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Wall Street consolide, avant le plan Biden et les trimestriels

Wall Street consolide, avant le plan Biden et les trimestriels
Wall Street consolide, avant le plan Biden et les trimestriels
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — La cote américaine s'affiche en léger retrait avant bourse ce mercredi, à la veille de la présentation du 'plan Biden' et à l'approche des publications financières trimestrielles des entreprises cotées. Le DJIA est attendu en repli de 0,1%, alors que le S&P 500 perd 0,2%. Le Nasdaq rend 0,2%. Le baril de brut WTI évolue en faible hausse de 0,7% sur les 53$ sur le Nymex. L'once d'or gagne 0,8% à 1.858$. L'indice dollar avance de 0,2% face à un panier de devises de référence.

L'indice américain des prix à la consommation pour le mois de décembre 2020 est ressorti en progression de 0,4% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec le consensus de place. Il grimpe de 1,4% en glissement annuel. Hors alimentation et énergie cette fois, le 'CPI' augmente de 0,1%, comme attendu, par rapport au mois de novembre, et de 1,6% sur un an.

L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour janvier sera communiqué à 16 heures. Le rapport hebdomadaire du Département à l'Énergie concernant les stocks pétroliers domestiques pour la semaine close au 8 janvier est attendu à 16h30. Le Livre Beige économique de la Fed, résumé des conditions régionales, sera publié à 20 heures, en même temps que le déficit budgétaire de décembre (consensus 195 milliards de dollars de déficit). De nombreux responsables de la Fed s'expriment encore ce jour, dont James Bullard, Lael Brainard, Patrick Harker et Richard Clarida.

La production industrielle est restée bien orientée en novembre dans la zone euro, affichant une hausse de 2,5% sur un mois après +2,3% en octobre. Le consensus tablait sur une progression de seulement 0,2%. En glissement annuel, la production limite son repli à 0,6% contre -3,3% de consensus. En Italie, la production industrielle est en revanche en retrait de 1,4% en novembre, une baisse plus importante que prévu.

Les marchés attendent la présentation du plan économique du président élu Joe Biden, qui sera dévoilé demain jeudi. Ce plan pourrait atteindre environ 3.000 milliards de dollars. Biden va en profiter pour faire également le point sur sa stratégie de vaccination. Il s'est pour l'heure engagé sur 100 millions d'injections pour ses 100 premiers jours à la Maison blanche.

Dans le même temps, le soutien de la Fed semble acquis, et certains responsables ont d'ailleurs insisté cette semaine sur le caractère prématuré d'un éventuel 'tapering' (réduction du QE). Des commentaires de Jerome Powell, leader de la Fed, sont par ailleurs attendus demain... Christine Lagarde, présidente de la BCE, qui s'exprime ce jour, a maintenu un ton très accommodant. L'économie de la zone euro est promise à un rebond cette année si les mesures de restriction visant à freiner la pandémie de coronavirus sont levées d'ici fin mars et si la distribution des vaccins n'est pas ralentie, selon Lagarde. "Je pense que nos dernières projections de décembre sont encore très clairement plausibles", a annoncé Lagarde lors de la conférence Reuters Next. "Nos prévisions sont fondées sur des mesures de confinement jusqu'à la fin du premier trimestre".

L'actualité relative au nouveau coronavirus reste quant à elle préoccupante, malgré l'accélération du déploiement des vaccins. En Europe, les chiffres des infections et décès augmentent. Des restrictions nouvelles sont anticipées, notamment au Royaume-Uni où les services de santé sont sous pression. L'Allemagne devrait pour sa part maintenir au moins jusqu'en avril des restrictions importantes.

L'administration Trump a émis de nouvelles directives ce jour étendant l'éligibilité au vaccin anti-covid à toute personne de 65 ans ou plus, ainsi qu'aux jeunes dont les conditions de santé le justifieraient. Des millions de doses jusqu'alors réservées à la seconde injection seront débloquées afin de rendre plus de doses immédiatement disponibles. Le nombre de sites autorisés de vaccination va également fortement augmenter. De telles actions vont notamment permettre à environ 53 millions d'Américains d'être nouvellement éligibles à la vaccination.

En outre, quasiment tous les passagers souhaitant se rendre aux États-Unis devront présenter un test négatif de dépistage au coronavirus, ont indiqué les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

Selon l'Université Johns Hopkins ce jour, le nombre de cas confirmés du nouveau coronavirus dans le monde depuis le début de l'épidémie se chiffre désormais à 91,6 millions, dont 22,8 millions aux USA, 10,5 millions en Inde et 8,2 millions au Brésil. Le virus a fait 1,96 million de morts depuis son apparition, dont 380.821 aux Etats-Unis.

Depuis le début de la campagne de vaccination, près de 9 millions d'Américains ont reçu au moins une injection (sur les deux nécessaires pour être fortement immunisé) et 25 millions de doses ont été mises sur le marché... Des chiffres impressionnants, mais qui sont inférieurs aux prévisions initiales des autorités américaines.

A l'issue d'une séance hésitante, la Bourse de New York a fini en légère hausse mardi soir, soutenue par la perspective du nouveau plan de relance aux Etats-Unis, qui sera présenté jeudi par le président-élu Joe Biden. Le DJIA a gagné 0,19% à 31.068 points, tandis que l'indice large S&P 500 a pris 0,04% à 3.801 pts et que l'indice Nasdaq a progressé 0,28% à 13.072 pts.

La situation politique tendue à l'approche de la prestation de serment de Joe Biden, le 20 janvier, a cependant limité les gains, de même que l'évolution de la pandémie de Covid-19. Enfin, les marchés sont dans l'attente du coup d'envoi de la saison des résultats du 4e trimestre 2020, qui se fera en douceur cette semaine, avec notamment Delta Air Lines (jeudi) et plusieurs banques vendredi, dont Citigroup, JP Morgan et Wells Fargo.

Plusieurs membres de la Fed s'exprimaient mardi, dont le président de la Fed de Dallas, Robert Kaplan. Ce dernier s'est montré plutôt optimiste sur la reprise en 2021, avec un rebond de 5% du PIB attendu et un recul du taux de chômage entre 4,5% et 4,75%. De quoi commencer déjà à réfléchir, selon M. Kaplan, à un "tapering", c'est à dire une réduction des achats d'actifs par la banque centrale, qui achète massivement des obligations depuis mars 2020 pour soutenir les marchés.

Deux autres responsables de la Fed se sont toutefois montrés bien plus mesurés sur le "tapering". Le président de la Fed de Richmond, Thomas Barkin, a estimé qu'il faudra attendre que la Fed observe des améliorations significatives en termes d'emploi et d'inflation avant de lancer une discussion sur le sujet. Et Raphael Bostic, le patron de la Fed d'Atlanta, ne voit quant à lui pas d'évolution de politique monétaire cette année, et pense qu'il faudra encore observer beaucoup de progrès avant de réétudier la politique de rachat d'actifs.

Sur le plan politique, une semaine après l'intrusion violente de partisans de Donald Trump au Capitole, les parlementaires démocrates poursuivent leur tentative de destitution du président sortant, l'accusant d'"incitation à l'insurrection". Le texte pourrait être discuté mercredi à la chambre et s'il était adopté, il devra encore recueillir une majorité des deux-tiers au Sénat, ce qui sera difficile à obtenir. Une autre résolution demandant au vice-président Mike Pence de démettre prématurément Donald Trump de ses fonctions a été présentée hier à la Chambre, qui l'a votée à 223 contre 205. Il ne s'agit toutefois que d'un acte symbolique, dans la mesure où Pence a jugé déjà qu'une telle décision ne serait pas dans l'intérêt de la Nation ou conforme à la Constitution.

Alors que les émeutes du Capitole n'avaient pas ébranlé les marchés la semaine dernière, certains s'inquiètent d'un climat de violence qui, s'il s'installait durablement aux Etats-Unis serait préjudiciable à la confiance des investisseurs dans le pays. Selon des sources citées par 'Reuters', le FBI s'inquiète du risque de manifestations armées avant le 20 janvier, jour de la cérémonie d'investiture de Biden en tant que 46e président des Etats-Unis... Face au risque de troubles liés aux actions de partisans de Donald Trump, la Garde nationale des Etats-Unis a été autorisée à déployer jusqu'à 15.000 membres dans la capitale fédérale pour contribuer au maintien de l'ordre lors de la cérémonie d'investiture.

La maire de Washington, Muriel Bowser, a demandé que l'état d'urgence soit déclaré en amont dans la capitale fédérale afin d'obtenir des fonds supplémentaires pour la sécurité, ce que Donald Trump a entériné lundi soir. Toutefois, la démission, lundi soir, du ministre par intérim de la Sécurité intérieure, Chad Wolf, a ajouté aux inquiétudes sur cette période de transition difficile. Rappelons que Donald Trump, qui n'a reconnu sa défaite qu'à demi-mot, a annoncé qu'il ne participera pas à la cérémonie de prestation de serment de Joe Biden, contrairement à la tradition américaine.

Les investisseurs sont aussi focalisés sur l'évolution de la crise sanitaire et sur le nouveau plan de soutien très attendu de l'administration Biden. Le président élu a annoncé vendredi qu'il présenterait jeudi son programme économique, et a promis "des milliers de milliards" d'aide. La presse a évoqué un nouveau "package" de 3.000 milliards de dollars, qui ferait doubler environ le montant déjà injecté par l'Etat fédéral, en plusieurs étapes, depuis mars 2020 pour soutenir l'économie.

Joe Biden s'est notamment dit favorable au versement d'un nouveau chèque d'aide de 1.400$ par Américain pour surmonter la crise actuelle. Ce montant se cumulerait avec les 600$ versés dans le cadre du plan a minima adopté avant Noël par le Congrès pour porter l'aide totale à 2.000$ par adulte.

Les valeurs

Intel bondit à Wall Street, à l'annonce d'un changement de directeur général. Ainsi, Bob Swan, CEO du leader des microprocesseurs, tirera sa révérence en février, remplacé par le patron de VMware, Pat Gelsinger. VMware corrige d'ailleurs aujourd'hui, le groupe ayant annoncé avoir initié la recherche d'un nouveau directeur général en remplacement de Gelsinger, qui quittera le groupe le 12 février. Il était CEO de VMware depuis septembre 2012. Swan avait pour sa part été nommé directeur d'Intel en janvier 2019. Gelsinger, 59 ans, officie quant à lui dans l'industrie technologique depuis plus de 40 ans. Durant sa période à la tête du groupe VMware, le colosse des solutions de virtualisation a doublé de taille. Gelsinger rejoindra également le conseil d'administration d'Intel.

Alphabet. Déjà banni de Facebook et Twitter suite aux événements du Capitole, Trump vient d'être sanctionné par un nouveau réseau social. La filiale d'Alphabet, YouTube, a ainsi annoncé hier mardi la suspension de la chaîne de Trump pour violation des conditions d'utilisation, du fait d'incitations à la violence. YouTube précise que la chaîne Trump n'est donc maintenant plus en mesure de télécharger des vidéos ou de diffuser des contenus en direct, et ce pour une période d'au moins sept jours, durée qui pourra être prolongée.

Apple devrait bouleverser le marché automobile mondial avec son Apple Car, un "concentré de haute technologie" selon le Nikkei. Le groupe à la pomme devrait utiliser son savoir-faire en matière de développement et production acquis sur le marché des smartphones pour designer ses voitures, et opter pour une division horizontale de la production, contre un modèle vertical jusqu'à présent de rigueur chez les constructeurs traditionnels. Apple devrait par ailleurs sous-traiter la production pour se concentrer sur le design.

Walt Disney. Selon le LA Times, le service de streaming Disney+ du géant du divertissement prend des parts de marché au géant Netflix. Le journal cite des données présentées par Nielsen lors du show CES. Pour le mois de décembre, Disney+ a représenté 6% du temps de streaming des consommateurs, alors que la part de Netflix est tombée à 28% - contre 31% un an plus tôt. Disney+ a profité notamment du succès du Mandalorian et des contenus pour enfants.

American Tower a scellé un accord avec Telefonica en vue du rachat des tours en Europe et en Amérique latine de la filiale Telxius Telecom de l'opérateur espagnol. Le montant du deal est de 7,7 milliards d'euros.

Ford Motor, le constructeur automobile du Michigan, a fait état d'une croissance de 6% de ses ventes chinoises pour l'année 2020. Il s'agit de la première année de croissance pour Ford en Chine depuis 2017.

KB Home, le promoteur immobilier américain, a publié des revenus trimestriels supérieurs au consensus de marché. Le groupe a ainsi publié des revenus de 1,19 milliard de dollars sur le trimestre clos, pour un bénéfice ajusté par action de 1,12$. Le consensus était de 1,15 milliard de recettes et 93 cents de bénéfice par action.

Visa, l'émetteur américain de cartes de crédit, a annoncé son renoncement au projet de rapprochement avec le groupe de technologie financière Plaid pour 5,3 milliards de dollars, du fait du refus du Département américain de Justice, qui estime le deal contraire aux règles de concurrence.

Target, le détaillant discount américain, a publié pour la période novembre-décembre une augmentation de plus de 17% de ses revenus à comparable, avec une fois de plus une vive augmentation des revenus en ligne. Sur la période, le trafic a progressé de 4,3% et le 'ticket' moyen (panier) de 12,4%. La croissance en magasins à comparable s'établit à 4,2%. Les ventes digitales à comparable ont quant à elles plus que doublé en glissement annuel.

Alibaba reprend un peu de hauteur à Wall Street. Le groupe chinois de e-commerce avait été malmené en bourse ces derniers jours. Le président de Primavera, actionnaire d'Ant Group, estime que Jack Ma, le fondateur d'Alibaba, serait sain et sauf. L'absence de Ma inquiète au plus haut point depuis des semaines, le milliardaire n'ayant pas été vu en public depuis ses critiques à l'encontre de Pékin.

Johnson & Johnson, géant pharmaceutique et médical américain, est victime de retards dans la production de son vaccin contre le coronavirus. Ainsi, il pourrait ne pas être en mesure de fournir les doses commandées par Washington d'ici le printemps, croit savoir le New York Times. J&J doit déposer le mois prochain auprès de l'UE une demande d'autorisation de son candidat vaccin.

Apple, première capitalisation boursière mondiale, reprend un peu d'étoffe avant bourse à Wall Street, bénéficiant surtout d'une recommandation de Wedbush. Le broker anticipe en effet des revenus records pour les iPhone du groupe à la pomme cette année.

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