapour, Vietnam, Brunei, Canada et Chili) avaient poursuivi les négociations et conclu un nouveau partenariat...

Apaisement temporaire sur le dossier syrien

La cote américaine s'était donc redressée nettement hier soir (+1,2% pour le DJIA et +1% sur le Nasdaq), Donald Trump ayant nuancé son propos au sujet des missiles qui menaceraient la Syrie. "Je n'ai jamais dit quand une attaque contre la Syrie aurait lieu. Ce pourrait être très bientôt ou pas aussi tôt que cela! En tout état de cause, les États-Unis, sous mon administration, ont fait un excellent travail pour débarrasser la région de l'Etat islamique. Où est notre 'Merci l'Amérique'?", avait lancé Trump sur Twitter.

Le président français Emmanuel Macron, lors d'une interview sur TF1 et LCI, a confirmé que la France avait les preuves de l'utilisation d'armes chimiques par le régime de Bachar el-Assad à Douma. "Nous aurons des décisions à prendre en temps voulu, quand nous le jugerons le plus utile et le plus efficace", a ajouté le président français, qui dit être en contact étroit avec Donald Trump... Vladimir Poutine, de son côté, a mis en garde Macron ce jour contre "tout acte irréfléchi ou dangereux". Le président russe met plutôt l'accent sur la nécessité de mener une enquête approfondie.

Les marchés s'inquiétaient précédemment du dossier syrien, craignant des frappes visant le régime de Damas, après l'attaque chimique présumée de Douma... Donald Trump en avait d'ailleurs profité pour livrer un tweet menaçant : "La Russie promet d'abattre tous les missiles lancés contre la Syrie. Préparez-vous la Russie, parce qu'ils arriveront, beaux et nouveaux et 'intelligents!' Vous ne devriez pas être les partenaires d'un Animal Tuant par le Gaz qui tue son peuple et y prend plaisir!".

Trump ajoutait : "Notre relation avec la Russie est désormais pire qu'elle ne l'a jamais été, et cela inclut la Guerre froide. Il n'y a pas de raison à cela. La Russie a besoin de nous pour l'aider avec son économie, ce qui serait très facile à faire, et nous avons besoin que toutes les nations travaillent ensemble. Arrêtez la course aux armements?"

Hier jeudi, le président américain tempérait donc ses ardeurs belliqueuses, permettant aux marchés financiers de respirer... Wall Street avait précédemment assez bien réagi, plus tôt cette semaine, à la réconciliation apparente des États-Unis et de la Chine sur les questions commerciales.

Négociations en vue avec la Chine ?

Les tensions étaient ainsi retombées d'un cran, sur le front commercial, entre les États-Unis et la Chine. Sur le réseau social Twitter, mardi, le président américain Donald Trump avait même adressé ses remerciements à son homologue chinois. "Très reconnaissant envers le président chinois Xi pour ses paroles aimables sur les tarifs et les barrières automobiles ... ainsi que pour ses éclaircissements concernant la propriété intellectuelle et les transferts de technologie. Nous allons faire de grands progrès ensemble!"

Trump répondait au discours du président chinois Xi Jinping, qui s'était montré diplomate et conciliant lors du Forum de Boao, considéré comme le 'Davos de l'Asie'. Xi a réaffirmé sa volonté d'ouvrir l'économie chinoise et de réduire les taxes sur les importations sur certains produits.

Xi Jinping a essentiellement confirmé, mardi, des engagements antérieurs de la Chine. Le dirigeant affirme que la Chine va donc faciliter l'accès à son marché pour les investisseurs étrangers. Le président s'engage en particulier à relever le seuil de détention des entreprises étrangères dans les secteurs de l'automobile, de la construction navale ou de l'aéronautique... Xi a aussi manifesté son intention d'ouvrir le secteur financier aux investissements externes. En outre, le président chinois a expliqué que son pays allait prendre des mesures afin de protéger les propriétés intellectuelles des firmes étrangères...

Sans évoquer de zone géographique précise, Xi Jinping assure que "cette année, nous allons considérablement réduire les taxes sur les importations automobiles, et en même temps réduire les tarifs à l'importation sur certains autres produits". Le dirigeant chinois a fustigé les 'mentalités de guerre froide' et d'isolationnisme... Les dernières interventions de Trump et de son homologue chinois permettent donc d'espérer l'ouverture de négociations.

Indice de confiance décevant aux USA

L'indice du sentiment des consommateurs américains pour le mois d'avril 2018, mesuré par l'Université du Michigan, est ressorti à 97,8. Le consensus des économistes de la place était logé à 100,6. L'indicateur révisé du mois antérieur se situait à 101,4.

Rapport mitigé sur l'emploi

D'après le dernier rapport 'JOLTS' du Département au travail, les ouvertures de postes aux États-Unis pour le mois de février 2018 sont ressorties au nombre de 6,05 millions, contre 6,11 millions de consensus et 6,23 millions un mois auparavant.

LES VALEURS

JP Morgan (-2%). L'établissement bancaire américain vient de publier un bénéfice par action de 2,37$ pour le 1er trimestre 2018, alors que le consensus de place était plutôt de 2,28$. La principale banque américaine par les actifs a réalisé un bénéfice net en croissance de 35% à 8,7 Mds$. Les revenus trimestriels ont grimpé de 10%, à 28,5 Mds$. Le consensus était logé à 27,6 Mds$.

Citigroup (-2%) a également battu le consensus de profits, grâce aux activités dédiées au consommateur. Le bénéfice net de la firme a totalisé 4,62 Mds$ soit 1,68$ par titre sur le trimestre écoulé, contre 4,09 Mds$ un an auparavant. Le consensus était de 1,61$ de bpa. Les revenus totaux sont ressortis à 18,9 Mds$, en augmentation de 3% en glissement annuel, alors que les dépenses opérationnelles se sont appréciées de 2% à 10,9 Mds$.

Wells Fargo (-3%) a révélé, pour le trimestre clos fin mars 2018, un bénéfice net de 5,9 Mds$ et 1,12$ par titre, contre 5,6 Mds$ et 1,03$ par action un an avant. Le consensus était de 1,06$ de bpa. Les revenus trimestriels ont décliné de 2% en glissement annuel et ressortent à 21,9 Mds$, ce qui dépasse également les attentes de marché. Le titre corrige néanmoins, les régulateurs ayant proposé une amende de 1 Md$ à la banque pour mettre un terme aux enquêtes en cours relatives aux abus supposés sur les assurances automobiles et les prêts 'mortgage'.

PNC Financial (-4%) a dépassé le consensus de profit. Le bénéfice par action de la firme est ressorti à 2,43$ pour le trimestre écoulé, contre un consensus de 2,42$. Les revenus ont augmenté quant à eux de 6% en comparaison de l'an dernier, à 4,11 milliards de dollars.

Tesla (+3%). Elon Musk a réagi, sur Twitter, à un article de 'The Economist' selon lequel le groupe californien aurait besoin de lever 2,5 à 3 milliards de dollars cette année. 'The Economist' citait à ce sujet le broker Jefferies. Musk ne mâche pas ses mots : "The Economist avait l'habitude d'être ennuyeux, mais intelligent avec un mauvais esprit tranchant. Maintenant, ils sont juste ennuyeux (soupir). Tesla sera rentable et cash flow + aux T3 et T4, donc pas besoin de lever des fonds". Musk affirme donc que son groupe génèrera du cash sur les deux derniers trimestres de l'exercice.

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